mercredi 3 novembre 2010

Difficile à encaisser ...

Claire piaffait depuis près d'une demie-heure en attendant mon arrivée. Elle observait son capuccino d'un oeil agacé, n'importe qui aurait pu s'apercevoir qu'elle était survoltée.
Je lui avais laissé un message en lui donnant rendez-vous à notre salon de thé habituel pour prendre un petit déjeuner entre copines et enfin répondre à ses innombrables questions.
J'entrai dans la salle peu bondée à cette heure de la matinée. L'état second dans lequel je me trouvais encore une heure auparavant ne s'était pas vraiment estompé mais je savais que Claire se chargerait de me remettre les pieds sur terre de gré ou de force. Je remarquai tout de même son état de nervosité, elle tapotait sans arrêt la table avec ses ongles.
— Ah bein quand même ! J'ai failli attendre ! lâcha-t-elle
— Bonjour à toi aussi. Comment vas-tu ? répliquai-je histoire de calmer ses ardeurs.
Claire se rendit compte de son attitude et rectifia le tir immédiatement.
— Désolée ... Bonjour ... Mais il faut me comprendre, je me suis faite un tel sang d'encre depuis trois jours, je croyais que tu t'étais faite enlevée par l'autre barjot qui se permet d'entrer chez toi comme dans un moulin. J'en étais à imaginer qu'il t'avait découpée en morceaux, mise dans des sacs poubelles qu'il avait été jetés dans la Seine. Tu vas bien au moins ? s'enquit-elle
— Non pas vraiment ... mais Rodolphe ne m'a pas agressée si c'est ce que tu veux savoir.
— Ah bon ... c'est comme ça qu'il s'appelle alors ... Mais enfin où étais-tu passée ? J'essaye de te joindre depuis plus de trois jours et tu n'as même pas pris la peine de me contacter, j'ai failli prévenir la police. Enfin j'hésitais entre me fâcher avec toi et prévenir les autorités, mais tu me connais, j'ai un goût prononcé pour les mélodrames ! dit-elle en esquissant un sourire.
— J'étais partie prendre l'air en Suisse, si tu veux tout savoir mais mes petites vacances ont été légèrement écourtées par un élément nouveau...
Tout ouïe, Claire se pencha vers moi, l'oeil brillant, son esprit de cancanière reprenait le dessus.
— Rodolphe m'a expliqué pourquoi Gabriel est mort et j'ai aussi appris qu'il avait une maîtresse ! lançai en caressant d'un geste machinal l'agenda relié de cuir que j'avais gardé avec moi.
Mon amie en resta la mâchoire pendante quelques secondes avant de se reprendre.
— Mais enfin comment sait-il tout ça celui là ? C'est le mari de la maîtresse de Gabriel ou quoi ?
— Hum ... c'est légèrement plus compliqué que ça ...
Je lui déballai alors tout le bazar à savoir que : Rodolphe était un ange déchu qui était sensé me protéger - là elle manqua de me prendre pour une dingue-, qu'il avait désigné Gabriel pour qu'il meure à ma place, que des destructeurs étaient à mes trousses -là elle faillit appeler les hommes en blanc pour me venir me chercher-,que Luc le meilleur ami de Gabriel me prenait pour une andouille puisqu'il était au courant pour la maîtresse et enfin le pompon, que je suis une descendante de néphilim - là elle manqua de s'étouffer définitivement avec son capuccino.
— Mais bon à part ça tout va bien, ajoutai-je avec un piteux sourire.
— Bien sûr, et tu penses que je vais te croire ? fit-elle interloquée. Tu as besoin de voir un docteur, tu dérailles complètement ma pauvre chérie tu sais !
— Si j'avais su, je ne t'aurais rien révélé, me renfrognai-je dans mon siège.
— Tu as surtout besoin de repos et de décompresser, toute cette histoire ne tient pas debout, tu as pété un câble Stella !
Ulcérée par son incrédulité, je me levai d'un bond. Claire me retint par la manche.
— Ne m'en veux pas, mais j'ai du mal à croire à tout ça.
Je libérai mon bras d'un geste brusque et commençai à traverser la salle quand elle lança dans mon dos.
— Au fait, Olivier est sorti de l'hôpital, il a demandé après toi ...
La poisse, il ne manquait plus que ça !
La pluie tombait dru et le vent soufflait fort dehors, mais je m'en fichais comme d'une guigne supplémentaire. Je m'engouffrai dans ma voiture, j'avais une petite course à faire avant de rentrer me terrer chez moi ...

A suivre ...

12 commentaires:

Victiria a dit…

Dur quand on ne nous prend pas au sérieux
Bises

Rackham Le Rouge a dit…

C'est vrai un petit cappuccino qui fait des moustaches, pour lire ton histoire et attendre déjà la suite...^^

Besos Sco !

Dame Sco' a dit…

Victoria : c'est même rageant je dirais ! Bises à toi aussi.

Jack : Un cappuccino toi ? T'es sûr que t'as pas oublié la bouteille de rhum pour accompagner ?!

Bises capitaine !

Rackham Le Rouge a dit…

Je ne bois que sur mon blog, quand je suis pirate, Sco !

Dans la vie réelle, c'est eau pétillante, palermo, cocktail de fruits...

Epatée ? ^^

Dame Sco' a dit…

Jack : Plus qu'épatée, je suis ravie ! :)

Virginie a dit…

J'aime bien ton style "enlevé" ça va vite, comme dans un film !
On est dans le salon de thé avec vous deux :)
Je l'aime de plus en plus cette Stella !!!

Patrick Lucas a dit…

très féminin / Attendre et douter...
Passionnant ...

Dame Sco' a dit…

Virginie : voilà qui me fait plaisir !

Patrick : Merciiiiii !

Bises à tous les deux !

Karleman a dit…

Je ne me manifeste moins souvent, pour cause d'administration de mon blog, mais je lis la suite des aventures. :)
J'attends la suite.
bises à bientôt

Dame Sco' a dit…

Karleman : merci de ton passage. Je vais travailler à la suite de l'histoire.
Bises.

ysa a dit…

Olivier... mais je l'avais oublié celui là...rooo faut que je retourne lire....

Dame Sco' a dit…

Ysa : et oui faut pas oublier les personnages en route dis donc !
bises à toi.