mercredi 19 août 2009

Révélation

Ce soir là sur le Pont des Arts règnait une chaleur moite, ce mois d'août à Paris était un véritable calvaire. Je pensais qu'à 23h, le pont serait plus ou moins vidé de sa population mais non, il faisait tellement chaud que les badots trainaient à la recherche de la fraîcheur de la Seine.
Je décidai de me poster au milieu du pont sous un réverbère mais il m'avait devancé, il était déjà là depuis un moment à la place que je voulais occuper. Je m'approchai d'un pas assuré vers l'inconnu qui m'avait donné rendez-vous, je n'étais pas du genre à me laisser intimider par des procédés étranges. J'étais partie armée, je ne savais pas vraiment à quoi m'en tenir avec R., mieux valait être prudente.

La lumière de l'éclairage public donnait un reflet flamboyant à ses cheveux bronze doré, il tourna la tête à mon approche et je vis ses prunelles noires comme l'onyx. Je ressentis un frisson qui me secoua des pieds à la tête, R. avait quelquechose de fascinant dans son regard mais sur le moment, j'étais incapable de dire à quoi cela était dû. Je repris mes esprits et allai me poster à sa droite, accoudée au pont et regardant le fleuve, j'attendais qu'il entame la conversation.

- Bonsoir Dame Scoffield. Sa voix était douce comme du miel, je ne m'attendais pas à cela et j'avoue avoir été légèrement décontenancée.
- Bonsoir monsieur R.
- Appelez-moi Raphaël ce sera plus pratique pour vous. Il souriait.
- Vous souhaitez donc me confier un travail, de quoi s'agit-il ?
- Avant de parler de cela, je tiens à m'excuser de la façon dont j'ai pris contact avec vous, mais vous avez la réputation d'être redoutable dans vos activités alors j'ai opté pour un moyen peu conventionnel afin d'attirer votre attention.
- En effet, j'ai été assez mécontente d'avoir un viseur pointé sur moi à la soirée chez maître Dubaro, vous avez de la chance qu'il y ait eu une centaine de personnes sinon vous auriez reçu une balle entre les deux yeux. Maintenant venez en aux faits.
Cette façon de cultiver le mystère et ses manières commençaient à m'exaspérer de plus en plus mais je ne montrai rien.
- Bien, sachez d'abord que nous avons un point en commun qui fait que c'est vous et personne d'autre que j'ai choisi pour cette mission. Je veux que vous éliminiez Don Roberto.

Il avait lâché cette phrase comme il m'aurait demandé l'heure, une telle froideur était déconcertante et tranchait de façon nette avec le sourire qu'il avait sur les lèvres deux minutes auparavant.
- C'est une blague ! Vous me demandez d'éliminer l'homme qui m'a recueillie quand j'étais adolescente, l'homme qui est devenu mon beau-père après que j'ai épousé son fils aîné. Raphaël vous dérayez !
- Non pas le moins du monde Dame Sco', quand j'ai dit que nous avions un point en commun c'est là que réside la motivation qui pourrait vous faire accepter ce travail.
- Votre argument a intérêt à être solide.
- Il est imparable ... Don Roberto a fait tuer vos parents comme il a éliminé les miens.

J'étais atterrée, tout ceci ne ressemblait qu'à un tissu de mensonges, comment cela pouvait-il être vrai ?
- Alors là je pensais que vous étiez dérangé à cause de votre prise de contact atypique mais là vous dépassez les bornes. Je ne vous écoute plus, je m'en vais. Trouvez vous un autre pigeon !
Je fulminais, dans une colère noire, j'aurais tout démoli sur mon passage y compris lui.
- Vous ne me croyez pas, c'est bien ce que je pensais ... mais j'ai des preuves. Il gardait un calme olympien.
- Allons bon, faîtes voir ça que je rigole de votre supercherie avant que je vous élimine pour m'avoir fait perdre mon temps !

Il sortit une grande enveloppe kraft et me la tendit. Je m'emparai de celle-ci et en sortîs des photos ... Sur l'une d'elle, on voyait nettement Don Roberto qui pointait une arme sur mes parents. Sur la photo suivante, j'assistai à la fin de mon père et de ma mère. Il n'y avait que des têtes ensanglantées et on y voyait Don Roberto en train de tirer les balles qui achèveraient le couple déjà à terre.
Tout à coup, je perdîs l'équilibre, ma vue se brouilla, mon cerveau ne recevait plus d'informations, j'étais déconnectée de la réalité.
J'entendis dans un bourdonnement Raphaël qui me demandait si ça allait, tout tanguait autour de moi et puis plus rien, tout devînt noir...


A suivre ...



mardi 18 août 2009

Rendez-vous

Voilà maintenant que ce mystérieux inconnu me laissait des messages obscures et en plus il fallait que je sois patiente. Non mais pour qui il se prenait ce type là ?? Comme si j'avais que ça à faire d'attendre après un fou ! Bref, j'en étais réduite à l'attente et ça m'énervais au plus haut point. Je décidai donc pour me calmer les nerfs d'aller faire un peu les magasins boulevard Haussman mais j'étais tellement distraite que je ne faisais même pas attention aux articles étalés devant mes yeux. Soudain un coup de téléphone me fît sursauter, c'était Daniel.

- Allo Sco' ? C'est Daniel.
- Oh bonjour ... J'hésitais à poursuivre la conversation, à vrai dire je n'avais pas envie de papoter là tout de suite maintenant.
- Comment ça va ?
- Bien et toi ?
- Tout roule, je pourrai être chez toi d'ici deux ou trois jours, c'est toujours d'accord pour que je vienne ?
- Euh ... oui ... Je marquai une hésitation.
- Ca n'a pas l'air d'aller, tu es sûre que tout va bien ?
- Oui, un petit souci qui me contrarie mais rien de grave. Enfin c'est toujours d'accord pour ta venue pas de problème.
- Ok. Tu me raconteras ton souci ?
- Je ne sais pas ... peut-être ... on verra. Bon Daniel, il faut que je te laisse, je suis au beau milieu d'un magasin alors ce n'est pas très pratique pour bavarder et puis on aura tout le temps nécessaire à ton arrivée.
- Bien alors je t'abandonne et pas de bêtise d'ici là, promis ?!
- Des bêtises ? Moi ? Tu me connais mieux que ça voyons, mon 2e prénom c'est prudence. Je ris de bon coeur mais j'avais hâte de clore la conversation.
- Si tu le dis ... A bientôt alors, je t'embrasse.
- Moi aussi. Au revoir. Et je raccrochai soulagée d'en avoir terminé.

