mardi 29 décembre 2009

Famille, je vous hais !


Il me fallut plusieurs jours pour digérer la nouvelle par rapport à ma grossesse surprise. Raphaël se montrait encore plus prévenant et protecteur que d'habitude, il me traitait comme un sujet aussi fragile qu'une porcelaine de Saxe et cela avait le don de m'agacer profondément. Le médicament contre les nausées faisait son effet et je me sentais mieux physiquement, c'était plutôt mon mental qui me torturait. Je venais de réaliser que j'étais enceinte au moment où j'avais arraché le coeur de Lorenzo et cette idée me perturbait énormément avec tout ce que l'on entend sur les émotions transmises de la mère au foetus. J'espérais ne pas faire de mon enfant, un(e) révolté(e) de nature, mais je me faisais peu d'illusions à ce sujet, les chiens ne faisant pas des chats, j'avais des chances de finir souvent convoquée à l'école pour des bagarres et autres règlements de comptes.
Pourtant le matin du 24 décembre, je me décidai à quitter mon abîme de réflexion pour profiter de la journée comme quelqu'un de normal, ou presque.
Il faut croire que le père Noël avait oeuvré dans l'appartement avec une nuit d'avance car ce matin là, je trouvai dans mon salon, un sapin décoré qui n'y était pas la veille et des guirlandes un peu partout.
Raphaël était installé au piano, il jouait l'air qu'il avait composé pour moi quelques semaines auparavant. Bref tout cela ressemblait à un tableau idyllique auquel je n'étais manifestement pas habituée. Déjà trouver le même homme le matin au réveil dans mon lit de façon régulière représentait un véritable de défi pour moi alors un décor de Noël, imaginez le choc.
J'arborai malgré tout un sourire pour le remercier de sa gentille surprise, cela dit, je m'interrogeais intérieurement sur ce qu'il m'avait préparé pour le reste de la journée. Raphaël n'était pas le genre d'homme à s'arrêter à une simple déco de Noël, je sentais le piège se profiler à plein nez mais j'attendais patiemment qu'il me fasse part de ses projets.
- Alors princesse, enfin réveillée ?! demanda-t-il avec son irrésistible sourire en coin.
- Oui ... et merci pour tout ça, ajoutai-je en désignant la salle entière avec ma main.
- Oh ce n'est qu'un petit avant-goût, j'ai quelques autres surprises qui t'attendent.
- Pardon ? Je te préviens, je n'ai même pas eu le temps d'aller te chercher un cadeau alors tu peux remballer ...
- Aujourd'hui c'est Noël alors je ne tolèrerai aucune objection ! s'offusqua-t-il faussement.
Je m'affalai dans le canapé pendant qu'Appolon continuait à jouer du piano. Au bout d'un moment, il s'arrêta pour venir s'asseoir près de moi.
Plongeant ses yeux dans les miens, je le laissai entamer les "hostilités".
- Voilà, j'ai quelquechose d'important à te demander, mais c'est délicat.
- Je t'écoute.
- Je ne sais pas trop par où commencer ...
- Si c'est pour me demander en mariage, c'est non d'office, question suivante, je te prie !
- Ah non ce n'était pas ça même si je comptais te poser la question bientôt, je suis assez vieux jeu dans ce domaine mais bon si tu es réticente pour l'instant, je vais ranger la bague que je t'ai achetée pour Noël. Je te la montrerai quand tu seras plus disposée.
- Mais je n'ai pas l'intention d'être disposée à quoi que ce soit à ce sujet ! ripostai-je.
- Sco', tu ne vas pas me gâcher mon plaisir, tu portes mon enfant alors t'épouser fera partie de mes rares exigences et ce sera non négociable.
- Bein voyons, mets-moi les fers et emprisonne moi tant que tu y es !
- Ne me tente pas, si ça pouvait t'empêcher de te fourrer dans les ennuis et de risquer ta vie, je le ferais volontiers.
- Bon alors qu'attends-tu de moi pour aujourd'hui ?
- Je voudrais que tu rencontres ma famille.
- Tu as une famille toi ? Je croyais que tu étais orphelin.
- C'est là que c'est un point délicat ... J'ai dû te mentir par rapport à la mission que j'effectuais pour le compte de Derek, c'était un moyen de t'attirer dans mes filets de te faire croire que j'étais orphelin comme toi.
Je fronçai les sourcils, je sentais la colère poindre mais dis rien.
- En fait, poursuivit-il, ma mère et ma soeur sont tout ce qu'il y a de plus vivantes.
- Tu comptais m'en parler quand ?
- Bien, je ne savais pas trop comment lâcher le morceau, j'avais peur que tu te fâches très ... très fort.
- En effet, je suis fâchée. J'en ai marre des douches froides, c'est la deuxième que tu m'infliges après m'avoir révélé que tu avais pour mission de me tuer.
- Oh Sco', je suis vraiment désolé, il faut me croire et puis je ne voulais pas que tu les rencontres tout de suite mais comme on a décidé de vivre ensemble et puis il y a le bébé alors ...
- Raphaël, tu t'enfonces ! Quand débarquent-elles ?
- On déjeune tous ensemble à midi et après elles reprennent un vol pour Washington.
- Hum ... le temps d'un déjeuner, je ferai l'effort de ne pas t'étriper mais de retour ici, je ne te promets rien.
- Oh tu ne pourras rien faire au retour, il y aura trop de témoins. Ysa, Victoria Charles et Jack viennent passer le réveillon de Noël avec nous. C'était ma 2e surprise ... pour me racheter de la 1ère surprise ... T'es toujours fâchée ?
- Sur une échelle de 1 à 10, je me noterais facilement à 18, mais comme c'est Noël, je vais faire un effort pour me calmer.
Alors comment s'appellent ma "belle-mère" et ma "belle-soeur" ?
- Virginie et Maia, je suis sûr que tu vas les apprécier !
- Oui enfin on verra, n'en demande pas trop non plus hein bon ...

A suivre ...


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samedi 26 décembre 2009

Première dispute ...


