lundi 20 décembre 2010

Paquet surprise

La neige tombait à gros flocons sur la capitale parisienne et je trainais ma mélancolie ainsi que mon désespoir en martelant mon clavier qui ne m'avait rien fait d'ailleurs. Pauvre piano, ma prof de conservatoire m'aurait passé un savon si elle m'avait vue dans cet état. J'en venais à haïr Gabriel et ses innombrables secrets, j'ignorais toujours l'identité de cette mystérieuse femme avec laquelle il entretenait une liaison, presque une seconde vie. A quoi lui avais-je donc servi ? De banque ? De faire-valoir ? De couverture pour autre chose ? Je réalisais péniblement que j'avais vécu avec un inconnu.
Tout à coup, la sonnette de ma porte d'entrée retentit. J'abandonnai mon instrument de musique pour voir qui avait encore le courage de venir rendre visite à une fille quasiment en train de perdre la raison à la lumière des évènements récents.
Un paquet m'attendait sur mon paillasson mais personne pour me le remettre en main propre. J'approchai mon oreille de la boîte. Au moins, elle ne faisait pas tic-tac c'était déjà ça. Aucun nom d'expéditeur non plus. J'ouvris le colis et poussai un cri d'horreur. Au fond de la boîte gisait une colombe blanche égorgée avec un mot qui disait "la prochaine fois ce sera ton tour !"
Bien malgré moi, je pensai immédiatement à Rodolphe et implorai la chance pour qu'il vienne à mon secours. Là j'avais plus que jamais besoin de réconfort.
Un courant d'air froid qui me fit frissonner, balaya la pièce. Puis je sentis une présence derrière moi, des bras forts m'enlacèrent et un souffle chaud murmura à mon oreille :
— Je t'avais bien dit que je serais toujours là, j'entends ton moindre appel à l'aide même s'il n'est que mental, je le perçois ... et j'accours.
Rodolphe pencha la tête et aperçus la boîte avec la colombe. Il resserra son étreinte, je le laissai faire.
— Je ferai tout pour te protéger, il ne t'arrivera pas la même chose qu'à cet oiseau, ajouta-t-il.
— Tu le promets vraiment ? le questionnai-je
— Oui mais pour cela il faut que tu me fasses confiance ... en seras-tu capable ?
Il m'obligea à me retourner et à lui faire face. Ses prunelles dorées vrillèrent les miennes.
— Je crois que oui ... de toute manière ai-je bien le choix ? Tu es le seul qui ne me prenne pas pour une folle, même ma meilleure amie m'a abandonnée, elle croit que je suis dingue.
— Pas vraiment le choix en effet. Soit tu me fais confiance et tu survis, soit tu me tournes le dos et tu y passes tôt ou tard. Et honnêtement, cette deuxième option me déplairait fortement, dit-il en caressant ma joue du bout des doigts.
Ce fut le geste de trop. Je me jetai dans ses bras et fondis en larmes ...

A suivre ...

samedi 11 décembre 2010

Questionnaire de Marcel Proust version Scoffield !

J'ai été faire un tour chez le capitaine Jack et voilà ce que j'ai récolté : un questionnaire pour une tueuse ... pas toujours facile d'y répondre d'ailleurs !
 
 Mon questionnaire de Proust

* Ma vertu préférée : la franchise
* Mon principal trait de caractère : l'intuition
* La qualité que je préfère chez les hommes : le côté protecteur
* La qualité que je préfère chez les femmes : la capacité d'écoute
* Mon principal défaut : trop gentille
* Ma principale qualité : ma capacité à rebondir même en étant au fond du gouffre.
* Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : qu'ils sachent lire entre les lignes.
* Mon occupation préférée : écrire
* Mon rêve de bonheur : exercer un métier qui me passionnera vraiment.
* Quel serait mon plus grand malheur : perdre mes enfants
* Ce que je voudrais être : un écrivain célèbre mais à la vitesse où je m'envole, je suis pas prête de publier un seul livre pour le moment... (Faites des gosses, qu'ils disaient, engagez-vous, vous verrez du pays ... bein voyons !!!)
* Le pays où j’aimerais vivre :le pays de l'imaginaire même si j'ai déjà un pied dedans.
* La couleur que je préfère : fuschia
* La fleur que je préfère : la rose blanche
* L’oiseau que je préfère : le perroquet pour ses belles couleurs.
* Mes auteurs favoris en prose : Troyat, Dan Brown, Stephenie Meyer et tant d'autres que je ne peux pas tous les citer.
* Mes poètes préférés: suis pas trop fan de poésie désolée !
* Mes héros dans la fiction : tous ceux qui endossent des rôles de bad boys irrésistibles dans les bouquins ou les films.
* Mes héroïnes favorites dans la fiction : les desperate housewives
* Mes compositeurs préférés : Chopin
* Mes peintres préférés : Renoir, Sisley et Monet.
* Mes héros/héroïnes dans la vie réelle : j'avoue honnêtement que je n'en ai pas.
* Mes héros dans l’Histoire : Gandhi
* Ce que je déteste le plus : l'odeur et le goût du poisson / les faux-jetons.
* Le personnage historique que je déteste le plus : Hitler et tous ceux du même genre.
* Les faits historiques que je méprise le plus : les bains de sang inutiles.
* Le fait militaire que j’estime le plus : donner sa vie pour sauver des innocents.
* La réforme que j’estime le plus : le droit de vote des femmes
* Le don de la nature que je voudrais avoir : prévoir l'avenir.
* Comment j’aimerais mourir : dans mon sommeil sans souffrance.
* L’état présent de mon esprit : heureuse mais un peu anxieuse aussi de l'arrivée de la nouvelle choupinette.
* La faute qui m’inspire le plus d’indulgence : les erreurs involontaires.
* Ma devise : "les coeurs les plus proches ne sont pas forcément ceux qui se touchent".

Et pour tous ceux qui veulent s'y coller sur leurs blogs, la plume est à vous ! A vous de jouer !

Cordialement,
Dame Sco'

vendredi 26 novembre 2010

Stella avance dans le brouillard ...

Quelques heures auparavant, au pied d'un immeuble de la rue de Valois...

Tenant un sac de voyage à la main, la femme s'engouffra dans la BMW qui l'attendait devant la porte cochère.
— Démarre, dit-elle d'un ton brusque.
Luc enclencha la première et fit partir son nouveau joujou à toute vitesse.
— Alors tu as fait le ménage ? Tu n'as rien laissé traîner j'espère ? interrogea-t-il sa passagère.
— Non rien de compromettant. J'ai même été jusqu'à découper les photos où j'apparaissais !
— Tu aurais pu tout aussi bien emporter les cadres, ça aurait été plus vite.
— Non, au contraire.
— Pourquoi ça ? fit-il dubitatif.
— Je veux qu'elle sache qu'elle se trouve au bon endroit, je veux qu'elle ait la preuve tangible que son jules menait une double vie ... histoire de remuer encore un peu le couteau dans la plaie avant d'en finir définitivement avec elle, lâcha-t-elle froidement.
— Tu es diabolique tu sais ! J'adore quand tu te comportes comme une garce ! s'esclaffa-t-il en posant sa main libre sur le genou de sa compagne.
Elle lui rendit un sourire machiavélique en guise de réponse...

Quelques heures plus tard dans l'appartement de la rue de Valois ...

Soulagée que ce ne fut que Rodolphe, je posai mon arme sur la commode et me laissai choir sur le lit, mes jambes venaient de me lâcher. Je le dévisageai sans rien dire. Il s'approcha lentement et vint s'asseoir près de moi.
— Alors, tu as trouvé ce que tu étais venue chercher ?
Je pris quelques secondes de réflexion.
— Oui et non.
— Précise ta pensée, interrogea-t-il.
— De toute façon, tu sais lire dans les pensées alors je ne vois pas pourquoi tu me demandes de m'expliquer à haute voix, répliquai-je de mauvaise humeur.
— En ce qui te concerne, je décèle des sentiments et des impressions mais pas de mots concrets, ce sont juste des états d'âme qui flottent dans ta tête, rien de précis n'émane de ta jolie petite boîte crânienne.
Je poussai un long soupir, j'allais devoir mettre de mots sur un état de confusion et de frustration terrible. Rodolphe me scruta avec ses prunelles dorées, il y mit tellement d'intensité que je rendis les armes et passai aux aveux.
— Je sais que Gabriel habitait bien ici et qu'une femme y avait ses habitudes, j'ai d'ailleurs trouvé de la lingerie lui appartenant. Mais je ne sais toujours pas de qui il s'agit, à croire qu'elle me devance toujours de peu. Toutes les photos ont été découpées et ça m'agace à un point pas possible. J'ai l'impression de naviguer sans cesse dans le brouillard. Dès que je pourrais avoir une éclaircie et savoir où je vais, on m'en rajoute une couche, je n'en peux plus. J'en ai marre !
Je fondis en larmes, c'était trop pour une seule personne.
Rodolphe saisit ma main et la serra tendrement.
— La seule chose que je peux te révéler et qui pourrait t'aider un peu, c'est que cette femme n'est pas ordinaire, elle fait partie des gens qui sont à ta poursuite alors même si je veille au grain, sois prudente de ton côté ...
Je reniflai comme une gamine et levai mes yeux embués vers lui. Une boule de terreur s'était formée dans ma gorge. Il venait de m'asséner un autre coup de bambou à savoir que la maîtresse de Gabriel appartenait à la clique qui devait me faire disparaître. En voilà une information utile !
Il se leva, déposa un baiser sur mon front comme il l'aurait fait pour une gosse malheureuse après avoir reçu une mauvaise note et partit aussi silencieusement qu'il était venu.
Même si je crevais d'envie de le retenir, je n'en fis rien. Au bout de quelques minutes dans le vague, je rangeai soigneusement mon 9mm dans ma poche et me levai à mon tour.
Je claquai la porte de l'appartement derrière moi. Je ne pris même pas le temps d'attendre l'ascenseur et dévalai l'escalier à toute vitesse. Ce lieu m'oppressait, si j'avais été courageuse, j'y aurais mis le feu !