Inutile de passer mes nerfs au rayon des chaussures, ça ne marcherait pas cette fois pour me calmer. Je décidai donc de rentrer chez moi et de consulter mes mails pour changer un peu. Et là stupeur, un nouveau message du célèbre inconnu, comment avait-il fait pour avoir mon adresse ? Encore un mystère de plus à élucider.

"Dame Sco',
Je vous vois d'ici froncer les sourcils en vous demandant comment j'ai eu votre adresse mail. Ne vous inquiètez pas, je répondrai à toutes vos questions bientôt. J'ai un travail à vous confier, un travail assez délicat ...
Rendez-vous demain à 23h sur le Pont des Arts, je compte sur vous pour venir seule naturellement. Et arrêtez de froncer le nez comme ça, vous êtes beaucoup plus jolie quand vous souriez !
A bientôt.
R. "


Alors là, il y avait d'autres façons de prendre contact dans mon boulot, inutile d'essayer de m'intimider si c'était pour me confier un travail et généralement avec une approche comme ça, je refusais tout net la mission. En plus, il se croyait subtile avec ses commentaires à deux balles, pfff ...
Son histoire avait intérêt à tenir la route sinon aussi beau soit-il, il allait lui arriver des bricoles à ce fameux R ...

A suivre ...

dimanche 16 août 2009

Le mystère s'épaissit

Dès le lundi matin, je fonçai au bureau de mon avocat qui, au détour de la conversation, pourrait peut-être m'apprendre qui était le mystérieux observateur qui m'avait fait décamper de chez lui.

- Bonjour Dame Scoffield. Comment allez-vous ? Mon avocat m'invita à prendre un siège.
- Bonjour Maître Dubaro. Je vais bien et vous-même ? Je m'installai confortablement dans un fauteuil moelleux en velours.
- Tout va pour le mieux, j'ai été ravi de vous voir à la maison samedi soir.
- Le plaisir a été pour moi. Alors vous avez des papiers à me faire signer paraît-il ?
- Tout à fait, c'est pour la nouvelle maison que vous avez achetée aux Caraïbes et aussi pour deux ou trois petites choses par rapport à vos comptes off-shore. La routine quoi !
- Parfait, je vais vous faire quelques autographes alors répondis-je en souriant. Sur quoi, je m'apprêtai à partir lorsque je posai innocemment la question pour laquelle j'étais réellement venue.
- Dîtes moi, Maître Dubaro, j'ai rencontré un charmant jeune homme chez vous l'autre soir mais je ne connais pas son nom, vous pouvez sûrement éclairer ma lanterne à ce sujet.
- Décrivez le moi très chère.
- Grand, les cheveux bronze doré, yeux foncés, une petite trentaine.
Le juriste se gratta le menton prenant l'air de réfléchir, le regard dans le vague.
- Non désolé, ça ne me dit rien mais comme c'est ma femme qui a lancé les invitations peut-être saura-t-elle mieux vous renseigner que moi. Si vous avez quelques minutes, je peux lui passer un coup de fil.
- J'ai tout mon temps répondis-je calmement.
L'appel dura deux minutes et visiblement son épouse ne savait pas non plus de qui il s'agissait.
Je le remerciai de son amabilité et quittai son bureau bien songeuse.
Je regagnai mon Aston Martin et vis un papier qui dépassait d'un des essuis-glace, je crus d'abord à une publicité mais bon dans un quartier chic ces pratiques étaient peu courantes. Je m'emparai du prospectus qui était en fait un message à mon intention.
"Dame Scoffield,
C'était bien tenté d'essayer d'obtenir des informations par Maître Dubaro mais il ne sait rien de moi. Vous ignorez qui je suis mais moi je sais qui vous êtes et ce que vous faîtes. Je sais aussi que je vous intrigue mais l'heure n'est pas encore à une rencontre, vous devrez patienter le temps que je règle quelques détails au préalable. Je vous ferai signe."

Voilà qui était bien énervant, le "trackeur" surveillait mes faits et gestes et en plus il n'était même pas capable de signer ses messages. Le souci supplémentaire étant que j'ignorais si je devais me méfier de lui ou pas, dans le doute mieux valait rester sur mes gardes. Une chose se confirmait cependant, sa méthode d'approche était singulière. Combien d'indices allait-il encore semer derrière lui avant que je ne sache réellement de quoi il retourne ?
A suivre ...

vendredi 14 août 2009

Soirée de l'étrange

De retour à Paris, je récupérai rapidement ma pile de courrier chez la concierge. Parmi tout un tas de lettres, un carton d'invitation pour une soirée mondaine m'attendait et comme je n'avais rien de prévu dans l'immédiat, je décidai de m'y rendre histoire de passer le temps et de me vider la tête.

La tenue de soirée étant de rigueur, je mîs ma robe noire fendue sur le côté, elle donnait toujours un effet des plus chics. Je partîs donc au volant de ma toute nouvelle Aaston Martin, j'avais envie de la roder un peu mais la vitesse étant limitée dans Paris, c'était beaucoup moins drôle, à défaut, je ne passerais pas inaperçue au feu rouge, c'était déjà ça.
La fête se déroulait dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement, elle était donnée par mon avocat, et ce n'est pas parce-que je suis une sorte de hors-la-loi que je n'ai pas besoin d'un juriste de temps à autre.
Bref tout le gratin parisien s'y trouvait allant des riches industriels aux acteurs, en passant par les politiques, banquiers et autres rentiers.

Je pénétrai dans la vaste demeure me rendant directement dans la salle de réception, à vrai dire, je connaissais déjà cet endroit pour m'y être rendue à diverses occasions. Je saluai mon hôte au passage, il m'informa que je devrais passer à son bureau dans la semaine pour divers papiers à signer sur quoi, je partîs en direction du bar pour prendre une coupe de champagne car j'avais la gorge sèche à force de papoter à droite et à gauche. Les invités continuaient d'affluer mais concervant une déformation professionnelle à toute épreuve, je fis des yeux le tour de la salle. C'était donc ça, cette impression étrange que j'avais eu depuis mon arrivée, quelqu'un m'observait. Il ne me fallut pas longtemps avant de trouver l'observateur en question. Un homme grand en smoking, aux cheveux couleur bronze doré, prunelles foncées appuyé sur une colonne, me dévisageait. C'était peu de dire qu'il était beau, je n'avais jamais rien vu de tel, un apollon en chair et en os mais cela dit, il m'était inconnu et je me demandais d'où venait son insistance. Je baissai les yeux quelques instants pour reprendre une certaine contenance et je vis un petit rond rouge sur ma robe. Je relevai rapidement la tête mais il avait disparu de son poste d'observation. Un avertissement m'était donc lancé et dans ces cas-là, je ne trainais pas au même endroit longtemps. Je m'eclipsai sans que personne ne remarque quoique ce soit et regagnai ma voiture avec la rapidité de l'éclair.
Sur le trajet du retour, je réfléchissais pour envisager toutes les éventualités, de deux choses l'une soit quelqu'un avait lancé un contrat sur ma tête et je ne tarderais pas à avoir des nouvelles, soit l'homme en question cherchait à attirer mon attention pour un motif encore mystérieux et dans ce cas-là, sa mission était accomplie. Ma curiosité était piquée au vif...