L'attente me parut interminable, c'était là que l'expression "croire mourir d'inquiètude" prenait tout son sens.
Tournant comme un lion en cage dans l'appartement, j'allais de mon lit aux toilettes et des toilettes au lit, bref, j'étais malade comme une bête. Cela dit, je me demandais si la petite promenade de Raphaël n'accentuait pas mes symptômes un peu aussi.
Au bout de deux heures, il revint enfin. Je me précipitai pour aller à sa rencontre et voir l'étendue des dégâts.
Son manteau noir et ses cheveux cuivrés étaient mouchetés de cristaux neigeux mais visiblement il n'avait pas l'air de mauvaise humeur. C'était déjà un bon point pour moi, quoique ...
Se débarrassant prestement de son manteau dans l'entrée, il afficha même son petit sourire en coin habituel, encore un autre signe qui était de bon augure mais cela précédait peut-être la tempête allez savoir.
- Sco', tu es pale comme la mort, tu devrais t'allonger un peu, dit-il en m'attrapant la main et en me conduisant derechef dans ma chambre.
Je ne protestai pas, une nouvelle nausée venait de me monter aux lèvres, il valait en effet mieux que je me mette en position horizontale.
- Bon, j'ai eu du mal à trouver une pharmacie ouverte avec ce temps de chien mais j'ai été chercher quelquechose pour soulager ton estomac et puis j'ai aussi pris, sa voix se fit hésitante, un test de grossesse ...
Je le regardai avec des yeux ronds comme des soucoupes complètement éberluée.
- T'as pas fait ça ?!
- Enfin, Sco', il ne sert à rien de se mettre la tête dans le sable, mieux vaut savoir tu ne crois pas ?
- J'imagine que oui ... Mais j'ai une question à te poser avant.
- Vas-y je t'écoute.
- As-tu eu envie de te sauver tout à l'heure ?
- Grand dieu non ! Tes doutes à mon égard commencent à devenir insultants tu sais !
- Désolée ... mais je voulais être sûre, j'ai eu peur de t'avoir fait fuir avec mes suppositions à deux balles.
Il réfléchit une minute avant de répondre.
- Tu sais il en faut beaucoup pour me faire fuir, cela dit tes suppositions ne sont peut-être pas si idiotes que ça. Je parierais même que la trouille que tu aies visé juste te rend encore plus malade non ?
Je m'enfonçais furieuse dans mes oreillers.
- Quelle perspicacité monsieur l'espion ! Je suis en pleine torture depuis que tu es parti tout à l'heure, voilà tu es content ? J'avoue, je suis terrifiée.
- Je ne vois pas en quoi la perspective de devenir parent a quelquechose d'effrayant... si on élève l'enfant à deux bien sûr.
- Avec toi, tout parait facile mais tu as songé deux minutes aux conséquences ?
- Je te propose avant de penser aux conséquences d'aller faire pipi sur ce batonnet et si après c'est positif, tu auras le droit de maudire la terre entière, y compris moi. D'accord ?!
Je haussai les épaules et émis une sorte de grognement. Je tendis la main, Raphaël y déposa le test et je me dirigeai telle une condamnée à mort jusqu'aux toilettes.
Cinq minutes plus tard, je ressortai de là en pleurant à chaudes larmes, l'univers venait de s'écrouler sous mes pieds.
N'y tenant plus, Raphaël demanda ce qu'il en était .
- Positif ! Voilà t'es content ?! aboyai-je à travers mon torrent de larmes.
- Contrairement à ce que tu envisageais sûrement en mon absence, oui, je suis content, mais toi non visiblement ... Dis moi plutôt pourquoi tu veux bien ?
Raphaël m'entoura les épaules avec son bras.
- Ce n'est pas très difficile à deviner. Je n'ai pas un métier compatible avec la fonction de mère et puis, je n'avais pas prévu ça, et puis quel genre de mère puis-je être alors que j'ai tué des dizaines voir des centaines de personnes. Non mais franchement tu imagines l'enfant demander dans quelques années," tu fais quoi comme travail maman ?" et moi de répondre tout aussi naturellement "tueuse à gages mon poussin, tu veux savoir autre chose ?"
Je poussai un gémissement à fendre l'âme et câchai mon visage avec mes deux mains.
- Je serai une mère lamentable, Raphaël, j'ai perdu toute humanité, je suis incapable d'élever un enfant, c'est impossible.
- Mais je serai là, je t'aiderai, on l'a fait à deux cet enfant, arrête de te torturer l'esprit comme ça  ... Au fait, je vais te poser une question délicate mais je ne la poserai qu'une fois, c'est bien moi le père au moins ?
Furibonde j'éjectai son bras et me levai de mon lit comme un ressort.
- Non mais dis-donc tu me prends pour qui ?! Bien sûr que oui tu es le père, je n'ai jamais eu plusieurs amants en même temps c'est une règle que je me suis toujours imposée !! Maintenant si tu as des doutes, tu peux toujours faire un test de paternité, lançai-je revèche.
- Si tu me dis qu'il est de moi, je te crois, ne te fâche pas mais j'ai pensé peut-être que Daniel et toi ... Enfin voilà quoi ...
- Non il n'y a rien eu avec Daniel depuis plusieurs mois et puis ne me parle plus de lui, tu veux bien.
Je m'étais déplacée face à la fenêtre de ma chambre et serrai les poings violemment, la colère avait chassé les nausées mais pas les larmes qui continuaient de ruisseler sur mes joues.
- Pardon de t'avoir fait pleurer, je ne suis qu'un imbécile, dit-il en s'approchant de moi. Je n'ai pas été très gentleman sur ce coup-là.
- Ah oui ça tu peux le dire, le pire des goujats tiens ! ajoutai-je cruelle. Tu vas peut-être me demander si je vais avorter tant qu'à faire !!
- Non l'idée ne m'a même pas effleuré et si tu faisais ça, tu ne me reverrais pas même si je t'aime et que je suis prêt à donner ma vie pour toi, il y a des choses que je n'accepterai pas et celle-ci en fait partie.
- A la bonne heure, on est au moins d'accord sur quelquechose, soupirai-je.
- Parfait ! lança-t-il les dents serrées.
Changeant de sujet pour appaiser l'atmosphère, je lui demandai :
- Tu préfères une fille ou un garçon ?
Raphaël prit le temps de la réflexion et puis répondit :
- Peu importe du moment que l'enfant te ressemble mais il faudra qu'il soit moins borné que toi, s'esclaffa-t-il.
Je me précipitai alors dans ses bras pour l'embrasser rageusement. Pourquoi fallait-il qu'il ait toujours le dernier mot ?!

A suivre ...

mardi 22 décembre 2009

Ce que Sco' n'avait pas prévu ...


Je repris connaissance au bout de quelques minutes, Raphaël m'avait tirée de ma torpeur à grand renfort de claques sur les joues.
- Eh bein dis donc, vous avez des méthodes douces dans la CIA, ça fait peur tiens ! bougonnai-je en m'asseyant sur le tapis à l'endroit même où j'étais tombée.
Je me frottai l'arrière du crâne, j'avais dû me cogner la tête dans ma chute, ça faisait un mal de chien.
- Tu m'as fait peur tu sais, je n'aime pas quand tu joues la belle au bois dormant comme ça ! dit Raphaël sur le ton du soulagement.
- Qu'est-ce qui s'est passé au juste ?
- J'étais en train de te demander de venir t'installer avec moi et pouf, tu t'es écroulée. Si cette simple perspective te met dans de tels états, je n'ose imaginer ce que ça aurait été si je t'avais demandée en mariage ... Ca promet tiens !
- Ne te moque pas, ce n'est pas drôle !
- Je ne me moque pas, c'est un simple constat, railla-t-il.
- Bein voyons si ce n'est pas de la moquerie c'est bien immité en tout cas. Bon alors veux-tu entendre ma réponse ou tu préfères que je diffère le suspens jusqu'à l'année prochaine ?
- Bof, ça ne ferait rien qu'une dizaine de jours à attendre si on y réfléchit bien.
- Ah ah ! Très drôle ! Mais comme je suis magnanime, je vais te répondre maintenant. Ne dis rien, ma grandeur d'âme est sans limite dès qu'il s'agit de toi !
- Trop aimable ! s'esclaffa-t-il en m'aidant à me relever.
Il me prit dans ses bras, son regard fouillait le mien. Je vis passer une lueur de doute chez lui, il fallait bien avouer qu'avec moi, il marchait toujours sur des sables mouvants.
- C'est oui !
- Tu es sûre et certaine de ton choix ? insista-t-il.
- Je te dis que oui, mais à une seule condition.
Raphaël fronça les sourcils à l'avance en se demandant ce que j'avais encore bien pu inventer.
- C'est toi qui viens vivre ici. De cette manière, si un jour tu en as marre de moi, tu pourras toujours fuir où tu veux.
- Sco', ce genre de situation m'étonnerait fort, je resterai avec toi tant que tu voudras bien de moi, alors n'inverse pas la situation tu veux bien ? Celui qui a tendance à prendre la fuite ici, ce n'est pas moi.
Je ressentis alors un nouveau haut le coeur et m'arrachai à l'étreinte de Raphaël pour courir aux toilettes.
Je l'entendais tambouriner derrière la porte, il me demandait si tout allait bien.
- Comment veux-tu que ça aille ? Je suis en train de me vider l'estomac !
- Tu as besoin de quelquechose ?
- Non merci ... soufflai-je
Je ressortai haletante de la petite pièce, le front perlé de sueur. Mes jambes étaient en coton, je n'avais plus de force, à peine le courage d'aller me jeter sur mon lit toute habillée.
Raphaël me suivit et s'assit près de moi sur le lit. Il caressait tendrement mes cheveux.
- Tu sais si l'idée de vivre ensemble te contrarie tant que ça, on peut attendre, je ne veux pas que tu te rendes malade en faisant quelquechose qui va contre tes envies.
- Mais arrête d'imaginer n'importe quoi ! Si je t'ai dit oui, c'est que je le pense, rétorquai-je acide.
- Bon alors si ce n'est pas psychosomatique, tu es manifestement malade...
Tu as sans doute mangé un truc pas frais.
Je l'écoutais à présent de très loin et comptais mentalement le nombre de jours qui s'étaient écoulés depuis notre séjour aux Caraïbes.
Raphaël me scruta d'un air sceptique pendant que je comptais sur mes doigts.
- Punaise !! Nom d'un chien !!! hurlai-je.
- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? s'inquièta-t-il.
- J'ai 6 jours de retard !
Raphaël en resta bouche bée. Au bout de quelques minutes, il se leva et quitta ma chambre pour aller mettre son manteau.
Prise de panique, je me levai d'un bond quand j'entendis le tintement de mon trousseau de clés dans le couloir. Raphaël avait ouvert la porte d'entrée.
- Tu vas où ? demandais-je pleine d'angoisse.
- Je vais faire un tour, je reviens, je n'en ai pas pour longtemps.
Raphaël déposa un baiser sur mon front puis claqua la porte derrière lui en me laissant seule avec mes interrogations. J'espérais qu'il n'avait pas menti et qu'il reviendrait réellement...

