lundi 20 décembre 2010

Paquet surprise

La neige tombait à gros flocons sur la capitale parisienne et je trainais ma mélancolie ainsi que mon désespoir en martelant mon clavier qui ne m'avait rien fait d'ailleurs. Pauvre piano, ma prof de conservatoire m'aurait passé un savon si elle m'avait vue dans cet état. J'en venais à haïr Gabriel et ses innombrables secrets, j'ignorais toujours l'identité de cette mystérieuse femme avec laquelle il entretenait une liaison, presque une seconde vie. A quoi lui avais-je donc servi ? De banque ? De faire-valoir ? De couverture pour autre chose ? Je réalisais péniblement que j'avais vécu avec un inconnu.
Tout à coup, la sonnette de ma porte d'entrée retentit. J'abandonnai mon instrument de musique pour voir qui avait encore le courage de venir rendre visite à une fille quasiment en train de perdre la raison à la lumière des évènements récents.
Un paquet m'attendait sur mon paillasson mais personne pour me le remettre en main propre. J'approchai mon oreille de la boîte. Au moins, elle ne faisait pas tic-tac c'était déjà ça. Aucun nom d'expéditeur non plus. J'ouvris le colis et poussai un cri d'horreur. Au fond de la boîte gisait une colombe blanche égorgée avec un mot qui disait "la prochaine fois ce sera ton tour !"
Bien malgré moi, je pensai immédiatement à Rodolphe et implorai la chance pour qu'il vienne à mon secours. Là j'avais plus que jamais besoin de réconfort.
Un courant d'air froid qui me fit frissonner, balaya la pièce. Puis je sentis une présence derrière moi, des bras forts m'enlacèrent et un souffle chaud murmura à mon oreille :
— Je t'avais bien dit que je serais toujours là, j'entends ton moindre appel à l'aide même s'il n'est que mental, je le perçois ... et j'accours.
Rodolphe pencha la tête et aperçus la boîte avec la colombe. Il resserra son étreinte, je le laissai faire.
— Je ferai tout pour te protéger, il ne t'arrivera pas la même chose qu'à cet oiseau, ajouta-t-il.
— Tu le promets vraiment ? le questionnai-je
— Oui mais pour cela il faut que tu me fasses confiance ... en seras-tu capable ?
Il m'obligea à me retourner et à lui faire face. Ses prunelles dorées vrillèrent les miennes.
— Je crois que oui ... de toute manière ai-je bien le choix ? Tu es le seul qui ne me prenne pas pour une folle, même ma meilleure amie m'a abandonnée, elle croit que je suis dingue.
— Pas vraiment le choix en effet. Soit tu me fais confiance et tu survis, soit tu me tournes le dos et tu y passes tôt ou tard. Et honnêtement, cette deuxième option me déplairait fortement, dit-il en caressant ma joue du bout des doigts.
Ce fut le geste de trop. Je me jetai dans ses bras et fondis en larmes ...

A suivre ...

samedi 11 décembre 2010

Questionnaire de Marcel Proust version Scoffield !

J'ai été faire un tour chez le capitaine Jack et voilà ce que j'ai récolté : un questionnaire pour une tueuse ... pas toujours facile d'y répondre d'ailleurs !
 
