Je ressortis des urgences trois heures après y être entrée, j'en étais quitte pour une ordonnance de paracétamol et une injonction de dormir au moins un tour de cadran d'affilée pour évacuer le choc post-traumatique... Mais bien sûr ... comme si j'avais l'habitude de dormir douze heures d'un coup ... Ces derniers temps, depuis la mort de Gabriel, si je fermais les yeux durant six bonnes heures, c'était le maximum que je pouvais faire.
J'appelai Claire pour la rassurer en attendant le taxi qui devait me ramener chez moi. Si j'avais poussé le vice, j'aurais même pu rendre une petite visite de "courtoisie" à Olivier histoire de débrancher un ou deux tubes ... Il se trouvait dans le même hôpital que moi, mais je ne voulais pas lui faire ce plaisir et puis les heures de visite étaient largement terminées depuis longtemps. Rien que d'imaginer son regard ravagé et suffisant, un frisson me parcourut l'échine. Je chassai alors bien vite l'option âme charitable de mon esprit. Je choisis donc de patienter tranquillement jusqu'à l'arrivée de mon chauffeur sur un banc qui se trouvait près de la borne de taxi.
A ce moment là, un coupé Audi TT gris métallisé tourna le coin de la rue et vint s'arrêter à ma hauteur.
Un nouveau frisson me parcourut, ma robe du soir n'était pas faite pour me tenir chaud en cette fraîche soirée de printemps. Cependant, ce n'était pas de froid que je tremblais, mais plutôt de frousse ... j'accumulais effectivement les ennuis ces derniers temps. La vitre côté passager s'abaissa. Je vis apparaître le visage de Rodolphe. Il affichait un sourire en coin assez irrésistible mais une part de moi était terrifiée par l'aura de ce garçon, quelque chose me disait intérieurement que j'aurais dû fuir sur le champ. Mais l'attrait du danger qu'il représentait, était en même temps tellement grisante ... J'étais partagée entre mon instinct de conservation et l'attraction qu'il exerçait sur moi.
Cette dernière l'emporta sur le reste quand il me proposa de me reconduire à la maison. Je me trouvai une raison valable en me disant que j'économiserais ainsi le prix du taxi.
Nul besoin de lui indiquer l'itinéraire, il semblait le connaître par coeur.
Rodolphe rompit le silence le premier.
— Alors, tout va bien, l'hôpital vous a déclaré apte au service ? demanda-t-il dans un demi-sourire.
La blancheur de ses mains se reflétait dans le pare-brise. Je me demandais si son corps était aussi froid que sa peau était blanche ...
— Oui, tout va bien, je suis en parfait état ... mais il y a un mystère que je n'arrive pas à élucider.
— Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
— Et bien ce qui s'est passé tout à l'heure pour commencer. Je vous ai vu dans une loge et la seconde d'après, j'étais avec vous dans les coulisses ... C'est à n'y rien comprendre. Comment avez-vous fait pour arriver aussi vite ?
— Mais Stella, j'étais dans les coulisses depuis le début, dit-il en haussant les épaules.
— Vous mentez, je vous ai vu, j'en suis certaine, vous étiez à ce balcon, sur le côté gauche de la scène.
Rodolphe se raidit.
— Le choc a sûrement été plus grand que ce que je pensais, vous avez dû vous cogner la tête.
Je commençai à me mettre en colère, je savais tout de même ce que j'avais vu.
— C'est encore un de vos tours de passe-passe ! Allez-vous enfin me dire qui vous êtes ? Ou plutôt ce que vous êtes ?
— Je ne suis pas recommandable ... d'ailleurs, je devrais éviter de vous fréquenter, ce serait beaucoup plus sage pour vous.
— Voilà qui m'éclaire ! Vous vous baladez chez moi au gré de vos envies et vous m'avez sauvé la vie, je suis en droit de savoir non ??
Rodolphe réfléchit quelques instants et poussa un long soupir. Son regard se posa sur moi avec intensité.
— Il ne vaudrait mieux pas que vous sachiez ... mais vous allez chercher des réponses tant que je ne vous aurai rien dit n'est-ce pas ?
— Il y a de fortes chances pour que ça se passe ainsi en effet, répliquai-je acide.
— La prochaine fois alors. Vous êtes fatiguée et vous avez besoin d'avoir les idées claires à propos de ce que je vais vous révéler.
— Vous ne vous défilerez pas ? insistai-je.
— Non, c'est promis.
Je venais de me rendre compte que la voiture s'était arrêtée devant la porte de mon immeuble. Voyant que je ne bougeais pas, il reprit.
— Vous feriez mieux d'y aller.
Je hochai la tête et sortis du véhicule. Mes jambes avaient du mal à me porter, heureusement, j'atteignis la porte cochère sans m'étaler sur le trottoir.
La vitre côté passager s'ouvrit à nouveau.
— Une dernière chose, comme je dois m'absenter un certain temps ... ce serait parfait si vous évitiez de vous mettre en danger dans les prochains jours, précisa-t-il.
— C'est ça, j'éviterai de passer sous un échafaudage !
— Ne plaisantez pas, je suis sérieux, tout le monde ne vous veut pas que du bien ...
Avant que j'ai pu rétorquer quoique ce soit, il avait déjà filé et me laissait avec une interrogation de plus.
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vendredi 30 avril 2010
mercredi 28 avril 2010
Celle qui avait de la chance ...
Je venais donc d'avoir ma première conversation avec Rodolphe, après coup, je regrettais d'avoir été aussi revêche avec lui. Le son de sa voix envoûtante raisonnait encore dans mon esprit ... ou bien est-ce que j'entendais toujours des voix ? Était-ce lui qui me transmettait ses pensées ? Non ... Je débloquais, il n'avait quand même pas la faculté de faire de la télépathie, j'avais rêvé quand j'étais au cimetière sûrement parce-que j'avais eu la trouille de ma vie à cause d'Olivier. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il avait bien mérité ce qui lui arrivait mais au moins, celui-là me ficherait la paix pour un bout de temps.
Et puis qu'avait voulu insinuer Rodolphe quand il avait dit que j'accumulais les ennuis ? Pour l'instant, depuis la mort de Gabriel et mon entrevue avec Olivier, il ne m'était rien arrivé de fâcheux sauf si Rodolphe lui-même se considérait comme un problème ... D'ailleurs le mystère restait entier à son sujet, j'ignorais toujours ce qu'il était. Un type comme lui n'avait en effet rien d'humain, beau et effrayant à la fois, je devrais le fuir à tout prix mais quelque chose m'en empêchait. Je n'allais quand même pas être obligée de déménager pour que mes neurones retrouvent une connexion normale ! S'il s'amusait à me regarder dormir, peut-être m'observait-il aussi à la salle de bain ? Voilà qui était beaucoup plus gênant voire carrément énervant, j'avais droit à mon intimité non ?!
Bref, la nature de ce qu'il était, attendrait car je devais me préparer pour mon récital qui avait lieu le soir même salle Gaveau à Paris. Je n'étais pas vraiment d'humeur à jouer devant des centaines de personnes mais je n'avais pas le choix, je devais gagner ma vie pour payer mes factures.
Je revêtis une robe fourreau noire, une paire de chaussures à talons pas trop hauts pour pouvoir être à l'aise devant le piano, une légère touche de maquillage histoire de ne pas avoir l'air d'un zombi et je serais à peu près présentable ... Avant de boucler ma porte, un dernier sourire au portrait de Gabriel qui se trouvait sur mon meuble d'entrée et je balayai mes autres pensées pour la soirée.
A partir des coulisses, je pouvais observer la salle qui se remplissait peu à peu ... un peu trop même à mon goût. Je fis un rapide coucou à Claire et son mari, installés au premier rang sur des sièges de velours rouges, qui avaient tout de même fait l'effort de venir malgré l'agression d'Olivier.
Il était 21h, le récital devait commencer. Je m'installai face à un splendide piano de concert Steinway, instrument doté d'une sonorité incomparable, mais que je n'aurais jamais les moyens de m'offrir sauf si je gagnais au loto.
J'entamais le récital par les valses de Chopin quand arrivée au troisième morceau, j'entendis un craquement bizarre. Je levai la tête en direction des loges où je laissai mon regard se promener jusqu'à ce qu'il s'arrête sur lui. Rodolphe était là. Je n'eus pas le loisir d'admirer davantage sa plastique qu'un autre craquement sinistre se fit entendre suivi d'un grand boum. Un projecteur était tombé juste à la place où je me tenais. Des cris d'affolement se firent entendre. Tel un courant d'air arrivé à la vitesse de la lumière, Rodolphe m'avait embarquée et mise à l'abri dans les coulisses avant que j'ai pu comprendre ce qui se passait.
Complètement abasourdie, je ne réalisais même pas que je venais de frôler la mort.
— Tout va bien ? Rien de casser ? s'enquit-il.
— Non, je pense que tout est en place, enfin je crois, soufflai-je en fixant ses prunelles.
— Parfait, alors je file, je vous retrouve plus tard ...
Il me gratifia d'un clin d'oeil et disparut à la vitesse de l'éclair. Tout s'était passé si vite, j'avais l'impression de jouer dans un film mis sur avance rapide.
Claire et d'autres spectateurs se précipitèrent sur l'estrade croyant me trouver écrabouillée sous le projecteur et le piano mais revenant dans la lumière de la scène, plutôt chancelante, je rassurai alors mon public.
Le récital s'acheva sur le champ, tout le monde repartit chez soi, et de mon côté, j'allai faire une balade dans le camion des pompiers jusqu'à l'hôpital pour vérifier que tout allait bien ...
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Et puis qu'avait voulu insinuer Rodolphe quand il avait dit que j'accumulais les ennuis ? Pour l'instant, depuis la mort de Gabriel et mon entrevue avec Olivier, il ne m'était rien arrivé de fâcheux sauf si Rodolphe lui-même se considérait comme un problème ... D'ailleurs le mystère restait entier à son sujet, j'ignorais toujours ce qu'il était. Un type comme lui n'avait en effet rien d'humain, beau et effrayant à la fois, je devrais le fuir à tout prix mais quelque chose m'en empêchait. Je n'allais quand même pas être obligée de déménager pour que mes neurones retrouvent une connexion normale ! S'il s'amusait à me regarder dormir, peut-être m'observait-il aussi à la salle de bain ? Voilà qui était beaucoup plus gênant voire carrément énervant, j'avais droit à mon intimité non ?!
Bref, la nature de ce qu'il était, attendrait car je devais me préparer pour mon récital qui avait lieu le soir même salle Gaveau à Paris. Je n'étais pas vraiment d'humeur à jouer devant des centaines de personnes mais je n'avais pas le choix, je devais gagner ma vie pour payer mes factures.