A suivre ...

mardi 16 novembre 2010

Remuons un peu la boue ... (2)

Je me présentai quelques heures plus tard devant un petit immeuble de la rue de Valois. Je composai le code de la porte d'entrée. Un clic et elle s'ouvrit comme par enchantement.
A quel étage devais-je me rendre là était toute la question ? Rien n'était indiqué sur les boîtes aux lettres à part que Gabriel y recevait du courrier ... Apparemment, il était domicilié ici. Aucun doute possible, son nom était en grosses lettres noires sur l'une des boîtes. Voilà qui commençait mal, un frisson me parcourut l'échine, ma gorge se serra, mais au moins j'étais sur la bonne voie. Rodolphe ne s'était pas trompé, la clé devait forcément correspondre à un des appartements; sur ce coup-là, il faudrait que je lui dise merci.
Bref, je n'allais pas essayer toutes les portes sinon je risquais d'éveiller les soupçons de quelqu'un et de me faire embarquer par la police. Ce fut à ce moment là qu'une grand-mère plutôt chic, un bibi vissé sur la tête, sortit de l'ascenseur. Je décidai de jouer les gourdes en lui disant que je venais voir mon frère mais que j'ignorais à quel étage se situait son logement. Après m'avoir jaugée pendant quelques secondes, la vieille parut me faire confiance et m'indiqua le second étage, la porte centrale me dit-elle. Sur quoi, elle commenta en me disant que ça faisait un bon moment qu'elle n'avait pas vu mon frère dans le coin mais que sa femme était toujours charmante avec elle.
Je faillis m'étrangler avec ma salive et fis passer mon état de surprise dans une quinte de toux. Sur quoi je pris congé après avoir remercié chaleureusement la mamie avec son chapeau de reine mère.
Je déboulai de l'ascenseur, les mains moites, je serrai fermement la clé et me décidai à ouvrir cette fichue porte tant que j'en avais encore le courage.
Dès que je pénétrai dans l'entrée, je reconnus un parfum familier mais ne sus pas définir exactement à qui il appartenait.
L'appartement plutôt cosy avait des fenêtres avec vue directe sur le Palais Royal, les meubles étaient arrangés avec goût, rien de trop tape à l'oeil. Visiblement, une femme de ménage devait passer régulièrement car le ménage était fait, pas un grain de poussière à l'horizon sur le buffet du salon ou sur la table ronde en merisier. Même les plantes se sentaient bien, même pas assoiffées par des mois de solitude ... Est-ce que l'Autre vivait encore là ??
Je passai dans la chambre à coucher. J'ouvris l'armoire. Des vêtements de Gabriel se trouvaient encore là, rangés en piles bien droites. J'inspectai également la commode et y dénichai de la lingerie fine, des bas, un ou deux pulls, pas une garde-robe complète en tout cas. Mon regard s'attarda sur plusieurs cadres à photos disposés au-dessus de la commode. Gabriel figurait en bonne place, tout sourire, aux côtés de quelqu'un ... Quelqu'un dont le portrait avait été soigneusement découpé. Il en était de même pour toutes les photos de l'appartement. L'Autre avait-elle fait le ménage au cas où je me pointerais inopinément ? Une boule s'était formée dans ma gorge, j'avais des difficultés à encaisser tout ce que je venais de voir. Gabriel menait donc bien une double vie ...
Tout à coup, j'entendis du bruit. Je saisis le 9 mm qui était resté bien sagement dans ma poche de manteau, la crosse était chaude en contraste avec mes mains glacées.
J'entendis des pas s'approcher de la chambre.
— Je savais bien que je te trouverais là !
J'abaissai mon arme, le souffle court, c'était Rodolphe qui venait mettre son grain de sel, une fois de plus ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, sa présence me rassura ...

A suivre ...

dimanche 14 novembre 2010

Remuons un peu la boue ... (1)

De retour chez moi, je m'empressai de consulter l'agenda professionnel de Gabriel. Je m'étais installée à la table de la salle à manger avec d'un côté un thé au citron, de l'autre quelques gâteaux secs, et j'avais entrepris de fouiller son carnet jusqu'à ce que je mette la main sur un indice susceptible de me conduire à la fameuse maîtresse.
A la lecture des différentes pages, je me rendis compte qu'il avait finalement une vie sociale très agitée contrairement à ce qu'il laissait entendre. Tous les jours, un déjeuner professionnel était prévu; des rendez-vous matin et après-midi se succédaient frénétiquement pendant une période d'au moins trois mois. Justement, les trois mois qui précédèrent sa mort ...comme par hasard ...
Je sautai à la partie carnet d'adresses, me souvenant que Rodolphe avait mentionné un appartement ...
Qu'en savait-il celui-là d'abord ? Sa façon d'être toujours bien renseigné sur tout m'agaçait prodigieusement. Cela dit, si je pouvais éviter de perdre mon temps en cherchant dans une mauvaise direction, je lui en serais malgré tout reconnaissante.
Je ne trouvai rien de bien transcendant, des adresses de clients, des fournisseurs de matériel de dessin ou autre, des entrepreneurs, les numéros de son médecin et de son club de sport ... Jusqu'à ce que je farfouille du côté de la doublure en cuir où étaient rangées quantité de cartes de visite. Sur l'une d'elle, juste une adresse accompagnée d'une combinaison qui devait être un digicode a priori.
Selon toute vraisemblance, le lieu se situait du côté du Palais Royal à Paris. Il ne me restait plus qu'à prendre mon courage à deux mains, mon 9 mm et à me rendre sur place...

A suivre ...

dimanche 7 novembre 2010

Quand Stella emploie les grands moyens ...

J'avais l'impression de jouer dans un mauvais film de série B. Mes pas m'avaient conduit jusqu'à une boutique dans laquelle je n'avais jamais mis les pieds de ma vie. J'avais trouvé l'adresse par une simple recherche sur internet.
La vitrine était pourvue d'un rideau métallique. Plusieurs spécimen en démonstration me donnèrent la chair de poule mais au point où j'en étais, je ne pouvais plus reculer. Il fallait que j'assure ma sécurité d'une façon ou d'une autre; je décidai de franchir le seuil et d'entrer dans un monde qui me semblait appartenir à une autre dimension.
Un homme d'une bonne cinquantaine d'années, lunettes vissées sur le nez, leva les yeux vers moi, il était en train de lire le Canard Enchaîné. Visiblement, je dérangeais.
— Que puis-je pour vous ? demanda-t-il.
— Je cherche un moyen de me défendre, lâchai-je dans un souffle.
Il hocha la tête, réfléchit quelques secondes.
— Vous voulez un pistolet d'alarme pour vous protéger à la maison c'est bien ça ?
Il désigna plein de petits modèles qui me semblèrent inoffensifs ... ça n'était pas vraiment ce que je cherchais. Il enchaîna.
— C'est petit, léger, maniable, très féminin ... idéal pour une femme seule.
Je soupesai un des engins en question, effectivement, c'était très léger, mais cela me semblait inconsistant face à la menace qui pesait sur moi.
— Vous n'auriez pas quelque chose qui soit moins féminin, qui dissuade beaucoup plus et qui pourrait faire des dégâts au cas où ??
Je n'en revenais pas de mon audace soudaine mais aux grands maux, les grands remèdes !
Le vieux réfléchit un instant, se gratta le front. Il fourgonna dans un tiroir et en sortit une arme de poing digne du grand banditisme, un CZ75 calibre 9mm parabellum. J'observai le beau joujou avec attention.
— Voilà qui me semble mieux en effet. Je vous le prends.
— Attention ma petite dame, je vous le vends mais sous le manteau comme on dit. Pas de permis, pas de facture, vous payez cash et ensuite, je ne vous ai jamais vue, compris ? dit-il en souriant.
— Aucun problème, ça me va très bien. Je vous ramène la somme cette après-midi.

Quelques heures plus tard, je sortai de cette même boutique, mon révolver en poche.
Rodolphe m'attendait adossé à ma voiture, les bras croisés, un rictus mécontent animait ses lèvres.
Il ne me laissa même pas le temps de sortir une phrase qu'il commença déjà sa leçon de morale.
— Tu comptes faire quoi avec ce bidule ?
— Me protéger ! Et puis de toute manière, ce que je fais, ne te concerne pas ! répliquai-je mal aimable.
— Au contraire, tout ce qui te concerne de près ou de loin, est mon affaire; je suis là pour assurer ta protection que tu le veuilles ou non. De plus, je suis certain que tu ne sais même pas te servir d'un machin comme ça. Je me trompe ? dit-il en me fixant obstinément.
— Le tir ça s'apprend c'est comme tout et puis, dégage de mon chemin, je ne te veux pas de toi dans mes pattes !
— Tu serais fichue de te tuer par accident au lieu de viser un éventuel agresseur !Franchement, ça me contrarierait beaucoup. Je te rappelle aussi que les destructeurs sont insensibles aux armes à feu ...
— Sauf que les traitres d'anges déchus, eux y sont sensibles tout comme les humains, alors méfies-toi qu'il ne me prenne pas l'envie de te transformer en passoire à nouilles, un accident est si vite arrivé ! sifflai-je véhémente.
— Franchement, Stella, tu n'es pas plus impressionnante qu'un chaton en colère, tu te ferais plus de mal à toi qu'à moi. Bon puisque tu es toujours aussi têtue, je vais continuer à te surveiller contre ton gré !
— Fiche-moi la paix, tu veux ? soupirai-je agacée au plus haut point.
Sa manière de me regarder me déstabilisait toujours autant mais je ne voulais rien lui montrer.
— Ok. Je te laisse pour le moment ... Au fait, la clé ...
— Quelle clé ? demandai-je en jouant les imbéciles.
— Tu sais très bien de laquelle je parle. Elle n'ouvre pas de coffre à la banque ... vois plutôt du côté d'un appartement ... enfin moi je dis ça, je dis rien ...
Puis il s'éloigna vers son Audi gris métallisé d'un pas nonchalant comme il savait toujours aussi bien le faire. Sa démarche féline m'électrisa ... je me serais mis des baffes ...

A suivre ...

mercredi 3 novembre 2010

Difficile à encaisser ...