A suivre ...

jeudi 13 août 2009

Les temps changent ...

L'idée d'être une espèce de trophée pour Daniel et Jack me révoltait profondément. Il fallait que j'agisse et que j'agisse vite ... Voilà où j'en étais de mes réflexions dans l'avion qui me ramenait à Paris. Jack avait levé l'ancre tôt ce matin, Daniel avait repris un vol direct pour Londres car il avait rendez-vous avec son éditrice pour son prochain bouquin, il était sensé passer me voir chez moi dans quelques jours. Je pensais aussi à Victoria mariée à James et affublée de sa marmaille, j'avais dû rater un épisode, elle qui vantait tant la liberté, là voilà dorénavant ficelée comme une dinde de Noël par les engagements qu'elle avait pris. Finalement c'était peut-être la dimension engagement qui m'effrayait dans la mesure où l'on perd une énorme partie de son indépendance en fondant un foyer. Malgré tout Victoria avait l'air heureuse avec James, tout comme Ysa avec Jules d'ailleurs alors comment se faisait-il que je ressentais à présent un si grand vide ? L'idée de me retrouver seule dans mon grand appartement parisien me parût tout à coup intolérable. Il est certain que si j'avais un foyer bien à moi, je ne me poserais plus jamais la question du vide car j'aurais toujours quelquechose à faire en rentrant de mission : la cuisine pour un homme et des enfants, sortir le chien, tricoter ... A la réflexion, ce tableau idyllique de la famille ne m'inspirait pas plus que ça pour le moment. Il faut croire que celui qui me ferait changer d'avis à ce sujet n'était pas encore venu jusqu'à moi sinon il y a bien longtemps que j'aurais remisé mon silencieux dans un placard .





A suivre ...

mardi 11 août 2009

Enjeu

La journée s'acheva dans la bonne humeur, le temps des embrassades avant de se quitter était venu. Je devais repartir pour Paris le lendemain. Avec Victoria et Ysa nous nous promîmes de nous revoir très vite. Daniel m'attendait pour me ramener à mon hôtel mais Jack voulut me parler quelques instants en privé.
- Sco', je lève l'ancre demain aussi, je n'ai plus de raison de rester à Tel-Aviv maintenant que tu repars en France. Il se grattait le menton, on aurait dit un gamin qui ne savait pas par quel bout avouer une bêtise qu'il avait faite.
- Ah bon dis-je ne baissant les yeux.
- Ma proposition tient toujours si tu veux passer un peu de temps avec moi, tu n'auras qu'à me faire signe. J'ai bien vu comment Daniel t'a regardé pendant tout le repas et je vois que j'ai de la concurrence et qu'elle va être rude.
- Jack, ne dis pas de bêtises.
- Je ne fais que constater les choses voilà tout, dit-il d'un ton boudeur.
- Hummmm ...
Je me retournai, Daniel s'était approché de nous.
- Jack, tu as raison la concurrence va être rude ajouta Daniel en riant. Tous les coups bas seront permis !
- Non mais vous êtes ravagés tous les deux c'est pas possible, bougonnai-je. Je n'en croyais pas mes oreilles. Je poursuivis.
-Dîtes donc, je ne suis pas l'enjeu d'une loterie et j'irai avec qui je veux quand je veux. Je croisai les bras en signe de colère.
- Maintenant allons-nous en d'ici avant que ça tourne au pugilat assènai-je fraîchement avant de tourner les talons.
Jack resta une minute de plus avec Daniel.
- Pari tenu mon cher et que le meilleur gagne dit le pirate.
- Ca marche ! termina Daniel. Et ils se serrèrent la main en guise de pacte.

Pendant le trajet du retour, je gardais les lèvres pincées.
- T'en fais une drôle de tête Sco'.
- Ah bein oui y'a de quoi. Je ne suis pas un objet mis aux enchères non mais pis quoi encore. Je croyais que vous deviez me laisser le temps de respirer et de me reprendre et voilà que non en fait c'était des bobards.
- Ne te mets pas en colère, c'est une compétition tout à fait honorable et puis on peut très bien rester sur le carreau tous les deux et que finalement tu jettes ton dévolu sur un troisième larron. Daniel jubilait.
- C'est cela oui ... marmottai-je.
- Allez rigole un peu, ça peut être drôle pour toi d'avoir deux hommes à tes pieds non ?! Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire alors que la colère montait en moi.
- Oui bein vous rigolerez moi, le jour où je déciderai de vous fuir tous les deux parce-que vous me cassez les pieds à toujours être après moi comme deux gosses qui se disputent un jouet. Maintenant roule et arrête de sortir des âneries, tu en as assez fait pour aujourd'hui. Je m'enfonçai dans mon siège et tournai la tête pour regarder le paysage...


A suivre ...


dimanche 9 août 2009

Surprise !

En chemin, je m'escrimais à essayer de savoir qui pouvait bien m'attendre chez Ysa, qui plus est, c'était quelqu'un que je n'avais pas vu depuis longtemps ... Là je dois dire que je séchais tout bonnement. Daniel s'aperçut que je mordillais ma lèvre inférieure c'était donc signe que mon cerveau cogitait.
- Sco' arrête de réfléchir ton cerveau va faire de la fumée me dit-il en riant.
- T'en as de bonnes toi, imagine qu'elle est déterré un de mes ex de je ne sais où ?! J'étais réellement sceptique voire inquiète.
- Et bien écoute, tu vas avoir la réponse dans deux minutes, nous voilà arrivés dans la rue d'Ysa.
Vas-y Sco' respire un bon coup, si c'est une surprise c'est forcément quelqu'un que tu apprécies, j'essayais de calmer mes angoisses comme je pouvais mais mon coeur s'emballait malgré moi.
Ysa vînt nous ouvrir et nous embrassa chaleureusement.
- Sco', tu as meilleure mine qu'hier soir, ça va mieux ? s'enquît-elle.
- Oui je te remercie. Elle m'entraîna jusqu'au salon où attendaient déjà Jules et Jack. Je fîs le tour pour dire bonjour à tout le monde. Jack me toisa aussi des pieds à la tête, mais qu'est-ce qu'ils avaient tous aujourd'hui à me regarder comme ça ? Etait-ce parce-que j'avais troqué ma tenue de cuir contre une petite robe à fleurs ? Allez savoir.