Je revêtis une robe fourreau noire, une paire de chaussures à talons pas trop hauts pour pouvoir être à l'aise devant le piano, une légère touche de maquillage histoire de ne pas avoir l'air d'un zombi et je serais à peu près présentable ... Avant de boucler ma porte, un dernier sourire au portrait de Gabriel qui se trouvait sur mon meuble d'entrée et je balayai mes autres pensées pour la soirée.
A partir des coulisses, je pouvais observer la salle qui se remplissait peu à peu ... un peu trop même à mon goût. Je fis un rapide coucou à Claire et son mari, installés au premier rang sur des sièges de velours rouges, qui avaient tout de même fait l'effort de venir malgré l'agression d'Olivier.
Il était 21h, le récital devait commencer. Je m'installai face à un splendide piano de concert Steinway, instrument doté d'une sonorité incomparable, mais que je n'aurais jamais les moyens de m'offrir sauf si je gagnais au loto.
J'entamais le récital par les valses de Chopin quand arrivée au troisième morceau, j'entendis un craquement bizarre. Je levai la tête en direction des loges où je laissai mon regard se promener jusqu'à ce qu'il s'arrête sur lui. Rodolphe était là. Je n'eus pas le loisir d'admirer davantage sa plastique qu'un autre craquement sinistre se fit entendre suivi d'un grand boum. Un projecteur était tombé juste à la place où je me tenais. Des cris d'affolement se firent entendre. Tel un courant d'air arrivé à la vitesse de la lumière, Rodolphe m'avait embarquée et mise à l'abri dans les coulisses avant que j'ai pu comprendre ce qui se passait.
Complètement abasourdie, je ne réalisais même pas que je venais de frôler la mort.
— Tout va bien ? Rien de casser ? s'enquit-il.
— Non, je pense que tout est en place, enfin je crois, soufflai-je en fixant ses prunelles.
— Parfait, alors je file, je vous retrouve plus tard ...
Il me gratifia d'un clin d'oeil et disparut à la vitesse de l'éclair. Tout s'était passé si vite, j'avais l'impression de jouer dans un film mis sur avance rapide.
Claire et d'autres spectateurs se précipitèrent sur l'estrade croyant me trouver écrabouillée sous le projecteur et le piano mais revenant dans la lumière de la scène, plutôt chancelante, je rassurai alors mon public.
Le récital s'acheva sur le champ, tout le monde repartit chez soi, et de mon côté, j'allai faire une balade dans le camion des pompiers jusqu'à l'hôpital pour vérifier que tout allait bien ...
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dimanche 25 avril 2010
Journée de dingue ...
Je montai à bord de ma voiture et fis le trajet du retour dans un état second. Olivier ne m'avait pourtant pas agressée mais j'avais l'impression qu'un train venait de me rouler dessus. Pire, je me mettais à entendre des voix. Finalement, je devrais peut-être suivre le conseil de Claire et consulter un professionnel même si l'idée ne m'emballait pas plus que ça ...
Je rentrai chez moi l'humeur morose et me glissai dans mon appartement telle une ombre chinoise. J'avais l'impression d'être sans consistance, vidée. J'avais pourtant besoin de me confier à quelqu'un, je composai alors le numéro de Claire. Je tombai sur son répondeur et lui laissai un message pour qu'elle me rappelle au plus vite.
M'installant devant mon clavier, je pianotais sans idée précise de ce que j'étais en train de jouer lorsque mon portable vibra. C'était ma meilleure amie.
— Stella ! dit-elle d'une voix hystérique.
— Qu'y a-t-il ?
— Il y a eu un truc dément, je reviens tout juste de l'hôpital.
— Que s'est-il passé ? m'inquiètai-je pensant tout de suite à un accident.
— Olivier a été tabassé, roué de coups et laissé pour mort sur le bord de la route alors qu'il allait à un rendez-vous. Un type en voiture l'a obligé à s'arrêter sur le bas côté, il n'a pas eu le temps de s'enfermer et d'alerter les secours que le gars l'a sorti de l'habitacle et s'est mis à l'agresser ! Tu te rends compte ?
Un frisson me traversa tout le corps en pensant à ce crime gratuit ... qui ne l'était peut-être pas tout à fait. Je chassai bien vite cette idée de ma tête mais la coïncidence était troublante.
— Oui c'est odieux, dis-je pour compatir quelque peu.
— L'essentiel c'est qu'il soit toujours en vie mais il a vraiment été amoché... Tu voulais me parler de quelque chose d'important au fait ? Ca n'avait pas l'air d'aller bien quand j'ai entendu ton message.
Je choisis de mentir, lui parler de mon entrevue avec le cousin de son mari pourrait attendre.
— Oh ce n'était rien d'important, un coup de cafard voilà tout. Ne t'inquiète pas pour moi, tu as mieux à faire en ce moment...
Je tournai alors machinalement la tête et balayai le salon du regard quand je faillis pousser un cri d'horreur. Je mis ma main devant la bouche pour en pas exploser le tympan de Claire. Mon visiteur s'était matérialisé dans la pièce, il attendait tranquillement la fin de ma conversation téléphonique assis, jambes croisées, dans mon canapé.
Je déglutis, soufflai un bon coup et repris pour mon interlocutrice.
— Est-ce que je peux te rappeler plus tard ? dis-je d'une voix peu assurée.
Je ne quittai pas des yeux mon inconnu.
— Oui pas de problème, ça m'arrange d'ailleurs.
— Ok à plus, marmonnai-je dans l'appareil.
Je posai mon téléphone au ralenti sur le dessus du piano mais ne me levai pas. De toute façon, j'étais comme pétrifiée. Il esquissa un petit sourire en coin, il était encore plus beau en plein jour.
Je le jaugeai quelques instants puis me décidai à parler.
— Depuis quand êtes-vous là ?
— Quelques minutes ... J'adore vous écouter jouer, dit-il suavement.
Mes doigts étaient glacés.
Reprenant un peu contenance malgré ses iris pailletés d'or qui me fixaient, je me hasardai à poser d'autres questions.
— Comment vous appelez-vous ?
— Rodolphe.
Il me décocha un sourire étincelant.
— Bien ... Et que faites-vous ici Rodolphe ? Comment êtes-vous entré d'ailleurs ?
— Stella, comme les magiciens, je ne révèle pas les secrets de mes tours.
Il se leva du canapé et d'une démarche légère vint s'accouder au piano. J'entamai alors un nocturne de Chopin pour détendre un peu l'atmosphère qui devenait électrique. Son regard envoûtant se posa sur moi.
— Sauf que vous n'êtes pas magicien, répliquai-je plus sèchement que je ne l'aurais voulu. Allez-vous enfin me dire le motif de vos visites ?
— Mmmh ... vous êtes une femme trop curieuse, ça va vous attirer des ennuis. D'ailleurs vous avez tendance à les collectionner en ce moment, si je n'étais pas là pour veiller au grain, vous ...
— Je quoi ?
— Oubliez ça, dit-il en se figeant tout à coup.
— Mais enfin comment réagiriez-vous si un inconnu se baladait chez vous au gré de ses envies, de jour comme de nuit, sans savoir pourquoi ? Et si en plus cet inconnu se met à parler par énigmes, ça devient le flou artistique complet ! Enfin au moins puisque je vous parle et que je vous vois, c'est que je ne suis pas totalement dingue ...
Se radoucissant, il alla s'asseoir sur le banc de piano à côté de moi. Sa proximité me donna des frissons, mon coeur s'emballa. Il approcha son visage près du mien.
— Stella, est-ce que je vous fais peur ? susurra-t-il à mon oreille.
— Pas du tout !
J'avais conscience de mentir comme un arracheur de dents mais tâchai de ne rien laisser paraître.
— Vous mentez très mal, mais le rose aux joues vous va très bien, s'esclaffa-t-il.
— Merci du compliment mais vous ne répondez jamais à mes questions, tout cela commence à devenir très agaçant.
Je fronçai les sourcils.
— La colère fait aussi ressortir le vert de vos yeux, c'est splendide ... mais mieux vaut pour vous ne pas connaître la vérité...
— Voilà qui m'avance beaucoup ! marmonnai-je en baissant les yeux.
— Bon, je dois vous laisser, j'ai à faire.
— C'est ça ! claquai-je sèchement.
— Prenez soin de vous, murmura-t-il. Je repasserai sans doute cette nuit, vous êtes fascinante quand vous dormez.
Son parfum chatouilla mes narines.
— Bien sûr, on me le dit tous les jours !
Avant que j'ai pu relever la tête vers lui, il s'était éclipsé tel un courant d'air...
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Je rentrai chez moi l'humeur morose et me glissai dans mon appartement telle une ombre chinoise. J'avais l'impression d'être sans consistance, vidée. J'avais pourtant besoin de me confier à quelqu'un, je composai alors le numéro de Claire. Je tombai sur son répondeur et lui laissai un message pour qu'elle me rappelle au plus vite.
M'installant devant mon clavier, je pianotais sans idée précise de ce que j'étais en train de jouer lorsque mon portable vibra. C'était ma meilleure amie.
— Stella ! dit-elle d'une voix hystérique.
— Qu'y a-t-il ?
— Il y a eu un truc dément, je reviens tout juste de l'hôpital.
— Que s'est-il passé ? m'inquiètai-je pensant tout de suite à un accident.
— Olivier a été tabassé, roué de coups et laissé pour mort sur le bord de la route alors qu'il allait à un rendez-vous. Un type en voiture l'a obligé à s'arrêter sur le bas côté, il n'a pas eu le temps de s'enfermer et d'alerter les secours que le gars l'a sorti de l'habitacle et s'est mis à l'agresser ! Tu te rends compte ?
Un frisson me traversa tout le corps en pensant à ce crime gratuit ... qui ne l'était peut-être pas tout à fait. Je chassai bien vite cette idée de ma tête mais la coïncidence était troublante.
— Oui c'est odieux, dis-je pour compatir quelque peu.
— L'essentiel c'est qu'il soit toujours en vie mais il a vraiment été amoché... Tu voulais me parler de quelque chose d'important au fait ? Ca n'avait pas l'air d'aller bien quand j'ai entendu ton message.
Je choisis de mentir, lui parler de mon entrevue avec le cousin de son mari pourrait attendre.
— Oh ce n'était rien d'important, un coup de cafard voilà tout. Ne t'inquiète pas pour moi, tu as mieux à faire en ce moment...