Claire piaffait depuis près d'une demie-heure en attendant mon arrivée. Elle observait son capuccino d'un oeil agacé, n'importe qui aurait pu s'apercevoir qu'elle était survoltée.
Je lui avais laissé un message en lui donnant rendez-vous à notre salon de thé habituel pour prendre un petit déjeuner entre copines et enfin répondre à ses innombrables questions.
J'entrai dans la salle peu bondée à cette heure de la matinée. L'état second dans lequel je me trouvais encore une heure auparavant ne s'était pas vraiment estompé mais je savais que Claire se chargerait de me remettre les pieds sur terre de gré ou de force. Je remarquai tout de même son état de nervosité, elle tapotait sans arrêt la table avec ses ongles.
— Ah bein quand même ! J'ai failli attendre ! lâcha-t-elle
— Bonjour à toi aussi. Comment vas-tu ? répliquai-je histoire de calmer ses ardeurs.
Claire se rendit compte de son attitude et rectifia le tir immédiatement.
— Désolée ... Bonjour ... Mais il faut me comprendre, je me suis faite un tel sang d'encre depuis trois jours, je croyais que tu t'étais faite enlevée par l'autre barjot qui se permet d'entrer chez toi comme dans un moulin. J'en étais à imaginer qu'il t'avait découpée en morceaux, mise dans des sacs poubelles qu'il avait été jetés dans la Seine. Tu vas bien au moins ? s'enquit-elle
— Non pas vraiment ... mais Rodolphe ne m'a pas agressée si c'est ce que tu veux savoir.
— Ah bon ... c'est comme ça qu'il s'appelle alors ... Mais enfin où étais-tu passée ? J'essaye de te joindre depuis plus de trois jours et tu n'as même pas pris la peine de me contacter, j'ai failli prévenir la police. Enfin j'hésitais entre me fâcher avec toi et prévenir les autorités, mais tu me connais, j'ai un goût prononcé pour les mélodrames ! dit-elle en esquissant un sourire.
— J'étais partie prendre l'air en Suisse, si tu veux tout savoir mais mes petites vacances ont été légèrement écourtées par un élément nouveau...
Tout ouïe, Claire se pencha vers moi, l'oeil brillant, son esprit de cancanière reprenait le dessus.
— Rodolphe m'a expliqué pourquoi Gabriel est mort et j'ai aussi appris qu'il avait une maîtresse ! lançai en caressant d'un geste machinal l'agenda relié de cuir que j'avais gardé avec moi.
Mon amie en resta la mâchoire pendante quelques secondes avant de se reprendre.
— Mais enfin comment sait-il tout ça celui là ? C'est le mari de la maîtresse de Gabriel ou quoi ?
— Hum ... c'est légèrement plus compliqué que ça ...
Je lui déballai alors tout le bazar à savoir que : Rodolphe était un ange déchu qui était sensé me protéger - là elle manqua de me prendre pour une dingue-, qu'il avait désigné Gabriel pour qu'il meure à ma place, que des destructeurs étaient à mes trousses -là elle faillit appeler les hommes en blanc pour me venir me chercher-,que Luc le meilleur ami de Gabriel me prenait pour une andouille puisqu'il était au courant pour la maîtresse et enfin le pompon, que je suis une descendante de néphilim - là elle manqua de s'étouffer définitivement avec son capuccino.
— Mais bon à part ça tout va bien, ajoutai-je avec un piteux sourire.
— Bien sûr, et tu penses que je vais te croire ? fit-elle interloquée. Tu as besoin de voir un docteur, tu dérailles complètement ma pauvre chérie tu sais !
— Si j'avais su, je ne t'aurais rien révélé, me renfrognai-je dans mon siège.
— Tu as surtout besoin de repos et de décompresser, toute cette histoire ne tient pas debout, tu as pété un câble Stella !
Ulcérée par son incrédulité, je me levai d'un bond. Claire me retint par la manche.
— Ne m'en veux pas, mais j'ai du mal à croire à tout ça.
Je libérai mon bras d'un geste brusque et commençai à traverser la salle quand elle lança dans mon dos.
— Au fait, Olivier est sorti de l'hôpital, il a demandé après toi ...
La poisse, il ne manquait plus que ça !
La pluie tombait dru et le vent soufflait fort dehors, mais je m'en fichais comme d'une guigne supplémentaire. Je m'engouffrai dans ma voiture, j'avais une petite course à faire avant de rentrer me terrer chez moi ...

A suivre ...

jeudi 28 octobre 2010

Les lois du hasard ...

Assis confortablement dans sa voiture, Rodolphe surveillait depuis un moment le manège de Stella se demandant ce qu'elle pouvait bien fabriquer dans le bureau de Gabriel. A vrai dire, il avait bien une petite idée derrière la tête de ce qu'elle était venue chercher, mais il s'était fait un devoir pour une fois de ne pas écouter les pensées des personnes qui se trouvaient dans son périmètre direct d'observation. Même si cela lui déplaisait souverainement de ne pas savoir ce qui s'était dit dans ce cabinet, il avait voulu respecter l'intimité de Stella au moins un tout petit peu. Il savait très bien que quand elle découvrirait le pot aux roses concernant son cher et tendre défunt compagnon, elle serait à ramasser à la petite cuillère et peut-être qu'il aurait une chance de la récupérer ... ou pas. En attendant, il tâchait de veiller à sa sécurité le plus discrètement possible. Tout à coup, Rodolphe eut une brusque montée d'adrénaline, "quelle inconsciente !" pesta-t-il tout haut.

De mon côté je traversai la rue dans un état second, je ne fis même pas attention à la voiture qui manqua de me renverser. J'étais ailleurs perdue dans mes pensées, je serrais fermement la clé dans ma poche me demandant ce qu'elle pouvait bien ouvrir. Un coffre, une porte, que sais-je encore ?
Je réalisais enfin que Gabriel avait de nombreux secrets pour moi et que finalement, je ne savais rien de lui. Son meilleur ami Luc ne me semblait pas plus fiable, même dans la mort, j'étais certaine qu'il le protégeait et qu'il me cachait des éléments importants. Comme s'il allait me faire croire qu'il ignorait qui était la maîtresse de son meilleur pote, bein voyons !

Au même moment, dans le bureau de Luc, la conversation téléphonique fut brève mais éloquente.
— Je préfère te prévenir qu'elle est sur ta piste et qu'elle ne devrait pas tarder à te démasquer, dit-il.
— Ah quelle poisse !
— On peut appeler ça comme ça en effet.
— Il va falloir la faire disparaître plus tôt que prévu finalement. Tant pis pour le groupe, j'agirai sans eux si besoin, de toute manière, du moment que la mission est remplie c'est l'essentiel non ?
— Comme tu veux, mais tu n'as pas intérêt à échouer si tu ne veux pas te mettre tes supérieurs à dos. Agis vite et bien et tout le monde sera satisfait.
Luc coupa la communication et contempla la rue. Il vit Stella traverser et manquer de se faire renverser. Il se demanda pourquoi le hasard n'avait pas bien fait les choses jusque là ...

A suivre ...

lundi 25 octobre 2010

Le meilleur ami ...

Un coup d'oeil sur mon portable avant d'entrer dans le bureau de Luc. J'avais un message de Claire qui s'inquiétait de ne pas avoir de mes nouvelles depuis plusieurs jours, elle était sur le point d'appeler la police pour entamer des recherches. Dès que j'en aurais fini avec mon interlocuteur, je lui passerais un coup de fil, c'était gentil à elle de s'inquiéter mais parfois, Claire faisait preuve d'un syndrome de sur-protection  qui m'agaçait.
La secrétaire sortit du bureau et s'effaça pour me laisser entrer. J'avais rencontré Luc peu souvent, il était certes le meilleur ami de Gabriel mais ce dernier le côtoyant chaque jour au travail, il l'invitait donc rarement à la maison. Ainsi, je ne savais que très peu de choses sur lui mis à part le fait qu'il collectionnait les conquêtes comme les images panini, ils auraient pu en remplir des albums entiers.
Perchée sur mes talons hauts, mon dieu mais qu'est-ce qui m'avait pris de mettre des machins pareils à mes pieds, je lui servis mon plus beau sourire avant de décocher les flèches des questions embarrassantes.
— Stella ! Quelle surprise ! dit-il en me serrant chaleureusement dans ses bras.
— Bonjour Luc.
— Je suis content de te voir, pas une semaine ne passe sans que je me demande ce que tu deviens depuis que Gabriel nous a quitté. Mais je suis tellement débordé que je ne prends même pas le temps de t'appeler pour prendre de tes nouvelles. Honte à moi ! Il me manque tu sais, plus rien n'est pareil depuis sa mort.
Nous voilà donc dans le "faillot système", moi qui avais horreur de jouer la comédie en temps ordinaires, j'étais servie.
— Alors qu'est-ce qui t'amènes ici ? reprit-il.
— Oh je passais dans le quartier et j'ai voulu venir faire un petit coucou mais ... dis-je en tortillant mes doigts
— ... mais il n'y a pas que ça je suppose ... dit-il en esquissant un sourire charmeur.
— Tu supposes bien en effet, j'aurais voulu jeter un petit coup d'oeil au bureau de Gabriel si cela ne t'ennuies pas.
— Tu as de la chance, je n'ai touché à rien depuis qu'il nous a quitté. Tu cherches quelque chose en particulier ? insista-t-il.
— Rien de précis, des effets personnels qui seraient restés ici, des petites choses que j'aimerais conserver.
Luc prit un air suspicieux tout à coup, je savais bien que j'étais une piètre comédienne, d'ici deux minutes, il me ferait cracher le morceau et j'éclaterais en sanglots, je le savais, c'était couru d'avance.
"Aller ma vieille respire un bon coup ça va aller", me serinai-je intérieurement.
— Il me semblait pourtant que tu avais tout récupéré, je t'avais fait envoyer un carton avec la plupart de ses affaires. Tu voudrais voir quoi en particulier ?
Misère, il était flic dans une autre vie ou quoi ?? Il me poussait dans mes retranchements, je n'aimais pas cela du tout.
— Son agenda professionnel, ses tiroirs, ses courriers, lâchai-je dans un souffle.
Une ombre passa sur le visage de Luc, mon sourire de façade s'évanouit dans la seconde.
— Qu'as-tu donc appris mon venir farfouiller ici ? demanda Luc en s'approchant de moi.
Une bouffée de tristesse mêlée à de la colère commença à m'envahir, bientôt mes yeux feraient geysers. Luc prit place sur la chaise restée vide à côté de la mienne, il posa une main amicale sur mon épaule pour m'inciter à la confidence.
— J'ai appris qu'il avait une maîtresse, bredouillai-je.
— Ah ... c'est donc ça qui t'amène, je savais bien que tu débarquerais ici tôt ou tard pour ce motif. Je lui avais bien dit qu'il jouait avec le feu et qu'il te ferait souffrir si tu l'apprenais.
— Donc tu étais au courant ?
La fureur continuait de monter en moi.
— Oui et non. Je savais qu'il voyait quelqu'un mais j'ignore de qui il s'agissait si c'est cela que tu veux savoir.
— En même temps, ça aurait été trop facile que tu me serves son nom sur un plateau !
— Désolé que tu l'aies appris maintenant qu'il est mort, il ne pourra jamais te donner les explications que tu attends en plus. Stella, la vie doit continuer, ne t'attardes pas trop là-dessus tout de même, ce n'est pas bon pour ton équilibre.
— Mon équilibre attendra, ça ne m'empêchera pas de remonter la piste et de trouver qui est cette femme, dis-je en serrant les poings.
Luc soupira, les mots lui manquaient dans ce genre de situation. Il se leva, alla jusqu'à son bureau et me remis une clé.
— Tiens, prends-la, elle ouvre tous les tiroirs qui sont dans son bureau, j'espère que tu trouveras ce que tu cherches. En cas  de besoin, appelle.
Je hochai la tête et me dirigeai vers le bureau de Gabriel. Tout était resté intact comme s'il avait quitté cette pièce la veille au soir. J'ouvris un à un les tiroirs du bureau, j'y trouvai de vieux dossiers, des croquis inachevés. Un seul tiroir nécessita l'utilisation de la clé. Son agenda professionnel relié de cuir était bien rangé. Mes doigts brûlaient à mesure que je tournais les pages et que je découvrais de multiples rendez-vous avec "Elle". Mes mains tremblaient tellement que je fis tomber l'agenda sur le sol. Une clé atterrit à mes pieds. Je la ramassai, la tournai et la retournai en m'interrogeant sur ce qu'elle pouvait bien ouvrir. Au bout de dix minutes, je décidai d'emporter le tout chez moi, je savais que je ne trouverais rien d'autre ici. Il serait toujours temps de revenir cuisiner Luc le cas échéant. Je ne pris même pas la peine de lui dire au revoir, j'étais trop remuée. Je fis un signe de tête à la secrétaire qui m'observait derrière ses binocles et claquai la porte du cabinet d'architecture sans me retourner.
Luc sortit de son bureau, le sourire en berne et s'adressa à son employée.
— Elle est au courant. Appelez l'autre et passez la moi tout de suite sur ma ligne privée...