 Mon questionnaire de Proust

* Ma vertu préférée : la franchise
* Mon principal trait de caractère : l'intuition
* La qualité que je préfère chez les hommes : le côté protecteur
* La qualité que je préfère chez les femmes : la capacité d'écoute
* Mon principal défaut : trop gentille
* Ma principale qualité : ma capacité à rebondir même en étant au fond du gouffre.
* Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : qu'ils sachent lire entre les lignes.
* Mon occupation préférée : écrire
* Mon rêve de bonheur : exercer un métier qui me passionnera vraiment.
* Quel serait mon plus grand malheur : perdre mes enfants
* Ce que je voudrais être : un écrivain célèbre mais à la vitesse où je m'envole, je suis pas prête de publier un seul livre pour le moment... (Faites des gosses, qu'ils disaient, engagez-vous, vous verrez du pays ... bein voyons !!!)
* Le pays où j’aimerais vivre :le pays de l'imaginaire même si j'ai déjà un pied dedans.
* La couleur que je préfère : fuschia
* La fleur que je préfère : la rose blanche
* L’oiseau que je préfère : le perroquet pour ses belles couleurs.
* Mes auteurs favoris en prose : Troyat, Dan Brown, Stephenie Meyer et tant d'autres que je ne peux pas tous les citer.
* Mes poètes préférés: suis pas trop fan de poésie désolée !
* Mes héros dans la fiction : tous ceux qui endossent des rôles de bad boys irrésistibles dans les bouquins ou les films.
* Mes héroïnes favorites dans la fiction : les desperate housewives
* Mes compositeurs préférés : Chopin
* Mes peintres préférés : Renoir, Sisley et Monet.
* Mes héros/héroïnes dans la vie réelle : j'avoue honnêtement que je n'en ai pas.
* Mes héros dans l’Histoire : Gandhi
* Ce que je déteste le plus : l'odeur et le goût du poisson / les faux-jetons.
* Le personnage historique que je déteste le plus : Hitler et tous ceux du même genre.
* Les faits historiques que je méprise le plus : les bains de sang inutiles.
* Le fait militaire que j’estime le plus : donner sa vie pour sauver des innocents.
* La réforme que j’estime le plus : le droit de vote des femmes
* Le don de la nature que je voudrais avoir : prévoir l'avenir.
* Comment j’aimerais mourir : dans mon sommeil sans souffrance.
* L’état présent de mon esprit : heureuse mais un peu anxieuse aussi de l'arrivée de la nouvelle choupinette.
* La faute qui m’inspire le plus d’indulgence : les erreurs involontaires.
* Ma devise : "les coeurs les plus proches ne sont pas forcément ceux qui se touchent".

Et pour tous ceux qui veulent s'y coller sur leurs blogs, la plume est à vous ! A vous de jouer !

Cordialement,
Dame Sco'

vendredi 26 novembre 2010

Stella avance dans le brouillard ...

Quelques heures auparavant, au pied d'un immeuble de la rue de Valois...

Tenant un sac de voyage à la main, la femme s'engouffra dans la BMW qui l'attendait devant la porte cochère.
— Démarre, dit-elle d'un ton brusque.
Luc enclencha la première et fit partir son nouveau joujou à toute vitesse.
— Alors tu as fait le ménage ? Tu n'as rien laissé traîner j'espère ? interrogea-t-il sa passagère.
— Non rien de compromettant. J'ai même été jusqu'à découper les photos où j'apparaissais !
— Tu aurais pu tout aussi bien emporter les cadres, ça aurait été plus vite.
— Non, au contraire.
— Pourquoi ça ? fit-il dubitatif.
— Je veux qu'elle sache qu'elle se trouve au bon endroit, je veux qu'elle ait la preuve tangible que son jules menait une double vie ... histoire de remuer encore un peu le couteau dans la plaie avant d'en finir définitivement avec elle, lâcha-t-elle froidement.
— Tu es diabolique tu sais ! J'adore quand tu te comportes comme une garce ! s'esclaffa-t-il en posant sa main libre sur le genou de sa compagne.
Elle lui rendit un sourire machiavélique en guise de réponse...

Quelques heures plus tard dans l'appartement de la rue de Valois ...