Je tournai alors machinalement la tête et balayai le salon du regard quand je faillis pousser un cri d'horreur. Je mis ma main devant la bouche pour en pas exploser le tympan de Claire. Mon visiteur s'était matérialisé dans la pièce, il attendait tranquillement la fin de ma conversation téléphonique assis, jambes croisées, dans mon canapé.
Je déglutis, soufflai un bon coup et repris pour mon interlocutrice.
— Est-ce que je peux te rappeler plus tard ? dis-je d'une voix peu assurée.
Je ne quittai pas des yeux mon inconnu.
— Oui pas de problème, ça m'arrange d'ailleurs.
— Ok à plus, marmonnai-je dans l'appareil.
Je posai mon téléphone au ralenti sur le dessus du piano mais ne me levai pas. De toute façon, j'étais comme pétrifiée. Il esquissa un petit sourire en coin, il était encore plus beau en plein jour.
Je le jaugeai quelques instants puis me décidai à parler.
— Depuis quand êtes-vous là ?
— Quelques minutes ... J'adore vous écouter jouer, dit-il suavement.
Mes doigts étaient glacés.
Reprenant un peu contenance malgré ses iris pailletés d'or qui me fixaient, je me hasardai à poser d'autres questions.
— Comment vous appelez-vous ?
— Rodolphe.
Il me décocha un sourire étincelant.
— Bien ... Et que faites-vous ici Rodolphe ? Comment êtes-vous entré d'ailleurs ?
— Stella, comme les magiciens, je ne révèle pas les secrets de mes tours.
Il se leva du canapé et d'une démarche légère vint s'accouder au piano. J'entamai alors un nocturne de Chopin pour détendre un peu l'atmosphère qui devenait électrique. Son regard envoûtant se posa sur moi.
— Sauf que vous n'êtes pas magicien, répliquai-je plus sèchement que je ne l'aurais voulu. Allez-vous enfin me dire le motif de vos visites ?
— Mmmh ... vous êtes une femme trop curieuse, ça va vous attirer des ennuis. D'ailleurs vous avez tendance à les collectionner en ce moment, si je n'étais pas là pour veiller au grain, vous ...
— Je quoi ?
— Oubliez ça, dit-il en se figeant tout à coup.
— Mais enfin comment réagiriez-vous si un inconnu se baladait chez vous au gré de ses envies, de jour comme de nuit, sans savoir pourquoi ? Et si en plus cet inconnu se met à parler par énigmes, ça devient le flou artistique complet ! Enfin au moins puisque je vous parle et que je vous vois, c'est que je ne suis pas totalement dingue ...
Se radoucissant, il alla s'asseoir sur le banc de piano à côté de moi. Sa proximité me donna des frissons, mon coeur s'emballa. Il approcha son visage près du mien.
— Stella, est-ce que je vous fais peur ? susurra-t-il à mon oreille.
— Pas du tout !
J'avais conscience de mentir comme un arracheur de dents mais tâchai de ne rien laisser paraître.
— Vous mentez très mal, mais le rose aux joues vous va très bien, s'esclaffa-t-il.
— Merci du compliment mais vous ne répondez jamais à mes questions, tout cela commence à devenir très agaçant.
Je fronçai les sourcils.
— La colère fait aussi ressortir le vert de vos yeux, c'est splendide ... mais mieux vaut pour vous ne pas connaître la vérité...
— Voilà qui m'avance beaucoup ! marmonnai-je en baissant les yeux.
— Bon, je dois vous laisser, j'ai à faire.
— C'est ça ! claquai-je sèchement.
— Prenez soin de vous, murmura-t-il. Je repasserai sans doute cette nuit, vous êtes fascinante quand vous dormez.
Son parfum chatouilla mes narines.
— Bien sûr, on me le dit tous les jours !
Avant que j'ai pu relever la tête vers lui, il s'était éclipsé tel un courant d'air...
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vendredi 23 avril 2010
Mauvais moment ...
Prenant une profonde inspiration, je m'approchai d'Olivier, puisqu'il n'y avait pas moyen de l'esquiver autant être débarrassée de lui rapidement. Il me toisa des pieds à la tête, me jaugeant comme s'il m'avait déshabillée d'un seul coup d'oeil. Olivier avait le double don de me déstabiliser et de m'agacer en même temps mais je ne voulais pas paraître impolie, par rapport à Claire surtout. Elle se donnait tant de mal pour que j'aille mieux, je ne voulais pas me disputer avec elle à cause de ce type.
— Stella, dit-il en me saluant d'un hochement de tête.
— Bonjour Olivier. Comment vas-tu ? demandai-je pour me montrer courtoise.
— Bien ... mais j'irais beaucoup mieux si tu cessais de me fuir ...
L'attaque était directe, j'allais donc devoir déployer des trésors de diplomatie pour résister à l'envie de l'envoyer promener.
— Je ne te fuis pas, je suis très occupée c'est tout, balbutiai-je.
— Je n'en crois pas un mot puisque tu trouves du temps pour te rendre au cimetière et pleurer ton mort.
Visiblement, je n'étais pas très convaincante mais s'il commençait à dépasser les bornes dès sa troisième phrase, je ne promettais pas de me contenir très longtemps.
— Ce que je fais de mon temps ne te regarde absolument pas et toi tu ne devrais pas être à ton travail en pleine après-midi ?
Et toc un point partout.
— Tu m'obliges à rogner sur mon temps de travail pour te parler seul à seul puisque tu filtres mes appels et que tu te débrouilles pour que Claire soit toujours dans nos pattes.
— Donc pour me parler tu te mets à me suivre ... voilà qui devient fort déplaisant, dis-je en serrant les mâchoires.
— Ce qu'il y a d'encore plus déplaisant c'est que tu me repousses alors que je sais parfaitement que tu me trouves attirant.
Il fit un pas pour réduire la distance qui nous séparait. Je reculai d'autant. Au moins, il s'écartait de ma voiture. J'aurais peut-être dû crier à l'aide pour alerter le gardien du cimetière mais comme il n'avait rien tenté de dangereux, je tâchai de garder mon sang froid.
— Olivier, prendrais-tu tes désirs pour des réalités ?
— Je sais ce que je vois.
— Tu interprètes ce qui t'arrange. De toute manière, personne ne remplacera jamais Gabriel, jamais ! m'écriai-je.
Le regard gris d'Olivier se durcit. Il avança d'un autre pas. Je ne bougeai pas, je voulais lui montrer ma détermination et surtout qu'il comprenne que je n'avais pas peur de lui ... Ce qui était totalement faux, ce gars me fichait la trouille. Dès qu'il posait les yeux sur moi, je luttais pour ne pas crier et m'enfuir comme une démente.
Un pas supplémentaire. Il se trouvait maintenant à ma hauteur, si près de moi. Trop près d'ailleurs.
Je me figeai telle une statue. Je priai intérieurement pour que mon inconnu débarque et vienne à mon secours.
— Je saurai te faire changer d'avis ... peu importe le temps que ça prendra, murmura-t-il à mon oreille.
Je ne répliquai rien. Son souffle chaud me fit frissonner de dégoût. Je haïssais cet homme.
Une voix suave raisonna alors dans ma tête.
"Ne t'inquiètes pas, je me charge de lui ..." dit la voix.
Puis plus rien. Le temps que je reprenne pied dans la réalité, Olivier s'était rendu jusqu'à sa voiture de sport et démarra en trombe.
Je restai quelques minutes les bras ballants, comprenant à peine la scène surréaliste que je venais de vivre.
Rodolphe de son côté n'avait pas perdu une miette de la conversation, il fulminait littéralement.
Un vent glacial balaya tout à coup le cimetière ...
**************************
— Stella, dit-il en me saluant d'un hochement de tête.
— Bonjour Olivier. Comment vas-tu ? demandai-je pour me montrer courtoise.
— Bien ... mais j'irais beaucoup mieux si tu cessais de me fuir ...
L'attaque était directe, j'allais donc devoir déployer des trésors de diplomatie pour résister à l'envie de l'envoyer promener.
— Je ne te fuis pas, je suis très occupée c'est tout, balbutiai-je.
— Je n'en crois pas un mot puisque tu trouves du temps pour te rendre au cimetière et pleurer ton mort.
Visiblement, je n'étais pas très convaincante mais s'il commençait à dépasser les bornes dès sa troisième phrase, je ne promettais pas de me contenir très longtemps.
— Ce que je fais de mon temps ne te regarde absolument pas et toi tu ne devrais pas être à ton travail en pleine après-midi ?
Et toc un point partout.
— Tu m'obliges à rogner sur mon temps de travail pour te parler seul à seul puisque tu filtres mes appels et que tu te débrouilles pour que Claire soit toujours dans nos pattes.
— Donc pour me parler tu te mets à me suivre ... voilà qui devient fort déplaisant, dis-je en serrant les mâchoires.
— Ce qu'il y a d'encore plus déplaisant c'est que tu me repousses alors que je sais parfaitement que tu me trouves attirant.
Il fit un pas pour réduire la distance qui nous séparait. Je reculai d'autant. Au moins, il s'écartait de ma voiture. J'aurais peut-être dû crier à l'aide pour alerter le gardien du cimetière mais comme il n'avait rien tenté de dangereux, je tâchai de garder mon sang froid.
— Olivier, prendrais-tu tes désirs pour des réalités ?
— Je sais ce que je vois.
— Tu interprètes ce qui t'arrange. De toute manière, personne ne remplacera jamais Gabriel, jamais ! m'écriai-je.
Le regard gris d'Olivier se durcit. Il avança d'un autre pas. Je ne bougeai pas, je voulais lui montrer ma détermination et surtout qu'il comprenne que je n'avais pas peur de lui ... Ce qui était totalement faux, ce gars me fichait la trouille. Dès qu'il posait les yeux sur moi, je luttais pour ne pas crier et m'enfuir comme une démente.
Un pas supplémentaire. Il se trouvait maintenant à ma hauteur, si près de moi. Trop près d'ailleurs.
Je me figeai telle une statue. Je priai intérieurement pour que mon inconnu débarque et vienne à mon secours.
— Je saurai te faire changer d'avis ... peu importe le temps que ça prendra, murmura-t-il à mon oreille.
Je ne répliquai rien. Son souffle chaud me fit frissonner de dégoût. Je haïssais cet homme.
Une voix suave raisonna alors dans ma tête.
"Ne t'inquiètes pas, je me charge de lui ..." dit la voix.
Puis plus rien. Le temps que je reprenne pied dans la réalité, Olivier s'était rendu jusqu'à sa voiture de sport et démarra en trombe.