A suivre ... 

vendredi 22 octobre 2010

Début de l'enquête ...

Le trajet du retour en voiture me sembla terriblement réconfortant de part son caractère ordinaire et sans surprise. Le soleil réchauffait ma peau à travers les vitres, j'arborais mes lunettes aux verres fumés et avalais les kilomètres de bitume au volant de la mécanique bien huilée qui me servait de compagne de route. Il fallait bien l'avouer en ce moment, j'avais soif de normalité, d'une vie terriblement banale et sans surprise sans doute pour oublier que la mort me guettait au coin du bois sous une forme que j'ignorais; que ma vie sentimentale s'était disloquée d'un coup en apprenant l'infidélité de l'homme avec lequel je comptais passer ma vie. Enfin à vrai dire, il était mort, là-dessus il ne pourrait plus me faire grand mal mais malgré tout, la blessure était vive. Il avait entretenu une liaison, qui sait peut-être même carrément une double vie et pour le principe, je voulais faire la lumière à ce sujet. Je n'étais du genre à me voiler la face.
Gabriel était architecte, il avait un bureau dans Paris, des associés, une secrétaire, quelqu'un devait bien savoir quelque chose.
Ainsi, dès mon retour et à peine après avoir pris un peu de repos, je me présentai au cabinet d'architecture. Je fus aimablement reçue par la secrétaire des lieux que j'avais dû croiser en tout et pour tout trois fois du temps où je vivais avec Gabriel. Au moins pas de risque que ce soit elle sa maîtresse avec sa cinquantaine bien marquée, ses binocles et sa jupe plissée version vieille bigote, je ne l'imaginais absolument pas dans ce rôle. Après m'avoir proposé un café pour me faire patienter, elle alla chercher Luc, le meilleur ami et associé de Gabriel, afin qu'il puisse me recevoir entre deux rendez-vous. Mon attente ne fut pas très longue, j'en profitai tout de même pour lisser mes cheveux histoire de ne pas ressembler à une paysanne. Certes j'allais soumettre Luc à un interrogatoire mais il fallait malgré tout que cela garde des airs de visite de courtoisie. Je tâchai donc de me donner une contenance même si je n'en menais vraiment pas large, je n'avais jamais eu recours à ce genre de pratique jusque là mais il y avait un début à tout, c'était bien connu. J'affichai donc mon plus beau sourire de façade et entrai dans l'arène...

A suivre ...

mardi 19 octobre 2010

Suite de l'histoire de Stella et Rodolphe

Sitôt que Rodolphe fut parti, un froid glacial s'étendit sur mes épaules, toutes les tensions des derniers jours venaient de s'écrouler sur moi. J'oscillai envers lui entre deux sentiments, me jeter dans ses bras et faire fi de ses actes ou bien l'étrangler à deux mains histoire d'avoir un coupable sur qui me venger de toutes mes souffrances accumulées. Mais j'aurais beau faire, un ange déchu n'était pas mortel, au pire je le blesserais et encore ce n'était même pas assuré. Quoique j'en dise, il était en partie responsable de ce qui m'arrivait dernièrement mais en même temps, ce n'était pas lui qui avait dépêché une horde de destructeurs prêts à me faire passer l'arme à gauche. Finalement, à bien y réfléchir, Dieu voulait exercer une espèce d'épuration ethnique avec les descendants de néphilims mais bon, dans cette histoire j'étais l'innocente victime de mon ignorance ... comme si j'allais faire remonter mon arbre généalogique jusqu'à Mathusalem pour savoir qui avait couché avec qui, franchement c'était du délire.
Je décidai de plier bagages sur le champ car de toute manière, le lac Léman où je séjournais depuis deux jours ne m'apporterait pas de réponse quant à l'identité de la maîtresse de Gabriel. Celle-là au moins, si je parvenais à lui mettre la main dessus, passerait un mauvais quart d'heure. Je devais procéder avec logique, ramasser le moindre petit indice pour remonter la piste qui menait à cette femme. Et aussi, moi qui n'y étais pas habituée, surveiller de près si quelqu'un me suivait, bref apprendre à me protéger car j'ignorais comment les destructeurs comptaient procéder pour m'éliminer.
Quant à Rodolphe, je m'attendais à le voir débarquer quand bon lui semblerait, voilà qui avait le don de me hérisser à l'avance. Il se croyait peut-être tout permis avec sa dégaine de bad boy irrésistible mais malgré l'attirance que je pouvais ressentir à son égard, je savais qu'il était capable du meilleur comme du pire. Certes il m'avait sauvé la vie mais il n'avait pas hésité à jeter Gabriel en pâture aux destructeurs. Qui était-il au juste ? A bien y réfléchir, j'ignorais tout de lui et je devinais qu'il devait trimbaler quelques histoires pas très catholiques derrière lui ...

A suivre ...

vendredi 1 octobre 2010

En discontinu ...

Et oui un peu comme un courant alternatif, j'écris puis disparais pour des périodes plus ou moins longues. Ma vie réelle a pris le pas sur votre plaisir de lire mes fictions, non pas que je n'ai plus rien à dire ou à écrire mais pour l'instant, je n'éprouve pas le besoin d'alimenter mon blog. Je n'en ressens aucun manque, parfois un chouilla de culpabilité envers ceux qui attendent désespérément un signe de la tueuse mais je ne peux pas être partout à la fois. A ceux qui s'inquiètent de mes silences plus ou moins longs, sachez que je vais bien, je fais ma tournée des blogs quotidiennement, parfois je fais un coucou par-ci par-là mais je n'éprouve pas forcément l'envie de commenter à tout va même si je suis de près vos travaux et vos états d'âme. Je me déplace de ligne en ligne en ombre fugace, je laisse quelques empruntes tel un discret petit poucet mais pour l'instant, tout comme mon corps, mon esprit est en gestation ...

Bien amicalement,
Dame Sco'.

jeudi 5 août 2010

L'appel du sang ...

La tueuse était restée dans l'ombre depuis trop longtemps. Elle avait cru à une période d'apaisement, elle avait même repeint ses murs en vert d'eau, joli et doux mais voilà, même pendant une retraite momentanée loin de ses activités pas très légales, ni très humaines, le feu des armes la rappelait à nouveau. Le sang appelant le sang, elle devrait à nouveau faire justice elle-même sauf qu'elle laissait l'activité découpage à son pote Dexter, elle détestait par-dessus tout les éclaboussures qui tâchent les vêtements. Il fallait croire que finalement la douceur n'était pas faite pour elle. La tueuse avait besoin de sa dose d'action et d'hémoglobine pour se sentir comme un poisson dans l'eau. Quitter le spa pour retrouver les bains d'acide, le chant des oiseaux pour le murmure de son silencieux dans la nuit noire, les robes champêtres pour la combinaison moulante de la professionnelle du passage d'arme à gauche, au lieu de compter les pommes rouges sur les arbres, elle ferait à nouveau le décompte des balles dans son chargeur, voilà une activité qui lui convenait beaucoup mieux ...

samedi 31 juillet 2010

La grande verte ...

Partie pour une semaine de vacances tranquille en Bretagne, elle ne se doutait pas que l'endroit plairait tellement à son mari qu'il voudrait s'y installer définitivement ...
Elle ne niait pas que la couleur émeraude de la mer avait un charme indéniable, que la vie semblait moins compliquée que là où elle vivait habituellement, mais n'était-ce pas l'envoûtement des vacances qui produisait un tel effet ? Après 5 jours de vacances pour elle, car lui connaissait les lieux depuis bien longtemps, cela suffisait-il à se décider à déménager ? Tout quitter pour recommencer ailleurs dans un lieu inconnu, sans famille, sans amis à proximité avec pour seule compagne une étendue d'eau salée toute verte ... Voilà qui lui paraissait bien risqué, voire irréfléchi. Quelle idée de vouloir aller s'intégrer dans un paysage de carte postale pour touristes comme ça sur un coup de tête ??
Depuis toujours, elle avait dit qu'elle haïssait la Bretagne sans même y avoir posé un orteil ... enfin plutôt les bretons, et pour être plus précises deux bretons en particulier, deux ex à elle. Pourquoi les avoir choisis bretons tous les deux et avec le même prénom en plus ? C'était une particularité chez elle, elle doublait les prénoms pour être sûre de ne pas être passée à côté de quelque chose mais bon à chaque fois la théorie s'était vérifiée, têtus comme des mules et arrogants avec ça.
Bref tout cela ne résolvait pas son problème pour autant, comment détourner son mari de son projet de dingue au moins pour quelques temps ?
L'assommer à coup de menhirs pour qu'il devienne amnésique ? Trop lourd à porter.
Faire grève des câlins ? Marchera pas longtemps cette affaire.
Oser dire non tu fais une bêtise et je veux pas ? Pas très convaincant.
Négocier d'autres vacances pour se faire à l'idée ? Pourquoi pas ...
Parait que l'air marin est vivifiant et qu'il aide à éclaircir les idées, certes ... mais quand on préfère la montagne, on fait comment pour trouver la sérénité avec les pieds dans l'eau hein ???

samedi 24 juillet 2010

Petite histoire courte ...