Soulagée que ce ne fut que Rodolphe, je posai mon arme sur la commode et me laissai choir sur le lit, mes jambes venaient de me lâcher. Je le dévisageai sans rien dire. Il s'approcha lentement et vint s'asseoir près de moi.
— Alors, tu as trouvé ce que tu étais venue chercher ?
Je pris quelques secondes de réflexion.
— Oui et non.
— Précise ta pensée, interrogea-t-il.
— De toute façon, tu sais lire dans les pensées alors je ne vois pas pourquoi tu me demandes de m'expliquer à haute voix, répliquai-je de mauvaise humeur.
— En ce qui te concerne, je décèle des sentiments et des impressions mais pas de mots concrets, ce sont juste des états d'âme qui flottent dans ta tête, rien de précis n'émane de ta jolie petite boîte crânienne.
Je poussai un long soupir, j'allais devoir mettre de mots sur un état de confusion et de frustration terrible. Rodolphe me scruta avec ses prunelles dorées, il y mit tellement d'intensité que je rendis les armes et passai aux aveux.
— Je sais que Gabriel habitait bien ici et qu'une femme y avait ses habitudes, j'ai d'ailleurs trouvé de la lingerie lui appartenant. Mais je ne sais toujours pas de qui il s'agit, à croire qu'elle me devance toujours de peu. Toutes les photos ont été découpées et ça m'agace à un point pas possible. J'ai l'impression de naviguer sans cesse dans le brouillard. Dès que je pourrais avoir une éclaircie et savoir où je vais, on m'en rajoute une couche, je n'en peux plus. J'en ai marre !
Je fondis en larmes, c'était trop pour une seule personne.
Rodolphe saisit ma main et la serra tendrement.
— La seule chose que je peux te révéler et qui pourrait t'aider un peu, c'est que cette femme n'est pas ordinaire, elle fait partie des gens qui sont à ta poursuite alors même si je veille au grain, sois prudente de ton côté ...
Je reniflai comme une gamine et levai mes yeux embués vers lui. Une boule de terreur s'était formée dans ma gorge. Il venait de m'asséner un autre coup de bambou à savoir que la maîtresse de Gabriel appartenait à la clique qui devait me faire disparaître. En voilà une information utile !
Il se leva, déposa un baiser sur mon front comme il l'aurait fait pour une gosse malheureuse après avoir reçu une mauvaise note et partit aussi silencieusement qu'il était venu.
Même si je crevais d'envie de le retenir, je n'en fis rien. Au bout de quelques minutes dans le vague, je rangeai soigneusement mon 9mm dans ma poche et me levai à mon tour.
Je claquai la porte de l'appartement derrière moi. Je ne pris même pas le temps d'attendre l'ascenseur et dévalai l'escalier à toute vitesse. Ce lieu m'oppressait, si j'avais été courageuse, j'y aurais mis le feu !

A suivre ...

mardi 16 novembre 2010

Remuons un peu la boue ... (2)

Je me présentai quelques heures plus tard devant un petit immeuble de la rue de Valois. Je composai le code de la porte d'entrée. Un clic et elle s'ouvrit comme par enchantement.
A quel étage devais-je me rendre là était toute la question ? Rien n'était indiqué sur les boîtes aux lettres à part que Gabriel y recevait du courrier ... Apparemment, il était domicilié ici. Aucun doute possible, son nom était en grosses lettres noires sur l'une des boîtes. Voilà qui commençait mal, un frisson me parcourut l'échine, ma gorge se serra, mais au moins j'étais sur la bonne voie. Rodolphe ne s'était pas trompé, la clé devait forcément correspondre à un des appartements; sur ce coup-là, il faudrait que je lui dise merci.
Bref, je n'allais pas essayer toutes les portes sinon je risquais d'éveiller les soupçons de quelqu'un et de me faire embarquer par la police. Ce fut à ce moment là qu'une grand-mère plutôt chic, un bibi vissé sur la tête, sortit de l'ascenseur. Je décidai de jouer les gourdes en lui disant que je venais voir mon frère mais que j'ignorais à quel étage se situait son logement. Après m'avoir jaugée pendant quelques secondes, la vieille parut me faire confiance et m'indiqua le second étage, la porte centrale me dit-elle. Sur quoi, elle commenta en me disant que ça faisait un bon moment qu'elle n'avait pas vu mon frère dans le coin mais que sa femme était toujours charmante avec elle.
Je faillis m'étrangler avec ma salive et fis passer mon état de surprise dans une quinte de toux. Sur quoi je pris congé après avoir remercié chaleureusement la mamie avec son chapeau de reine mère.
Je déboulai de l'ascenseur, les mains moites, je serrai fermement la clé et me décidai à ouvrir cette fichue porte tant que j'en avais encore le courage.
Dès que je pénétrai dans l'entrée, je reconnus un parfum familier mais ne sus pas définir exactement à qui il appartenait.
L'appartement plutôt cosy avait des fenêtres avec vue directe sur le Palais Royal, les meubles étaient arrangés avec goût, rien de trop tape à l'oeil. Visiblement, une femme de ménage devait passer régulièrement car le ménage était fait, pas un grain de poussière à l'horizon sur le buffet du salon ou sur la table ronde en merisier. Même les plantes se sentaient bien, même pas assoiffées par des mois de solitude ... Est-ce que l'Autre vivait encore là ??
Je passai dans la chambre à coucher. J'ouvris l'armoire. Des vêtements de Gabriel se trouvaient encore là, rangés en piles bien droites. J'inspectai également la commode et y dénichai de la lingerie fine, des bas, un ou deux pulls, pas une garde-robe complète en tout cas. Mon regard s'attarda sur plusieurs cadres à photos disposés au-dessus de la commode. Gabriel figurait en bonne place, tout sourire, aux côtés de quelqu'un ... Quelqu'un dont le portrait avait été soigneusement découpé. Il en était de même pour toutes les photos de l'appartement. L'Autre avait-elle fait le ménage au cas où je me pointerais inopinément ? Une boule s'était formée dans ma gorge, j'avais des difficultés à encaisser tout ce que je venais de voir. Gabriel menait donc bien une double vie ...
Tout à coup, j'entendis du bruit. Je saisis le 9 mm qui était resté bien sagement dans ma poche de manteau, la crosse était chaude en contraste avec mes mains glacées.
J'entendis des pas s'approcher de la chambre.
— Je savais bien que je te trouverais là !
J'abaissai mon arme, le souffle court, c'était Rodolphe qui venait mettre son grain de sel, une fois de plus ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, sa présence me rassura ...

