Je me présentai quelques heures plus tard devant un petit immeuble de la rue de Valois. Je composai le code de la porte d'entrée. Un clic et elle s'ouvrit comme par enchantement.
A quel étage devais-je me rendre là était toute la question ? Rien n'était indiqué sur les boîtes aux lettres à part que Gabriel y recevait du courrier ... Apparemment, il était domicilié ici. Aucun doute possible, son nom était en grosses lettres noires sur l'une des boîtes. Voilà qui commençait mal, un frisson me parcourut l'échine, ma gorge se serra, mais au moins j'étais sur la bonne voie. Rodolphe ne s'était pas trompé, la clé devait forcément correspondre à un des appartements; sur ce coup-là, il faudrait que je lui dise merci.
Bref, je n'allais pas essayer toutes les portes sinon je risquais d'éveiller les soupçons de quelqu'un et de me faire embarquer par la police. Ce fut à ce moment là qu'une grand-mère plutôt chic, un bibi vissé sur la tête, sortit de l'ascenseur. Je décidai de jouer les gourdes en lui disant que je venais voir mon frère mais que j'ignorais à quel étage se situait son logement. Après m'avoir jaugée pendant quelques secondes, la vieille parut me faire confiance et m'indiqua le second étage, la porte centrale me dit-elle. Sur quoi, elle commenta en me disant que ça faisait un bon moment qu'elle n'avait pas vu mon frère dans le coin mais que sa femme était toujours charmante avec elle.
Je faillis m'étrangler avec ma salive et fis passer mon état de surprise dans une quinte de toux. Sur quoi je pris congé après avoir remercié chaleureusement la mamie avec son chapeau de reine mère.
Je déboulai de l'ascenseur, les mains moites, je serrai fermement la clé et me décidai à ouvrir cette fichue porte tant que j'en avais encore le courage.
Dès que je pénétrai dans l'entrée, je reconnus un parfum familier mais ne sus pas définir exactement à qui il appartenait.
L'appartement plutôt cosy avait des fenêtres avec vue directe sur le Palais Royal, les meubles étaient arrangés avec goût, rien de trop tape à l'oeil. Visiblement, une femme de ménage devait passer régulièrement car le ménage était fait, pas un grain de poussière à l'horizon sur le buffet du salon ou sur la table ronde en merisier. Même les plantes se sentaient bien, même pas assoiffées par des mois de solitude ... Est-ce que l'Autre vivait encore là ??
Je passai dans la chambre à coucher. J'ouvris l'armoire. Des vêtements de Gabriel se trouvaient encore là, rangés en piles bien droites. J'inspectai également la commode et y dénichai de la lingerie fine, des bas, un ou deux pulls, pas une garde-robe complète en tout cas. Mon regard s'attarda sur plusieurs cadres à photos disposés au-dessus de la commode. Gabriel figurait en bonne place, tout sourire, aux côtés de quelqu'un ... Quelqu'un dont le portrait avait été soigneusement découpé. Il en était de même pour toutes les photos de l'appartement. L'Autre avait-elle fait le ménage au cas où je me pointerais inopinément ? Une boule s'était formée dans ma gorge, j'avais des difficultés à encaisser tout ce que je venais de voir. Gabriel menait donc bien une double vie ...
Tout à coup, j'entendis du bruit. Je saisis le 9 mm qui était resté bien sagement dans ma poche de manteau, la crosse était chaude en contraste avec mes mains glacées.
J'entendis des pas s'approcher de la chambre.
— Je savais bien que je te trouverais là !
J'abaissai mon arme, le souffle court, c'était Rodolphe qui venait mettre son grain de sel, une fois de plus ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, sa présence me rassura ...
A suivre ...

6 commentaires:
Pauvre Stella...
Même si elle s'en doutait, cela fait toujours très mal de voir la vérité en face.
Lorsqu'on est trahi par l'être aimé, c'est terrible...
J'attends la suite.
Bises
quel besoin a-t-elle de remuer le couteau dans sa plaie....
... et où cela va-t-elle la mener...
(tu devrais écrire des série pour la tv)
Bises du soir chère toi
Ah, les femmes...Jalouses mais curieuses ! Et si la maitresse était le sosie de la mère Denis, hum ? ^^
( Pour ça les photos découpées...)
Besos Sco, bonne suite !
Ah bein tu vois, tu vas finir par l'apprécier ce Rodolphe !!!
Karleman : en effet et la trahison est encore plus terrible qu'on ne pourrait le penser à première vue.
Bises.
Patrick : écrire des séries pour la TV ... Pourquoi pas ?! Faut me dire qui contacter alors !
Bises du matin cher toi.
Jack : oh c'est pire que la mère Denis, si tu savais !!
Bises capitaine !
Ysa : c'est pas que je ne l'apprécie pas ... mais il est agaçant !
Bises.
Que va faire Stella ?
Je suis impatient de le savoir. :)
Enfin, tout vient à point qui sait attendre...
Bises
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