vendredi 28 mai 2010

BLOG EN PAUSE



Pas d'inspiration, pas envie d'écrire, de lire, ou de parler, moral dans les chaussettes, grosse fatigue ...
Donc je mets le blog en pause pour une durée indéterminée.

Cordialement,
Dame Sco'.

lundi 24 mai 2010

Edit de l'auteur

Un petit mot pour vous remercier de passer sur le blog malgré le fait que je me fais plus rare depuis quelques temps ici et sur vos sites. Ne vous inquiétez pas, ce n'est que temporaire, je vais un peu mieux même si j'ai de gros coups de fatigue parfois. Rassurez-vous, je ne suis pas mourante, j'attends juste un bébé !
Bref, tout ça pour vous dire que je vais tâcher d'alimenter le blog en fonction des moments où je ne suis pas trop raplapla !

Par ailleurs, ce sera bientôt mon 200e billet sur ce blog alors si quelques unes ou quelques uns d'entre-vous ont une idée spéciale pour fêter l'évènement, j'accueillerai vos suggestions avec joie.

A très vite.
Cordialement,
Dame Sco'

jeudi 20 mai 2010

Celui à qui l'on ne pouvait rien cacher ...

Rodolphe m'attira à lui, je me laissai faire. J'écoutais sa respiration contre son torse, profitant ainsi des effluves de son parfum si subtil. Mon cerveau réfléchissait à la vitesse de la lumière, j'avais une envie désespérée de me fondre en lui, de l'aimer, de l'embrasser ... et de le tuer ensuite.
Non pas que je me sois transformée en mante religieuse mais il devait payer pour toutes les souffrances qu'il m'avait infligées depuis que je le connaissais. Une force supérieure était en train de prendre possession de ma volonté d'humaine, moi qui n'avais jamais fait de mal à une mouche, je m'imaginais en train de lui planter un couteau dans le coeur. J'ignorais la façon dont on se débarrasse d'un ange déchu mais je trouverais bien la faille. Il y avait bien un moyen d'exterminer les vampires alors pourquoi pas les anges déchus après tout, rien n'était impossible...
— Stella ...
— Mmmh ...
— Je te rappelle que je sais lire dans les pensées et que ce que tu viens de calculer, me déplait souverainement !
J'avais oublié qu'il avait ce fichu don. Je m'écartai de lui à la fois décontenancée d'avoir eu des idées aussi sanglantes mais gardai tout de même une lueur de défi dans les yeux.
— Pourtant, tu mériterais aisément le sort que j'ai eu envie de te réserver, sifflai-je.
— Lequel ? Celui de faire l'amour avec moi ou bien celui de trancher dans le vif ?? asséna-t-il calmement.
Je haussai les épaules. Rodolphe rapprocha son visage du mien pour me pousser dans mes retranchements.
— Alors ? Tu as honte de tes désirs maintenant ? ajouta-t-il. Réponds, cela ne coûte rien.
— Entre les deux, mon coeur balance, ça te va comme réponse ? répliquai-je piquée au vif.
— Je dois avouer que la première partie me plait davantage que la seconde, mais de toute manière, je t'empêcherai de faire des bêtises et d'aggraver ton cas et le mien avec .
Le voilà qu'il faisait du clair obscur, il me fallait des précisions.
— Ce qui en d'autres termes signifie ...
— ...que je ne te laisserai pas me tuer parce-que tu as besoin de moi pour te protéger contre les destructeurs, qu'il est certain que je mérite un châtiment pour ce que j'ai fait, mais il me semble que j'en paye déjà les conséquences depuis un bon moment. Je te rappelle que l'on m'a arraché les ailes et que tu me hais plus que tu ne m'aimes, pas vrai ?
Alors là j'étais soufflée, je ne trouvai rien à lui rétorquer et cela m'agaçait fortement.
— Qui ne dit mot consent ... Bref, étant donné que je t'inspire de la haine, je ne vais pas profiter de ta faiblesse d'humaine, je veux que tu viennes à moi pour une autre raison que de la basse vengeance, voilà c'est dit. Par ailleurs, si d'autres envies de meurtres ou de luxure te traversaient l'esprit, songe que c'est peut-être parce-que ta nature de néphilim est en train de se réveiller et que les bas instincts des anges déchus refont surface chez toi. Enfin, c'est une piste parmi tant d'autres mais penses-y ...
Rodolphe afficha alors un petit sourire satisfait, il m'avait une fois de plus cloué le bec.
Je l'observai avec mon plus beau regard qui tue, mais cela n'eut pas l'effet escompté, il m'adressa un clin d'oeil et s'éclipsa ...


