vendredi 26 novembre 2010

Stella avance dans le brouillard ...

Quelques heures auparavant, au pied d'un immeuble de la rue de Valois...

Tenant un sac de voyage à la main, la femme s'engouffra dans la BMW qui l'attendait devant la porte cochère.
— Démarre, dit-elle d'un ton brusque.
Luc enclencha la première et fit partir son nouveau joujou à toute vitesse.
— Alors tu as fait le ménage ? Tu n'as rien laissé traîner j'espère ? interrogea-t-il sa passagère.
— Non rien de compromettant. J'ai même été jusqu'à découper les photos où j'apparaissais !
— Tu aurais pu tout aussi bien emporter les cadres, ça aurait été plus vite.
— Non, au contraire.
— Pourquoi ça ? fit-il dubitatif.
— Je veux qu'elle sache qu'elle se trouve au bon endroit, je veux qu'elle ait la preuve tangible que son jules menait une double vie ... histoire de remuer encore un peu le couteau dans la plaie avant d'en finir définitivement avec elle, lâcha-t-elle froidement.
— Tu es diabolique tu sais ! J'adore quand tu te comportes comme une garce ! s'esclaffa-t-il en posant sa main libre sur le genou de sa compagne.
Elle lui rendit un sourire machiavélique en guise de réponse...

Quelques heures plus tard dans l'appartement de la rue de Valois ...

Soulagée que ce ne fut que Rodolphe, je posai mon arme sur la commode et me laissai choir sur le lit, mes jambes venaient de me lâcher. Je le dévisageai sans rien dire. Il s'approcha lentement et vint s'asseoir près de moi.
— Alors, tu as trouvé ce que tu étais venue chercher ?
Je pris quelques secondes de réflexion.
— Oui et non.
— Précise ta pensée, interrogea-t-il.
— De toute façon, tu sais lire dans les pensées alors je ne vois pas pourquoi tu me demandes de m'expliquer à haute voix, répliquai-je de mauvaise humeur.
— En ce qui te concerne, je décèle des sentiments et des impressions mais pas de mots concrets, ce sont juste des états d'âme qui flottent dans ta tête, rien de précis n'émane de ta jolie petite boîte crânienne.
Je poussai un long soupir, j'allais devoir mettre de mots sur un état de confusion et de frustration terrible. Rodolphe me scruta avec ses prunelles dorées, il y mit tellement d'intensité que je rendis les armes et passai aux aveux.
— Je sais que Gabriel habitait bien ici et qu'une femme y avait ses habitudes, j'ai d'ailleurs trouvé de la lingerie lui appartenant. Mais je ne sais toujours pas de qui il s'agit, à croire qu'elle me devance toujours de peu. Toutes les photos ont été découpées et ça m'agace à un point pas possible. J'ai l'impression de naviguer sans cesse dans le brouillard. Dès que je pourrais avoir une éclaircie et savoir où je vais, on m'en rajoute une couche, je n'en peux plus. J'en ai marre !
Je fondis en larmes, c'était trop pour une seule personne.
Rodolphe saisit ma main et la serra tendrement.
— La seule chose que je peux te révéler et qui pourrait t'aider un peu, c'est que cette femme n'est pas ordinaire, elle fait partie des gens qui sont à ta poursuite alors même si je veille au grain, sois prudente de ton côté ...
Je reniflai comme une gamine et levai mes yeux embués vers lui. Une boule de terreur s'était formée dans ma gorge. Il venait de m'asséner un autre coup de bambou à savoir que la maîtresse de Gabriel appartenait à la clique qui devait me faire disparaître. En voilà une information utile !
Il se leva, déposa un baiser sur mon front comme il l'aurait fait pour une gosse malheureuse après avoir reçu une mauvaise note et partit aussi silencieusement qu'il était venu.
Même si je crevais d'envie de le retenir, je n'en fis rien. Au bout de quelques minutes dans le vague, je rangeai soigneusement mon 9mm dans ma poche et me levai à mon tour.
Je claquai la porte de l'appartement derrière moi. Je ne pris même pas le temps d'attendre l'ascenseur et dévalai l'escalier à toute vitesse. Ce lieu m'oppressait, si j'avais été courageuse, j'y aurais mis le feu !

A suivre ...

6 commentaires:

Rackham Le Rouge a dit…

Un ptit coup de hamac avec le Capitaine pour se détendre, Sco ?

Besos et bonne suite...
Jack

Dame Sco' a dit…

Jack : Le hamac ... hum ... même pas sûre que j'arriverais à m'installer dedans en ce moment avec le gros bidon, je finirais renversée parterre ! héhé !!
Bises capitaine !

Patrick Lucas a dit…

Ben la voilà bien la Stella, maintenant... !
Lui reste plus qu'à se poser et réfléchir pour savoir dans quelle direction aller...
On est un largué sur s'coup là !!!

Suspense.... !

Bisoussssss
(est ce que ça bouge dedans ?...)

Dame Sco' a dit…

Patrick : ça fait plus que bouger, ça s'agite comme la mer pendant les grandes marées !!
Bisous.

ysa a dit…

On est pas plus avancés.... le suspens dure.... qui est donc cette mystérieuse femme.... Stella devrait cuisiner Rodolphe afin qu'il lâche le morceau... mais bon, y aurait plus de supens.....
Bisous à la squatteuse de bidon !!!

Dame Sco' a dit…

Ysa : à mon avis, Rodolphe ne lâchera rien, il laisse Stella trouver la solution de l'énigme toute seule.
Dans moins d'un mois la squatteuse de bidon aura fini de squatter ! Si elle pouvait venir avant noël, je dirais même que ça m'arrangerait, j'en ai marre de faire le pingouin !
Bisous.