- Bon alors Ysa, c'est qui la surprise ? Je n'en pouvais plus d'attendre.
- Ah me dis pas que Daniel a vendu la mèche !
- Non je n'ai rien dit promis Daniel en faisant le signe croix de bois, croix de fer, mais Ysa l'interrompît avant qu'il ne fasse mine de cracher sur le carrelage ! Il avait mangé du clown, je connaissais pas encore vraiment le sens de l'humour de Daniel mais ça promettait pour la journée car Jack lui non plus n'était pas en reste de ce côté là.
- Sco' ferme les yeux, m'ordonna Ysa. Je m'exécutai donc de mauvaise grâce, c'est comme si on me demandait de sortir sans une arme sur moi.
Tout à coup, je reconnus un parfum que je n'avais pas humé depuis longtemps effectivement, je rouvrîs les yeux avec un grand sourire :
- Victoria ! Mais qu'est-ce que tu fais là m'écriai-je ??
J'étais folle de joie, ma vieille copine de fac était ici à Tel-Aviv alors que je ne l'avais pas revu depuis au moins 10 ans.
- Salut Sco' ! Tu vas bien ? Et elle vînt m'embrasser comme du bon pain.
Que c'était bon de revoir son visage amical, elle me ramenait tellement d'années en arrière.
- Tu sais je ne pensais jamais te trouver ici m'avoua-t-elle.
- Je dois dire que moi non plus lui retournai-je. Nous nous assîmes sur le canapé juste à côté de nous pendant qu'Ysa et Jules étaient en train de préparer l'apéritif.
- Alors tu fais quoi de tes journées me demanda-t-elle ?
- Oh bein la routine, je n'ai pas changé de métier depuis la sortie de la fac, je vends toujours mes services de "nettoyeuse"et toi qu'as-tu fait depuis ton mariage avec James ?
- Bien je verse depuis quelques années dans l'espionnage industriel, je vends les recettes secrètes des sauces de Mactruc aux chinois, c'est lucratif et c'est moins dangereux que toi ! Elle souriait, c'était bon de la revoir.
- Ouais c'est sympa aussi, ça doit te changer des parties de pêche de James m'esclaffai-je.

Pendant que je sirotais mon cocktail maison, Daniel et Jack restaient en retrait, je les observais malgré tout de temps à autre du coin de l'oeil. Ils papotaient tous les deux comme deux vieux amis et cela m'intriguait, je suppose que j'étais leur sujet principal de conversation mais malheureusement, je ne savais pas lire sur les lèvres, dommage, j'aurais peut-être appris des choses.

Ysa m'interropîs dans ma rêverie momentanée.

- A table ! cria-t-elle de la cuisine.
- Attends Ysa je viens te donner un coup de main pour apporter les plats. Je laissai Victoria discuter avec Jules et me rendîs jusqu'aux fourneaux de mon hôtesse.
- Alors t'es contente ?
- Oui lui dis-je, tu ne pouvais pas me faire plus plaisir. J'enchaînai rapidement sur ce qui m'avait amenée à la voir en privé.
- Tu as passé un savon à Charl' à ce qu'il paraît ?
- Bah oui qu'est-ce que tu croyais ?! Je n'allais quand même pas le laisser s'en tirer comme ça par une pirouette. Ysa fulminait, c'était bien la première fois que je la voyais en colère.
- Et tu lui as dit quoi ? hasardai-je.
- Que c'était un andouille parce-qu'il y a longtemps que ça crevait les yeux que tu en pinçais pour lui et qu'il a joué avec toi. Donc j'ai manifesté très nettement ma désapprobation à propos de sa conduite et je l'ai renvoyé chez Bertille comme un sale gosse en lui disant de réfléchir à ses actes.
- Oups, ça n'a pas dû lui plaire venant de toi, en tout cas, je te remercie de ton soutien sur ce coup là.
- De rien me dit-elle en retrouvant sa bonne humeur. Alors tu as vu Jack et Daniel ont l'air de bien s'entendre finalement.
- Oui et même un peu trop bien à mon goût, je me demande ce qu'ils peuvent se raconter, marmottai-je.
- De toute évidence, ils parlent de toi, de quoi d'autre ? De foot et de bateau ?! Tu sais bien que tu es leur sujet de conversation favori.
Je haussai les épaules en guise de réponse.
- Aller viens manger Sco', les autres commencent à s'impatienter.
J'emboitai le pas à Ysa, mes autres questions attendraient un peu. Je vîns prendre ma place à table et comme par hasard, j'étais placée entre Jack et Daniel, bein voyons ...


A suivre ...




vendredi 7 août 2009

Inattendu

Le soleil perçait à travers les rideaux, j'eûs toutes les peines du monde à sortir de ma torpeur. Un marteau piqueur frappait encore fort dans ma tête, bon sang quand cela allait-il s'arrêter ?! Je fixai le plafond blanc de ma chambre d'hôtel, puis dirigeai mon regard vers le mur en face décoré d'une jolie reproduction de Renoir, puis sur ma gauche et à ma grande surprise, Daniel était assis dans le fauteuil près de mon lit.
Croyant tout d'abord à une hallucination, je me frottai les yeux pour me réveiller quelque peu, et en écartant mes mains, je vîs qu'il était toujours là. Oups, les choses se compliquaient sérieusement.