A suivre ...

dimanche 20 décembre 2009

A coeur ouvert ...


Le soleil avait refait surface dans mon existence au propre comme au figuré, la couverture nuageuse était percée de rayons lumineux et mon astre solaire personnel se tenait à mes côtés. Que demander de plus ?
Malgré un fond de mélancolie qui subsistait toujours chez moi, ma personnalité étant ainsi faite, je me sentais malgré tout le coeur plus léger.
Non pas que je me pardonnerais un jour pour la mort tragique de Daniel, mais je savais que je devrais apprendre à vivre avec mes remords. La seule chose que je ne regrettais pas dans cette histoire c'était d'avoir réduit mon monstre de mari à néant. Aussi bestiale que fut ma conduite envers lui, il ne méritait pas un autre sort que celui-là.
Raphaël et moi avions retraversé Paris main dans la main jusqu'à mon logement sans prononcer un mot. A présent, je regardais la neige qui recouvrait les toits de Paris depuis la fenêtre de mon salon. Un tasse de chocolat chaud à la main, je laissais les rayons solaires réchauffer mon visage à travers la baie vitrée. Raphaël s'approcha de moi à pas feutrés, je ne me retournai pas. Il enlaça ma taille avec ses longs bras et posa son menton sur mon épaule droite pour observer le paysage avec moi. Je sentais sa respiration mesurée dans mon cou et tentais de garder mon self-control malgré mon coeur qui s'était emballé instantanément dès que j'avais ressenti sa présence.
- J'ai vu que tu avais rempli des cartons ... Tu comptes déménager ? hasarda-t-il.
- J'ai en effet penser à vendre l'appartement et à partir très loin même si je sais que la honte et le dégoût de moi-même me suivront toujours où que j'aille ...
- Ne dis pas des choses comme ça, tu ne peux pas porter toute la misère du monde sur les épaules.
- Je porte juste la responsabilité de mes actes et c'est déjà assez lourd comme ça tu sais.
- Justement, tu ne devrais pas être seule à supporter tout ça ... Je suis là pour toi et je ne veux pas que tu t'en ailles, cette idée m'est intolérable.
Le ton de Raphaël se fit plus dur. Il me força à lui faire face.
- Quand comprendras-tu que tu es à présent toute ma vie et que tout ce qui t'arrive de près ou de loin me touche ?
Je baissai les yeux incapable de répondre quoique ce soit de cohérent, cette déclaration venait de me tétaniser.
- Sco', dis-moi quelquechose enfin, je ne sais pas lire dans tes pensées !
- J'ai peur, réussis-je à balbutier.
Le son de sa voix se fit plus tendre.
- Mais de quoi enfin ?
- J'ai peur de te faire souffrir ... peur que tu disparaisses un jour par ma faute comme c'est arrivé à Daniel, je ne veux pas que tu meures à cause de moi.
- On doit tous mourir un jour. Sco', on ne peut pas tout prévoir c'est absurde de vivre ainsi dans la terreur et puis tu n'as plus de mari et ni d'ennemi qui guettent le moyen de me faire du mal à tous les coins de rues. Tu oublies aussi que je sais me défendre et que j'ai également un métier dangereux où je pourrais me faire tuer n'importe quand. S'il doit m'arriver quelquechose, ce sera la fatalité et puis c'est tout, ne te tourmente donc pas comme ça.
- Et tu me dis ça comme ça sans sourciller !
- Mais tu voudrais que je me lamente aussi à chaque seconde sur les risques que comporte ta vie ? Je pourrais me ronger les sangs du matin au soir mais c'est contreproductif !
- Tu proposes quoi alors ? Que j'oublie que je suis un monstre sanguinaire et que tu es un espion de la CIA, que nous nous fassions semblant de vivre comme des êtres normaux sans nous soucier du lendemain ?! C'est de la folie pure et tu le sais !
- Et alors ? Moi j'appelle ça, se tourner vers l'avenir.
Les yeux de Raphaël plongèrent dans les miens.
- Viens vivre avec moi ! lança-t-il.
- Pardon ?
Je restai hébétée.
- Tu as bien entendu, je te demande de venir t'installer avec moi.
Son regard tendre et suppliant était en train d'anéantir toute résistance chez moi, comment dire non ?! Je n'en avais même pas envie à vrai dire, j'étais fatiguée de lutter contre ce que je ressentais pour lui. L'amour était-il donc plus fort que le danger pour que je fasse fît de tout ce qui m'angoissait ?
Une vague nauséeuse monta en moi, je fus prise de vertiges, je n'eus même pas le temps de répondre à sa question que je perdis connaissance et m'écroulai sur le tapis du salon en même temps que ma tasse vint s'écraser au sol.

A suivre ...

samedi 19 décembre 2009

Retrouvailles ...


J'étais bien décidée à quitter Paris au plus vite malheureusement la neige me bloquait pour quelques jours encore dans la capitale. Voilà qui ne me plaisait pas tellement, prendre un avion était hors de question et les routes étaient incirculables sauf à vouloir risquer un accident.
Coincée dans mon appartement beaucoup trop grand, j'en profitai donc pour remplir des cartons avec les affaires que je souhaitais emporter. Je laissais les meubles et ne prenais que le nécessaire. J'allais mettre en vente mon appartement dès que possible et ce serait au plus offrant de remporter le bien, je ne voulais pas perdre trop de temps au même endroit. Ainsi j'appelai mon avocat maître Dubarot pour le tenir informé de mon souhait du moment et pour qu'il tâche de me trouver un acheteur au plus vite parmi ses connaissances.
Ma décision était prise, j'allais me terrer quelquepart où personne ne penserait à aller me chercher. J'hésitais encore sur le choix de la destination finale : Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, campagne écossaise, Canada ou carrément une grande ville, d'ailleurs qui pourrait me trouver au milieu de toute une foule de plusieurs milliers d'habitants ? Moi qui savais jouer les caméléons, ce serait facile de passer inaperçue ...
Malgré le mauvais temps, je décidai d'aller marcher un peu dehors histoire de me dégourdir les jambes. Pendant tout le trajet, je ne cessais de penser à Raphaël, à la façon lâche dont j'étais partie, au mal que je lui avais fait en agissant comme ça. Mon coeur avait en quelquesorte cessé de battre au moment où j'avais franchi le seuil de la maison d'Ysa quelques jours plus tôt.
Je me sentais comme amputée d'une partie de moi-même.
Mes pas me menèrent au Pont des Arts, à l'endroit où il m'avait fixé rendez-vous la première fois, la chaussée glissait terriblement mais je décidai tout de même de m'engager sur la passerelle. Je m'arrêtai sous le réverbère où il m'avait attendue, le froid me gelait les mains et le bout du nez mais peu importait, son visage restait imprimé dans ma mémoire. J'imaginais ses cheveux cuivrés qui dansaient avec le vent, ses prunelles qui me regardaient si ardemment telle de la lave incandescente, mon coeur avait des ratés dès que je posais mes yeux sur lui. Le velours de sa voix qui murmurait à mon oreille des mots doux, ainsi Raphaël avait le don de me faire perdre la raison, il m'éblouissait à chaque fois par sa simple présence. Et aujourd'hui, je me rendais compte que j'avais fuit l'homme qu'il me fallait sans doute ...
Un frisson me parcourut l'échine, le froid me piquait les yeux, à moins que ce ne soit le chagrin qui montait jusqu'à mes paupières. Je contemplais la Seine quand tout à coup, tirée de ma rêverie, je sentis une présence derrière moi.
- Alors tu comptais aller loin comme ça ?!
Je me retournai vivement.
IL était là devant moi, vêtu d'un long manteau noir qui faisait ressortir la teinte dorée de ses cheveux et la paleur de son visage.
La neige s'était remise à tomber, la ville me semblait étrangement silencieuse, les larmes roulèrent sur mes joues sans que je puisse les arrêter. Je fus prise de vertige face à la beauté inhumaine de cet homme et j'aurais pu manquer de m'écrouler sous le coup de l'émotion. Cependant, une décharge électrique parcourut mon muscle cardiaque, ce dernier se mit à battre la chamade et je me jetai alors telle une désespérée dans ses bras ...
Raphaël m'étreignit et chuchota à mon oreille :
- Ne m'abandonne plus jamais de la sorte, je n'y survivrai pas.

