Après cette petite distraction nocturne et balistique, je décidai de prendre un repos bien mérité. Cependant mon sommeil fut peuplé de cauchemars, les visages de Raphaël et de Daniel venaient se mélanger et se superposer dans mon esprit. Ces deux là devaient me manquer, je pourrai sans doute revoir le premier, mais pour le second c'était impossible à présent.
A quatre heures du matin, plus moyen de fermer l'oeil, alors je m'attelai à mon passe-temps favori, démonter une par une chacune de mes armes, faire un grand nettoyage et les assembler à nouveau. C'était mon jeu de légos à moi !
Sur les coups de neuf heures, drapée dans mon grand manteau noir pour m'abriter de la pluie comme je le pouvais, je me rendis dans un café pour un y prendre un petit déjeuner histoire de reprendre des forces avant d'accomplir ce fichu contrat.
Je buvais tranquillement mon café à petites lampées lorsque monsieur Stéphane décida de s'inviter à ma table. Bah voyons !
Mon coeur fit un bond dans ma poitrine mais je me gardai bien de lui rendre son sourire ultrabright et l'accueillis en lui lançant un bonjour peu aimable. Il accentua d'autant plus ma mauvaise humeur qu'il ne se gêna pas pour me chiper une de mes tartines. Encore mieux, il se croyait vraiment tout permis celui là !
— Je te préviens que si tu touches encore à mon ptit déj, je te fais exploser ton service trois pièces là tout de suite maintenant !
— Bonjour à toi aussi très chère ! Hum ... de mauvaise humeur peut-être ? mal de dormi ? ironisa-t-il.
— Oui à cause d'un espèce d'abruti qui s'amuse à faire siffler des balles à mes oreilles, dis-je en me replongeant dans le journal que j'avais acheté un peu plus tôt.
Stéphane abaissa mon journal pour croiser mon regard. Cet imbécile jouait avec le feu, un vrai kamikaze.
— Je t'agace hein ?
— Comment as-tu deviné ? T'as fait Polytechnique pour trouver ça ?!
Il prit un faux air de chien malheureux mais ses yeux noirs lançaient de dangereuses flammes séductrices.
— Bon repartons sur de nouvelles bases, veux-tu ? Il est vrai que je débarque toujours de façon spectaculaire avec les personnes que je veux impressionner. Mais a priori avec toi, ça ne marche pas. Je vais donc revoir ma stratégie !
— Ta quoi ? Même si tu te transformais en joli mouton blanc tout bouclé et innocent, je ne te ferais jamais confiance pour quoi que ce soit, même pas te confier la monnaie du pain !
— Et si je te proposais un travail ? On pourrait s'associer pour liquider ton couple de bourgeois ...
— Pardon, tu t'égares mon vieux ! Petit un, comment sais-tu que je dois zigouiller un couple ici et petit deux, depuis le temps, tu devrais savoir que je travaille toujours seule. Le travail d'équipe et surtout avec toi, c'est de l'utopie ! Je ne sais pas ce qui tourne de travers dans ta tête mais tu peux prendre tes clics et tes claques et filer d'ici.
— Sco', aller ne fais pas l'enfant, il n'y encore pas si longtemps, on s'entendait bien toi et moi non ?!
— Ok je vais te rafraîchir la mémoire mais faucher les contrats des autres sous leur nez, je n'appelle pas ça de la bonne entente, j'appelle ça un lourd passif !
— Toujours aussi belle mais toujours aussi butée ! s'exclama-t-il.
— Remballe ta flatterie et fiche-moi la paix ! Je suis sûre que tu as du travail qui t'attend ailleurs qu'ici.
— En effet, j'ai un couple à liquider, trancha-t-il.
— Attends c'est quoi cette histoire ?
Mon intérêt fut piqué au vif tout à coup.
— Oh rien de compliqué, si tu ne les tues pas avant moi, je le ferai à ta place. Je voulais juste t'éviter une belle déconvenue.
— Qui te paye pour ce boulot ?
— Ca ne te regarde pas, tu sais bien qu'on ne partage pas des infos confidentielles.
Je grinçai des dents car je savais pertinemment qu'il n'en dirait pas plus vu que je l'avais envoyé balader. Mais s'il exécutait mon contrat à ma place, ça voulait dire que j'aurais des problèmes pour revoir ma fille vivante ...
Sur ce il se leva avec sa grâce féline, non sans avoir l'immense indélicatesse de finir ma tasse de café avant de tourner les talons et de s'en aller.