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lundi 17 mai 2010

Complexité humaine ...

Heureusement pour moi, le cimetière était désert et je pus quitter cet endroit maudit sans être inquiétée par le gardien ou même la police. Je rentrai chez moi dans un état second mais auparavant, je pris tout de même la peine de me débarrasser de la masse en la jetant dans la Seine.
De retour à la maison, je m'affalai sur le canapé, je me sentais vide et sans consistance. J'avais été trahie de la pire manière qui soit, Gabriel m'avait arnaqué non seulement sur l'amour qu'il me portait, il m'avait ouvertement trompé (ce n'était qu'une question de temps avant que je ne mette la main sur la traitresse qui couchait avec lui), et il m'avait volé de l'argent. Quel genre d'homme était-il ? Pas celui que j'imaginais en tout cas. Ce qui était certain c'était qu'il avait un don de comédien hors du commun pour avoir réussi à mener une double vie avec un tel aplomb. J'aurais peut-être dû dire merci à Rodolphe finalement, il m'avait débarrassé d'un parasite. Si Gabriel pouvait aller rôtir en enfer, ce serait la meilleure compensation que je pourrais recevoir à l'heure actuelle mais ce n'était pas moi qui faisait la distribution des rôles là-haut.
Et puis franchement, je ne serais pas la bienvenue non plus de me pointer chez St Pierre alors que j'étais classée parmi la "race à éradiquer ". Quelle ironie du sort, si je décidais d'en finir, je me retrouverais nez à nez dans les flammes avec ce salopard de Gabriel, la belle affaire ! Je ne lui ferais pas ce plaisir tiens !
Prise d'un nouvel élan de rage, je me levai d'un bond du canapé et me dirigeai vers ma chambre. Je mis tous les vêtements de Gabriel dans des sacs poubelles, j'irais tout donner à la Croix rouge le lendemain, au moins, cela servirait à des gens dans le besoin.
Je finissais de remplir le dernier sac quand je fus secouée par des sanglots, la pression avait été trop forte ces derniers jours. Je m'écroulai à genoux au milieu des sacs de vêtements, j'avais envie de m'en servir comme d'un puching ball. Si j'avais eu Gabriel sous la main, je lui aurais démoli le portrait, son visage sans défaut n'aurait plus été qu'un ramassis de cicatrices et de bleus. J'aurais même pu être atteinte de folie meurtrière et décider de le tailler en pièce au couteau de cuisine, n'importe quel objet qui me serait tombé sous la main aurait pu faire l'affaire ...
— Arrête ... Ce n'est pas toi qui parle, toute cette violence, ce n'est pas toi, dit-il doucement.
Je levai alors des yeux baignés de larmes vers Rodolphe, il avait entendu mes pensées et me contemplait avec un regard si triste que j'avais peine à reconnaître la splendeur de ses traits.
Il vint s'asseoir près de moi et se hasarda à caresser mes boucles brunes d'un geste léger. Je ne savais pas si j'avais envie de le repousser ou bien de me jeter dans ses bras pour être consolée. Toute cette histoire me dépassait.
— Je suis tellement désolé de ce qui s'est passé, je m'en veux de t'avoir fait du mal Stella. J'aurais dû me taire et disparaître depuis longtemps mais je ne pouvais pas me résoudre à te laisser seule face à ton destin. C'était trop difficile ... J'espère que tu finiras un jour par me pardonner, souffla-t-il à mon oreille.
Mes yeux alors croisèrent les siens. Il put alors lire dans les miens un mélange de haine et de désir étroitement mêlés, mais aucun sentiment doux ou harmonieux n'avait sa place en cet instant.
Je pus déceler dans ses iris une certaine surprise, là où il ne s'attendait à trouver que du mépris ou de l'indifférence, contre toute attente, il avait éveillé en moi quelque chose de bien plus fort ...