Je restai quelques minutes les bras ballants, comprenant à peine la scène surréaliste que je venais de vivre.
Rodolphe de son côté n'avait pas perdu une miette de la conversation, il fulminait littéralement.
Un vent glacial balaya tout à coup le cimetière ...
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jeudi 22 avril 2010
Celui qui venait semer le trouble ...
Je passai donc la nuit chez Claire, j'eus la vague impression d'être épiée mais ne vis aucune ombre bizarre pourtant. Je n'en parlai pas à mon amie de peur qu'elle devienne insomniaque et insupportablement protectrice envers moi. Je fis changer mes serrures comme promis mais je savais pertinemment que cela ne changerait rien au phénomène étrange auquel j'étais confrontée.
Pendant plusieurs jours, mon visiteur ne se manifesta pas concrètement. Ni fleur, ni mot.
Peut-être avais-je complètement fabulé mais je me sentais malgré tout surveillée. Cette sensation s'accentuait de jour en jour et partout où j'allais c'était comme si quelqu'un me suivait. Je m'efforçai de ne pas y prêter trop d'attention sinon j'étais bonne pour la camisole.
Si je n'avais pas vu le visage de cet inconnu, j'aurais pu croire que c'était l'esprit de Gabriel qui s'était manifesté comme dans les bois avec cette plume blanche ... Quoique mon hypothèse à ce sujet était déjà assez tirée par les cheveux ... Si je pensais fermement que Gabriel avait pu devenir un ange, je m'étais bien gardée d'en parler à Claire. Elle m'aurait dit que j'étais totalement siphonnée.
Je n'aimais pas avoir de secrets pour ma meilleure amie mais je vivais là des choses que j'étais incapable de partager davantage avec elle.
Claire insistait fréquemment pour que je sorte. Et surtout pour que je fréquente Olivier, un cousin de son mari, fraîchement célibataire et tout à fait mon genre d'après elle. Ben voyons ... comme si j'avais besoin de ça en ce moment ? Un golden boy qui se croyait irrésistible ... Bon d'accord, il était plutôt beau gosse, mais ses yeux gris avaient quelque chose qui me glaçait le sang chaque fois que j'avais eu l'occasion de les croiser. Bref, j'avais refusé plusieurs de ses invitations à sortir en tête à tête mais Claire s'acharnait malgré tout avec ses dîners à quatre espérant qu'un jour ou l'autre je changerais d'avis.
Bref, je venais de quitter le cimetière, j'y passais tous les jeudi, lorsque je vis Olivier adossé nonchalamment à ma voiture. Un petit sourire narquois aux lèvres, il m'attendait. Visiblement, il n'avait pas l'intention de décamper tant qu'il ne m'aurait pas parlé. Un frisson me parcourut l'échine. J'aurais voulu me volatiliser comme mon inconnu, malheureusement, je n'étais pas une créature mythique, moi ...
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Pendant plusieurs jours, mon visiteur ne se manifesta pas concrètement. Ni fleur, ni mot.
Peut-être avais-je complètement fabulé mais je me sentais malgré tout surveillée. Cette sensation s'accentuait de jour en jour et partout où j'allais c'était comme si quelqu'un me suivait. Je m'efforçai de ne pas y prêter trop d'attention sinon j'étais bonne pour la camisole.
Si je n'avais pas vu le visage de cet inconnu, j'aurais pu croire que c'était l'esprit de Gabriel qui s'était manifesté comme dans les bois avec cette plume blanche ... Quoique mon hypothèse à ce sujet était déjà assez tirée par les cheveux ... Si je pensais fermement que Gabriel avait pu devenir un ange, je m'étais bien gardée d'en parler à Claire. Elle m'aurait dit que j'étais totalement siphonnée.
Je n'aimais pas avoir de secrets pour ma meilleure amie mais je vivais là des choses que j'étais incapable de partager davantage avec elle.
Claire insistait fréquemment pour que je sorte. Et surtout pour que je fréquente Olivier, un cousin de son mari, fraîchement célibataire et tout à fait mon genre d'après elle. Ben voyons ... comme si j'avais besoin de ça en ce moment ? Un golden boy qui se croyait irrésistible ... Bon d'accord, il était plutôt beau gosse, mais ses yeux gris avaient quelque chose qui me glaçait le sang chaque fois que j'avais eu l'occasion de les croiser. Bref, j'avais refusé plusieurs de ses invitations à sortir en tête à tête mais Claire s'acharnait malgré tout avec ses dîners à quatre espérant qu'un jour ou l'autre je changerais d'avis.
Bref, je venais de quitter le cimetière, j'y passais tous les jeudi, lorsque je vis Olivier adossé nonchalamment à ma voiture. Un petit sourire narquois aux lèvres, il m'attendait. Visiblement, il n'avait pas l'intention de décamper tant qu'il ne m'aurait pas parlé. Un frisson me parcourut l'échine. J'aurais voulu me volatiliser comme mon inconnu, malheureusement, je n'étais pas une créature mythique, moi ...
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mardi 20 avril 2010
Petites conversations entre "amis" ...
16h00 - Salon de thé Angelina, rue de Rivoli, Paris 1er arrondissement.
— Mais enfin Stella, tu débloques ou quoi ? dit Claire à voix basse afin de ne pas être entendue par ses voisines de table.
— Je t'assure que non ! Je savais bien que tu ne me croirais pas, je n'aurais rien dû te dire, bougonnai-je.
Mon amie se rendit compte que la colère commençait à monter en moi, elle s'adoucit alors.
— Tu es trop fatiguée. Depuis son départ , tu n'as pas pris de vacances ... Il faut que tu t'aères, changes-toi les idées. Tu es enchaînée à ton piano nuit et jour ... Stella ... ça ne le fera pas revenir ... et te mettre en tête des scenarii complètement idiots ne t'aide pas non plus.
Je restai cependant ferme sur mes positions, je n'étais pas dingue ... enfin je ne croyais pas l'être totalement même si la mort de Gabriel avait mis ma santé mentale à rude épreuve.
— Mais puisque je te dis que je n'ai pas rêvé. Alors comment expliques-tu les fleurs et le mot sur mon rocking-chair ?
Je lui tendis alors le papier à l'écriture délicate faite de pleins et de déliés. Claire empoigna la feuille et la parcourut rapidement. Elle fronça les sourcils et me rendit le mot.
— Bon ok, tu ne débloques pas mais quelqu'un se balade chez toi et c'est un détraqué ... Tu as lu ce qu'il a écrit ? Il ne se considère pas comme un humain, ce type est ravagé. Ma chérie, il faut que tu préviennes la police, ce fou furieux pourrait te faire du mal, c'est grave !
— S'il avait voulu, il y a longtemps que ce serait fait à mon humble avis, soupirai-je.
Les yeux de Claire s'arrondirent comme des soucoupes.
— Ne va pas me dire que tu n'as pas peur !
— Aussi étonnant que cela puisse paraître, non, je ne suis pas effrayée ... enfin si, un peu, mais pas dans le sens où j'ai peur pour ma vie s'entend. Cet individu ne m'effrayait pas, il me fascinait, là était toute la différence.
D'ailleurs si ce gars avait pu me régler mon compte, j'aurais retrouvé l'homme que j'aimais et je n'aurais plus de questions à me poser à l'heure actuelle, mais je me gardai bien de faire part de cette réflexion à Claire. Et puis j'avais besoin d'assouvir ma curiosité. Mon visiteur avait finalement capté mon attention sauf qu'il aurait préféré que je ne le vois pas d'après ce que j'avais pu comprendre à demi-mot. Décidément, rien n'avait de sens.
Mon amie me sortit brusquement de mes réflexions.
— Viens dormir à la maison ... au moins le temps de faire changer tes serrures, me supplia-t-elle.
Si je n'obtempérais pas elle me harcèlerait jusqu'à ce que je fasse ce qu'elle voulait de toute manière.
— C'est d'accord, je dors chez toi ce soir. Je fais changer mes serrures et je prendrai deux semaines de vacances après le récital. Tu es contente ? maugréai-je.
— Ravie ! dit-elle en plissant les yeux.
— Je passe prendre quelques affaires et je te rejoins à ton appartement ...
17h00 - Quelque part entre ciel et terre.
— Rodolphe, tu as intérêt à la laisser tranquille ! Doit-on te rappeler pourquoi tu as perdu tes ailes ? Ton cas est déjà assez sérieux, n'en rajoute pas.
— Marc, mêles-toi de ce qui te regarde ... D'ailleurs tu n'es pas censé descendre pour me mettre en garde alors un peu plus ou un peu moins banni, où est la différence ?
Marc toisa Rodolphe.
— La différence c'est que tu peux redevenir l'un des nôtres si tu te montres coopératif et patient.
— Et si je n'avais pas envie de remonter, as-tu pensé à cette éventualité mon cher ?
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— Mais enfin Stella, tu débloques ou quoi ? dit Claire à voix basse afin de ne pas être entendue par ses voisines de table.
— Je t'assure que non ! Je savais bien que tu ne me croirais pas, je n'aurais rien dû te dire, bougonnai-je.
Mon amie se rendit compte que la colère commençait à monter en moi, elle s'adoucit alors.
— Tu es trop fatiguée. Depuis son départ , tu n'as pas pris de vacances ... Il faut que tu t'aères, changes-toi les idées. Tu es enchaînée à ton piano nuit et jour ... Stella ... ça ne le fera pas revenir ... et te mettre en tête des scenarii complètement idiots ne t'aide pas non plus.
Je restai cependant ferme sur mes positions, je n'étais pas dingue ... enfin je ne croyais pas l'être totalement même si la mort de Gabriel avait mis ma santé mentale à rude épreuve.
— Mais puisque je te dis que je n'ai pas rêvé. Alors comment expliques-tu les fleurs et le mot sur mon rocking-chair ?
Je lui tendis alors le papier à l'écriture délicate faite de pleins et de déliés. Claire empoigna la feuille et la parcourut rapidement. Elle fronça les sourcils et me rendit le mot.
— Bon ok, tu ne débloques pas mais quelqu'un se balade chez toi et c'est un détraqué ... Tu as lu ce qu'il a écrit ? Il ne se considère pas comme un humain, ce type est ravagé. Ma chérie, il faut que tu préviennes la police, ce fou furieux pourrait te faire du mal, c'est grave !
— S'il avait voulu, il y a longtemps que ce serait fait à mon humble avis, soupirai-je.
Les yeux de Claire s'arrondirent comme des soucoupes.
— Ne va pas me dire que tu n'as pas peur !