A suivre ...

jeudi 17 décembre 2009

Action / Réaction


Au matin, Raphaël trouva ma chambre vide, toutes mes affaires avaient disparu, seule une lettre bien en évidence attendait que son destinataire la trouve.
Il redescendit à la cuisine complètement atterré, le monde venait de s'écrouler autour de lui. Un vide immense s'était creusé dans sa poitrine, l'air lui manquait, ma fuite avait stoppé le fonctionnement de son coeur.
Ysa n'en croyait pas ses yeux en lisant la lettre à son tour. Par contre Charles et Jack ne furent pas plus surpris que ça, le premier avait même entendu un peu de bruit dans la nuit mais n'avait pas songé une minute que je me sauverais comme une voleuse sans dire au revoir.
Ysa fut prise d'une brusque colère et se tourna vers Raphaël :
- Me dis pas que tu vas rester là sans bouger ! Il faut que tu la rattrapes et que tu la ramènes. Tu dois la convaincre que ce n'est pas une mauvaise personne, tu entends ?
- Elle ne veut plus me voir, ça ne servirait à rien ...
- Espèce d'idiot, elle fait ça pour t'épargner mais certainement pas parce-qu'elle ne veut plus te voir. Je suis sûre qu'elle crève de chagrin dans son coin.
Je parie que rien que l'idée d'être loin de toi est une véritable torture pour elle, tu n'as donc rien compris ?!
- Compris quoi ? Qu'elle ne me croit pas assez solide pour encaisser son passé et son présent ? Qu'elle n'a pas assez confiance en moi pour savoir que je suis capable de tout supporter pour elle ? Oui, ça merci je l'ai compris !
- C'est bien ce que je disais, t'as rien compris, t'es bien un mec tiens ! hurla Ysa.
- Pas la peine de crier, je ne suis pas sourd ... marmonna Raphaël.
- Mais enfin, il faut que je lui mette des claques pour qu'il capte le message ? Les garçons aidez-moi quoi ? Là je vais pas y arriver, dit-elle en se tournant vers Jack et Charles.
- Bof, il doit être aveugle, soupira Charles.
- Tu n'es qu'un sombre crétin, renchérit Jack. A ta place, il y a longtemps que je serais à sa recherche, le problème c'est que ce n'est pas moi qu'elle veut. Elle est partie pour ne pas te faire de mal, elle sait que la boucherie à laquelle tu as assistée, est un véritable tue l'amour. Elle ne t'a pas laissé parce-qu'elle ne t'aime pas, c'est le contraire ... Alors maintenant, espèce d'espion à la manque, t'as capté ou il faut que je développe ?!
- Eureka, enfin quelqu'un capable de sortir une vérité depuis ce matin, c'est pas dommage ! ajouta Ysa.

Cette conversation eut l'air d'agir comme un électrochoc sur Raphaël, il bondit de sa chaise pour aller préparer ses affaires. Du 1er étage, il cria suffisamment fort pour que la rue entière l'entende :
-Ysa ! Prépare la voiture, il faut que tu me conduises à l'aéroport, je vais la chercher !
Dans la cuisine, mon amie poussa un ouf de soulagement et s'affala sur une chaise...

De mon côté, j'avais réussi à attraper un vol pour Paris, je ne savais pas si l'avion arriverait à se poser correctement, il parait qu'il y avait une épaisse couche de neige qui recouvrait le nord de la France. Une semaine plus tard, ce serait Noël mais pour la première fois, je le passerais seule, du moins c'était ce que j'avais prévu. J'avais décidé de vendre mon appartement parisien, plus de port d'attache, et plus j'effaçais de pistes derrière moi, mieux c'était ...
Cela dit, c'était sans compter sur la ténacité de Raphaël, j'espérais qu'il comprendrait que j'étais partie pour son bien, que je n'étais pas quelqu'un de fréquentable. Je ne pouvais pas lui imposer mon passif de tueuse, ce serait injuste pour quelqu'un comme lui. Mais au fond, la véritable raison qui m'avait poussée au départ, c'était la peur irréprécible de le voir un jour disparaître comme Daniel parce-qu'un fou furieux pourrait s'attaquer à lui. La vérité, toute bête à dire, mais j'étais un véritable danger en restant près de lui, je ne lui apporterais que des problèmes de toute manière, alors à quoi bon lutter ...
Il serait sûrement mieux sans moi ... du moins, c'était ce dont j'essayais de me convaincre en foulant le sol enneigé une fois arrivée à Paris.

A suivre ...

mercredi 16 décembre 2009

Quand Sco' s'évapore dans la nuit ...


M'ayant entendu crier comme une démente, tous mes amis se précipitèrent dans ma chambre. Raphaël tambourina à la porte de la salle de bain mais je ne répondis pas, j'étais en train de me noyer sous un flot d'eau brûlante, je frottais désespérément les traces sanglantes sur mes mains et mon visage. Je ne cessais de penser au corps sans vie de Daniel, à son doux visage percé en son milieu par un petit trou noir, un petit cercle qui avait abrégé sa vie en quelques secondes... Je ne distinguais rien de ce qui m'entourait à part la vapeur qui émanait de la douche et mes larmes dont le flot intarrissable continuait de serpenter le long de mes joues de porcelaine.
Je restai un temps indéterminé à me récurer de partout, je tentais d'éloigner le visage de l'ennemi, le visage de l'innocente victime, le bateau en flamme, mon carnage sanglant ... mais tout me revenait en boucle comme un mauvais rêve.
Je n'avais que faire des suppliques que l'on m'adressait derrière la porte, je n'ouvrirais pas, pas tout de suite du moins...
Quand je me décidai enfin à refaire surface, je retournai dans ma chambre, personne ne m'y attendait contrairement à ce que j'avais craint, au moins, on me fichait un peu la paix, c'était déjà ça. Je n'avais pas la force de raconter, les cadavres avaient tout révélé par eux-même de toute manière.
Un plateau de nourriture trônait sur mon lit mais je n'y touchai pas. Un peu plus tard dans la journée, tous ceux qui vinrent frapper à ma porte, se virent répondre les uns après les autres de rester loin de moi...