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jeudi 13 mai 2010

Entreprise de démolition ...

A deux heures du matin, j'avais le projet de gravir la montagne la plus proche et d'invectiver le "Patron" de Rodolphe. Qui était-il pour décider du droit de vie ou de mort des humains ? Ah oui ... c'était Dieu ... Ben voyons et moi je m'appelais Maryline pendant qu'on y était !
A six heures du matin, j'avais changé d'avis, il n'était plus temps d'envisager une randonnée. Je haïssais toujours Rodolphe certes mais ce dont il m'avait parlé au sujet de Gabriel me laissait songeuse. Il fallait que j'en sache plus et mes réponses, je ne les aurais qu'à Paris.
A sept heures du matin, je décidai de reprendre la route pour rentrer chez moi.
J'avalais les kilomètres de bitume depuis un bon moment quand je me rendis compte entre deux flots de larmes qu'une Audi A4 gris métallisée me suivait. Rodolphe ne lâchait donc pas l'affaire ... J'aurais dû me douter qu'il me filerait le train, au moins, il ne prenait plus la peine de se cacher. Plutôt que de m'arrêter et lui demander de cesser son jeu stupide, j'accélérai jusqu'à 160 km/h et tâchai de l'ignorer en changeant régulièrement de voie. Malheureusement pour moi, Rodolphe semblait être un excellent conducteur et sa voiture était bien plus puissante que la mienne...
Le manège ne cessa qu'une fois que j'eus pénétré dans le parking souterrain de mon immeuble. Il était plus de dix-huit heures quand je regagnai enfin mon domicile. Je posai mon sac et mon gilet en vrac sur une chaise et me dirigeai tout droit vers ma chambre. J'ouvris en grand le placard où je conservais les effets personnels de Gabriel. J'avais tout laissé intact depuis sa mort, aucun de ses vêtements ou papiers n'avaient bougé, je n'avais touché à rien. Il était temps de remédier à cette lacune. Je fouillai différentes vieilles boîtes à chaussures à la recherche d'une quelconque lettre ou photo suspecte. Je ne trouvai rien d'intéressant. J'optai alors pour les poches de manteaux et de pantalons. La chance venait de tourner, je mis la main sur une facture de bijouterie et un post-it tout chiffonné sur lequel était inscrit "RDV hôtel jeudi 12/01 à 16h" ... Ce n'était ni mon écriture, ni la sienne d'ailleurs ... Avait-il réellement eu une aventure ou bien était-ce de faux indices fabriqués par Rodolphe ? Il n'aurait tout de même pas été jusque-là pour se dédouaner ...
Je passai une très mauvaise nuit peuplée de cauchemars tous plus terrifiants les uns que les autres. Au matin, je me rendis à ma banque et demandai à parler à ma conseillère. Je savais que j'aurais dû prendre rendez-vous mais je n'avais pas le temps d'attendre. Cette dernière m'informa que mon plan d'épargne logement était quasiment amputé d'un tiers et que les échéances de remboursement de mon prêt à la consommation d'un montant de 10000 euros allaient bientôt démarrer ... Sauf que je n'avais jamais contracté de prêt mais que quelqu'un l'avait fait pour moi. Je reconnus alors l'écriture de Gabriel sur le formulaire que la banquière me montra, ainsi qu'une fausse procuration soi-disant signée de ma main. La rage monta en moi, l'autre monstre n'avait donc pas menti ...
Je ressortis de la banque telle une walkyrie et passai dans un magasin de bricolage avant de prendre la route du cimetière. Je sortis mon achat du coffre et me dirigeai vers la stèle de Gabriel.
Brandissant alors une masse d'un geste vengeur, je m'attaquai à démolir le monument en granit. Au bout de trois coups, je m'arrêtai à bout de souffle, la pierre était esquintée mais tenait encore debout, mais au moins le portrait de Gabriel était réduit en petits morceaux éparpillé sur un bouquet de fleurs fraîches encore déposé récemment. J'aurais mis ma main au feu que c'était sa maîtresse qui déposait ces fleurs. Peu importait le temps que cela mettrait mais je finirais par savoir qui elle était ...
Haletante, je m'assis sur la tombe la plus proche pour reprendre mon souffle. Rodolphe n'avait rien perdu de la scène qui venait de se dérouler, il s'approcha à pas légers. Je relevai la tête à son approche, ses yeux dorés me transpercèrent. Il m'ôta délicatement la masse des mains, je ne protestai pas. Pour l'heure j'ignorais qui de lui ou de Gabriel, je haïssais le plus.
Une chose surprenante se produisit. Rodolphe brandit à son tour la masse et d'un seul coup envoya valser le monument funéraire en mille morceaux. J'en restai pantoise. Il me rendit la masse et ajouta :
— Mieux vaut que vous partiez avant que le gardien n'appelle la police et que l'on vous arrête pour dégradation de sépulture.
Je hochai la tête. Rodolphe esquissa un demi-sourire et s'en retourna silencieusement. Je ne le retins pas ne sachant pas si je devais lui dire merci ou lui défoncer le crâne avec la masse qui restait dans mes mains ...