— Aussi étonnant que cela puisse paraître, non, je ne suis pas effrayée ... enfin si, un peu, mais pas dans le sens où j'ai peur pour ma vie s'entend. Cet individu ne m'effrayait pas, il me fascinait, là était toute la différence.
D'ailleurs si ce gars avait pu me régler mon compte, j'aurais retrouvé l'homme que j'aimais et je n'aurais plus de questions à me poser à l'heure actuelle, mais je me gardai bien de faire part de cette réflexion à Claire. Et puis j'avais besoin d'assouvir ma curiosité. Mon visiteur avait finalement capté mon attention sauf qu'il aurait préféré que je ne le vois pas d'après ce que j'avais pu comprendre à demi-mot. Décidément, rien n'avait de sens.
Mon amie me sortit brusquement de mes réflexions.
— Viens dormir à la maison ... au moins le temps de faire changer tes serrures, me supplia-t-elle.
Si je n'obtempérais pas elle me harcèlerait jusqu'à ce que je fasse ce qu'elle voulait de toute manière.
— C'est d'accord, je dors chez toi ce soir. Je fais changer mes serrures et je prendrai deux semaines de vacances après le récital. Tu es contente ? maugréai-je.
— Ravie ! dit-elle en plissant les yeux.
— Je passe prendre quelques affaires et je te rejoins à ton appartement ...
17h00 - Quelque part entre ciel et terre.
— Rodolphe, tu as intérêt à la laisser tranquille ! Doit-on te rappeler pourquoi tu as perdu tes ailes ? Ton cas est déjà assez sérieux, n'en rajoute pas.
— Marc, mêles-toi de ce qui te regarde ... D'ailleurs tu n'es pas censé descendre pour me mettre en garde alors un peu plus ou un peu moins banni, où est la différence ?
Marc toisa Rodolphe.
— La différence c'est que tu peux redevenir l'un des nôtres si tu te montres coopératif et patient.
— Et si je n'avais pas envie de remonter, as-tu pensé à cette éventualité mon cher ?
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lundi 19 avril 2010
Sondage
Pour une fois, on va se le jouer "avis du public".
C'est donc à vous mes bien-aimés lecteurs que je m'adresse...
Vous préférez :
a) La dernière histoire en date vous plait et vous souhaitez que je la continue.
b) Que je refasse une nouvelle session de mon jeu littéraire
c) Les deux, entre l'histoire fantastique et le jeu votre coeur balance
d) L'auteur fait ce qui lui plait.
e) Sans opinion
Donnez moi votre avis dans les commentaires, il peut bien sûr se faire de façon anonyme pour les grands timides.
Clôture des votes : mercredi 21 avril à 12h.
Cordialement,
Dame Sco'.
C'est donc à vous mes bien-aimés lecteurs que je m'adresse...
Vous préférez :
a) La dernière histoire en date vous plait et vous souhaitez que je la continue.
b) Que je refasse une nouvelle session de mon jeu littéraire
c) Les deux, entre l'histoire fantastique et le jeu votre coeur balance
d) L'auteur fait ce qui lui plait.
e) Sans opinion
Donnez moi votre avis dans les commentaires, il peut bien sûr se faire de façon anonyme pour les grands timides.
Clôture des votes : mercredi 21 avril à 12h.
Cordialement,
Dame Sco'.
vendredi 16 avril 2010
Le mystère s'épaissit ...
Après avoir trouvé la rose blanche, la nuit qui suivit, fut étonnement calme. Pas de visite intempestive. Au réveil, je me sentis à la fois soulagée d'avoir passé une nuit tranquille et en même temps frustrée de ne pas avoir pu admirer ce beau visage fantomatique. Je me serais mise des claques, il fallait que je remette les pieds sur terre.
Comme le matin précédent, je m'acharnai à laisser un mot. Cet "individu" me devait une explication.
On ne débarquait pas comme ça chez les gens pour aller et venir comme un voleur sans au moins donner une raison à de telles visites. J'enrageais littéralement. Même si la fleur était jolie et délicatement parfumée, j'attrapai à nouveau papier et stylo.
"Merci pour la fleur, mais vous n'avez pas répondu à mes questions. Je veux savoir qui vous êtes et pourquoi vous vous promenez dans mon appartement en toute impunité. Je trouve cela terriblement mal élevé. Je vous préviens, je veux des réponses sinon je vais rester cloîtrée chez moi jusqu'à ce que je vous croise et vous n'échapperez pas à un interrogatoire en règle !"
Furibonde, j'allai prendre une douche et m'habillai rapidement pour me rendre au conservatoire. J'étais en retard. Je descendis au parking en sous-sol pour prendre ma voiture et je trouvai une nouvelle fleur sur le siège passager. Là trop c'était trop !
Avais-je à faire à un fan psychopathe en plein délire ? Si c'était le cas, je devais sans doute craindre pour ma sécurité ... Je n'étais pourtant pas une pianiste ultra-célèbre, une musicienne qui se détachait un peu du lot tout au plus ... pas au point de déclencher une hystérie collective à la sortie de mes récitals.
Je jurai pour moi-même " M'en fous de ses fleurs, j'veux des réponses moi et ... même pas peur de lui de toute manière !" marmonnai-je en mettant le contact. D'ailleurs que pouvait-il bien être ? Tellement beau qu'il ne semblait même pas réel ...
J'entendis alors un petit rire étouffé. Coup d'oeil à gauche, puis à droite. Rien. Et en plus, il se moquait et se permettait de me surveiller ... manquait plus que ça tiens !
J'enfonçai la pédale d'accélérateur et quittai le parking dans une colère noire.
Je passai le reste de ma matinée à écouter mes élèves massacrer Mozart et Chopin, ce qui ne me mit pas spécialement de meilleure humeur. J'avais mon après-midi de libre alors je fis un saut au cimetière ... histoire de rendre une petite visite à Gabriel. Il me manquait terriblement, un an s'était écoulé depuis son départ ...
A chaque fois que j'allais sur sa tombe, j'en revenais anéantie. Mais aujourd'hui, étrangement, la douleur me semblait moins forte, non pas que je ne ressentais rien, loin de là, mais mon esprit était préoccupé par autre chose. La douleur était déplacée ailleurs, occultée et focalisée sur mon visiteur nocturne. Je m'étais promise que Gabriel ne serait jamais remplacé, même pas en pensées et voilà qu'une espèce d'entité faisait fonctionner mes cellules grises matin et soir depuis deux jours ... Je filais un mauvais coton ...
Je rentrai chez moi persuadée que mon mot resterait sans réponse. Pourtant, je trouvai un papier avec une écriture fine et élégante sur le rocking-chair.
" Comme les jolies fleurs, vous avez besoin d'air, j'aurais été fort contrarié de vous savoir cloîtrée chez vous à cause de moi ... Voilà pourquoi je me manifeste par ces quelques phrases ... Normalement, je ne devrais pas vous côtoyer, j'enfreins les règles élémentaires de mise à distance.
Ne cherchez pas trop à savoir qui je suis, vous iriez au devant de gros problèmes ...
A ce propos, vous devriez dormir la nuit, cela serait beaucoup plus prudent pour vous ... après tout, je ne suis pas censé fréquenter les humains ..."
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Comme le matin précédent, je m'acharnai à laisser un mot. Cet "individu" me devait une explication.
On ne débarquait pas comme ça chez les gens pour aller et venir comme un voleur sans au moins donner une raison à de telles visites. J'enrageais littéralement. Même si la fleur était jolie et délicatement parfumée, j'attrapai à nouveau papier et stylo.
"Merci pour la fleur, mais vous n'avez pas répondu à mes questions. Je veux savoir qui vous êtes et pourquoi vous vous promenez dans mon appartement en toute impunité. Je trouve cela terriblement mal élevé. Je vous préviens, je veux des réponses sinon je vais rester cloîtrée chez moi jusqu'à ce que je vous croise et vous n'échapperez pas à un interrogatoire en règle !"
Furibonde, j'allai prendre une douche et m'habillai rapidement pour me rendre au conservatoire. J'étais en retard. Je descendis au parking en sous-sol pour prendre ma voiture et je trouvai une nouvelle fleur sur le siège passager. Là trop c'était trop !
Avais-je à faire à un fan psychopathe en plein délire ? Si c'était le cas, je devais sans doute craindre pour ma sécurité ... Je n'étais pourtant pas une pianiste ultra-célèbre, une musicienne qui se détachait un peu du lot tout au plus ... pas au point de déclencher une hystérie collective à la sortie de mes récitals.
Je jurai pour moi-même " M'en fous de ses fleurs, j'veux des réponses moi et ... même pas peur de lui de toute manière !" marmonnai-je en mettant le contact. D'ailleurs que pouvait-il bien être ? Tellement beau qu'il ne semblait même pas réel ...
J'entendis alors un petit rire étouffé. Coup d'oeil à gauche, puis à droite. Rien. Et en plus, il se moquait et se permettait de me surveiller ... manquait plus que ça tiens !
J'enfonçai la pédale d'accélérateur et quittai le parking dans une colère noire.
Je passai le reste de ma matinée à écouter mes élèves massacrer Mozart et Chopin, ce qui ne me mit pas spécialement de meilleure humeur. J'avais mon après-midi de libre alors je fis un saut au cimetière ... histoire de rendre une petite visite à Gabriel. Il me manquait terriblement, un an s'était écoulé depuis son départ ...
A chaque fois que j'allais sur sa tombe, j'en revenais anéantie. Mais aujourd'hui, étrangement, la douleur me semblait moins forte, non pas que je ne ressentais rien, loin de là, mais mon esprit était préoccupé par autre chose. La douleur était déplacée ailleurs, occultée et focalisée sur mon visiteur nocturne. Je m'étais promise que Gabriel ne serait jamais remplacé, même pas en pensées et voilà qu'une espèce d'entité faisait fonctionner mes cellules grises matin et soir depuis deux jours ... Je filais un mauvais coton ...
Je rentrai chez moi persuadée que mon mot resterait sans réponse. Pourtant, je trouvai un papier avec une écriture fine et élégante sur le rocking-chair.
" Comme les jolies fleurs, vous avez besoin d'air, j'aurais été fort contrarié de vous savoir cloîtrée chez vous à cause de moi ... Voilà pourquoi je me manifeste par ces quelques phrases ... Normalement, je ne devrais pas vous côtoyer, j'enfreins les règles élémentaires de mise à distance.
Ne cherchez pas trop à savoir qui je suis, vous iriez au devant de gros problèmes ...
A ce propos, vous devriez dormir la nuit, cela serait beaucoup plus prudent pour vous ... après tout, je ne suis pas censé fréquenter les humains ..."