Je pris soin de préparer une lettre pour Raphaël.
"Ne m'en veux pas, mais après le spectacle que je t'ai imposé, je ne peux plus te regarder en face, je me sens comme un monstre sanguinaire. Je tiens trop à toi pour t'infliger ma présence, je ne suis plus que l'ombre de la femme que tu as connue et tu mérites mieux. Je m'en vais, je m'efface de ta vie, dorénavant ce sera comme si je n'avais jamais existée.
Prends soin de toi et surtout, ne commets pas d'actes inconsidérés.
Sco'."

J'attendis qu'il fasse nuit afin de ne croiser personne dans la maisonnée endormie, j'avais préparé mon paquetage et je quittai la demeure d'Ysa sans faire de bruit, tel un fantôme.
Je souhaitais que personne ne me retrouve ... jamais ...

A suivre ...

lundi 14 décembre 2009

Quand Raphaël s'interroge ...


Tant que je fus bercée dans le petit bateau à moteur, je résistais à l'envie de fermer les yeux, l'air marin m'emplissait les poumons et me gardait éveillée.
C'est une fois à bord du monospace d'Ysa que je renonçai enfin à lutter contre la fatigue et les larmes, je m'endormis contre l'épaule de Raphaël.
Jules conduisait doucement sans râler pour une fois, rien qu'à ma vue, le T-shirt blanc maculé de tâches rouges, il avait compris qu'il ne valait mieux pas poser de questions et que son unique devoir était de nous ramener chez lui sans attendre.
Ysa renifla dans son mouchoir tout le long du trajet, Charles tentait de la consoler du mieux qu'il pouvait mais c'était peine perdue, tout comme moi, elle était submergée par la douleur.
Jack semblait perdu dans ses pensées et regardait le paysage défiler, il pensait sans doute à toutes ces années passées à naviguer sur son beau voilier qui maintenant ne ressemblait plus qu'à une épave en train de finir de se consummer.
Quant à Raphaël, il ruminait et se culpabilisait de m'avoir laissée agir seule, peut-être que s'il m'avait accompagnée, il n'y aurait eu qu'un seul mort au lieu de deux. De conjectures en hypothèses, il essayait de retracer le fil des évènements mais se perdait sans arrêt dans ses réflexions. Ce qui le taraudait le plus au final ne résidait pas à proprement parler dans le déroulement des évènements mais davantage dans le chagrin qu'il avait lu sur mon visage, la façon si violente dont il m'avait vue serrer contre moi le corps de Daniel.
Raphaël se demandait maintenant s'il allait devoir lutter et être jaloux d'un mort, si le spectre de Daniel n'allait pas prendre une place démesurée dans l'existence de celle qu'il aimait. Rien de tel en effet qu'un homme mort en martyre pour garder le coeur d'une femme prisonnier à tout jamais du souvenir et de ce qui aurait pu être ... Car après tout, Sco' n'avait jamais fait son choix, elle s'était toujours refusée à le choisir lui ou un autre, avec elle tout restait dans le domaine des possibles, songeait-il.

Quelques heures plus tard dans la maison d'Ysa, quartier de Yaffo ...

- Charles, toi qui la connais depuis si longtemps, tu crois qu'elle va s'en remettre cette fois ? interrogea Raphaël.
- Je t'avouerais franchement que je n'en sais rien, Sco' a beaucoup de ressources mais cette fois ça a pu être le coup dur de trop. Il faut attendre les prochains jours et voir comment elle va se comporter. Mais ne t'attends pas à ce qu'elle te raconte tout, elle ne dit jamais rien au retour de ses missions ou alors elle édulcore tellement que c'est comme si rien de grave ne s'était produit. Tout ce que je peux conseiller, c'est de la garder sous étroite surveillance et de guetter le moindre signe qui augurerait d'un pétage de plombs.
- Elle a fait un carnage aujourd'hui, je ne la pensais pas capable de tels actes de ...
- Barbarie ?!
- Oui ...
- Mais Raphaël, là elle a fait plus que son métier, elle s'est vengée ... D'après moi, je pense qu'elle a fait ressortir toute la haine accumulée pendant des années contre Lorenzo et puis s'il n'avait pas tué Daniel, je suis certain qu'elle ne l'aurait pas découpé comme ça sinon. C'est la rage qui l'a faite agir et pas sa raison.
- Tu crois qu'elle aimait Daniel ?
- A sa manière oui j'en suis sûr, mais jusqu'à quel point, je l'ignore ...
- Hum ...
- Ce n'était pas ce que tu voulais entendre, n'est-ce pas ?
Charles scruta le regard soucieux de Raphaël.
- Pas vraiment, j'ai peur qu'avec ce qui vient de se produire, elle me laisse de côté, qu'elle me rejette, souffla l'espion.
- Tu l'aimes donc à ce point là ...
- Plus que ça même, avoua Raphaël.
Charles s'approcha et lui tapota l'épaule.
- Laisse lui du temps, c'est tout ce que tu peux faire pour l'instant ...

Tout à coup, je me réveillai en hurlant dans la chambre d'amis, je dégoulinais de sueur. Je me redressai dans le lit, je me demandais dans une demie conscience si j'avais rêvé. J'observais mes mains et j'eûs bien vite ma réponse, ma peau couleur porcelaine était recouverte de sang séché.
J'avais donc bien vécu l'horreur, le pire moment de ma vie quelques heures auparavant.
Ni une, ni deux, je me levai comme un diable qui sort de sa boîte,et me dirigeai vers la salle de bain pour enlever les stigmates de mon cauchemar éveillé. Vite une douche chaude pour me débarrasser de tout cela et ensuite, je m'en irais ... loin et seule.

A suivre ...

vendredi 11 décembre 2009

Décision radicale ...


Quand Jack monta sur son bateau, il n'en croyait pas ses yeux, une mare de sang maculait le pont. Lorenzo, la poitrine ouverte, se vidait progressivement de son sang un peu comme quand on vide un cochon à l'abattoir.
Ysa, Charles et Raphaël suivirent le capitaine dans sa découverte macabre.
Le coeur de Lorenzo gisait à ses pieds avec mon couteau planté au milieu, le tout bien fiché sur le pont de bois. Mes amis en frissonnèrent, Ysa réprima un haut le coeur, mais son estomac ne résista pas à l'odeur du sang et elle alla se soulager par dessus bord.
Personne ne pipait mot, mais tout le monde me cherchait du regard, ils craignaient tous le pire étant donné ce qu'il restait de mon mari ...
Je pouvais enfin l'appeler mon défunt mari, ce monstre ne reviendrait plus jamais hanter mes jours, les cauchemars où je le verrais suffiraient à peupler mes nuits pour un moment.
Raphaël avait une mine déconfite, Jack se dirigea vers la cabine de Tim où il ne trouva que le reste de mes liens ainsi que mon sac avec tout mon attirail de tueuse. Il fait signe à Charles et à Raphaël de le suivre vers la cale mais interdit strictement l'accès à Ysa, en même temps c'était largement compréhensible.
L'escalier en bois craqua sous le poids des trois hommes qui descendirent à ma rencontre. Ils me trouvèrent au chevet de Daniel. J'avais pris soin d'ôter délicatement les cordes qui lui avaient entamé les chairs ainsi que la bombe artisanale fabriquée par Lorenzo.
En état de choc, j'avais le corps sans vie de Daniel dans mes bras et je le berçais comme on prend soin d'un enfant fièvreux, je ne voulais pas croire qu'il était mort, c'était impossible, il allait bientôt se réveiller par miracle, j'essayais de m'en persuader.
Raphaël s'approcha tout doucement de moi, il caressa mes cheveux mouchetés de sang, je levai vers lui un regard rempli de larmes et m'accrochai encore plus fort au corps de Daniel. Il ne pouvait pas me laisser, non pas lui, ce n'était pas juste, tout simplement immoral d'avoir retiré la vie d'un homme si bon ...
Au bout d'une bonne demie-heure, Charles vint me chuchoter à l'oreille qu'il allait s'occuper de Daniel, qu'il prenait le relai auprès de lui.
Jack m'aida à me reveler, mais mes jambes chancelèrent sous moi et il me rattrapa de justesse avant que je ne m'écrase sur le sol. Raphaël me prit dans ses bras et me souleva de terre, j'ignore comment il se débrouilla pour regagner le pont avec moi dans les bras mais je sentis l'air iodé emplir mes poumons. Une sensation de brûlure passa dans ma poitrine.
Ysa vint à notre rencontre, Raphaël lui expliqua brièvement la situation et elle éclata en sanglots à son tour, elle avait aussi perdu un ami. Moi j'avais perdu bien plus que cela ...
Jack et Charles remontèrent de la cale, ils se concertèrent avec Ysa et Raphaël, tous les quatre furent d'accord pour m'embarquer aussitôt sur le petit bateau à moteur qui les avaient amené jusqu'au voilier.
Incapable de protester ni d'articuler le moindre mot, je me laissai transporter et baloter comme un paquet. Charles et Ysa récupérèrent toutes mes affaires pendant que Raphaël attendait avec moi dans le petit bateau.
Jack vint nous rejoindre le dernier, il avait fait un dernier tour sur son voilier, il attendit que nous nous soyons suffisamment éloignés en mer pour sortir de sa poche la télécommande de Lorenzo. Puis sans se poser de question, il appuya sur le bouton rouge, une grosse explosion retentit, de la fumée, des flammes ...
Ysa, Charles, Raphaël et moi en restâmes éberlués quand Jack se justifia simplement en disant :
- Vous ne pensiez tout de même pas que j'allais continuer de naviguer sur un cimetière flottant ! Sco', tu me dois un bateau ma belle ...