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lundi 10 mai 2010

Dans les pensées de Rodolphe.

Rodolphe n'avait pas quitté les environs du lac Léman, il savait que Stella pourrait avoir besoin de lui. Elle le détestait certes, mais il la maintiendrait en vie de gré ou de force. Les destructeurs étaient toujours à l'affût, dès qu'il relâcherait sa surveillance, ils en profiteraient. Heureusement pour lui, les déchus n'avaient plus besoin de dormir, rien ne le détournerait alors de sa mission. Il la protégerait envers et contre tous.
Rodolphe s'en voulait d'avoir fait souffrir Stella, la culpabilité le rongeait. Il ne lui avait révélé qu'un tiers de la vérité, s'il lui avait tout dit, elle aurait pris un révolver et ce serait tiré une balle dans la tête. Mieux valait peut-être lui distiller les informations ou bien la laisser découvrir un certain nombres d'éléments par elle-même. Il ignorait ce qui était le mieux pour elle, il avait fait son devoir et bien plus, il s'était dit qu'il protégeait une innocente en agissant comme il l'avait fait, mais il s'était aussi laissé entraîner par ses sentiments. Voilà qui était moins glorieux pour un ange censé rester en dehors des bouillonnements amoureux des humains.
Lui qui rêvait de serrer Stella dans ses bras, de sentir la chaleur de son corps contre le sien, il s'était coupé les ailes une deuxième fois, il l'avait fait fuir. Malgré la distance, il entendait ses pensées ... Stella avait envie de le tuer de ses propres mains, elle se sentait trahie, manipulée.
Elle avait également deux autres projets en tête.
Grimper en haut d'une montagne, provoquer le Patron et demander des comptes, voilà qui n'était pas la meilleure idée du siècle. Rodolphe préférait de loin le second projet, elle prévoyait une sorte d'entreprise de démolition qui le fit sourire malgré lui ... Au moins, elle réagissait, c'était déjà mieux que rien. Il savait qu'il lui faudrait du temps pour accepter la situation, peut-être qu'alors elle changerait d'avis et finirait par lui faire une petite place dans son coeur. Si déjà elle ne le considérait plus comme un délateur et un meurtrier en puissance, ce serait merveilleux. Pour l'instant, Stella ne comprenait rien du sacrifice qu'il avait consenti pour elle, à vrai dire, elle n'avait rien demandé à personne. Pourquoi devrait-elle se sentir redevable après tout ?
Rodolphe avait tout donné sans rien attendre en retour ... sauf qu'aujourd'hui, si elle lui refusait son pardon, il aurait définitivement tout perdu... A côté de cela, vivre en enfer pour l'éternité n'était rien du tout ...


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samedi 8 mai 2010

Le pourquoi du comment ...