A suivre ...

dimanche 14 novembre 2010

Remuons un peu la boue ... (1)

De retour chez moi, je m'empressai de consulter l'agenda professionnel de Gabriel. Je m'étais installée à la table de la salle à manger avec d'un côté un thé au citron, de l'autre quelques gâteaux secs, et j'avais entrepris de fouiller son carnet jusqu'à ce que je mette la main sur un indice susceptible de me conduire à la fameuse maîtresse.
A la lecture des différentes pages, je me rendis compte qu'il avait finalement une vie sociale très agitée contrairement à ce qu'il laissait entendre. Tous les jours, un déjeuner professionnel était prévu; des rendez-vous matin et après-midi se succédaient frénétiquement pendant une période d'au moins trois mois. Justement, les trois mois qui précédèrent sa mort ...comme par hasard ...
Je sautai à la partie carnet d'adresses, me souvenant que Rodolphe avait mentionné un appartement ...
Qu'en savait-il celui-là d'abord ? Sa façon d'être toujours bien renseigné sur tout m'agaçait prodigieusement. Cela dit, si je pouvais éviter de perdre mon temps en cherchant dans une mauvaise direction, je lui en serais malgré tout reconnaissante.
Je ne trouvai rien de bien transcendant, des adresses de clients, des fournisseurs de matériel de dessin ou autre, des entrepreneurs, les numéros de son médecin et de son club de sport ... Jusqu'à ce que je farfouille du côté de la doublure en cuir où étaient rangées quantité de cartes de visite. Sur l'une d'elle, juste une adresse accompagnée d'une combinaison qui devait être un digicode a priori.
Selon toute vraisemblance, le lieu se situait du côté du Palais Royal à Paris. Il ne me restait plus qu'à prendre mon courage à deux mains, mon 9 mm et à me rendre sur place...

A suivre ...

dimanche 7 novembre 2010

Quand Stella emploie les grands moyens ...