- Bonjour princesse ! Bien dormi ?
- Daniel ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Je te croyais à New York ?
- La promo de mon livre est finie, et puis en arrivant chez toi à Paris comme il n'y avait personne, j'ai appelé Ysa pour savoir où tu étais et l'ayant bien cuisiné, j'ai pris le premier avion pour venir te voir. Elle a aussi crâché le morceau à propos de Charl'.
Daniel prît un air dégagé, mais de mon côté je n'en menais pas large entre mon mal de crâne et mon coeur qui maintenant tambourinait.
- Oh misère manquait plus que ça ! Je vais la tuer ! Elle fait partie du mossad oui ou non, purée pour un agent secret, elle fond comme neige au soleil avec toi et tu obtiens toutes les infos que tu veux, ce n'est pas juste, me renfrognai-je.
- Sco' maintenant je comprends mieux pourquoi tu n'as pas voulu t'engager plus avant avec moi.
Et il me tendît un verre avec deux aspirines. Il ajouta :
- Bois c'est bon pour ce que tu as.
- Alors Ysa t'as tout dit ? Vraiment tout ?! Je sirotai mon verre à petites gorgées.
- Oui dans les moindres détails, j'aurais préféré que ce soit toi qui le fasses mais bon, je crois que c'est aussi bien, et vu l'état pitoyable dans lequel tu es, je ne pense pas que tu aurais été très objective ni très précise dans ton récit. Bref, je sais donc que finalement celui que tu cherchais à fuir par dessus tout c'était Charl'.
- Ne prononce plus jamais son nom s'il te plaît.
- Ok donc je sais aussi que Jack est là, que tu as mis une râclée à Tim et que tu as voulu faire exploser un genou à qui tu sais.
- Te voilà bien renseigné. Et je m'enfonçai dans les oreillers ne sachant qu'ajouter à ce qu'il savait déjà.
Daniel vînt s'asseoir près de moi et caressa doucement mes cheveux.
- Je comprends que tu aies besoin de temps pour faire le point sur ce que tu ressens, je ne suis pas venu là pour te mettre une pression quelconque, en fait, je suis simplement là pour te réconforter et je crois que tu en as bien besoin. Je n'exige rien de toi même pas de la fidélité car je sais que le pirate est dans les parages et si c'est lui que tu préfères à tes côtés pour passer cette période délicate, je m'effacerai c'est promis.
- Oh Daniel comment peux-tu être aussi gentil alors que je t'en ai fait voir de toutes les couleurs depuis qu'on se connaît.
- Ne te préoccupe donc pas de ça, j'ai une grandeur d'âme démesurée dès qu'il s'agit de toi et je t'ai pardonné de m'avoir fait tourner en bourrique. Tout ce qui compte à l'heure actuelle c'est que tu recolles les morceaux de ton petit coeur brisé, après il sera temps d'aviser tu ne crois pas ?
J'acquiessai et vîns me blottir contre lui, il continua à caresser mes cheveux.
- Bon Sco' chérie, c'est pas le tout, mais nous sommes attendus chez Ysa et Jules pour le déjeuner, il y aura aussi Jack qui est au courant de ma présence, ne t'affole pas, et une petite surprise est prévue pour toi. Quelqu'un que tu n'as pas revu depuis longtemps sera aussi avec nous. Je ne t'en dis pas plus, va te préparer !
- Dis moi qui c'est ?
- Non Sco' c'est une surprise alors laisse tomber, je ne dirai rien. File sous la douche, on doit être chez Ysa dans une demie-heure.
Je me levai un peu vaseuse et pas très solide sur mes pieds, malgré tout j'étais contente que Daniel soit là, sa présence avait le don de m'appaiser.
De la salle de bain, je m'adressai à lui :
- Et au fait, Charl' sera là ou pas ?
- Non il a repris l'avion hier soir après une discussion musclée qu'il a eu avec Ysa, elle l'a réexpédié chez Bertille derechef.
- Ils sont fâchés ? m'enquîs-je.
- Bein un peu en froid, Ysa l'a bien savonné à ce qu'il paraît enfin elle te racontera ça tout à l'heure.
Je sortîs de la salle de bain un peu ragaillardie par une bonne douche bien chaude.
- Tu es prête ? Il me jaugeait de la tête au pied c'était assez déstabilisant.
- Oui.
- Toujours aussi jolie, rien à redire en effet. Allons -y .
- Merci d'être là Daniel, je ne sais pas quoi te dire d'autre.
- Alors ne dis rien et partons sinon nous allons être en retard.
Il passa son bras autour de mes épaules et nous sortîmes de la chambre.
Je me sentais mieux à présent et j'avais hâte de savoir qui m'attendait chez Ysa.


A suivre ...


jeudi 6 août 2009

Les points sur les i

J'étais tranquillement en train de tremper les pieds dans la piscine, j'avais d'un côté mon cocktail à la main et de l'autre une poche de glace pour refroidir le coup que j'avais reçu sur la tête.

Et voilà que le trio infernal composé d'Ysa, Jack et Charl' se pointe en direction du bar, j'étais fichue Jack m'avait reconnue, impossible de me défiler.
Tous trois vînrent me rejoindre, c'est marrant mais aucun d'eux n'avait l'air content de me trouver là.

- Sco' ? Mais que fais-tu ici ? me dit Ysa faussement surprise.
- Je croyais que tu n'étais pas à Tel -Aviv ajouta Jack d'un ton mécontent.
- Même question dit Charl' qui serrait les poings, il fulminait. Remarque ça tombe bien, il va falloir qu'on s'explique tous les deux.
- Alors pour mettre les choses au clair puisque vous m'obligez à me mettre à table, voilà en résumé ce que vous devez savoir :

- Ysa, je n'étais pas sur le bateau de l'émir de Bahrein, mais occupée à faire autre chose ce qui rejoint l'interrogation de Jack, je t'ai fait venir uniquement pour régler mes comptes avec Tim, d'ailleurs c'est pour ça que j'ai mal à la tête mais elle est dans un plus sale état que moi, ils ont été obligés de la recoudre aux urgences. Je n'allais tout de même pas laisser l'explosion de ma voiture impunie. Quant à toi Charl' et bien, je n'ai rien à te dire puisque tu n'as eu aucun commentaire à faire à propos de ma fameuse révélation !

Tous trois me regardaient abasourdis, je poursuivai donc mon petit laïus.

-Ysa, je suis désolée de t'avoir mise dans le pétrin en te demandant d'accueillir Jack et de faire comme si je n'étais pas là.
Jack, je suis également désolée de t'avoir fait faire le voyage car tu devais t'attendre à autre chose qu'à de la vengeance mais bon, ce n'est pas maintenant que je vais me refaire. Et pour finir Charl', que veux-tu que je te dise pour plaider ma cause ? Tu m'as annéantie, alors disparais, je ne veux plus te voir.
-Mais enfin Sco' ne fais pas l'enfant,dit Charl', depuis le temps qu'on se connaît, tu sais très bien que je ne quitterai jamais Bertille pour qui que ce soit d'autre.
- Oui mais ton attitude m'a laissé espérer jusqu'à ce que je finisse par comprendre que tu t'amuses à charmer les femmes mais que ça ne va jamais plus loin. Maintenant fiche le camp ou bien je te pète un genou ! Dorénavant, je ferai comme si tu n'avais jamais existé.

Ysa s'empressa d'attraper Charl' par un bras et de l'emmener loin de moi, elle savait que je ne plaisantais pas. Jack resta près de moi, il délaça ses chaussures et vînt faire trempette aussi.