L'air s'était rafraîchi, j'invitai alors Rodolphe à entrer dans la maison même si je savais qu'il aurait pu se passer de mon accord s'il avait voulu se mettre au chaud depuis un moment. Les éléments extérieurs semblaient n'avoir aucune prise sur lui, il paraissait à des kilomètres de là, perdu et torturé dans ses pensées.
Il me suivit, son pas ne faisait aucun bruit sur la terrasse en bois. Je m'écartai du passage pour le laisser entrer par la porte-fenêtre. L'atmosphère était oppressante. Le regard de Rodolphe était dur, il avait érigé une sorte de barrière tout autour de lui, un mur invisible qui l'enfermait dans la tourmente.
Le feu de cheminée que j'avais allumé avant de partir en promenade crépitait toujours, je rajoutai une bûche dans le foyer avant d'aller prendre place à côté de lui sur le canapé. Seule la lueur du feu servait d'éclairage dans le salon, la nuit était à présent tombée au dehors, sombre et froide.
Je me décidai à rompre le silence, cette attente devenait intolérable.
— Comment avez-vous su que j'étais là ? hasardai-je.
— Je sais pratiquement tout ce qui vous concerne ... et c'est d'ailleurs l'objet de ma visite ... il est temps de parler, Stella. Vous retrouver n'est qu'un détail parmi tant d'autres.
Je le fixai avec de yeux ronds comme des soucoupes. Je m'enfonçai dans le sofa en serrant un coussin contre moi.
— Je vous écoute, chuchotai-je.
— Stella, je vous connais depuis tellement longtemps, j'étais ce que l'on appelle un "gardien".
Mon cerveau pensa à gardien d'immeuble, gardien de nuit, de zoo, de musée ... mais je savais pertinemment que j'étais loin du compte. Je le laissai poursuivre sans l'interrompre.
— Ma mission a été jusqu'à un certain nombre de mois de veiller sur vous, jusqu'à ce qu'il se produise un évènement qui a tout bouleversé.
Je sentis un frisson me parcourir de la tête aux pieds. Rodolphe leva ses prunelles dorées vers moi, les flammes se reflétaient dans ses yeux, elles dansaient au son de ses paroles. Il poussa un long soupir pour se donner du courage, avouer la vérité lui semblait très pénible.
— Il y a un peu plus d'un an le Patron là-haut, dit-il en levant l'index vers le plafond, a ouvert quelques vieux dossiers et s'est aperçu que certains individus considérés comme des erreurs de la nature n'avaient pas encore été éradiqués. Tous les gardiens chargés de protéger ces personnes ont été prévenus qu'il fallait les signaler aux destructeurs afin de résoudre le problème...
— Fais-je partie de cette liste ? demandai-je dans un spasme qui me fit trembler comme une feuille.
— Oui, souffla-t-il.
— Et que reproche-t-on au juste à ces personnes ?
J'avais envie de m'enfuir et de ne plus rien savoir mais j'avais l'impression d'avoir des kilos de plomb au bout des pieds qui m'empêchaient de me lever.
— D'être des descendants de néphilims, des descendants issus des amours interdites entre des anges déchus et des humaines.
Je déglutis bruyamment.
— Et qu'avez-vous fait ? l'interrogeai-je.
— J'ai transgressé les ordres, je ne vous ai pas dénoncé pour vous sauver mais j'ai fait pire pour couvrir mes arrières et pouvoir continuer de vous protéger.
Il me fixa longuement avant de poursuivre.
— J'ai donné un autre nom à la place du votre, quelqu'un de méprisable qui ne méritait que d'en finir.
Je tâchai de digérer l'information.
— Que s'est-il passé ?
— Tout d'abord les destructeurs n'y ont vu que du feu, la victime que j'avais désignée a été éliminée, mais le Patron s'est rendu compte de mon stratagème quelques temps plus tard. Et on m'a arraché les ailes ...
— Vous venez de me dire que vous avez préféré la déchéance au fait d'exécuter votre mission et de me voir mourir ? C'est bien ça ?
J'étais interloqué, tout cela dépassait l'entendement.
— Oui c'est bien ce qui s'est produit. Mais il y a un détail que vous ignorez et qui est sans doute le plus terrible pour vous...
Je tentais de rassembler les quelques neurones qui me restaient.
— La personne que j'ai désignée à votre place ... c'était Gabriel.
Horrifiée, le sang bouillonna dans tout mon corps. Je me levai d'un bond en hurlant et en rouant Rodolphe de coups, ce qui ne semblait pas avoir grand effet sur lui ...
Au bout de quelques minutes, je me laissai tomber à genoux sur le sol, les larmes dégoulinaient sur mes joues, je maudissais le ciel, l'enfer et surtout ... Rodolphe.
— Mais pourquoi lui ? vociférai-je.
Rodolphe réfléchit quelques secondes, prit une grande inspiration et cracha son venin.
— Il n'était pas honnête avec vous, il menait une double vie. Il avait une maîtresse depuis plusieurs mois et piochait dans vos économies pour couvrir sa belle de cadeaux. Je sais que ça va sans doute vous paraître un bien piètre motif pour envoyer quelqu'un à la mort, mais il ne vous aimait pas autant qu'il le disait, il vous mentait à longueur de temps. J'étais observateur de ce phénomène et oui je l'avoue, j'ai préféré lui donner la mort par procuration plutôt que de vous perdre.
Croyez bien que je me sens misérable mais je ne regrette pas mon geste, s'il fallait recommencer, je le referais sans hésiter.
— Dehors !!!!!  Partez, je ne veux plus vous voir, fichez le camp espèce de monstre !!!!!! hurlai-je avant de m'écraser presque agonisante sur le tapis du salon.