J'avais l'impression de jouer dans un mauvais film de série B. Mes pas m'avaient conduit jusqu'à une boutique dans laquelle je n'avais jamais mis les pieds de ma vie. J'avais trouvé l'adresse par une simple recherche sur internet.
La vitrine était pourvue d'un rideau métallique. Plusieurs spécimen en démonstration me donnèrent la chair de poule mais au point où j'en étais, je ne pouvais plus reculer. Il fallait que j'assure ma sécurité d'une façon ou d'une autre; je décidai de franchir le seuil et d'entrer dans un monde qui me semblait appartenir à une autre dimension.
Un homme d'une bonne cinquantaine d'années, lunettes vissées sur le nez, leva les yeux vers moi, il était en train de lire le Canard Enchaîné. Visiblement, je dérangeais.
— Que puis-je pour vous ? demanda-t-il.
— Je cherche un moyen de me défendre, lâchai-je dans un souffle.
Il hocha la tête, réfléchit quelques secondes.
— Vous voulez un pistolet d'alarme pour vous protéger à la maison c'est bien ça ?
Il désigna plein de petits modèles qui me semblèrent inoffensifs ... ça n'était pas vraiment ce que je cherchais. Il enchaîna.
— C'est petit, léger, maniable, très féminin ... idéal pour une femme seule.
Je soupesai un des engins en question, effectivement, c'était très léger, mais cela me semblait inconsistant face à la menace qui pesait sur moi.
— Vous n'auriez pas quelque chose qui soit moins féminin, qui dissuade beaucoup plus et qui pourrait faire des dégâts au cas où ??
Je n'en revenais pas de mon audace soudaine mais aux grands maux, les grands remèdes !
Le vieux réfléchit un instant, se gratta le front. Il fourgonna dans un tiroir et en sortit une arme de poing digne du grand banditisme, un CZ75 calibre 9mm parabellum. J'observai le beau joujou avec attention.
— Voilà qui me semble mieux en effet. Je vous le prends.
— Attention ma petite dame, je vous le vends mais sous le manteau comme on dit. Pas de permis, pas de facture, vous payez cash et ensuite, je ne vous ai jamais vue, compris ? dit-il en souriant.
— Aucun problème, ça me va très bien. Je vous ramène la somme cette après-midi.

Quelques heures plus tard, je sortai de cette même boutique, mon révolver en poche.
Rodolphe m'attendait adossé à ma voiture, les bras croisés, un rictus mécontent animait ses lèvres.
Il ne me laissa même pas le temps de sortir une phrase qu'il commença déjà sa leçon de morale.
— Tu comptes faire quoi avec ce bidule ?
— Me protéger ! Et puis de toute manière, ce que je fais, ne te concerne pas ! répliquai-je mal aimable.
— Au contraire, tout ce qui te concerne de près ou de loin, est mon affaire; je suis là pour assurer ta protection que tu le veuilles ou non. De plus, je suis certain que tu ne sais même pas te servir d'un machin comme ça. Je me trompe ? dit-il en me fixant obstinément.
— Le tir ça s'apprend c'est comme tout et puis, dégage de mon chemin, je ne te veux pas de toi dans mes pattes !
— Tu serais fichue de te tuer par accident au lieu de viser un éventuel agresseur !Franchement, ça me contrarierait beaucoup. Je te rappelle aussi que les destructeurs sont insensibles aux armes à feu ...
— Sauf que les traitres d'anges déchus, eux y sont sensibles tout comme les humains, alors méfies-toi qu'il ne me prenne pas l'envie de te transformer en passoire à nouilles, un accident est si vite arrivé ! sifflai-je véhémente.
— Franchement, Stella, tu n'es pas plus impressionnante qu'un chaton en colère, tu te ferais plus de mal à toi qu'à moi. Bon puisque tu es toujours aussi têtue, je vais continuer à te surveiller contre ton gré !
— Fiche-moi la paix, tu veux ? soupirai-je agacée au plus haut point.
Sa manière de me regarder me déstabilisait toujours autant mais je ne voulais rien lui montrer.
— Ok. Je te laisse pour le moment ... Au fait, la clé ...
— Quelle clé ? demandai-je en jouant les imbéciles.
— Tu sais très bien de laquelle je parle. Elle n'ouvre pas de coffre à la banque ... vois plutôt du côté d'un appartement ... enfin moi je dis ça, je dis rien ...
Puis il s'éloigna vers son Audi gris métallisé d'un pas nonchalant comme il savait toujours aussi bien le faire. Sa démarche féline m'électrisa ... je me serais mis des baffes ...

A suivre ...

mercredi 3 novembre 2010

Difficile à encaisser ...