Décidément, il était de plus en plus agaçant celui-là !
vendredi 21 octobre 2011
mercredi 12 octobre 2011
Pfff ... même pas peur !
Je me baladais toujours dans Londres, mon flingue planqué sous mon long manteau noir, je n'arrivais pas à me décider sur le moment et la façon dont j'allais abattre ce couple d'anglais. Non mais sérieusement, ils ne m'avaient rien fait ceux-là et en plus, je devais les liquider gratuitement en échange de la pseudo promesse que ma fille resterait en vie. J'avais horreur du chantage mais comme j'ignorais qui tirait exactement les ficelles du bazar dans lequel je m'étais fourrée, il fallait bien que je joue le jeu le temps d'éclaircir certains points.
Tout à coup j'entendis une balle siffler à mon oreille. Heureusement que je me trouvais dans un quartier quasi désert à cette heure de la nuit, personne n'avait été blessé. Cela dit, ce projectile avait eu au moins le mérite de me sortir de ma rêverie et de faire un beau trou dans un mur fraîchement repeint. Je reconnus sans peine l'expéditeur de ce joli coup de feu. Stéphane avait donc posé ses bagages pour quelques temps dans la même ville que moi. Hum ... cela ne me disait rien qui vaille, il était très fort du fait qu'il ne ratait jamais une cible mais il m'agaçait aussi terriblement. Certes sa plastique me chamboulait à chaque fois que j'avais pu le croiser mais son arrogance à se croire meilleur que moi dans le boulot m'horripilait à coup sûr. Je détestais ce jeu d'attraction / répulsion et pourtant il y avait quelque chose de magnétique chez lui qui me rendait admirative, cependant même si on m'avait passé à la torture pour avouer ce genre de choses, j'aurais menti comme une arracheuse de dents !
La pluie se mit à tomber doucement et le fog envahit progressivement la rue dans laquelle j'étais restée plantée. J'observai dubitative le trou dans le mur et en déduisis que s'il avait voulu supprimer une rivale, il ne m'aurait pas loupée. Je tournai et retournai dans mes doigts la balle que j'avais réussi à déloger du béton.
Je haussai les épaules et m'adressai au vide de la rue :
" Stéphane si c'est bien toi, ce n'est pas drôle, tu sais qu'il y a des moyens plus civilisés de me contacter. Le téléphone c'est pas fait pour les chiens ! "
Sur ce je tournai les talons et me dirigeai en direction de mon hôtel, j'entendis alors un grand éclat de rire à quelques mètres mais je ne pris même pas la peine de me retourner. Il aurait été bien trop content que je m'intéresse à sa petite personne ...
Tout à coup j'entendis une balle siffler à mon oreille. Heureusement que je me trouvais dans un quartier quasi désert à cette heure de la nuit, personne n'avait été blessé. Cela dit, ce projectile avait eu au moins le mérite de me sortir de ma rêverie et de faire un beau trou dans un mur fraîchement repeint. Je reconnus sans peine l'expéditeur de ce joli coup de feu. Stéphane avait donc posé ses bagages pour quelques temps dans la même ville que moi. Hum ... cela ne me disait rien qui vaille, il était très fort du fait qu'il ne ratait jamais une cible mais il m'agaçait aussi terriblement. Certes sa plastique me chamboulait à chaque fois que j'avais pu le croiser mais son arrogance à se croire meilleur que moi dans le boulot m'horripilait à coup sûr. Je détestais ce jeu d'attraction / répulsion et pourtant il y avait quelque chose de magnétique chez lui qui me rendait admirative, cependant même si on m'avait passé à la torture pour avouer ce genre de choses, j'aurais menti comme une arracheuse de dents !
La pluie se mit à tomber doucement et le fog envahit progressivement la rue dans laquelle j'étais restée plantée. J'observai dubitative le trou dans le mur et en déduisis que s'il avait voulu supprimer une rivale, il ne m'aurait pas loupée. Je tournai et retournai dans mes doigts la balle que j'avais réussi à déloger du béton.
Je haussai les épaules et m'adressai au vide de la rue :
" Stéphane si c'est bien toi, ce n'est pas drôle, tu sais qu'il y a des moyens plus civilisés de me contacter. Le téléphone c'est pas fait pour les chiens ! "
Sur ce je tournai les talons et me dirigeai en direction de mon hôtel, j'entendis alors un grand éclat de rire à quelques mètres mais je ne pris même pas la peine de me retourner. Il aurait été bien trop content que je m'intéresse à sa petite personne ...
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