Avant de prendre la route des vacances, je passai sur la tombe de Gabriel. J'avais remarqué une chose étrange. A chacune de mes visites, je trouvais un bouquet de fleurs fraîches à côté de sa photo. J'avais bien essayé de mener ma petite enquête auprès du gardien mais je n'avais rien obtenu. Même en lui graissant la patte pour savoir qui venait régulièrement déposer un bouquet, je ne savais toujours pas qui venait se recueillir si souvent. Cela m'agaçait prodigieusement mais je n'allais tout de même pas faire le planton pour savoir qui venait ou ne venait pas...
Le vent s'était levé, la pluie menaçait, je décidai de lever le camp avant d'être trempée.
Au volant de ma voiture, mes pensées tournoyaient. Je faisais à peine attention à la route, ce qui révélait une attitude dangereuse mais les derniers évènements étaient tellement étranges qu'il y avait de quoi en perdre la raison. J'avais réservé une location pour deux semaines, pas très loin du lac Léman, comme si j'avais besoin de me sentir protégée par l'entourage des montagnes avec en même temps la possibilité de pouvoir fixer mon regard sur l'eau, histoire d'y noyer tous mes chagrins.
Je n'avais même pas pris la peine de laisser un mot à Rodolphe, je devinais qu'avec son GPS personnel intégré, il saurait me retrouver où que je sois s'il voulait me parler.
Les trois premiers jours furent tranquilles, pas de sensation d'être épiée, j'avais coupé mon téléphone portable de façon à ce que ma paix ne soit troublée par personne.
Le soir après le dîner, je passais généralement un long moment dans le jardin attenant à la maison de location, mais le quatrième soir, je décidai d'aller faire une petite promenade digestive. La nuit n'était pas encore tombée et je profitais encore de la clarté pour faire quelques pas. J'empruntai un petit chemin à la sortie du village, je ne pensais pas aller bien loin de toute manière. C'est alors que je sentis un étrange frisson me parcourir le dos, comme si je n'étais pas seule sur ce sentier. Voilà que mes impressions bizarres refaisaient surface, je fis demi-tour immédiatement comme si je pressentais une visite imminente.
Mon intuition ne m'avait en effet pas trompée. Rodolphe m'attendait à la maison, assis sur une chaise de jardin, le regard fermé, ses prunelles semblaient insondables. Il esquissa un demi-sourire qui retomba aussitôt lorsque je m'approchai de lui. Ma joie de le revoir fondit comme neige au soleil. Je compris rapidement que ce qu'il s'apprêtait à me raconter, n'allait pas me plaire ...
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5 commentaires:
" ...Soudain, il fait une chose extraordinaire : Il se transforme en boudin et se met à chanter la marche de la légion." !
Beau suspense Sco, hâte de savoir la suite !
Besos et bon week-end ^^
Jack
PS: La phrase d'intro est de Maurice Tillieux, auteur BD...
J'aime la scène du cimetière. Je sais, c'est bizarre, mais cela me rappelle des souvenirs...
Très bonne intrigue. Tu continues à nous mettre l'eau à la bouche.
J'attends avec impatience.
Bises
Une bise en passant..
Suis ailleurs, dans la vraie vie.. :)
Jack : je ne connaissais pas Maurice Tillieux, il ne manque pas d'humour.
Bises capitaine.
Karleman : désolée de t'avoir rappelé des souvenirs douloureux.
J'espère que la suite de l'histoire te plaira. Bises aussi.
Colombine : contente d'avoir de tes nouvelles. J'espère que tout se passe bien pour toi.
Bises.
Rodolphe pourrait-il être celui qui dépose des fleurs ? C'est vrai quoi, il est partout.... bon alors il va te raconter la vérité, te dire qui il est ?
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