A suivre ...

mercredi 9 décembre 2009

Episode sanglant ...


Tandis que je rejoignais le pont du bateau, l'arme de Lorenzo toujours pointée dans mon dos, je me demandais comment j'allais procéder pour l'attirer dans la cabine de Tim. Je n'avais pas trente-six solutions sous la main, l'air marin me donna un coup de fouet et je fis volte-face devant l'ennemi. Il fut surpris mais n'en lâcha pas pour autant son révolver, je le toisai avec une lueur de défi dans les yeux.
- Alors tu comptes me violer maintenant ou plus tard une fois que tu auras tué Daniel et tous les autres qui se présenteront pour venir à mon secours ?
- Hum ... on peut faire ça tout de suite, comme ça je serai débarrassé de cette tâche et j'aurai l'esprit plus libre pour dégommer les autres. Tu vois Sco', je te déteste au plus profond de mes tripes mais je dois te reconnaître un talent, tu as toujours eu l'esprit pratique !
Lorenzo prit une expression amusée et poursuivit sur sa lancée.
- Alors je t'attache au grand mat et on fait ça debout ou bien tu préfères le confort d'une cabine ? Choisis bien parce-que c'est le dernier privilège de la condamnée après je ne t'offrirai plus d'autres options quand j'aurai fini ma petite affaire !
- Attends que je réfléchisse ... Si c'est la dernière fois de ma vie que tu dois me passer sur le corps, je préfère avoir mon confort, tu me dois bien ça non ?!
Tiens la cabine juste en face de nous fera l'affaire.
Lorenzo acquiessa et me conduisit derechef dans la chambre de Tim.
Bon, voilà une première étape de franchie, maintenant il fallait que je puisse avoir accès à mon sac de munitions et avec les mains attachées ça risquait d'être compliqué ...
Mon mari me jeta sur la couche du second de Jack, bon sang, elle ne changeait donc jamais ses draps cette fille ?! Misère, ça sentait le chien mouillé là-dedans !
Je croyais qu'il allait en profiter pour accomplir sa besogne tout de suite mais il me ligota les pieds si bien que je ressemblais à un saucisson.
- Je reviens te voir dans quelques instants, j'ai un ou deux petits détails à régler avant de fouiller tes entrailles hum ... A tout de suite !
Il ferma la porte derrière lui et la bloqua avec quelquechose de lourd, je ne savais pas ce que c'était.
Pendant ce temps, je me trémoussai comme un ver histoire de tomber du lit et d'avoir accès à mon sac qui était caché dessous. Naturellement ma tête fit un gros boum parterre quand j'atterris sur le plancher de bois, allez aussi ouvrir un sac de voyage avec les mains attachées dans le dos, c'était d'un pratique tiens ! Après trois minutes d'effort, je réussis enfin à ouvrir la fermeture éclair. Un coup de chance pour moi, j'avais laissé une arme blanche que je peinais à saisir mais qui une fois entre mes doigts moites, m'aida tout de même à me délier de ma corde en peu de temps. Les secondes étaient comptées, Lorenzo pouvait revenir à tout moment.
Je me saisis vivement de mon 9mm, mis une grenade dans chaque poche, mon couteau coincé dans ma ceinture, et me postai derrière la porte pour attendre le retour du monstre. Il m'avait toujours pris pour une imbécile incapable de rien faire de ses dix doigts, toujours inférieure au mâle qu'il était et bien là il allait être ravi du voyage, les temps avaient changé.
J'attendis dix minutes sur le qui-vive quand je perçus enfin le bruit de l'objet lourd que Lorenzo déplaçait à nouveau. Il ouvrit la porte en grand comme un assaillant pénétrant en pays conquis et oh surprise, mon arme était braquée sur sa tempe ! Mon mari prit un teint cramoisi, j'espérais qu'il garderait le même une fois que je l'aurais tué, ça lui allait à ravir...
Cinq minutes plus tard, après lui avoir asséné un bon coup sur le crâne, en somme c'était un prêté pour un rendu, c'était lui qui se retrouvait attaché au grand mât, emmailloté comme une rosette de Lyon avec en prime une grenade dans la bouche pour le côté décoratif.
Ficelé comme il était, il ne risquait pas d'aller loin ni de se libérer tout seul. J'avais pris la précaution de vérifier ses poches, et surtout d'avoir récupéré la télécommande de la bombe. Je me précipitai donc pour aller libérer Daniel qui se trouvait toujours dans la cale.
- Daniel c'est moi ! Tout va bien ??
Pas de réponse.
Je m'approchai pour aller le secourir, le coup de poing de tout à l'heure avait peut-être été plus violent que je ne l'avais évalué au départ, il avait dû tomber dans les pommes. Le peu d'éclairage dans la cale ne m'aidait pas beaucoup, je distinguais les liens de corde, le paquetage avec les bâtons de dynamite, et compris bien vite que là encore j'étais arrivée trop tard.
Un liquide chaud et épais dégoulinait sur le visage de Daniel, un trou béant entre les deux yeux, le monstre avait encore frappé sournoisement. Muni d'un silencieux, Lorenzo avait oté la vie de Daniel pendant que je me débattais pour me libérer. Je poussai alors un cri de rage et de désespoir comme jamais je n'en avais exprimé.
Je remontai en furie sur le pont, les yeux baignés de larmes, j'allai réveillé le monstre.
Le petit jour commençait à poindre au loin, je perçus le bruit d'un petit bateau à moteur qui approchait mais l'instinct de violence fut le plus fort. J'arrachai la grenade de sa bouche, Lorenzo éclata de rire en comprenant que je venais de découvrir le corps inanimé de Daniel, c'en était trop, il ne rirait pas une fois de plus. Je ne lui laissai pas le temps de prononcer la moindre parole et me saisis de mon couteau. Je plantai l'arme blanche dans sa poitrine et y créai une ouverture béante qui lui arracha un cri abominable, et j'allai fouiller à l'intérieur de sa poitrine pour lui arracher le coeur. La douleur fut si intense qu'il perdit conscience quasi immédiatement en même temps que la vie.
Le bourreau ne nuirait plus jamais ...

A suivre ...

lundi 7 décembre 2009

Don de soi ...

Quelquepart au large, dans la cale du bateau de Jack ...