Une nuit froide de novembre, la tempête faisait rage au dehors. Des trombes d'eau s'abattaient sans relâche depuis des heures sur la maison, les gouttières débordaient, les vitres des fenêtres étaient littéralement aspergées de pluie comme si on les avait passées au karcher. Les branches des arbres s'agitaient en tous sens à cause du vent violent, elles venaient régulièrement s'écraser contre les carreaux produisant alors des bruits sinistres.
Billy était bien caché sous ses couvertures, seul un bout de nez dépassait des draps. Le petit garçon de 5 ans, à l'affût du moindre bruit suspect ne parvenait pas à trouver le sommeil, le plus petit craquement n'échappait pas à son oreille fine. Comme tous les enfants, Billy avait peur du croque-mitaine, des monstres et de toutes sortes de créatures nocturnes, son imagination était tellement fertile que ses parents craignaient qu'il ne se construise un monde mental parallèle. Les phobies du garçonnet étaient devenues de plus en plus nombreuses et fréquentes ces derniers temps. Le récent déménagement de la famille dans une vieille maison et de surcroît, dans une région humide souvent balayées par des tempêtes mémorables n'arrangeaient rien au problème. Un vrai cocktail des plus glauques pour un gosse facilement influençable.
Deux heures du matin, dans la maisonnée sensée être endormie, Billy veillait toujours. Ses petites paupières lourdes luttaient contre le sommeil car la trouille semblait la plus forte cette nuit là.
Quelques craquements plus appuyés que les fois précédentes se firent entendre, un peu comme des pas sur le parquet de sa chambre. Il était certain qu'un monstre allait venir le chercher pour l'enlever ou lui croquer les doigts de pieds, oui, un monstre tout vert, plein de poils aux doigts crochus, le plus vilain qui soit ... Boum, boum, boum en cadence, le bruit se rapprochait de plus en plus, cela venait du placard situé face à son lit. Billy se mordit les lèvres, il tremblait de tous ses membres mais paralysé par la peur, il ne put articuler aucun son, pas un cri ne sortit de ses petites lèvres roses. Il pressait ses mains contre ses oreilles, de peur que le monstre ne commence son repas en les lui arrachant.
La porte du placard s'ouvrit suffisamment pour laisser passer quelqu'un. Boum, boum, boum sur le parquet, la démarche lourde et sordide continuait de plus belle.
Dans un éclair de lucidité, l'enfant tendit finalement le bras vers sa lampe de chevet et tâtonna jusqu'à trouver l'interrupteur. Billy serrait les paupières et attendit quelques secondes même s'il savait que la chambre était à présent baignée de lumière, les boum boum sur le parquet continuaient malgré tout.
Rassemblant le peu de courage qu'il lui restait, il ouvrit les yeux et vit sur le sol de sa chambre, un éléphant mécanique sorti tout droit du placard.
Un jouet ... le petit avait eu peur d'un simple jouet ...
Billy se leva rapidement pour ranger la bête dans son coffre à trésors et retourna dans son lit soulagé d'avoir eu peur pour rien. L'enfant vaincu par la terreur et la fatigue finit par s'endormir, mais une question restait en suspend. Qui avait bien pu remonter le mécanisme du jouet en pleine nuit ? Y avait-il malgré tout un monstre aux doigts crochus dans le placard ?

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mercredi 21 juillet 2010

Recette miracle ...

Pour retrouver l'inspiration ...

- Emprunter le chaudron de mon amie Maïa et y mettre :
- quelques neurones dégagés de tout souci,
- des idées magiques empruntées dans des grimoires anciens ou bien piller la série des Harry Potter (au choix) 
- un arc en ciel plié en accordéon pour la couleur (faut bien que ça rentre dans le chaudron ces choses là, c'est que c'est grand !)
- quelques partitions de musique entraînante
- une bonne rasade de champagne pour que ça bulle et pour donner de la légèreté,
- porter le tout à ébullition,
- faire flamber le tout comme une crêpe suzette,
- vous obtenez ainsi un feu d'artifices de mots prêts à déguster !

Bon appétit ... euh ... plutôt bonne lecture ! héhé !

samedi 17 juillet 2010

Comment ça se fait ??

L'envie d'aligner les mots et les phrases était là bien présente chaque jour mais quelque chose de plus fort et d'indescriptible l'empêchait de le faire depuis des semaines. La fatigue ? La morosité ? Le manque d'entrain ? Tout cela conjugué peut-être, un peu comme la sève des arbres en dormance tout l'hiver, la motivation avait du mal à dépasser le cap des racines pour grimper jusque dans les branches et donc par voie de conséquence : pas de feuille à l'horizon et encore moins de fleurs et de fruits ... Pfff, saleté de moral dans les chaussettes, pire que du mildiou sur des plans de tomates !
Bref, elle a peu à peu déserté son chantier romanesque, le 9 mm de la tueuse s'est grippé, même plus envie de zigouiller qui que ce soit à part des moustiques, Raphaël est resté en rade avec son bébé sous le bras et ses interrogations multiples. Pareil pour les couleurs de la peintre qui ont séché de solitude sur leur palette. Sans oublier, Rodolphe bloqué sur le regard de Stella à mi-chemin entre la haine et le désir, heureusement qu'il n'a plus d'ailes sinon on aurait pu y voir des toiles d'araignées tellement il a été délaissé le pauvre ... Bref, elle a l'impression d'avoir abandonné ses personnages et ses lecteurs telle une mère indigne qui abandonne ses enfants ... Voilà qui n'a rien de très glorieux. Chaque fois qu'un peu de motivation a un peu repointé le bout de son nez, elle est redescendue aussi vite qu'un soufflé, pourtant, l'écriture c'est presque toute sa vie, la seule chose qu'elle sait à peu près faire correctement ... Mais quand l'envie vous abandonne petit à petit et que la magie n'opère plus, que faire ? Est-ce que ça se soigne docteur ??

vendredi 16 juillet 2010

Nouveaux murs ...

Aller un nouveau décor histoire de remonter la pente en douceur et d'essayer de retrouver l'inspiration pour vous écrire à nouveau de belles et/ou intéressantes histoires.
Pour les inquiets, finalement je ne déménage pas (encore) chez les bretons, j'ai donc quelques mois de répit et pour les curieux, bébé est prévu pour le 5 janvier 2011 ... D'ici à ce que ma dinde de noël et mon foie gras me passent sous le nez le 24 décembre, y'a pas des kilomètres ...
Voilà pour les dernières nouvelles, je finis de nettoyer mon révolver, je dépoussière les ailes de l'ange déchu et je reviens ... Bougez pas !!!

Cordialement,
Dame Sco'.

mercredi 16 juin 2010

Changez tout ...

Si je devais apporter des modifications à mon existence, je remonterais moi aussi à l'année du bac, et je changerais de voie. J'aurais choisi une école de journalisme ou bien des études littéraires qui finalement convenaient mieux à ma personnalité plutôt que de faire une maîtrise de géographie qui ne m'a jamais rien apporté. Ainsi, j'éviterais la case concours administratifs avec à la clé un boulot que je déteste.

Et puis plutôt que d'avoir toujours le nez dans le bouquins, je vivrais avec davantage de légèreté, en m'amusant un peu plus. Je pense que j'ai toujours été trop sérieuse. On me reproche souvent d'être pessimiste et de voir le mauvais côté des choses, j'ignorais qu'anticiper d'éventuels problèmes me faisait passer pour une rabat-joie alors dans une autre vie, je ne verrais que le bon côté des choses, je penserais positif à longueur de temps ... enfin j'essayerais !

Au niveau santé, j'aurais une forme olympique tout le temps et je ne serais jamais patraque ou fatiguée ce qui fait que je pourrais accomplir tout ce que je voudrais.

Au niveau des amis, j'essayerais de ne pas me retrouver avec un carnet d'adresses vide et de m'intéresser à des personnes qui en valent la peine. J'aurais un cercle d'amis solides et pas des gens égoïstes qui ne pensent qu'à leur pomme.
Je voyagerais aussi, moi qui ai horreur d'être déplantée et bien, je ferais un virage à 180°degrés et je parcourrais un peu plus le monde.
Au niveau des amours, j'arrêterais d'attendre le prince charmant et je reverrais mes exigences et mes priorités parce-qu'au final le prince est toujours beaucoup moins charmant que ce que l'on imagine. Je crois que je serais un peu plus égoïste et que je m'autoriserais à papillonner davantage avant de me fixer avec quelqu'un pour de bon.

Bref, je me rêverais plus indépendante, plus entreprenante et moins influençable, je voudrais être moins fragile et surtout moins me faire marcher sur les pieds.
En gros, il faudrait tout revoir de A à Z et tout modifier, je ne serais donc plus la même mais tout à fait une autre !

dimanche 13 juin 2010

200e billet et question idiote !

Voilà on y est à ce 200e billet ! A ce propos j'ai une question existentielle à vous poser.
Si vous pouviez tout changer dans votre vie, que modifieriez vous ? Tout, quelques détails, rien ...
Je serais curieuse de savoir ...

Cordialement,
Dame Sco'

lundi 7 juin 2010

Rouge.