Rodolphe quitta la maison, le coeur lourd, ce qu'il avait prévu depuis le départ se réalisait. Stella le haïssait, elle aurait sans doute préféré mourir à la place de celui qu'elle aimait même si ce dernier était une ordure. Il espérait sincèrement qu'elle reviendrait à la raison tôt ou tard et qu'elle cesserait de le détester ... un peu ...


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vendredi 7 mai 2010

Révélations imminentes ...

Avant de prendre la route des vacances, je passai sur la tombe de Gabriel. J'avais remarqué une chose étrange. A chacune de mes visites, je trouvais un bouquet de fleurs fraîches à côté de sa photo. J'avais bien essayé de mener ma petite enquête auprès du gardien mais je n'avais rien obtenu. Même en lui graissant la patte pour savoir qui venait régulièrement déposer un bouquet, je ne savais toujours pas qui venait se recueillir si souvent. Cela m'agaçait prodigieusement mais je n'allais tout de même pas faire le planton pour savoir qui venait ou ne venait pas...
Le vent s'était levé, la pluie menaçait, je décidai de lever le camp avant d'être trempée. 
Au volant de ma voiture, mes pensées tournoyaient. Je faisais à peine attention à la route, ce qui révélait une attitude dangereuse mais les derniers évènements étaient tellement étranges qu'il y avait de quoi en perdre la raison. J'avais réservé une location pour deux semaines, pas très loin du lac Léman, comme si j'avais besoin de me sentir protégée par l'entourage des montagnes avec en même temps la possibilité de pouvoir fixer mon regard sur l'eau, histoire d'y noyer tous mes chagrins. 
Je n'avais même pas pris la peine de laisser un mot à Rodolphe, je devinais qu'avec son GPS personnel intégré, il saurait me retrouver où que je sois s'il voulait me parler.
Les trois premiers jours furent tranquilles, pas de sensation d'être épiée, j'avais coupé mon téléphone portable de façon à ce que ma paix ne soit troublée par personne.
Le soir après le dîner, je passais généralement un long moment dans le jardin attenant à la maison de location, mais le quatrième soir, je décidai d'aller faire une petite promenade digestive. La nuit n'était pas encore tombée et je profitais encore de la clarté pour faire quelques pas. J'empruntai un petit chemin à la sortie du village, je ne pensais pas aller bien loin de toute manière. C'est alors que je sentis un étrange frisson me parcourir le dos, comme si je n'étais pas seule sur ce sentier. Voilà que mes impressions bizarres refaisaient surface, je fis demi-tour immédiatement comme si je pressentais une visite imminente.
Mon intuition ne m'avait en effet pas trompée. Rodolphe m'attendait à la maison, assis sur une chaise de jardin, le regard fermé, ses prunelles semblaient insondables. Il esquissa un demi-sourire qui retomba aussitôt lorsque je m'approchai de lui. Ma joie de le revoir fondit comme neige au soleil. Je compris rapidement que ce qu'il s'apprêtait à me raconter, n'allait pas me plaire ... 

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mardi 4 mai 2010

Cas de conscience ...