- Alors comment vont ma charmante femme et son amoureux transi ?! Ah oui, c'est vrai, j'oubliais, Sco' ne vous aime pas, elle n'aime personne de toute manière. Dîtes moi Daniel, vous avez été le numéro combien sur son tableau de chasse ?? ah ah ah !!!!!!!

Le rire de Lorenzo avait tout du fou furieux diabolique, un peu plus et j'aurais pu m'imaginer en Schtroumphette emprisonnée par l'infâme et débile Gargamel si la terrible réalité ne m'avait pas rappelé que de la dynamite était toujours fixée à l'abdomen de Daniel.

- Vous êtes complètement givré ! répliqua ce dernier.
Sco' est une femme bien, un peu déboussolée sentimentalement par votre faute, mais qui ne le serait pas après avoir vécu avec un homme comme vous ? J'espère bien qu'elle va vous régler votre compte vite fait pour que vous ne nuisiez plus jamais à qui que ce soit et même si je dois y passer, du moment que vous cessez de respirer aussi, moi ça me convient parfaitement !

Lorenzo, avec toute sa délicatesse habituelle, leva le bras et dirigea son poing sur le visage de Daniel. Ce dernier versa parterre sur le côté avec la chaise sur laquelle il était fixé. A priori, le mécanisme de la bombe était intact sinon, je serais déjà en train de tenir la conversation avec St Pierre, enfin quoique vu mon métier, je serais peut-être attendue à l'étage inférieur pour prendre ma place au purgatoire. Personne n'est parfait mais bon ...
- Daniel tu vas bien ? m'écriai-je.
- C'est bon, ne t'inquiète pas pour moi, murmura Daniel.
Je m'adressai alors à Lorenzo.
- Tu es toujours aussi sadique, toujours à taper sur des plus faibles que toi, mais finalement, il n'y a que la vérité qui blesse. C'est vrai que tu es dingue, heureusement que tu t'es fait passé pour mort dis donc, imagine que tu aies repris les activités de ton père, tu aurais fait couler la famille en moins d'une année !!!
- Ma chérie, tu devrais apprendre à te taire, je ne t'ai pas demandé de l'ouvrir que je sâche, par contre tu vas me suivre sur le pont, ton amant, lui reste dans la cale. Il mourra seul comme un chien, ça lui fera les pieds, ricana Lorenzo.

Tout à coup, mon estomac se tordit à l'idée que Daniel puisse mourir à cause de moi sans que je puisse lui venir en aide. Bon sang, pourquoi avais-je envoyé mes renforts à l'autre bout du pays ?!
J'avais mal évalué la situation, voilà ce qui arrive quand on est amoureux dans le métier, on commet des erreurs ...
Lorenzo me fit lever toujours sous la menace de son révolver, j'avais les mains liées dans le dos et ma tête me faisait encore mal. La maudite télécommande ne quittait pas son autre main, je me sentais prise au piège comme dans un panier de crabes ... La seule chose qui pourrait me sauver ce serait de pouvoir me rendre dans la cabine de Tim, là où j'avais caché mon matériel. Est-ce que la folie de mon mari me permettrait de pouvoir jouer de mes charmes afin de l'attirer là où je voulais et de pouvoir le neutraliser ??
Après tout, il avait abusé de moi tant de fois sans mon consentement que je n'étais plus à une occasion près et puis là, il y avait une vie en jeu, le calcul était vite fait. Si je devais passer à la casserole pour la bonne cause et que Daniel s'en sorte en un seul morceau, c'était tout ce qui comptait à mes yeux ...

A suivre ...

vendredi 4 décembre 2009

Ficelée comme une dinde de Noël ...


De deux choses l'une soit, j'employais la stratégie grosse brute et je mettais Lorenzo KO en risquant une explosion accidentelle dans la bagarre, soit je le laissais encore un peu me manipuler pour voir jusqu'où il était capable d'aller, ce qui me laisserait un peu de temps pour trouver un meilleur stratagème.
Je n'eus pas vraiment le temps de réfléchir à la deuxième option, Lorenzo me fit jeter l'ancre au large et à peine m'étais-je exécutée que je reçus un violent coup sur la tête. Le trou noir tout à coup ! Quel sale type !!!


Pendant ce temps à des kilomètres de là dans le monospace d'Ysa et Jules  ...

-Bon écoutez, je ne sais pas vous, mais moi je ne peux pas rester les bras croisés sans rien faire pendant que Sco' est toute seule avec ce fou furieux ! s'écria Ysa.
- J'allais justement vous dire que c'était ridicule de l'avoir écouté, maintenant qu'elle a le dos tourné, on peut partir à sa rencontre lui donner un coup de main non ? ajouta Charles.
Raphaël fit un signe de la tête vers Jack pour avoir son avis.
- Comme si j'allais laisser mon bateau aux mains d'une débutante sans aller mettre mon grain de sel, bien sûr que je viens, tu me prends pour un lâche monsieur CIA ??!!
- Je n'ai pas l'intention de me disputer avec toi, je n'ai pas de temps à perdre à mettre une raclée au capitaine Haddock !! gromela Raphaël.
- Alors le compte est bon, on fait demi-tour et on part en direction du port ! ordonna Ysa.
- Jules, fais demi-tour s'il te plait  et toi pas question de nous accompagner, tu resteras sagement dans la voiture à nous attendre et puis tu pourras toujours prévenir les autorités au cas où ...
- C'est cela oui, toujours les mêmes qui restent en dehors de l'action ... marmonna le mari d'Ysa en appuyant sur l'accélérateur.


Au même instant dans la cale du bateau ...

- Ouille, ma tête !! Il a toujours la main aussi lourde cet imbécile, tiens si je le chope, je l'étrangle ... Du sang dégoulinait sur ma tempe, j'avais un marteau-piqueur qui tambourinait dans mon crâne, ma cervelle dansait la salsa, quelle sensation désagréable grrrrrrr !
- Sco' chérie ? Tu vas bien ? 
- Daniel c'est toi ... Mais qu'est-ce que tu fiches ici ?! Tu devais pas être au Japon ??!!! Tu me compliques la tâche tu sais.
- Mais c'est qui ce fou ??
- Mon mari ! Ah oui c'est vrai ... Tu n'es pas au courant mais monsieur mon mari a joué au mort pendant 5 ans et est réapparu comme une fleur.
- Et il veut quoi avec toute cette mise en scène ? Je ne lui ai rien fait que je sâche !
- Ah si tu as juste un peu couché avec moi et il est juste un chouilla ravagé c'est tout hum ...

La conversation fut interrompue par des bruits de pas, Lorenzo venait nous rendre une petite visite de courtoisie ...

A suivre ...  

mercredi 2 décembre 2009

Méditations d'une amie qui me veut du bien ...

Un grand merci à Ysa, ton texte est toujours aussi plein de qualités, bravo madame !!

La première fois j’ai trouvé que « Dame Sco » ça faisait très British, je ne sais pas pourquoi mais je m’imaginais rencontrer une grande femme revêche portant jupe plissée et mocassins plats, une permanente et des lunettes, quelqu’un d’inabordable avec laquelle il faudrait prendre des gants et modérer son langage, genre maîtresse d’école des années 40 si vous voyez….

Quand elle m’a fait signe pour que l’on se rencontre en Russie pour une mission, j’ai failli ne pas y aller et envoyer quelqu’un d’autre à ma place, j’ai pensé que ça n’allait pas être une partie de plaisir et que de se traîner une mal baisée qui rigole quand elle se brûle ce n’était pas ma tasse de thé…. Toutefois, sachant qu’elle était accompagnée de Charles, j’ai pensé qu’elle ne pouvait pas être celle que j’imaginais et la curiosité aidant, je suis donc allée les rejoindre à Moscou.