- Tiens tu restes ? Tu es fâché je parie.
- Non il m'en faut plus que ça dit-il.
Il se gratta les cheveux avant de poursuivre.
- Je comprends mieux maintenant toutes tes conduites de détour.
- Je ne suis pas la seule à faire des détours, entre ta princesse bretonne et Tim, tu as de quoi faire sans avoir besoin que je me mette au milieu de tout ça, mais ton second méritait une petite leçon de savoir vivre malgré tout.
- Certes, je n'étais pas très content non plus en apprenant ce qu'elle avait fait. Il prît ma main dans la sienne et je l'y laissai, j'étais engourdie de partout et incapable de lutter ce soir-là.
- Tu sais, poursuivit-il, je ne te cours pas après seulement pour la bagatelle, tu m'intrigues Sco', tu n'es pas le genre de femmes que j'ai l'habitude de cotoyer.
- Je te rassure, je ne prends pas le ptit déj tous les jours avec un pirate non plus.
- Soyons sérieux deux minutes, je ne te propose pas le grand amour puisque je ne serai jamais Charl', passons simplement du temps ensemble et on verra où ça mène ... si ça te tente bien sûr.
- Ce n'est pas que la proposition n'est pas tentante, je sais aussi que tu fais ça pour en oublier une autre et rendre Tim jalouse. On ne va quand même pas se mettre ensemble par dépit, Jack, je ne suis qu'une écorchée vive incapable d'apporter le bonheur à qui que ce soit.
- Mais tout cela c'est à moi d'en juger, ne rejette pas la proposition tout de suite, prends ton temps pour réfléchir, d'accord ?
- Ok, je vais y penser. Tu m'aides à me relever, j'ai un mal de crâne à se taper la tête contre les murs.
Jack me raccompagna jusqu'à ma chambre, sa grande main n'avait pas quitté la mienne, c'était rassurant de le savoir là mais mon coeur était meurtri et je ne savais pas combien de temps, il lui faudrait pour s'en remettre.
- Nous sommes arrivés, lui dis-je. Le sang frappait dans mes tempes, c'était désagréable au possible, je grimaçai de douleur.
- Très bien alors je te laisse tranquille pour ce soir, je passerai te voir demain, tâche de passer une bonne nuit.

Il déposa un baiser sur mon front, ça faisait un peu paternaliste, cependant, je crois qu'il n'avait pas l'intention de surcharger la dose avec moi pour ce soir. Il avait compris que c'était de l'homéopathie sentimentale qu'il me fallait sinon je risquais de lui tourner le dos s'il allait trop vite.
- Bonne nuit jack.
Je refermai alors la porte de la chambre, et me suis affalée sur mon lit toute habillée, je n'avais qu'une envie : dormir pour oublier.

A suivre ...




mardi 4 août 2009

A Tel-Aviv #2 par Ysa

La journée fut agréable, Sco semblait avoir oublié tous ces déboires et avait fait un shopping d’enfer, une jolie robe pour Victoria et tout un tas de vêtements pour elle dont certains qu’elle ne porterait certainement jamais mais qui étaient des pièces de grands couturiers Israéliens... et comme elle n’en avait pas encore dans son dressing, c’était donc l’occasion.

Je ne voulais pas gâcher la fin de la journée mais je savais que Jack n’était pas loin et que le lendemain soir, Charles arriverait comme prévu par l’avion de 22 heures. Sco semblait légère et était de fort bonne humeur, je ne laissais donc rien paraître de mes angoisses et proposais de la laisser à l’hôtel afin de passer chez moi, je reviendrais la chercher après, elle avait donc le temps de se prélasser un peu et de se faire belle pour la soirée.

En montant dans la voiture, je reçus un SMS de Jack qui était de fort mauvaise humeur. Il me demandait de l’appeler tout de suite, c’était urgent et il ne pouvait pas me téléphoner. Je me demandais ce qui pouvait encore bien se passer et me rendais compte que partout ou Sco passait c’était souvent cyclonique.

- Jack c’est moi
- Ah ysa, tu tombes bien
- Que se passe t’il ?
- Qu’est ce qui se passe, et bien je vais te le dire, ces enfoirés de douaniers ne veulent pas me laisser accoster
- Comment ça ?
- Je ne peux pas rentrer, ton pays ne veut pas !!!
- Mais ils t’ont dit pourquoi ?
- Je ne comprends rien, ils baragouinent entre eux
- Attends, il y a bien une raison non ?
- J’en sais rien, je suis dans les bureaux de la police portuaire et en caleçon en plus !!!

J’avais envie de rire à l’évocation de Jack en caleçon, mais je me retins, je sentais bien que Jack était à cran. Il fallait que je tire l’affaire au clair.

- Ecoute Jack, ne bouge pas, je serais là d’ici 20 minutes si ça roule bien ! - Pfff, de toutes façons je peux pas bouger avec eux !!!
- Jack j’arrive, il s’agit surement d’un malentendu, je vais arranger ça.

Tout en prenant la direction de la zone portuaire, je me posais un tas de questions et me demandait ce que Jack pouvait bien avoir fait pour ne pas être autorisé à entrer en Israël. Ce n’était pas un terroriste, il n’était pas fiché… mais tout à un coup j’eus un drôle de pressentiment et me demandais si Sco n’y était pas pour quelque chose…. Après l’arrivée de Jack, elle avait subitement eu un coup de fil à passer, très urgent et s’était rendue dans sa chambre, elle était toute excitée en ressortant. Oh la coquine, elle n’avait quand même pas osé ?

Mais oui, Sco avait encore frappé, elle avait donné le signalement de Jack à la police des frontières, le faisant passer pour un futur terroriste, lui prêtant des intentions malveillantes et j’eus toutes les peines du monde à les convaincre du contraire. Je fus obligée de faire intervenir des amis de la cellule du mossad pour qu’enfin Jack soit autorisé à entrer.

J’appelais Sco pour l’informer de l’arrivée de Jack, elle sembla très surprise,

- ah bon, Jack est là, il est où ?
- au port
- au port ? tu veux dire au large ?
- non, au port, il a accosté il y a une demi heure
- ah bon, mais…. Il n’a pas passé les contrôles encore
- si si, il a tout passé, tout est en ordre
- ……
- Je ne t’entends plus Sco…. Il y a un problème ?
- Non non Ysa….
- Bon alors c’est parfait, mais c’est moi qui ai un problème maintenant
- …..
- Jack est là, tu n’es pas censée être là, nous devons dîner ensemble ce soir toutes les deux, maintenant je ne peux pas laisser Jack tout seul, alors que fait-on ?
- ……heu….
- Je te rappelle que c’est toi qui lui a demandé de venir nous rejoindre
- Oui mais je t’ai déjà expliqué que c’était avant l’épisode Charles
- Oui d’accord, mais maintenant il est là, il va bien falloir prendre tes responsabilités
- Alors écoute Ysa, ne t’inquiètes pas pour moi, dine en ville avec le pirate - …..
- Oui oui, va dîner avec ce bon vieux Jack, moi j’ai déjà quelque chose de prévu
- Comment ça quelque chose de prévu ?!
- Oh écoute Ysa si tu savais, tout à l’heure en allant me détendre au SPA j’ai rencontré un homme charmant
- Sco !!!
- Attends Ysa, laisse moi parler…. C’est un riche industriel, il habite Barhein, c’est un proche ami de l’émir, nous avons sympathisé, il m’a déjà invitée à venir là bas… il est exquis, un homme raffiné, intelligent, beau et riche, tu te rends compte Ysa ?
- Sco…. Il n’y a qu’à toi que ça arrive ce genre de choses, bon écoute, je dine avec le Pirate et je te laisse mais sois prudente !!
- Ne t’inquiètes pas Ysa, tu me connais !!!
- Oui bein, c’est bien parce que je te connais que je te demande d’être prudente !!!
- Y a pas de danger.
- Bon Sco j’accepte pour ce soir mais demain je veux que tu dises la vérité à Jack, à Charles et à Daniel, ça ne peut plus durer comme ça
- Oui oui, promis Ysa, je le ferai !!!