Depuis son enfance, elle avait horreur de porter du rouge, non pas qu'elle n'aimait pas cette couleur en elle-même, mais des circonstances idiotes avaient fait qu'elle avait définitivement banni cette teinte de sa garde-robe. Un jour de printemps, lorsqu'elle était enfant, une secrétaire de son école lui avait demandé si elle se portait bien le jour où elle avait revêtu un ensemble haut et jupe  d'un rouge éclatant. La couleur de sa peau semblait si blanche en comparaison de ce rouge sauce tomate que vexée qu'on la crut malade, elle jura de ne plus jamais porter de rouge. Alors elle versa davantage vers le bordeaux et encore par petites touches, mais jamais de rouge vif que ce soit sur ses vêtements, chaussures, lingerie et même jusqu'au vernis à ongles jamais le carmin ne passerait par là !
Jusqu'au jour où elle croisa Maxime, un nouveau collègue de travail. Toute la gente féminine de l'entreprise lui volait autour tel un essaim d'abeilles, mais elle avec sa peau si claire et transparente passait totalement inaperçue, presque fantomatique, insignifiante pour le bellâtre qui travaillait au bureau tout près d'elle. Comment attirer l'attention d'un type qui avait tout pour plaire alors qu'elle aurait pu passer derrière des affiches sans les décoller ?
Tous les magazines féminins le disaient, il fallait jouer sur la couleur pour séduire, bein oui mais quand on est pas une femme fatale difficile de ne pas avoir l'air ridicule en mettant des couleurs vives.
"Elle savait que le rouge n'était pas sa couleur, et pourtant pour lui elle osa enfin" ... Elle arbora un rouge à lèvres d'un rouge bien soutenu, vif et brillant qui mettait en valeur ses lèvres parfaitement dessinées. Comme tous les jours, elle lui apporta des dossiers et du courrier. Lui d'habitude si indifférent envers elle, resta suspendu à ses lèvres comme si le rouge l'avait hypnotisé. Il sembla d'ailleurs un peu bête lorsqu'elle tourna les talons pour retourner à sa table de travail. Toute la matinée, il chercha un moyen d'engager la conversation, il s'en voulait de ne jamais l'avoir remarqué. Jouant le tout pour le tout, il se leva, alla chercher une tasse de café et la lui apporta. Elle fut surprise et en même temps, l'effet du rouge dépassait toutes ses espérances.
"Quelques mots chuchotés tout prés de son oreille" et l'invita à déjeuner. Elle, si blanche habituellement, en rougit comme une pivoine ! Voilà qui promettait un moment intéressant ...

vendredi 4 juin 2010

Sco' is back !

Aller pour reprendre doucement, je vous suggère une nouvelle séquence de mon jeu littéraire, à vous de proposer des amorces et je créerai des textes autour de ce que vous m'aurez fourni comme éléments.
Choisissez plutôt des thèmes légers, je n'ai pas envie d'avoir de pensées négatives en ce moment !

Cordialement,
Dame Sco'

vendredi 28 mai 2010

BLOG EN PAUSE



Pas d'inspiration, pas envie d'écrire, de lire, ou de parler, moral dans les chaussettes, grosse fatigue ...
Donc je mets le blog en pause pour une durée indéterminée.

Cordialement,
Dame Sco'.

lundi 24 mai 2010

Edit de l'auteur

Un petit mot pour vous remercier de passer sur le blog malgré le fait que je me fais plus rare depuis quelques temps ici et sur vos sites. Ne vous inquiétez pas, ce n'est que temporaire, je vais un peu mieux même si j'ai de gros coups de fatigue parfois. Rassurez-vous, je ne suis pas mourante, j'attends juste un bébé !
Bref, tout ça pour vous dire que je vais tâcher d'alimenter le blog en fonction des moments où je ne suis pas trop raplapla !

Par ailleurs, ce sera bientôt mon 200e billet sur ce blog alors si quelques unes ou quelques uns d'entre-vous ont une idée spéciale pour fêter l'évènement, j'accueillerai vos suggestions avec joie.

A très vite.
Cordialement,
Dame Sco'

jeudi 20 mai 2010

Celui à qui l'on ne pouvait rien cacher ...

Rodolphe m'attira à lui, je me laissai faire. J'écoutais sa respiration contre son torse, profitant ainsi des effluves de son parfum si subtil. Mon cerveau réfléchissait à la vitesse de la lumière, j'avais une envie désespérée de me fondre en lui, de l'aimer, de l'embrasser ... et de le tuer ensuite.
Non pas que je me sois transformée en mante religieuse mais il devait payer pour toutes les souffrances qu'il m'avait infligées depuis que je le connaissais. Une force supérieure était en train de prendre possession de ma volonté d'humaine, moi qui n'avais jamais fait de mal à une mouche, je m'imaginais en train de lui planter un couteau dans le coeur. J'ignorais la façon dont on se débarrasse d'un ange déchu mais je trouverais bien la faille. Il y avait bien un moyen d'exterminer les vampires alors pourquoi pas les anges déchus après tout, rien n'était impossible...
— Stella ...
— Mmmh ...
— Je te rappelle que je sais lire dans les pensées et que ce que tu viens de calculer, me déplait souverainement !
J'avais oublié qu'il avait ce fichu don. Je m'écartai de lui à la fois décontenancée d'avoir eu des idées aussi sanglantes mais gardai tout de même une lueur de défi dans les yeux.
— Pourtant, tu mériterais aisément le sort que j'ai eu envie de te réserver, sifflai-je.
— Lequel ? Celui de faire l'amour avec moi ou bien celui de trancher dans le vif ?? asséna-t-il calmement.
Je haussai les épaules. Rodolphe rapprocha son visage du mien pour me pousser dans mes retranchements.
— Alors ? Tu as honte de tes désirs maintenant ? ajouta-t-il. Réponds, cela ne coûte rien.
— Entre les deux, mon coeur balance, ça te va comme réponse ? répliquai-je piquée au vif.
— Je dois avouer que la première partie me plait davantage que la seconde, mais de toute manière, je t'empêcherai de faire des bêtises et d'aggraver ton cas et le mien avec .
Le voilà qu'il faisait du clair obscur, il me fallait des précisions.
— Ce qui en d'autres termes signifie ...
— ...que je ne te laisserai pas me tuer parce-que tu as besoin de moi pour te protéger contre les destructeurs, qu'il est certain que je mérite un châtiment pour ce que j'ai fait, mais il me semble que j'en paye déjà les conséquences depuis un bon moment. Je te rappelle que l'on m'a arraché les ailes et que tu me hais plus que tu ne m'aimes, pas vrai ?
Alors là j'étais soufflée, je ne trouvai rien à lui rétorquer et cela m'agaçait fortement.
— Qui ne dit mot consent ... Bref, étant donné que je t'inspire de la haine, je ne vais pas profiter de ta faiblesse d'humaine, je veux que tu viennes à moi pour une autre raison que de la basse vengeance, voilà c'est dit. Par ailleurs, si d'autres envies de meurtres ou de luxure te traversaient l'esprit, songe que c'est peut-être parce-que ta nature de néphilim est en train de se réveiller et que les bas instincts des anges déchus refont surface chez toi. Enfin, c'est une piste parmi tant d'autres mais penses-y ...
Rodolphe afficha alors un petit sourire satisfait, il m'avait une fois de plus cloué le bec.
Je l'observai avec mon plus beau regard qui tue, mais cela n'eut pas l'effet escompté, il m'adressa un clin d'oeil et s'éclipsa ...


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lundi 17 mai 2010

Complexité humaine ...

Heureusement pour moi, le cimetière était désert et je pus quitter cet endroit maudit sans être inquiétée par le gardien ou même la police. Je rentrai chez moi dans un état second mais auparavant, je pris tout de même la peine de me débarrasser de la masse en la jetant dans la Seine.
De retour à la maison, je m'affalai sur le canapé, je me sentais vide et sans consistance. J'avais été trahie de la pire manière qui soit, Gabriel m'avait arnaqué non seulement sur l'amour qu'il me portait, il m'avait ouvertement trompé (ce n'était qu'une question de temps avant que je ne mette la main sur la traitresse qui couchait avec lui), et il m'avait volé de l'argent. Quel genre d'homme était-il ? Pas celui que j'imaginais en tout cas. Ce qui était certain c'était qu'il avait un don de comédien hors du commun pour avoir réussi à mener une double vie avec un tel aplomb. J'aurais peut-être dû dire merci à Rodolphe finalement, il m'avait débarrassé d'un parasite. Si Gabriel pouvait aller rôtir en enfer, ce serait la meilleure compensation que je pourrais recevoir à l'heure actuelle mais ce n'était pas moi qui faisait la distribution des rôles là-haut.
Et puis franchement, je ne serais pas la bienvenue non plus de me pointer chez St Pierre alors que j'étais classée parmi la "race à éradiquer ". Quelle ironie du sort, si je décidais d'en finir, je me retrouverais nez à nez dans les flammes avec ce salopard de Gabriel, la belle affaire ! Je ne lui ferais pas ce plaisir tiens !
Prise d'un nouvel élan de rage, je me levai d'un bond du canapé et me dirigeai vers ma chambre. Je mis tous les vêtements de Gabriel dans des sacs poubelles, j'irais tout donner à la Croix rouge le lendemain, au moins, cela servirait à des gens dans le besoin.
Je finissais de remplir le dernier sac quand je fus secouée par des sanglots, la pression avait été trop forte ces derniers jours. Je m'écroulai à genoux au milieu des sacs de vêtements, j'avais envie de m'en servir comme d'un puching ball. Si j'avais eu Gabriel sous la main, je lui aurais démoli le portrait, son visage sans défaut n'aurait plus été qu'un ramassis de cicatrices et de bleus. J'aurais même pu être atteinte de folie meurtrière et décider de le tailler en pièce au couteau de cuisine, n'importe quel objet qui me serait tombé sous la main aurait pu faire l'affaire ...
— Arrête ... Ce n'est pas toi qui parle, toute cette violence, ce n'est pas toi, dit-il doucement.
Je levai alors des yeux baignés de larmes vers Rodolphe, il avait entendu mes pensées et me contemplait avec un regard si triste que j'avais peine à reconnaître la splendeur de ses traits.
Il vint s'asseoir près de moi et se hasarda à caresser mes boucles brunes d'un geste léger. Je ne savais pas si j'avais envie de le repousser ou bien de me jeter dans ses bras pour être consolée. Toute cette histoire me dépassait.
— Je suis tellement désolé de ce qui s'est passé, je m'en veux de t'avoir fait du mal Stella. J'aurais dû me taire et disparaître depuis longtemps mais je ne pouvais pas me résoudre à te laisser seule face à ton destin. C'était trop difficile ... J'espère que tu finiras un jour par me pardonner, souffla-t-il à mon oreille.
Mes yeux alors croisèrent les siens. Il put alors lire dans les miens un mélange de haine et de désir étroitement mêlés, mais aucun sentiment doux ou harmonieux n'avait sa place en cet instant.
Je pus déceler dans ses iris une certaine surprise, là où il ne s'attendait à trouver que du mépris ou de l'indifférence, contre toute attente, il avait éveillé en moi quelque chose de bien plus fort ...


