dimanche 7 novembre 2010

Quand Stella emploie les grands moyens ...

J'avais l'impression de jouer dans un mauvais film de série B. Mes pas m'avaient conduit jusqu'à une boutique dans laquelle je n'avais jamais mis les pieds de ma vie. J'avais trouvé l'adresse par une simple recherche sur internet.
La vitrine était pourvue d'un rideau métallique. Plusieurs spécimen en démonstration me donnèrent la chair de poule mais au point où j'en étais, je ne pouvais plus reculer. Il fallait que j'assure ma sécurité d'une façon ou d'une autre; je décidai de franchir le seuil et d'entrer dans un monde qui me semblait appartenir à une autre dimension.
Un homme d'une bonne cinquantaine d'années, lunettes vissées sur le nez, leva les yeux vers moi, il était en train de lire le Canard Enchaîné. Visiblement, je dérangeais.
— Que puis-je pour vous ? demanda-t-il.
— Je cherche un moyen de me défendre, lâchai-je dans un souffle.
Il hocha la tête, réfléchit quelques secondes.
— Vous voulez un pistolet d'alarme pour vous protéger à la maison c'est bien ça ?
Il désigna plein de petits modèles qui me semblèrent inoffensifs ... ça n'était pas vraiment ce que je cherchais. Il enchaîna.
— C'est petit, léger, maniable, très féminin ... idéal pour une femme seule.
Je soupesai un des engins en question, effectivement, c'était très léger, mais cela me semblait inconsistant face à la menace qui pesait sur moi.
— Vous n'auriez pas quelque chose qui soit moins féminin, qui dissuade beaucoup plus et qui pourrait faire des dégâts au cas où ??
Je n'en revenais pas de mon audace soudaine mais aux grands maux, les grands remèdes !
Le vieux réfléchit un instant, se gratta le front. Il fourgonna dans un tiroir et en sortit une arme de poing digne du grand banditisme, un CZ75 calibre 9mm parabellum. J'observai le beau joujou avec attention.
— Voilà qui me semble mieux en effet. Je vous le prends.
— Attention ma petite dame, je vous le vends mais sous le manteau comme on dit. Pas de permis, pas de facture, vous payez cash et ensuite, je ne vous ai jamais vue, compris ? dit-il en souriant.
— Aucun problème, ça me va très bien. Je vous ramène la somme cette après-midi.

Quelques heures plus tard, je sortai de cette même boutique, mon révolver en poche.
Rodolphe m'attendait adossé à ma voiture, les bras croisés, un rictus mécontent animait ses lèvres.
Il ne me laissa même pas le temps de sortir une phrase qu'il commença déjà sa leçon de morale.
— Tu comptes faire quoi avec ce bidule ?
— Me protéger ! Et puis de toute manière, ce que je fais, ne te concerne pas ! répliquai-je mal aimable.
— Au contraire, tout ce qui te concerne de près ou de loin, est mon affaire; je suis là pour assurer ta protection que tu le veuilles ou non. De plus, je suis certain que tu ne sais même pas te servir d'un machin comme ça. Je me trompe ? dit-il en me fixant obstinément.
— Le tir ça s'apprend c'est comme tout et puis, dégage de mon chemin, je ne te veux pas de toi dans mes pattes !
— Tu serais fichue de te tuer par accident au lieu de viser un éventuel agresseur !Franchement, ça me contrarierait beaucoup. Je te rappelle aussi que les destructeurs sont insensibles aux armes à feu ...
— Sauf que les traitres d'anges déchus, eux y sont sensibles tout comme les humains, alors méfies-toi qu'il ne me prenne pas l'envie de te transformer en passoire à nouilles, un accident est si vite arrivé ! sifflai-je véhémente.
— Franchement, Stella, tu n'es pas plus impressionnante qu'un chaton en colère, tu te ferais plus de mal à toi qu'à moi. Bon puisque tu es toujours aussi têtue, je vais continuer à te surveiller contre ton gré !
— Fiche-moi la paix, tu veux ? soupirai-je agacée au plus haut point.
Sa manière de me regarder me déstabilisait toujours autant mais je ne voulais rien lui montrer.
— Ok. Je te laisse pour le moment ... Au fait, la clé ...
— Quelle clé ? demandai-je en jouant les imbéciles.
— Tu sais très bien de laquelle je parle. Elle n'ouvre pas de coffre à la banque ... vois plutôt du côté d'un appartement ... enfin moi je dis ça, je dis rien ...
Puis il s'éloigna vers son Audi gris métallisé d'un pas nonchalant comme il savait toujours aussi bien le faire. Sa démarche féline m'électrisa ... je me serais mis des baffes ...

A suivre ...

5 commentaires:

Patrick Lucas a dit…

... l'affaire se corse.. !
on voit pas les ligne passer... c'est du grand art !
Bravo / Bisous

ysa a dit…

Ce Rodolphe sait tout et nous on reste sur notre faim !!! Trouver un coffre n'est pas évident mais alors un appartement pffff, bon courage. C'est quand même sympa d'avoir un ange gardien non ?

Rackham Le Rouge a dit…

J'ai bien connu une Stella en Artois...
Nan, j'rigole ^^

Je vous suis, chère tueuse, à suivre alors !
Besos
Jack

Karleman a dit…

Ben dit donc, elle rigole pas la petite Stella... :)
Tu t'y connais en armes ma parole ?
Bon, ben que puis-je souhaiter à Stella... Bonne tuerie ! :))
Bises

Dame Sco' a dit…

Patrick : du grand art ?? Eh bein dis donc, je ne vais plus passer les portes déjà qu'avec le bidon c'est pas toujours évident, là les chevilles vont en prendre un coup ! héhé ! Bisous.

Ysa : un ange déchu n'est plus censé être le gardien de personne mais bon, il tape l'incruste et comme on l'aime bien parce-qu'il est mignon, on le laisse rester quoi ! :)

Jack : j'adore tes jeux de mots, toujours aussi bidonnants !!
Bises capitaine.

Karleman : meuh non pas une bonne tuerie, juste rester en vie ce sera déjà pas mal !
Bises à toi.