C’est ainsi que je laissais Sco avec son riche industriel tombé de nulle part et que je dinais avec un pirate très déçu… je pensais qu’il allait lever l’ancre dès le lendemain mais il avait l’air intéressé par la visite du pays, cela allait sérieusement compliquer les choses pour moi et pour Sco, je me demande d’ailleurs si ça n’allait pas plus les compliquer pour moi que pour Sco parce qu’au moment où je discutais avec le Pirate, Dame Sco buvait le champagne à bord du Yatch royal de l’émir de Barhein.

J’avais hâte de rentrer, non pas parce que la compagnie du pirate n’était pas agréable, mais parce que j’étais un peu stressée par tout ça et je me demandais encore une fois dans quel pétrin Sco s’était fourrée. La sonnerie de mon portable me tira de ma rêverie.

- Charles ah…. Comment vas-tu ?
- Je vais bien, sais tu que je suis proche de toi Ysa ?
- Ah bon ?
- Oui, je suis au David Intercontinental,
- …….
- Sco m’a faussée compagnie, mais je ne voulais pas te décevoir alors je suis venu quand même, je viens d’arriver, bon je sais que je ne devais arriver que demain soir, mais comme ça c’est mieux…..
- Ah….. c’est génial Charles
- Tu fais quoi Ysa, tu viens boire un verre à mon hôtel ?
- Heu…. je suis avec le pirate
- Jack est là oh mais quelle surprise, petite coquine Ysa, tu fais des cachoteries à ton grand frère ?
- Non Charles, c’est bien plus compliqué que ça
- Bon alors je vous attends !!

Je n’eu pas le temps de finir ma phrase, Charles avait déjà raccroché. Le pirate qui n’avait pas perdu une miette de la conversation était enchanté.
Ah mon pote Charles est venu lui aussi ?
- et oui
- mais que vient-il donc faire ici ? il vient pour toi Ysa ?
- heu oui Jack il vient pour moi
- ah mais tu es une cachotière, je ne savais pas que Charles et toi… ah ah, trop drôle et moi qui était persuadé qu’il en pinçait pour Sco, me voilà rassuré, la voie est libre !!!!

Nous primes la direction du David Intercontinental pour retrouver Charles, je n’avais qu’une seule crainte, que l’on tombe sur Sco et son nouvel ami…..

A suivre…

lundi 3 août 2009

A Tel-Aviv # 1 par Ysa

Sco est toujours là où on ne l’attend pas ou quand on ne l’attend pas, c’est ainsi qu’en me réveillant mercredi matin, je trouvais un SMS très bref sur mon portable.
« Suis au David Intercontinental, suis arrivée plus tôt que prévu, on se voit dans la journée »

Je n’y comprenais rien, j’attendais Sco et Charles pour jeudi soir et voilà qu’elle était déjà là, installée à l’hôtel et seule en plus semblait-il. Je me préparais bien vite ce matin là, étant légèrement angoissée car cette arrivée subite ne laissait rien présager de bon.

Lorsque je pénétrais dans l’hôtel, Sco était attablée au bar de la piscine, il n’était même pas onze heure et elle carburait déjà au Martini Gin !!! Elle avait les traits tirés, les cheveux attachés négligemment, et bien que cela lui donnait un charme fou, je n’avais pas l’habitude de la voir ainsi.

Notre étreinte fut chaleureuse, nous étions ravies de nous retrouver ainsi pour le week-end qui serait prolongé puisque Sco avait pris de l’avance. Je m’installais à côté d’elle et bien qu’elle me proposa de l’accompagner dans ses délires de boisson, je préférais un soda.

- Sco tu fais fort, un martini gin à cette heure là , tu aurais pu attendre non ? à moins que l’on arrose quelque chose ?
- On a besoin d’arroser quelque chose pour boire ?
- …..
- On arrose mon chagrin, oui je noie mon chagrin dans un verre de Martini,
- Sco, tu rigoles ? que se passe t’il … et Charles… ou est t’il ?
- Charles c’est une longue histoire, Charles est encore à Doha, il ne sait même pas que je suis là
- Quoi ? Charles à Doha, je n’y comprends rien, mais que fait-il là bas ? et toi pourquoi tu es déjà là, vous deviez arriver ensemble jeudi dans la nuit,
- Disons que les plans sont changés,
- Tu es en mission secrète c’est ça ?

Mais tout à coup Sco ne put retenir ses larmes plus longtemps et se mit à sangloter, son corps était parcouru de tremblements qu’elle semblait ne plus pouvoir contrôler. Bien vite je l’entraînais dans sa chambre afin que nous puissions discuter au calme et à l’abri des oreilles indiscrètes.

- Bon nous allons reprendre à zéro, peux tu m’expliquer ce qui se passe avec Charles, vous vous êtes disputés ? ce n’est pas grave, ça ne sera pas la première fois ni la dernière, il y a déjà eu des précédents et tout s’est toujours bien terminé, donc ne te tracasses pas pour ça !!!
- Non non non Ysa, tu n’y es pas du tout, c’est bien plus compliqué que ça !
- …
- Voilà, ça fait bien longtemps que je garde ce secret et je ne peux plus le cacher
- …..
- Je suis amoureuse de Charles

Je marquais un temps d’arrêt et un long silence vint envelopper la chambre. L’atmosphère était lourde tout à coup, comme si le temps s’était arrêté. La révélation de mon amie m’avait filé un vrai coup de massue parce que j’étais loin d’imaginer ce qu’elle venait de m’annoncer. Pour moi, Charles et elle n’étaient que des amis et je découvrais tout à coup que Sco possédait elle aussi des failles comme tout être humain et cette faille là n’était pas une mince affaire.