Je pénétrai à l'intérieur de mon appartement l'esprit embrumé par les contradictions. Moi qui avais cru à un banal accident avec ce projecteur, j'en venais à me dire que c'était un coup monté. Quelqu'un avait peut-être saboté les câbles et ... bouh, je m'emballais ... une bonne nuit de sommeil me ferait sûrement du bien. Qui pourrait bien m'en vouloir ? Rodolphe avait sans doute dit ça pour me faire peur. D'ailleurs, il n'y avait pas que ses phrases qui me faisaient peur, son être tout entier me fichait la frousse et en même temps il m'attirait comme un aimant.
J'attendais ses révélations avec autant d'impatience que je les redoutais. Il ne m'avait pas dit quand il reviendrait. Entre deux battements de paupières, je décidai donc de m'octroyer quelques jours de vacances avant de sombrer dans un sommeil profond. Ainsi, je m'affalai sur mon lit toute habillée et cessai sur le champ toute activité cérébrale consciente ...

                                                                             ***
De son côté, Rodolphe était en train d'admirer la lune et de réfléchir à la meilleure façon de présenter les choses à Stella. Il savait pourtant que quoiqu'il dise pour sa défense, elle ne voudrait plus jamais le revoir. Malgré ses bonnes intentions de départ ce qu'il avait fait, était impensable, impardonnable, elle le haïrait jusqu'à la fin de ses jours. Il pourrait la sauver de tous les précipices qui se mettraient sur sa route, il n'en resterait pas moins quelqu'un de malfaisant à ses yeux ... Même un célèbre bouquin démontrait noir sur blanc qu'il était devenu un être nuisible ... Lui se sentait responsable de ses actes mais pas au point de regretter le geste qui lui avait fait perdre ses ailes, cette fille en valait la peine, il en était certain.
Son ami Marc s'approcha à pas de loup.
— Alors encore en train de rêvasser ? demanda-t-il.
— Non, je réfléchis ... marmonna Rodolphe.
— On dirait plutôt que tu cogites un plan pour piller la Banque de France tellement tes sourcils sont froncés. C'est encore elle qui te préoccupe ?
— Décidément, on ne peut rien te cacher.
— A quoi cela servirait-il d'être un ange gardien sinon ?! s'esclaffa Marc. Que s'est-il passé ?
— Dans la même soirée, je lui ai sauvé la vie et je lui ai en même temps promis de lui révéler qui j'étais ...
— Ce n'est pas le meilleur plan qui soit. Tant que tu la sauveras de son destin, tu resteras un déchu, c'est donc ce que tu souhaites ? Tu ne veux donc pas récupérer tes ailes ?
— Je t'ai déjà dit qu'une éternité comme ça ne m'intéressait pas si je devais la laisser ...
Je refuse de perdre son sourire et ses yeux verts, je ne peux pas !
— C'est pourtant ce que tu t'apprêtes à faire si tu lui révèles la vérité ... Elle te fuira et les destructeurs en profiteront pour faire le boulot à ta place.
— Je me débrouillerai pour que ça n'arrive pas, jusque là ça a bien marché.
— Rodolphe, tu n'es qu'un idéaliste, refuser l'inévitable ne t'aidera pas, et elle non plus.
Bon je remonte, si tu changes d'avis, fais-moi signe, bredouilla Marc.

Le petit jour commençait maintenant à poindre à l'horizon, Rodolphe s'était décidé à tout lui raconter mais lorsqu'il pénétra dans la chambre de Stella, celle-ci dormait encore. Il fit donc machine arrière pour cette fois du moins. Il se contenta de l'observer dormir quelques minutes. Sa respiration était paisible. Rodolphe s'approcha doucement, il se pencha et effleura du bout des doigts ses longs cheveux ondulés. Il prit une longue inspiration et laissa le parfum de Stella envahir ses narines et son cerveau tout entier. L'être qui n'était plus de lumière déposa un furtif baiser sur le front de la belle et s'éclipsa le coeur serré ...

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samedi 1 mai 2010

Un brin de bonheur ...

Un petit brin de muguet pour vous souhaiter un bon 1er mai. Que ces petites clochettes vous apportent le bonheur que vous méritez toutes et  tous.

Cordialement,
Dame Sco'.