Claire piaffait depuis près d'une demie-heure en attendant mon arrivée. Elle observait son capuccino d'un oeil agacé, n'importe qui aurait pu s'apercevoir qu'elle était survoltée.
Je lui avais laissé un message en lui donnant rendez-vous à notre salon de thé habituel pour prendre un petit déjeuner entre copines et enfin répondre à ses innombrables questions.
J'entrai dans la salle peu bondée à cette heure de la matinée. L'état second dans lequel je me trouvais encore une heure auparavant ne s'était pas vraiment estompé mais je savais que Claire se chargerait de me remettre les pieds sur terre de gré ou de force. Je remarquai tout de même son état de nervosité, elle tapotait sans arrêt la table avec ses ongles.
— Ah bein quand même ! J'ai failli attendre ! lâcha-t-elle
— Bonjour à toi aussi. Comment vas-tu ? répliquai-je histoire de calmer ses ardeurs.
Claire se rendit compte de son attitude et rectifia le tir immédiatement.
— Désolée ... Bonjour ... Mais il faut me comprendre, je me suis faite un tel sang d'encre depuis trois jours, je croyais que tu t'étais faite enlevée par l'autre barjot qui se permet d'entrer chez toi comme dans un moulin. J'en étais à imaginer qu'il t'avait découpée en morceaux, mise dans des sacs poubelles qu'il avait été jetés dans la Seine. Tu vas bien au moins ? s'enquit-elle
— Non pas vraiment ... mais Rodolphe ne m'a pas agressée si c'est ce que tu veux savoir.
— Ah bon ... c'est comme ça qu'il s'appelle alors ... Mais enfin où étais-tu passée ? J'essaye de te joindre depuis plus de trois jours et tu n'as même pas pris la peine de me contacter, j'ai failli prévenir la police. Enfin j'hésitais entre me fâcher avec toi et prévenir les autorités, mais tu me connais, j'ai un goût prononcé pour les mélodrames ! dit-elle en esquissant un sourire.
— J'étais partie prendre l'air en Suisse, si tu veux tout savoir mais mes petites vacances ont été légèrement écourtées par un élément nouveau...
Tout ouïe, Claire se pencha vers moi, l'oeil brillant, son esprit de cancanière reprenait le dessus.
— Rodolphe m'a expliqué pourquoi Gabriel est mort et j'ai aussi appris qu'il avait une maîtresse ! lançai en caressant d'un geste machinal l'agenda relié de cuir que j'avais gardé avec moi.
Mon amie en resta la mâchoire pendante quelques secondes avant de se reprendre.
— Mais enfin comment sait-il tout ça celui là ? C'est le mari de la maîtresse de Gabriel ou quoi ?
— Hum ... c'est légèrement plus compliqué que ça ...
Je lui déballai alors tout le bazar à savoir que : Rodolphe était un ange déchu qui était sensé me protéger - là elle manqua de me prendre pour une dingue-, qu'il avait désigné Gabriel pour qu'il meure à ma place, que des destructeurs étaient à mes trousses -là elle faillit appeler les hommes en blanc pour me venir me chercher-,que Luc le meilleur ami de Gabriel me prenait pour une andouille puisqu'il était au courant pour la maîtresse et enfin le pompon, que je suis une descendante de néphilim - là elle manqua de s'étouffer définitivement avec son capuccino.
— Mais bon à part ça tout va bien, ajoutai-je avec un piteux sourire.
— Bien sûr, et tu penses que je vais te croire ? fit-elle interloquée. Tu as besoin de voir un docteur, tu dérailles complètement ma pauvre chérie tu sais !
— Si j'avais su, je ne t'aurais rien révélé, me renfrognai-je dans mon siège.
— Tu as surtout besoin de repos et de décompresser, toute cette histoire ne tient pas debout, tu as pété un câble Stella !
Ulcérée par son incrédulité, je me levai d'un bond. Claire me retint par la manche.
— Ne m'en veux pas, mais j'ai du mal à croire à tout ça.
Je libérai mon bras d'un geste brusque et commençai à traverser la salle quand elle lança dans mon dos.
— Au fait, Olivier est sorti de l'hôpital, il a demandé après toi ...
La poisse, il ne manquait plus que ça !
La pluie tombait dru et le vent soufflait fort dehors, mais je m'en fichais comme d'une guigne supplémentaire. Je m'engouffrai dans ma voiture, j'avais une petite course à faire avant de rentrer me terrer chez moi ...

A suivre ...