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jeudi 13 mai 2010

Entreprise de démolition ...

A deux heures du matin, j'avais le projet de gravir la montagne la plus proche et d'invectiver le "Patron" de Rodolphe. Qui était-il pour décider du droit de vie ou de mort des humains ? Ah oui ... c'était Dieu ... Ben voyons et moi je m'appelais Maryline pendant qu'on y était !
A six heures du matin, j'avais changé d'avis, il n'était plus temps d'envisager une randonnée. Je haïssais toujours Rodolphe certes mais ce dont il m'avait parlé au sujet de Gabriel me laissait songeuse. Il fallait que j'en sache plus et mes réponses, je ne les aurais qu'à Paris.
A sept heures du matin, je décidai de reprendre la route pour rentrer chez moi.
J'avalais les kilomètres de bitume depuis un bon moment quand je me rendis compte entre deux flots de larmes qu'une Audi A4 gris métallisée me suivait. Rodolphe ne lâchait donc pas l'affaire ... J'aurais dû me douter qu'il me filerait le train, au moins, il ne prenait plus la peine de se cacher. Plutôt que de m'arrêter et lui demander de cesser son jeu stupide, j'accélérai jusqu'à 160 km/h et tâchai de l'ignorer en changeant régulièrement de voie. Malheureusement pour moi, Rodolphe semblait être un excellent conducteur et sa voiture était bien plus puissante que la mienne...
Le manège ne cessa qu'une fois que j'eus pénétré dans le parking souterrain de mon immeuble. Il était plus de dix-huit heures quand je regagnai enfin mon domicile. Je posai mon sac et mon gilet en vrac sur une chaise et me dirigeai tout droit vers ma chambre. J'ouvris en grand le placard où je conservais les effets personnels de Gabriel. J'avais tout laissé intact depuis sa mort, aucun de ses vêtements ou papiers n'avaient bougé, je n'avais touché à rien. Il était temps de remédier à cette lacune. Je fouillai différentes vieilles boîtes à chaussures à la recherche d'une quelconque lettre ou photo suspecte. Je ne trouvai rien d'intéressant. J'optai alors pour les poches de manteaux et de pantalons. La chance venait de tourner, je mis la main sur une facture de bijouterie et un post-it tout chiffonné sur lequel était inscrit "RDV hôtel jeudi 12/01 à 16h" ... Ce n'était ni mon écriture, ni la sienne d'ailleurs ... Avait-il réellement eu une aventure ou bien était-ce de faux indices fabriqués par Rodolphe ? Il n'aurait tout de même pas été jusque-là pour se dédouaner ...
Je passai une très mauvaise nuit peuplée de cauchemars tous plus terrifiants les uns que les autres. Au matin, je me rendis à ma banque et demandai à parler à ma conseillère. Je savais que j'aurais dû prendre rendez-vous mais je n'avais pas le temps d'attendre. Cette dernière m'informa que mon plan d'épargne logement était quasiment amputé d'un tiers et que les échéances de remboursement de mon prêt à la consommation d'un montant de 10000 euros allaient bientôt démarrer ... Sauf que je n'avais jamais contracté de prêt mais que quelqu'un l'avait fait pour moi. Je reconnus alors l'écriture de Gabriel sur le formulaire que la banquière me montra, ainsi qu'une fausse procuration soi-disant signée de ma main. La rage monta en moi, l'autre monstre n'avait donc pas menti ...
Je ressortis de la banque telle une walkyrie et passai dans un magasin de bricolage avant de prendre la route du cimetière. Je sortis mon achat du coffre et me dirigeai vers la stèle de Gabriel.
Brandissant alors une masse d'un geste vengeur, je m'attaquai à démolir le monument en granit. Au bout de trois coups, je m'arrêtai à bout de souffle, la pierre était esquintée mais tenait encore debout, mais au moins le portrait de Gabriel était réduit en petits morceaux éparpillé sur un bouquet de fleurs fraîches encore déposé récemment. J'aurais mis ma main au feu que c'était sa maîtresse qui déposait ces fleurs. Peu importait le temps que cela mettrait mais je finirais par savoir qui elle était ...
Haletante, je m'assis sur la tombe la plus proche pour reprendre mon souffle. Rodolphe n'avait rien perdu de la scène qui venait de se dérouler, il s'approcha à pas légers. Je relevai la tête à son approche, ses yeux dorés me transpercèrent. Il m'ôta délicatement la masse des mains, je ne protestai pas. Pour l'heure j'ignorais qui de lui ou de Gabriel, je haïssais le plus.
Une chose surprenante se produisit. Rodolphe brandit à son tour la masse et d'un seul coup envoya valser le monument funéraire en mille morceaux. J'en restai pantoise. Il me rendit la masse et ajouta :
— Mieux vaut que vous partiez avant que le gardien n'appelle la police et que l'on vous arrête pour dégradation de sépulture.
Je hochai la tête. Rodolphe esquissa un demi-sourire et s'en retourna silencieusement. Je ne le retins pas ne sachant pas si je devais lui dire merci ou lui défoncer le crâne avec la masse qui restait dans mes mains ...


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lundi 10 mai 2010

Dans les pensées de Rodolphe.

Rodolphe n'avait pas quitté les environs du lac Léman, il savait que Stella pourrait avoir besoin de lui. Elle le détestait certes, mais il la maintiendrait en vie de gré ou de force. Les destructeurs étaient toujours à l'affût, dès qu'il relâcherait sa surveillance, ils en profiteraient. Heureusement pour lui, les déchus n'avaient plus besoin de dormir, rien ne le détournerait alors de sa mission. Il la protégerait envers et contre tous.
Rodolphe s'en voulait d'avoir fait souffrir Stella, la culpabilité le rongeait. Il ne lui avait révélé qu'un tiers de la vérité, s'il lui avait tout dit, elle aurait pris un révolver et ce serait tiré une balle dans la tête. Mieux valait peut-être lui distiller les informations ou bien la laisser découvrir un certain nombres d'éléments par elle-même. Il ignorait ce qui était le mieux pour elle, il avait fait son devoir et bien plus, il s'était dit qu'il protégeait une innocente en agissant comme il l'avait fait, mais il s'était aussi laissé entraîner par ses sentiments. Voilà qui était moins glorieux pour un ange censé rester en dehors des bouillonnements amoureux des humains.
Lui qui rêvait de serrer Stella dans ses bras, de sentir la chaleur de son corps contre le sien, il s'était coupé les ailes une deuxième fois, il l'avait fait fuir. Malgré la distance, il entendait ses pensées ... Stella avait envie de le tuer de ses propres mains, elle se sentait trahie, manipulée.
Elle avait également deux autres projets en tête.
Grimper en haut d'une montagne, provoquer le Patron et demander des comptes, voilà qui n'était pas la meilleure idée du siècle. Rodolphe préférait de loin le second projet, elle prévoyait une sorte d'entreprise de démolition qui le fit sourire malgré lui ... Au moins, elle réagissait, c'était déjà mieux que rien. Il savait qu'il lui faudrait du temps pour accepter la situation, peut-être qu'alors elle changerait d'avis et finirait par lui faire une petite place dans son coeur. Si déjà elle ne le considérait plus comme un délateur et un meurtrier en puissance, ce serait merveilleux. Pour l'instant, Stella ne comprenait rien du sacrifice qu'il avait consenti pour elle, à vrai dire, elle n'avait rien demandé à personne. Pourquoi devrait-elle se sentir redevable après tout ?
Rodolphe avait tout donné sans rien attendre en retour ... sauf qu'aujourd'hui, si elle lui refusait son pardon, il aurait définitivement tout perdu... A côté de cela, vivre en enfer pour l'éternité n'était rien du tout ...


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samedi 8 mai 2010

Le pourquoi du comment ...