J’ai vu débarquer une belle nana, brune, cheveux mi longs, belle silhouette, très classe et très naturelle. Sco en jean's, Sco en robe du soir, Sco en tailleur, je crois que Sco pourrait se vêtir d'un sac à pommes de terre, elle serait toujours aussi glamour. La dame Sco que j’imaginais a laissé place à « Sco » tout court et c’est devenu une amie.


Sco c’est de la gaité en tube, un grain de folie, beaucoup de piquant et un cœur débordant d’amitié. C’est une fille généreuse, dans la vie, elle est toujours là pour les amis et si l’un d’entre nous est en difficulté, il suffit de l’appeler pour qu’elle vole à notre secours. Avec Sco on s’amuse, on rit et on pleure parfois, on passe du calme au stress, de la sérénité à la peur… c’est comme ça qu’elle vit, on y est habitués et franchement, on aimerait pas la changer.

Sco c’est aussi un cœur d’artichaut qui s’enflamme et qui parfois s’éteint aussi vite….elle les fait tous tomber et je n’ai encore connu personne qui ne succombait pas à son charme. Sco est une pro et une perfectionniste dans son travail, elle exige beaucoup des autres comme elle est exigeante avec elle-même. Elle ne laissera jamais une mission non terminée. C’est certainement pour ça qu’elle a tant de succès auprès de son agence et qu’ils font tout le temps appel à ses services. Mais Sco n’est pas un robot, il faudrait qu’elle songe à prendre un peu de vacances de temps en temps….


Charles lui a déjà proposé de l’emmener sur son île de vacances mais, le partager avec Bertille, Estelle ou encore d’autres inconnues ça ne l’intéresse pas, Sco veut être la seule et l’unique et elle a bien raison, Charles sera donc le fidèle, celui qui sera toujours là pour elle, ils dormiront côte à côte, partageront la même douche et resteront sages comme des images. Le pirate s’y est essayé lui aussi, mais malgré de belles promenades sur son rafiot qu’il avait aménagé pour l’occasion, Sco ne s’en est pas laissé compter…. Puis Tim veillait du coin de l’œil ….oh, il y a bien eu rapprochement mais le pirate restera lui aussi un ami, un ami sur lequel elle peut compter et qui est toujours prêt à braver toutes les tempêtes des océans pour voler à son secours, un ami comme ça, ça n’a pas de prix et Sco le sait.

Elle a bien failli craquer pour Daniel, elle a même craqué un peu…. On croyait notre Sco casée….. pensez-vous, il est bien trop calme pour elle ce garçon, trop romantique peut-être ? Sco aime le romantisme mais à petite dose, il lui faut de l’action…. Il faut que ça bouge et avec Sco croyez-moi ça décoiffe !!! Daniel est doux comme un agneau et à Sco il lui faudrait plutôt un loup….non non Maia Luana ne t'inquiètes pas, Sco ne te prendra pas ton loup....

J’aime quand elle m’appelle au beau milieu de la nuit pour me raconter ses aventures. Elle ne s’épanche pas de trop sur son boulot, puis, ancienne de la maison, je connais la musique….ce qui me plait ce sont ses aventures amoureuses et elle a le chic pour me les raconter. Elle me demande toujours des conseils mais ne suit jamais ce que je lui dis. Je suis trop bien rangée pour elle, peut-être trop sage…. On verra quand j’aurais ton âge me dit-elle…. J’ai l’impression du coup d’être très vieille !!!


Quand on s’embarque avec Sco on ne sait jamais où l’on va et à qui on aura affaire mais si on veut de l’action et du frisson, avec elle c’est garanti. Les virées avec Sco c’est magique et ça nous sort de la vie ordinaire. Sco c’est du rêve sur un plateau qu'elle nous sert "en veux tu en voilà.".. et ça fait du bien, quand je n'ai pas la pêche, je m'évade chez Sco et je rêve, le temps d'un instant....


J’ai de la chance, depuis quelques jours elle est chez moi à Tel-Aviv, ceci dit je ne l’ai pas vu beaucoup, depuis que Lorenzo est réapparu elle n’est plus elle même, je crois que c’est la première fois que je la sens si fébrile, elle a surtout très peur pour ses amis qu’elle veut protéger avant tout. En même temps j’ai retrouvé une Sco amoureuse et cette fois j’ai l’impression que c’est du sérieux. Il faut dire que le beau Raphaël à tout pour plaire, rien à jeter chez ce garçon. Beau, intelligent et riche ce qui ne gâche rien. Il n’a d’yeux que pour Sco et je me demande si cette fois ci elle ne lâchera pas ses dernières défenses.

On en a beaucoup parlé avec Victoria, Charles et Jack, et nous sommes tous d’accord pour dire que notre Sco est transformée. Le beau Raph est passé avec sa baguette magique et le charme a opéré…. Nous veillons au grain mais sommes tellement heureux de la voir ainsi épanouie qu’on n’ose même pas lui dire d’être prudente… Espérons que nous ne devrons pas la ramasser à la petite cuillère comme c’est déjà arrivé……Je sens les garçons un peu jaloux sur ce coup là..... avec Victoria on a du les rassurer tous les deux, vanter les mérites de l'un et l'autre, on y a passé trois plombes.... Heureusement, Bertille a eu la bonne idée de téléphoner, pour une fois qu'elle nous sert à quelque chose.....


Malgré tout ça, Sco ne perd pas de vue sa mission….. et cette fois les choses sont compliquées…..c’est certainement une des missions les plus périlleuses qu’elle a à mener…. et vous ne connaissez pas la dernière, elle veut faire exploser le bateau de Jack…. Quand je vous dis qu’avec Sco on peut s’attendre à tout !!!!


Par Ysa.

mardi 1 décembre 2009

Réflexions d'une sorcière ...



Comment j’ai rencontré Dame Sco’…


A force de côtoyer Jack, je me suis intéressée à ses femmes ! Sous le sceau du tête à tête sur l’oreiller, il m’avait confié :

- Sco’ ? Tu devrais l’aimer ! C’est une tueuse à gages, elle n’a pas froid aux yeux !

Quand on partage un homme, on aime bien savoir à qui on a à faire en tant que pseudo concurrente… Je me suis donc penchée sur sa petite vie, sa grande histoire !

Effroi total ! Cette nana là, trainait dans les mêmes lieux que moi pour faire ses rencontres masculines. Le hasard avait voulu que l’on ne se rencontre jamais, mais nos penchants pour la gente masculine restaient les mêmes. On ne savait ni l’une, ni l’autre résister à l’appel du mâle…


Belle brune au corps sculptural, quand elle se déplaçait, elle me faisait penser à une panthère. C’est sûr, cette fille a du chien…

Elle en avait subie des avaries ! Son mari lui avait laissé de lourdes séquelles autant corporelles que dans l’âme. Elle s’était tellement blindée que rien n’était sorti, ni larmes, ni cris.

Elle tuait juste de sang froid pour réclamer sa part de vengeance. On l’avait modelé pour faire d’elle la meilleure, on utilisait sa haine pour lui faire accomplir les pires bassesses. Jusqu’au jour, où elle rencontra Raphaël. Elle se mit à devenir plus humaine, plus femme, sa sensibilité à fleur de peau ressurgit. Non seulement son esprit parlait, mais son corps se mettait enfin au diapason.


Malgré les mondes qui nous opposent, une certaine amitié entre nous se lia… Elle est même venue prendre le café à plusieurs reprises dans ma chaumière. Très terre à terre, elle arrivait difficilement à se faire à mon monde magique, mon balai qui voletait autour d’elle la mettait tout simplement hors d’elle. Plus d’une fois, je dus lui faire rengainer son arme avec laquelle elle menaçait mon brave balai de le transformer en passoire.

Je m’aperçus rapidement qu’elle avait un sacré pouvoir. Celui de l’attraction. Même Belzébuth mon chat ne s’y trompa pas. Dès la première fois, il vint s’entourer contre ses longues jambes telle une liane. J’en restai pantoise !

De ce jour là, elle a mon soutien entier et mon amitié lui est acquise.

Par Maia Luna.