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mardi 13 avril 2010
Visiteur nocturne ...
Durant les heures qui suivirent, je me sentis mal à l'aise, comme habitée d'une angoisse latente. Je partis travailler en tâchant de faire bonne figure mais mon attention était retenue ailleurs. Mes élèves du conservatoire le ressentirent. J'étais distraite, presque distante avec eux, écourtant même leurs leçons de piano en prétextant être souffrante. Je décidai alors de rentrer chez moi plus tôt, il ne servait à rien d'insister quand le moral de l'artiste était perturbé, rien de bon n'en sortait de toute manière.
Je fis le tour de mon appartement, en plein jour, tout semblait moins effrayant. Rien n'avait été déplacé. Ma chambre et le rocking chair étaient intacts eux aussi.
J'avais dû rêver voilà tout. Il faudrait que j'arrête les lectures fantastiques avant d'aller dormir, ce serait sans doute plus sage à l'avenir...
Prise de remords , je retournai dans le salon et m'installai sur mon banc de piano pour travailler mes morceaux.
J'avais un récital à préparer mais j'étais incapable de me concentrer sur mes partitions. Mes doigts s'envolaient pour jouer une mélodie inconnue et enchanteresse mais quelques fois teintées de notes lugubres. Voilà une musique qui n'était pas au programme du concert et qui étonnerait certainement mon public...
Le temps s'effilocha ainsi jusqu'à l'heure du dîner. Je grignotai rapidement car j'avais toujours l'estomac noué, mais les aiguilles de la pendule avançaient et il fallait bien que j'aille me coucher sinon je ne serais bonne à rien le lendemain.
Je me blottis dans les couvertures et trouvai le sommeil au bout de quelques minutes. La nuit précédente m'avait épuisée plus que je ne l'avais présumé.
Dans un demi-sommeil, je sentis des doigts frais parcourir de manière très légère ma joue et mes cheveux. La lumière des réverbères perçait à travers les doubles rideaux si bien que la chambre n'était pas totalement dans l'obscurité. Je me retournai alors machinalement dans mon lit et soulevai les paupières. Le visage du dieu vivant se trouvait à quelques centimètres à peine du mien, il esquissait le même petit sourire en coin que la veille. Je tendis la main, inconsciente du danger potentiel, pour effleurer ses traits mais il se recula aussitôt. Il plaça un index devant ses lèvres pour m'intimer le silence. Je ne répliquai rien, de toute manière, j'étais tellement soufflée que mes lèvres étaient incapables d'émettre le moindre son. Il me sourit et s'éclipsa si vite que je ne me rendis compte de rien. Seul flottait dans l'air un parfum subtil et enivrant ...
Au matin, je décidai de laisser un mot sur le rocking-chair : "Qui êtes vous et que me voulez-vous ?" Si je n'étais pas totalement dingue, j'aurais peut-être une réponse en rentrant de mon travail.
Le soir même, je tournai fiévreusement la clé dans la serrure de ma porte d'entrée et posai en vrac mon manteau sur la première chaise venue. Je soufflai un bon coup avant de pénétrer dans ma chambre. J'activai l'interrupteur et la lumière inonda la pièce. Le mot avait disparu. Seule une rose blanche le remplaçait sur le siège.
Je n'avais donc pas rêvé la nuit précédente, j'avais toute ma tête, voilà qui me comblait d'aise ... Cela dit, je n'allais pas raconter à qui voulait bien l'entendre que j'avais un visiteur nocturne qui ressemblait à une créature mythique et qui me laissait des fleurs en mon absence ...
Je fis le tour de mon appartement, en plein jour, tout semblait moins effrayant. Rien n'avait été déplacé. Ma chambre et le rocking chair étaient intacts eux aussi.
J'avais dû rêver voilà tout. Il faudrait que j'arrête les lectures fantastiques avant d'aller dormir, ce serait sans doute plus sage à l'avenir...
Prise de remords , je retournai dans le salon et m'installai sur mon banc de piano pour travailler mes morceaux.
J'avais un récital à préparer mais j'étais incapable de me concentrer sur mes partitions. Mes doigts s'envolaient pour jouer une mélodie inconnue et enchanteresse mais quelques fois teintées de notes lugubres. Voilà une musique qui n'était pas au programme du concert et qui étonnerait certainement mon public...
Le temps s'effilocha ainsi jusqu'à l'heure du dîner. Je grignotai rapidement car j'avais toujours l'estomac noué, mais les aiguilles de la pendule avançaient et il fallait bien que j'aille me coucher sinon je ne serais bonne à rien le lendemain.
Je me blottis dans les couvertures et trouvai le sommeil au bout de quelques minutes. La nuit précédente m'avait épuisée plus que je ne l'avais présumé.
Dans un demi-sommeil, je sentis des doigts frais parcourir de manière très légère ma joue et mes cheveux. La lumière des réverbères perçait à travers les doubles rideaux si bien que la chambre n'était pas totalement dans l'obscurité. Je me retournai alors machinalement dans mon lit et soulevai les paupières. Le visage du dieu vivant se trouvait à quelques centimètres à peine du mien, il esquissait le même petit sourire en coin que la veille. Je tendis la main, inconsciente du danger potentiel, pour effleurer ses traits mais il se recula aussitôt. Il plaça un index devant ses lèvres pour m'intimer le silence. Je ne répliquai rien, de toute manière, j'étais tellement soufflée que mes lèvres étaient incapables d'émettre le moindre son. Il me sourit et s'éclipsa si vite que je ne me rendis compte de rien. Seul flottait dans l'air un parfum subtil et enivrant ...
Au matin, je décidai de laisser un mot sur le rocking-chair : "Qui êtes vous et que me voulez-vous ?" Si je n'étais pas totalement dingue, j'aurais peut-être une réponse en rentrant de mon travail.
Le soir même, je tournai fiévreusement la clé dans la serrure de ma porte d'entrée et posai en vrac mon manteau sur la première chaise venue. Je soufflai un bon coup avant de pénétrer dans ma chambre. J'activai l'interrupteur et la lumière inonda la pièce. Le mot avait disparu. Seule une rose blanche le remplaçait sur le siège.
Je n'avais donc pas rêvé la nuit précédente, j'avais toute ma tête, voilà qui me comblait d'aise ... Cela dit, je n'allais pas raconter à qui voulait bien l'entendre que j'avais un visiteur nocturne qui ressemblait à une créature mythique et qui me laissait des fleurs en mon absence ...
dimanche 11 avril 2010
Un peu de frissons ...
Son visage m'apparut entre l'ombre et la lumière. Le profil éclairé me fit frissonner mais je ne sus définir si c'était de frayeur ou d'admiration. La première chose qui me surprit, résidait dans la pâleur de sa peau, un teint d'albâtre quasi neigeux. Mon regard suivit le contour de sa mâchoire bien dessinée. Je remontais la courbe du menton jusqu'à la tempe, l'alignement du nez et de la bouche s'harmonisaient parfaitement. Je m'intéressai alors à la chevelure coiffée dans un joyeux désordre qui restait fort esthétique. Les cheveux châtains teintés de reflets cuivrés contrastaient étonnamment avec la blancheur de la peau.
Sans bouger d'un millimètre, son iris d'un chocolat pailleté de doré me toisa si bien que mon coeur marqua un temps d'arrêt avant de repartir à toute vitesse. Mon sujet d'observation ne disait rien, il me scruta avec une intensité presque dérangeante qui me glaça le sang. Sa stature élégante et athlétique aurait fait grincer des dents plus d'un mannequin. Je devinai à travers les vêtements un corps sculpté à la perfection dans de justes proportions, un corps que je m'imaginai parcourir du bout des doigts pendant quelques secondes. Je me ressaisis immédiatement, je n'avais pas le droit de me laisser distraire. J'ignorais si je devais me fier à son regard dur et froid de statue ou bien au petit sourire en coin qu'il venait d'afficher. Tout cela était fort contradictoire et déstabilisant ... J'aurais dû prendre mes jambes à mon cou et détaller, pourtant je restai figée sur place à croire que je n'avais aucun instinct de survie tant son visage me fascinait. Le bon sens aurait voulu que je me fixe sur le côté obscure de cet être et que je suive tous les signaux d'alerte qui me prévenaient que le danger était tout proche. Mais comme une idiote, je n'en fis qu'à ma tête, l'attrait de l'interdit semblait plus fort que tout. J'allais me risquer à tendre la main pour effleurer son visage de marbre quand la sonnerie du réveil me fit sursauter. Dépitée, je remontai alors la couette sur ma tête. Comprenant au bout de quelques minutes que je ne retrouverais pas le sommeil, je me décidai à émerger des draps.
Quelle ne fut pas ma surprise quand je m'aperçus que le rocking-chair face à mon lit se balançait tout seul comme si quelqu'un venait tout juste de le quitter ...
Sans bouger d'un millimètre, son iris d'un chocolat pailleté de doré me toisa si bien que mon coeur marqua un temps d'arrêt avant de repartir à toute vitesse. Mon sujet d'observation ne disait rien, il me scruta avec une intensité presque dérangeante qui me glaça le sang. Sa stature élégante et athlétique aurait fait grincer des dents plus d'un mannequin. Je devinai à travers les vêtements un corps sculpté à la perfection dans de justes proportions, un corps que je m'imaginai parcourir du bout des doigts pendant quelques secondes. Je me ressaisis immédiatement, je n'avais pas le droit de me laisser distraire. J'ignorais si je devais me fier à son regard dur et froid de statue ou bien au petit sourire en coin qu'il venait d'afficher. Tout cela était fort contradictoire et déstabilisant ... J'aurais dû prendre mes jambes à mon cou et détaller, pourtant je restai figée sur place à croire que je n'avais aucun instinct de survie tant son visage me fascinait. Le bon sens aurait voulu que je me fixe sur le côté obscure de cet être et que je suive tous les signaux d'alerte qui me prévenaient que le danger était tout proche. Mais comme une idiote, je n'en fis qu'à ma tête, l'attrait de l'interdit semblait plus fort que tout. J'allais me risquer à tendre la main pour effleurer son visage de marbre quand la sonnerie du réveil me fit sursauter. Dépitée, je remontai alors la couette sur ma tête. Comprenant au bout de quelques minutes que je ne retrouverais pas le sommeil, je me décidai à émerger des draps.
Quelle ne fut pas ma surprise quand je m'aperçus que le rocking-chair face à mon lit se balançait tout seul comme si quelqu'un venait tout juste de le quitter ...
vendredi 9 avril 2010
Youpi c'est vendredi !