Je tentais une approche timide

- Tu lui en a parlé au moins
- Pfff, tu parles, il ne m’aurait pas crue
- Il va bien falloir pourtant que vous vous expliquiez là-dessus
- Ysa tu connais Charles, pour lui je suis une grande amie, une sœur, comme toi d’ailleurs
- Oui mais…. Tu ne peux pas rester comme ça, en plus tu m’as l’air très malheureuse et je ne suis pas habituée à te voir dans cette position,
- Je suis un être humain avant tout Ysa, et vous me voyez tous toujours comme une killeuse, mais j’ai un cœur
- Oui Sco, tu as raison, on a surement tous oublié ce détail important, écoute là tout de suite je suis un peu assommée, je ne sais pas quoi dire, mais on va en discuter tranquillement et crois moi on va trouver une solution et il faudra bien que Charles nous écoute
- Et on va lui dire quoi ? que je suis amoureuse de lui et après ? … tu sais bien que Charles n’a qu’un seul amour dans sa vie… Bertille !!
- Ah non, ne me parle pas de celle là, je l’avais oubliée tiens,
- Elle est pourtant omniprésente et crois moi que Charles ne l’oublie pas
- Oui enfin il ne l’oublie pas mais il me semble que sous la douche avec toi il l’avait oubliée non
- Oui … on peut dire ça comme ça
- Alors tu vois !!! il faut que Charles soit face à ses responsabilités lui aussi, il faut qu’il arrête de toujours se cacher derrière Bertille et s’il te fait des propositions indécentes sous la douche, il doit en assumer les conséquences….je vais lui remettre les idées en place moi tiens !!!

J’étais énervée tout à coup et je ne me rendais même pas compte que j’étais en train de crier. Sco me fixait et s’amusait légèrement de mon excitation soudaine. Voir mon amie perturbée de cette façon m’avait fait sortir de mes gonds et par chance, Charles n’était pas là sinon il en aurait pris pour son grade !!

Je proposais à Sco d’aller nous détendre en faisant du shopping, je sais qu’elle aimait ça et ça tombait bien, les boutiques soldaient. Mais au moment de partir, mon téléphone se mit à sonner…

- Jack ? mais où es tu ?
- ….
- Ah bon ? mais je ne savais pas que tu accostais à Tel-Aviv, d’ailleurs je ne savais même pas que tu étais dans le coin…
- ….
- Ah non, Sco ne m’a rien dit, elle voulait me faire une surprise surement… attends je vais te la pa….


Et pendant que je parlais, Sco me faisait de grands signes pour me dire qu’elle n’était pas là, que je ne l’avais pas vue, que je n’étais au courant de rien….

- je vais te lui passer un savon !!! me faire des cachotteries comme ça !!!
- …..
- Sco doit venir à Tel-Aviv ? heu…. Non je ne crois pas….
- ….
- Ah bon tu es formel ?
- …..
- Et bien…. Heu écoute…. Je ne sais pas….. oui oui, appelle moi donc quand tu seras là,

Oh et puis zut tiens s’exclama Sco, je l’avais oublié celui là !!!

- comment ça tu l’avais oublié ?
- heu…. c'est-à-dire que je lui avais donné rendez-vous ici à Tel-Aviv
- ….
- Oui, mais c’était bien avant mon épisode avec Charles
- Roooo, Sco, mais c’est pas possible, qu’est ce qu’on va faire de Jack maintenant
- Je ne sais pas, je ne sais pas, allons faire du shopping, il sera bien temps d’improviser quand il sera là !!!

A suivre ...

samedi 1 août 2009

Au Qatar #4

Toujours collé à moi, Charl' en avait profité pour m'enlacer, je ne bougeais pas.
- Sco', quand allons-nous arrêter de jouer au chat et à la souris ?
- Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Je veux dire que l'on a envie l'un de l'autre depuis des années mais que l'on a jamais eu le courage de franchir le pas. Pourquoi ça ? Pourquoi tu me fuis ?
- Pourquoi je te fuis ? La raison tient en un mot : Bertille. Quoique je fasse, elle est toujours là et je sais pertinemment que tu l'aimes, alors qu'est-ce que tu attends de moi ? Si c'est simplement pour coucher avec moi, je n'y vois aucun intérêt, parce-que pour moi ça signifierait bien davantage que pour toi ...
- Mais ça Sco', tu n'en sais rien. Qui te dit que je ne ressens rien pour toi ?
- L'instinct, inutile de se fourvoyer car même si tu avais quelques sentiments autres que de l'amitié pour moi, tu restes irrémédiablement attaché à Bertille et contre elle, je ne peux pas lutter, je l'ai compris depuis bien longtemps.
- Et c'est pour ça que tu essayes de te raccrocher à Daniel, au pirate et à je ne sais trop qui ? Tu vas avec eux pour m'oublier ?!
- Qu'est-ce que ça peut te faire de toute façon ?
- Sco' réponds moi, c'est important. Est-ce que tu m'aimes ?
Je me retournai alors vers lui les yeux embués de larmes et l'embrassai.
- C'est la seule réponse que tu auras, tant qu'il y aura Bertille, ce sera comme ça, il faut faire des choix dans la vie et il me semble que le tien est déjà fait depuis longtemps ...

Charl' ne répondît rien, à vrai dire que pouvait-il bien me répondre ? Là dessus j'avais marqué un point ... Nous résistâmes donc une fois de plus à la tentation. Il se rendormît quelques instants plus tard dans un sommeil très profond ou alors il faisait admirablement semblant de dormir, je me levai pour m'habiller rapidement, prîs mon sac de voyage et je sortîs de la chambre. Je passai à la réception pour régler ma note d'hôtel, et demandai à ce que l'on me réserve un billet d'avion pour le 1er vol à destination de Tel-Aviv. Pour ce genre de services, les hôtels de luxe sont formidables ! Un taxi m'attendait pour me conduire à l'aéroport.

Une fois de plus, je fuyais Charl', l'amour de ma vie depuis tant d'années, un amour inavoué et qui vraisemblablement n'avait aucune chance de se concrétiser, à quoi bon lutter davantage, j'étais fatiguée de tout ça ...


A l'aéroport de Doha, 6.00 am,


J'étais devant un kiosque à journaux, les gros titres indiquaient le décès de l'émir Bengasoil, quand mon portable vibra dans ma poche :

- Madame Magnet ?
- Oui ...
- Votre mission est accomplie, ce fût un plaisir de travailler avec vous, si j'ai d'autres missions de ce genre à effectuer, soyez certaine que je ferai à nouveau appel à vous. Votre dû a été versé sur votre compte off-shore comme convenu.
- Parfait monsieur l'ambassadeur. Bonne continuation à vous.

Et je raccrochai car je m'apprêtais à passer la barrière de la douane.
Je mîs mes lunettes noires et me dirigeai vers l'avion le coeur gros, j'allais une fois de plus chercher du réconfort auprès d'Ysa mais je savais bien que même elle n'arriverait pas à atténuer ma peine ...


A suivre ...