L'air s'était rafraîchi, j'invitai alors Rodolphe à entrer dans la maison même si je savais qu'il aurait pu se passer de mon accord s'il avait voulu se mettre au chaud depuis un moment. Les éléments extérieurs semblaient n'avoir aucune prise sur lui, il paraissait à des kilomètres de là, perdu et torturé dans ses pensées.
Il me suivit, son pas ne faisait aucun bruit sur la terrasse en bois. Je m'écartai du passage pour le laisser entrer par la porte-fenêtre. L'atmosphère était oppressante. Le regard de Rodolphe était dur, il avait érigé une sorte de barrière tout autour de lui, un mur invisible qui l'enfermait dans la tourmente.
Le feu de cheminée que j'avais allumé avant de partir en promenade crépitait toujours, je rajoutai une bûche dans le foyer avant d'aller prendre place à côté de lui sur le canapé. Seule la lueur du feu servait d'éclairage dans le salon, la nuit était à présent tombée au dehors, sombre et froide.
Je me décidai à rompre le silence, cette attente devenait intolérable.
— Comment avez-vous su que j'étais là ? hasardai-je.
— Je sais pratiquement tout ce qui vous concerne ... et c'est d'ailleurs l'objet de ma visite ... il est temps de parler, Stella. Vous retrouver n'est qu'un détail parmi tant d'autres.
Je le fixai avec de yeux ronds comme des soucoupes. Je m'enfonçai dans le sofa en serrant un coussin contre moi.
— Je vous écoute, chuchotai-je.
— Stella, je vous connais depuis tellement longtemps, j'étais ce que l'on appelle un "gardien".
Mon cerveau pensa à gardien d'immeuble, gardien de nuit, de zoo, de musée ... mais je savais pertinemment que j'étais loin du compte. Je le laissai poursuivre sans l'interrompre.
— Ma mission a été jusqu'à un certain nombre de mois de veiller sur vous, jusqu'à ce qu'il se produise un évènement qui a tout bouleversé.
Je sentis un frisson me parcourir de la tête aux pieds. Rodolphe leva ses prunelles dorées vers moi, les flammes se reflétaient dans ses yeux, elles dansaient au son de ses paroles. Il poussa un long soupir pour se donner du courage, avouer la vérité lui semblait très pénible.
— Il y a un peu plus d'un an le Patron là-haut, dit-il en levant l'index vers le plafond, a ouvert quelques vieux dossiers et s'est aperçu que certains individus considérés comme des erreurs de la nature n'avaient pas encore été éradiqués. Tous les gardiens chargés de protéger ces personnes ont été prévenus qu'il fallait les signaler aux destructeurs afin de résoudre le problème...
— Fais-je partie de cette liste ? demandai-je dans un spasme qui me fit trembler comme une feuille.
— Oui, souffla-t-il.
— Et que reproche-t-on au juste à ces personnes ?
J'avais envie de m'enfuir et de ne plus rien savoir mais j'avais l'impression d'avoir des kilos de plomb au bout des pieds qui m'empêchaient de me lever.
— D'être des descendants de néphilims, des descendants issus des amours interdites entre des anges déchus et des humaines.
Je déglutis bruyamment.
— Et qu'avez-vous fait ? l'interrogeai-je.
— J'ai transgressé les ordres, je ne vous ai pas dénoncé pour vous sauver mais j'ai fait pire pour couvrir mes arrières et pouvoir continuer de vous protéger.
Il me fixa longuement avant de poursuivre.
— J'ai donné un autre nom à la place du votre, quelqu'un de méprisable qui ne méritait que d'en finir.
Je tâchai de digérer l'information.
— Que s'est-il passé ?
— Tout d'abord les destructeurs n'y ont vu que du feu, la victime que j'avais désignée a été éliminée, mais le Patron s'est rendu compte de mon stratagème quelques temps plus tard. Et on m'a arraché les ailes ...
— Vous venez de me dire que vous avez préféré la déchéance au fait d'exécuter votre mission et de me voir mourir ? C'est bien ça ?
J'étais interloqué, tout cela dépassait l'entendement.
— Oui c'est bien ce qui s'est produit. Mais il y a un détail que vous ignorez et qui est sans doute le plus terrible pour vous...
Je tentais de rassembler les quelques neurones qui me restaient.
— La personne que j'ai désignée à votre place ... c'était Gabriel.
Horrifiée, le sang bouillonna dans tout mon corps. Je me levai d'un bond en hurlant et en rouant Rodolphe de coups, ce qui ne semblait pas avoir grand effet sur lui ...
Au bout de quelques minutes, je me laissai tomber à genoux sur le sol, les larmes dégoulinaient sur mes joues, je maudissais le ciel, l'enfer et surtout ... Rodolphe.
— Mais pourquoi lui ? vociférai-je.
Rodolphe réfléchit quelques secondes, prit une grande inspiration et cracha son venin.
— Il n'était pas honnête avec vous, il menait une double vie. Il avait une maîtresse depuis plusieurs mois et piochait dans vos économies pour couvrir sa belle de cadeaux. Je sais que ça va sans doute vous paraître un bien piètre motif pour envoyer quelqu'un à la mort, mais il ne vous aimait pas autant qu'il le disait, il vous mentait à longueur de temps. J'étais observateur de ce phénomène et oui je l'avoue, j'ai préféré lui donner la mort par procuration plutôt que de vous perdre.
Croyez bien que je me sens misérable mais je ne regrette pas mon geste, s'il fallait recommencer, je le referais sans hésiter.
— Dehors !!!!!  Partez, je ne veux plus vous voir, fichez le camp espèce de monstre !!!!!! hurlai-je avant de m'écraser presque agonisante sur le tapis du salon.

Rodolphe quitta la maison, le coeur lourd, ce qu'il avait prévu depuis le départ se réalisait. Stella le haïssait, elle aurait sans doute préféré mourir à la place de celui qu'elle aimait même si ce dernier était une ordure. Il espérait sincèrement qu'elle reviendrait à la raison tôt ou tard et qu'elle cesserait de le détester ... un peu ...


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vendredi 7 mai 2010

Révélations imminentes ...

Avant de prendre la route des vacances, je passai sur la tombe de Gabriel. J'avais remarqué une chose étrange. A chacune de mes visites, je trouvais un bouquet de fleurs fraîches à côté de sa photo. J'avais bien essayé de mener ma petite enquête auprès du gardien mais je n'avais rien obtenu. Même en lui graissant la patte pour savoir qui venait régulièrement déposer un bouquet, je ne savais toujours pas qui venait se recueillir si souvent. Cela m'agaçait prodigieusement mais je n'allais tout de même pas faire le planton pour savoir qui venait ou ne venait pas...
Le vent s'était levé, la pluie menaçait, je décidai de lever le camp avant d'être trempée. 
Au volant de ma voiture, mes pensées tournoyaient. Je faisais à peine attention à la route, ce qui révélait une attitude dangereuse mais les derniers évènements étaient tellement étranges qu'il y avait de quoi en perdre la raison. J'avais réservé une location pour deux semaines, pas très loin du lac Léman, comme si j'avais besoin de me sentir protégée par l'entourage des montagnes avec en même temps la possibilité de pouvoir fixer mon regard sur l'eau, histoire d'y noyer tous mes chagrins. 
Je n'avais même pas pris la peine de laisser un mot à Rodolphe, je devinais qu'avec son GPS personnel intégré, il saurait me retrouver où que je sois s'il voulait me parler.
Les trois premiers jours furent tranquilles, pas de sensation d'être épiée, j'avais coupé mon téléphone portable de façon à ce que ma paix ne soit troublée par personne.
Le soir après le dîner, je passais généralement un long moment dans le jardin attenant à la maison de location, mais le quatrième soir, je décidai d'aller faire une petite promenade digestive. La nuit n'était pas encore tombée et je profitais encore de la clarté pour faire quelques pas. J'empruntai un petit chemin à la sortie du village, je ne pensais pas aller bien loin de toute manière. C'est alors que je sentis un étrange frisson me parcourir le dos, comme si je n'étais pas seule sur ce sentier. Voilà que mes impressions bizarres refaisaient surface, je fis demi-tour immédiatement comme si je pressentais une visite imminente.
Mon intuition ne m'avait en effet pas trompée. Rodolphe m'attendait à la maison, assis sur une chaise de jardin, le regard fermé, ses prunelles semblaient insondables. Il esquissa un demi-sourire qui retomba aussitôt lorsque je m'approchai de lui. Ma joie de le revoir fondit comme neige au soleil. Je compris rapidement que ce qu'il s'apprêtait à me raconter, n'allait pas me plaire ... 

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mardi 4 mai 2010

Cas de conscience ...

Je pénétrai à l'intérieur de mon appartement l'esprit embrumé par les contradictions. Moi qui avais cru à un banal accident avec ce projecteur, j'en venais à me dire que c'était un coup monté. Quelqu'un avait peut-être saboté les câbles et ... bouh, je m'emballais ... une bonne nuit de sommeil me ferait sûrement du bien. Qui pourrait bien m'en vouloir ? Rodolphe avait sans doute dit ça pour me faire peur. D'ailleurs, il n'y avait pas que ses phrases qui me faisaient peur, son être tout entier me fichait la frousse et en même temps il m'attirait comme un aimant.
J'attendais ses révélations avec autant d'impatience que je les redoutais. Il ne m'avait pas dit quand il reviendrait. Entre deux battements de paupières, je décidai donc de m'octroyer quelques jours de vacances avant de sombrer dans un sommeil profond. Ainsi, je m'affalai sur mon lit toute habillée et cessai sur le champ toute activité cérébrale consciente ...

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De son côté, Rodolphe était en train d'admirer la lune et de réfléchir à la meilleure façon de présenter les choses à Stella. Il savait pourtant que quoiqu'il dise pour sa défense, elle ne voudrait plus jamais le revoir. Malgré ses bonnes intentions de départ ce qu'il avait fait, était impensable, impardonnable, elle le haïrait jusqu'à la fin de ses jours. Il pourrait la sauver de tous les précipices qui se mettraient sur sa route, il n'en resterait pas moins quelqu'un de malfaisant à ses yeux ... Même un célèbre bouquin démontrait noir sur blanc qu'il était devenu un être nuisible ... Lui se sentait responsable de ses actes mais pas au point de regretter le geste qui lui avait fait perdre ses ailes, cette fille en valait la peine, il en était certain.
Son ami Marc s'approcha à pas de loup.
— Alors encore en train de rêvasser ? demanda-t-il.
— Non, je réfléchis ... marmonna Rodolphe.
— On dirait plutôt que tu cogites un plan pour piller la Banque de France tellement tes sourcils sont froncés. C'est encore elle qui te préoccupe ?
— Décidément, on ne peut rien te cacher.
— A quoi cela servirait-il d'être un ange gardien sinon ?! s'esclaffa Marc. Que s'est-il passé ?
— Dans la même soirée, je lui ai sauvé la vie et je lui ai en même temps promis de lui révéler qui j'étais ...
— Ce n'est pas le meilleur plan qui soit. Tant que tu la sauveras de son destin, tu resteras un déchu, c'est donc ce que tu souhaites ? Tu ne veux donc pas récupérer tes ailes ?
— Je t'ai déjà dit qu'une éternité comme ça ne m'intéressait pas si je devais la laisser ...
Je refuse de perdre son sourire et ses yeux verts, je ne peux pas !
— C'est pourtant ce que tu t'apprêtes à faire si tu lui révèles la vérité ... Elle te fuira et les destructeurs en profiteront pour faire le boulot à ta place.
— Je me débrouillerai pour que ça n'arrive pas, jusque là ça a bien marché.
— Rodolphe, tu n'es qu'un idéaliste, refuser l'inévitable ne t'aidera pas, et elle non plus.
Bon je remonte, si tu changes d'avis, fais-moi signe, bredouilla Marc.

Le petit jour commençait maintenant à poindre à l'horizon, Rodolphe s'était décidé à tout lui raconter mais lorsqu'il pénétra dans la chambre de Stella, celle-ci dormait encore. Il fit donc machine arrière pour cette fois du moins. Il se contenta de l'observer dormir quelques minutes. Sa respiration était paisible. Rodolphe s'approcha doucement, il se pencha et effleura du bout des doigts ses longs cheveux ondulés. Il prit une longue inspiration et laissa le parfum de Stella envahir ses narines et son cerveau tout entier. L'être qui n'était plus de lumière déposa un furtif baiser sur le front de la belle et s'éclipsa le coeur serré ...

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