Aller un peu de légèreté pour préparer le week-end avec un brin de musique avant de repartir vers de nouvelles histoires à savourer !
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jeudi 8 avril 2010
Saut dans la 4e dimension !
Le dessinateur en quête d'inspiration se baladait tranquillement dans les rues d'Angoulême quand tout à coup, deux voix l'interpelèrent.
— Ouh ouh !!! On est là !
L'homme se retourna mais ne vit personne derrière lui, il se dit que s'il commençait à entendre des voix c'était très mauvais signe. Il poursuivit donc son chemin quand trente secondes plus tard.
— Bon alors tu vas nous regarder oui !
Il se retourna à nouveau et rien.
— Mais bon sang tourne la tête à gauche, oui c'est ça sur le mur ... C'est nous !!
Le dessinateur se recula de quelques pas, hébété. Il reconnut deux des personnages principaux de la BD qu'il était en train de terminer... et le comble, ils lui parlaient ! Intérieurement, l'homme qui se prénommait Vincent, se dit qu'il était temps qu'il arrête l'alcool et qu'il ne goûterait plus jamais aux champignons hallucinogènes. Il secoua la tête et se mit à courir jusque chez lui.
— Mais attends Vincent ... On doit te parler c'est important, lui crièrent les deux personnages.
Quelques minutes plus tard, le dessinateur s'enferma chez lui, le visage dégoulinant de sueur, il venait d'avoir la frayeur de sa vie. Il fonça dans la salle de bain et prit une douche, il se détendit alors et reprit un semblant de contenance. Il décida d'oublier ce qui venait de se passer, sûrement le manque de sommeil, ça devait être l'explication.
Vincent s'habilla rapidement et rejoignit sa table de travail où l'attendaient ses feuilles et ses crayons.
Il alluma la lampe de bureau et scruta les dessins qu'il avait finis dans la nuit.
L'horreur se reproduisit. Les personnages s'animèrent sur la feuille qu'il tenait en main. Vincent fit un bond sur sa chaise et poussa un cri de sauvage.
— Pas si fort Vincent ! Tu vas rameuter les voisins ! tentèrent de le calmer les deux voix.
— Mais qu'est-ce que vous me voulez ? Je deviens dingue ou quoi ! Des dessins qui se mettent à parler ce n'est pas possible ...
— Dans notre monde tout est possible et on est là pour te dire que nous ne sommes pas contents de la tournure que prend ton histoire, dit Greg, le personnage masculin.
— Tout à fait, renchérit le personnage féminin Catherine.
— Mais qu'est-ce que vous me voulez à la fin ? s'écria Vincent qui n'en pouvait plus de jouer dans la 4e dimension.
Catherine reprit.
— Je veux que tu changes ton histoire. Je ne veux plus être une mère de famille désespérée comme dans la série. Comprends moi ... Qu'est-ce qu'une femme peut attendre d'un homme qui ne la regarde pas ? Je veux de la passion, des sentiments, de la tendresse et toi tout ce que tu me proposes c'est le rôle d'une femme et d'une mère noyée sous le poids des charges familiales et de l'indifférence de son mari. Tu comprends Vincent ? Je veux de l'amour dans cette BD, c'est pas possible une destinée si misérable ...
Vincent prit un air songeur. C'était vrai qu'il ne l'avait pas gâtée la pauvre Catherine, elle méritait sans doute mieux que ça ...
— Bon et toi Greg, tu veux quoi ? questionna Vincent.
— Moi, j'en ai marre de jouer le super héros version bons sentiments, je ne suis pas un bisounours ! Pour une fois, je veux être le méchant de l'histoire enfin attachant quand même hein, je veux être dangereux mais sexy genre vampire à la mode quoi ! Et puis je voudrais aussi que tu me vires toutes ces filles qui me courent après ... J'ai envie d'une grande histoire d'amour, un peu teintée de mystère et de danger mais au combien exaltante, tu vois le genre ?
Vincent hocha la tête, il comprenait qu'il avait fait fausse route ... et pas que dans ses dessins ... Un nouveau départ ... oui c'était donc cela dont tout le monde avait besoin ici.
Il prit une feuille blanche et travailla plusieurs heures sans s'arrêter. Sous ses coups de crayon, Catherine redevint une belle jeune femme attirante et célibataire qui fit fondre le coeur de Greg le vampire assoiffé de sang humain ... Sur l'ultime dessin, Greg enlaçait Catherine et lui donnait un baiser de cinéma à faire rougir une bonne soeur.
— Super Vincent ! T'as bien bossé, on se sent mieux dans nos baskettes !! le remercièrent les deux personnages.
Les voix cessèrent aussi brusquement qu'elles avaient fait surface. Vincent savait que se tâche n'était pas complètement accomplie, lui aussi devait changer quelque chose à sa vie.
Il tira de son sous-main les documents remis par l'avocat de sa femme, il signa enfin les papiers du divorce ... Un nouveau départ pour le dessinateur dont la poitrine s'allégea aussitôt d'un gros poids ...
— Ouh ouh !!! On est là !
L'homme se retourna mais ne vit personne derrière lui, il se dit que s'il commençait à entendre des voix c'était très mauvais signe. Il poursuivit donc son chemin quand trente secondes plus tard.
— Bon alors tu vas nous regarder oui !
Il se retourna à nouveau et rien.
— Mais bon sang tourne la tête à gauche, oui c'est ça sur le mur ... C'est nous !!
Le dessinateur se recula de quelques pas, hébété. Il reconnut deux des personnages principaux de la BD qu'il était en train de terminer... et le comble, ils lui parlaient ! Intérieurement, l'homme qui se prénommait Vincent, se dit qu'il était temps qu'il arrête l'alcool et qu'il ne goûterait plus jamais aux champignons hallucinogènes. Il secoua la tête et se mit à courir jusque chez lui.
— Mais attends Vincent ... On doit te parler c'est important, lui crièrent les deux personnages.
Quelques minutes plus tard, le dessinateur s'enferma chez lui, le visage dégoulinant de sueur, il venait d'avoir la frayeur de sa vie. Il fonça dans la salle de bain et prit une douche, il se détendit alors et reprit un semblant de contenance. Il décida d'oublier ce qui venait de se passer, sûrement le manque de sommeil, ça devait être l'explication.
Vincent s'habilla rapidement et rejoignit sa table de travail où l'attendaient ses feuilles et ses crayons.
Il alluma la lampe de bureau et scruta les dessins qu'il avait finis dans la nuit.
L'horreur se reproduisit. Les personnages s'animèrent sur la feuille qu'il tenait en main. Vincent fit un bond sur sa chaise et poussa un cri de sauvage.
— Pas si fort Vincent ! Tu vas rameuter les voisins ! tentèrent de le calmer les deux voix.
— Mais qu'est-ce que vous me voulez ? Je deviens dingue ou quoi ! Des dessins qui se mettent à parler ce n'est pas possible ...
— Dans notre monde tout est possible et on est là pour te dire que nous ne sommes pas contents de la tournure que prend ton histoire, dit Greg, le personnage masculin.
— Tout à fait, renchérit le personnage féminin Catherine.
— Mais qu'est-ce que vous me voulez à la fin ? s'écria Vincent qui n'en pouvait plus de jouer dans la 4e dimension.
Catherine reprit.
— Je veux que tu changes ton histoire. Je ne veux plus être une mère de famille désespérée comme dans la série. Comprends moi ... Qu'est-ce qu'une femme peut attendre d'un homme qui ne la regarde pas ? Je veux de la passion, des sentiments, de la tendresse et toi tout ce que tu me proposes c'est le rôle d'une femme et d'une mère noyée sous le poids des charges familiales et de l'indifférence de son mari. Tu comprends Vincent ? Je veux de l'amour dans cette BD, c'est pas possible une destinée si misérable ...
Vincent prit un air songeur. C'était vrai qu'il ne l'avait pas gâtée la pauvre Catherine, elle méritait sans doute mieux que ça ...
— Bon et toi Greg, tu veux quoi ? questionna Vincent.
— Moi, j'en ai marre de jouer le super héros version bons sentiments, je ne suis pas un bisounours ! Pour une fois, je veux être le méchant de l'histoire enfin attachant quand même hein, je veux être dangereux mais sexy genre vampire à la mode quoi ! Et puis je voudrais aussi que tu me vires toutes ces filles qui me courent après ... J'ai envie d'une grande histoire d'amour, un peu teintée de mystère et de danger mais au combien exaltante, tu vois le genre ?
Vincent hocha la tête, il comprenait qu'il avait fait fausse route ... et pas que dans ses dessins ... Un nouveau départ ... oui c'était donc cela dont tout le monde avait besoin ici.
Il prit une feuille blanche et travailla plusieurs heures sans s'arrêter. Sous ses coups de crayon, Catherine redevint une belle jeune femme attirante et célibataire qui fit fondre le coeur de Greg le vampire assoiffé de sang humain ... Sur l'ultime dessin, Greg enlaçait Catherine et lui donnait un baiser de cinéma à faire rougir une bonne soeur.
— Super Vincent ! T'as bien bossé, on se sent mieux dans nos baskettes !! le remercièrent les deux personnages.
Les voix cessèrent aussi brusquement qu'elles avaient fait surface. Vincent savait que se tâche n'était pas complètement accomplie, lui aussi devait changer quelque chose à sa vie.
Il tira de son sous-main les documents remis par l'avocat de sa femme, il signa enfin les papiers du divorce ... Un nouveau départ pour le dessinateur dont la poitrine s'allégea aussitôt d'un gros poids ...
lundi 5 avril 2010
Méditations d'une tueuse ...
Mon esprit s'égare parfois ... souvent même ... et alors, DS rêve ...
DS se plait alors à transposer le début du poème tant connu de Verlaine :
" Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'un homme inconnu, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait le même
Ni tout à fait un autre, et m'aime et me comprend ..."
D'un homme inconnu, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait le même
Ni tout à fait un autre, et m'aime et me comprend ..."
Voilà de temps à autre, le rêve familier et récurrent de DS, parce-qu'il est bon parfois de se réfugier dans un monde intérieur plein de douceur et d'espoir loin des contingences humaines et de la réalité ...
vendredi 2 avril 2010
Journée des lecteurs anonymes
Aujourd'hui 2 Avril 2010, je décrète officiellement ouverte la journée des lecteurs anonymes.
(Après tout c'est ma fête aujourd'hui, je fais ce que je veux !!)
Vous qui passez quotidiennement me lire pour certains sans jamais laisser une trace de votre passage, (à part votre adresse IP bien maigre indice cela dit !), aujourd'hui est votre journée pour enfin décider de sortir de l'ombre en laissant un petit mot pour vous signaler. Même si vous utilisez un pseudo complètement loufoque, venir me faire un petit coucou. Je n'ai jamais mangé personne et je serais ravie de savoir ce que mon blog vous apporte car la question est là et je m'interroge sur votre assiduité silencieuse.
Vous les lecteurs anonymes, comme vous les lecteurs qui viennent papoter régulièrement, dîtes-moi ce qui vous attire dans mon home sweet home bloguesque, je suis curieuse de savoir ce qui vous motive tous à venir me lire ici.
Et pas question de jouer les timides aujourd'hui, je vous tends la plume pour m'écrire un mot alors saisissez-la ! Foncez !
Cordialement,
Dame Sco'.
PS : Mes lecteurs habituels bavards peuvent commenter aussi, c'est pas interdit !!
(Après tout c'est ma fête aujourd'hui, je fais ce que je veux !!)
Vous qui passez quotidiennement me lire pour certains sans jamais laisser une trace de votre passage, (à part votre adresse IP bien maigre indice cela dit !), aujourd'hui est votre journée pour enfin décider de sortir de l'ombre en laissant un petit mot pour vous signaler. Même si vous utilisez un pseudo complètement loufoque, venir me faire un petit coucou. Je n'ai jamais mangé personne et je serais ravie de savoir ce que mon blog vous apporte car la question est là et je m'interroge sur votre assiduité silencieuse.
Vous les lecteurs anonymes, comme vous les lecteurs qui viennent papoter régulièrement, dîtes-moi ce qui vous attire dans mon home sweet home bloguesque, je suis curieuse de savoir ce qui vous motive tous à venir me lire ici.
Et pas question de jouer les timides aujourd'hui, je vous tends la plume pour m'écrire un mot alors saisissez-la ! Foncez !
Cordialement,
Dame Sco'.
PS : Mes lecteurs habituels bavards peuvent commenter aussi, c'est pas interdit !!
jeudi 1 avril 2010
Entre vous et moi ... (Texte n°5)
Vous vous réveillez un beau matin en vous demandant ce que vous pourriez bien faire pour faire disparaître la sensation de solitude qui vous ronge même si vous êtes entouré par des gens qui tiennent à vous. Parfois un creux s'approfondit dans votre poitrine, vous savez qu'il vous manque quelque chose, un élément indéfinissable mais essentiel à votre équilibre. Alors vous cherchez quoi, inlassablement pendant des semaines jusqu'à ce que vous mettiez enfin le doigt dessus. Vous vous apercevez alors que vous vous êtes trompé sur vous-même, sur vos choix de vie, que vous avez peut-être emprunté une voie qui n'était pas la votre jusque-là et alors vous décidez de rectifier le tir.
A petits pas, vous plongez dans un univers pour lequel vous pensiez ne pas être fait ou ne pas avoir de don spécial. Or vous vous apercevez à force de travail que finalement, vous n'êtes pas si incompétent que ça, que vous valez quelque chose en dehors de vos pauvres parents qui vous complimenteront quoi que vous fassiez.
Vous vous mettez alors à écrire et puis vous vous apercevez rapidement que raconter votre vraie vie n'est pas la meilleure idée du siècle et que cela vous crée plus de problèmes qu'autre chose, voire même de grosses disputes avec votre entourage. Vous laissez tomber un temps et puis c'est comme la guitare qui vous démange, il vous faut absolument reprendre le sentier lumineux que vous aviez entraperçu dans les ténèbres qui vous submergeaient.
Alors vous reprenez tout doucement le chemin du clavier, celui à touches noires et blanches qui n'est plus à votre disposition à l'heure actuelle, vous le remplacez avec un autre plein de touches avec des lettres dessus. Vous pianotez autant que faire se peut, et vous comprenez enfin que vous arrivez à faire de la musique avec des mots. A défaut d'un auditoire, vous embarquez votre lectorat dans une ribambelle d'histoires que vous espérez toutes plus belles les unes que les autres.
Et oui, voilà ce qui arrive quand vous oubliez que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, ou plutôt que vous voudriez oublier qu'elle ne l'est pas ... Vous vous accordez enfin le droit de rêver, du matin au soir s'il le faut parce-que finalement, c'était ce dont vous aviez besoin depuis le début ...une dose de rêve dans une petite bulle rien qu'à vous.
Et finalement, vous décidez que ceux qui vous soutiennent dans votre rêve méritent de vous accompagner sur votre chemin lumineux, et que ceux qui n'accordent pas d'importance à ce que vous voulez faire passer, à l'être en devenir dont vous avez enfin pris conscience, et bien qu'ils restent sur le bord de la route sans vous gêner, c'est tout ce que vous demandez ... Du soutien mais surtout pas d'indifférence ...
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A petits pas, vous plongez dans un univers pour lequel vous pensiez ne pas être fait ou ne pas avoir de don spécial. Or vous vous apercevez à force de travail que finalement, vous n'êtes pas si incompétent que ça, que vous valez quelque chose en dehors de vos pauvres parents qui vous complimenteront quoi que vous fassiez.
Vous vous mettez alors à écrire et puis vous vous apercevez rapidement que raconter votre vraie vie n'est pas la meilleure idée du siècle et que cela vous crée plus de problèmes qu'autre chose, voire même de grosses disputes avec votre entourage. Vous laissez tomber un temps et puis c'est comme la guitare qui vous démange, il vous faut absolument reprendre le sentier lumineux que vous aviez entraperçu dans les ténèbres qui vous submergeaient.
Alors vous reprenez tout doucement le chemin du clavier, celui à touches noires et blanches qui n'est plus à votre disposition à l'heure actuelle, vous le remplacez avec un autre plein de touches avec des lettres dessus. Vous pianotez autant que faire se peut, et vous comprenez enfin que vous arrivez à faire de la musique avec des mots. A défaut d'un auditoire, vous embarquez votre lectorat dans une ribambelle d'histoires que vous espérez toutes plus belles les unes que les autres.
Et oui, voilà ce qui arrive quand vous oubliez que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, ou plutôt que vous voudriez oublier qu'elle ne l'est pas ... Vous vous accordez enfin le droit de rêver, du matin au soir s'il le faut parce-que finalement, c'était ce dont vous aviez besoin depuis le début ...une dose de rêve dans une petite bulle rien qu'à vous.
Et finalement, vous décidez que ceux qui vous soutiennent dans votre rêve méritent de vous accompagner sur votre chemin lumineux, et que ceux qui n'accordent pas d'importance à ce que vous voulez faire passer, à l'être en devenir dont vous avez enfin pris conscience, et bien qu'ils restent sur le bord de la route sans vous gêner, c'est tout ce que vous demandez ... Du soutien mais surtout pas d'indifférence ...
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C'était pas une blague ! (Texte n°4)
En recevant le carton d'invitation, j'ai tout d'abord cru à une bonne blague : Victoria qui devait s'unir à James un 1er Avril, ça avait tout d'une plaisanterie ... Mais après l'avoir eue au téléphone, j'ai eu confirmation que je devais bien me rendre à la mairie ce jour là et sans poisson collé dans le dos s'il vous plait !
La date avait en effet été avancée car bébé était en route et monsieur le curé aurait fait grise mine ... Déjà enceinte de 4 mois ça se voyait alors imaginez avec un mois et demi de plus, l'ecclésiastique aurait avalé son bulletin de naissance ...
Bref, cet heureux mariage a tout de même été ponctué de quelques joyeusetés. Deux jours avant la date fatidique, le chien de Victoria a mangé les chaussures de la mariée ... J'en connais un qui a fini au panier et qui n'a pas pu profiter des restes du buffet...
Le 1er Avril 2000, voilà ma Victoria toute pimpante dans sa belle robe blanche, avec des chaussures neuves achetées à l'arrache et qui lui ont provoqué de superbes ampoules. Mais elle était belle ma copine, si vous saviez ... même avec son bidon, c'était beau à voir !
La cérémonie s'est déroulée sans souci, la fête également, tout le monde a bien bu, mangé et dansé même que la mariée a fini pieds nus. Là où ça s'est gâté, c'est quand le jeune couple a voulu rejoindre leur chambre d'hôtel ... Leur réservation n'avait pas été prise en compte, du coup, ils ont passé leur nuit de noces à dormir dans leur voiture ! Mais bon, je suis certaine qu'un mariage comme ça, personne d'autre n'en a connu et c'était pas une blague, loin de là.
Aujourd'hui, voilà nous y sommes ! C'est le jeudi 1er avril 2010, Victoria et James fêtent leurs 10 ans de mariage, je m'en souviens comme si c'était hier...
Puissent-ils être heureux ensemble encore de très nombreuses années !
******
(Note de l'auteur : Au fait, si quelqu'un veut me demander en mariage, j'étudierai avec sérieux toutes les propositions ! héhéhé !!!)
La date avait en effet été avancée car bébé était en route et monsieur le curé aurait fait grise mine ... Déjà enceinte de 4 mois ça se voyait alors imaginez avec un mois et demi de plus, l'ecclésiastique aurait avalé son bulletin de naissance ...
Bref, cet heureux mariage a tout de même été ponctué de quelques joyeusetés. Deux jours avant la date fatidique, le chien de Victoria a mangé les chaussures de la mariée ... J'en connais un qui a fini au panier et qui n'a pas pu profiter des restes du buffet...
Le 1er Avril 2000, voilà ma Victoria toute pimpante dans sa belle robe blanche, avec des chaussures neuves achetées à l'arrache et qui lui ont provoqué de superbes ampoules. Mais elle était belle ma copine, si vous saviez ... même avec son bidon, c'était beau à voir !
La cérémonie s'est déroulée sans souci, la fête également, tout le monde a bien bu, mangé et dansé même que la mariée a fini pieds nus. Là où ça s'est gâté, c'est quand le jeune couple a voulu rejoindre leur chambre d'hôtel ... Leur réservation n'avait pas été prise en compte, du coup, ils ont passé leur nuit de noces à dormir dans leur voiture ! Mais bon, je suis certaine qu'un mariage comme ça, personne d'autre n'en a connu et c'était pas une blague, loin de là.
Aujourd'hui, voilà nous y sommes ! C'est le jeudi 1er avril 2010, Victoria et James fêtent leurs 10 ans de mariage, je m'en souviens comme si c'était hier...
Puissent-ils être heureux ensemble encore de très nombreuses années !
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(Note de l'auteur : Au fait, si quelqu'un veut me demander en mariage, j'étudierai avec sérieux toutes les propositions ! héhéhé !!!)
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