mercredi 28 avril 2010

Celle qui avait de la chance ...

Je venais donc d'avoir ma première conversation avec Rodolphe, après coup, je regrettais d'avoir été aussi revêche avec lui. Le son de sa voix envoûtante raisonnait encore dans mon esprit ... ou bien est-ce que j'entendais toujours des voix ? Était-ce lui qui me transmettait ses pensées ? Non ... Je débloquais, il n'avait quand même pas la faculté de faire de la télépathie, j'avais rêvé quand j'étais au cimetière sûrement parce-que j'avais eu la trouille de ma vie à cause d'Olivier. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il avait bien mérité ce qui lui arrivait mais au moins, celui-là me ficherait la paix pour un bout de temps.
Et puis qu'avait voulu insinuer Rodolphe quand il avait dit que j'accumulais les ennuis ? Pour l'instant, depuis la mort de Gabriel et mon entrevue avec Olivier, il ne m'était rien arrivé de fâcheux sauf si Rodolphe lui-même se considérait comme un problème ... D'ailleurs le mystère restait entier à son sujet, j'ignorais toujours ce qu'il était. Un type comme lui n'avait en effet rien d'humain, beau et effrayant à la fois, je devrais le fuir à tout prix mais quelque chose m'en empêchait. Je n'allais quand même pas être obligée de déménager pour que mes neurones retrouvent une connexion normale ! S'il s'amusait à me regarder dormir, peut-être m'observait-il aussi à la salle de bain ? Voilà qui était beaucoup plus gênant voire carrément énervant, j'avais droit à mon intimité non ?!
Bref, la nature de ce qu'il était, attendrait car je devais me préparer pour mon récital qui avait lieu le soir même salle Gaveau à Paris. Je n'étais pas vraiment d'humeur à jouer devant des centaines de personnes mais je n'avais pas le choix, je devais gagner ma vie pour payer mes factures.
Je revêtis une robe fourreau noire, une paire de chaussures à talons pas trop hauts pour pouvoir être  à l'aise devant le piano, une légère touche de maquillage histoire de ne pas avoir l'air d'un zombi et je serais à peu près présentable ... Avant de boucler ma porte, un dernier sourire au portrait de Gabriel qui se trouvait sur mon meuble d'entrée et je balayai mes autres pensées pour la soirée.

A partir des coulisses, je pouvais observer la salle qui se remplissait peu à peu ... un peu trop même à mon goût. Je fis un rapide coucou à Claire et son mari, installés au premier rang sur des sièges de velours rouges, qui avaient tout de même fait l'effort de venir malgré l'agression d'Olivier.
Il était 21h, le récital devait commencer. Je m'installai face à un splendide piano de concert Steinway, instrument doté d'une sonorité incomparable, mais que je n'aurais jamais les moyens de m'offrir sauf si je gagnais au loto.
J'entamais le récital par les valses de Chopin quand arrivée au troisième morceau, j'entendis un craquement bizarre. Je levai la tête en direction des loges où je laissai mon regard se promener jusqu'à ce qu'il s'arrête sur lui. Rodolphe était là. Je n'eus pas le loisir d'admirer davantage sa plastique qu'un autre craquement sinistre se fit entendre suivi d'un grand boum. Un projecteur était tombé juste à la place où je me tenais. Des cris d'affolement se firent entendre. Tel un courant d'air arrivé à la vitesse de la lumière, Rodolphe m'avait embarquée et mise à l'abri dans les coulisses avant que j'ai pu comprendre ce qui se passait.
Complètement abasourdie, je ne réalisais même pas que je venais de frôler la mort.
— Tout va bien ? Rien de casser ? s'enquit-il.
— Non, je pense que tout est en place, enfin je crois, soufflai-je en fixant ses prunelles.
— Parfait, alors je file, je vous retrouve plus tard ...
Il me gratifia d'un clin d'oeil et disparut à la vitesse de l'éclair. Tout s'était passé si vite, j'avais l'impression de jouer dans un film mis sur avance rapide.
Claire et d'autres spectateurs se précipitèrent sur l'estrade croyant me trouver écrabouillée sous le projecteur et le piano mais revenant dans la lumière de la scène, plutôt chancelante, je rassurai alors mon public.
Le récital s'acheva sur le champ, tout le monde repartit chez soi, et de mon côté, j'allai faire une balade dans le camion des pompiers jusqu'à l'hôpital pour vérifier que tout allait bien ...

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13 commentaires:

Karleman a dit…

Comme quoi, avoir un ange gardien, même déchu, ça vaut le coup. :)

Dame Sco' a dit…

Karleman : en effet c'est parfois utile d'avoir ce genre de personnes dans son proche entourage. Cela dit qu'a-t-il donc fait pour être déchu ??
Biz à toi.

Anonyme a dit…

on est en plein dream story !
Stella n'a même pas eu peur en voyant son ange au dessus de la scène... $elle fait surement un mauvais rêve... ça va lui faire drôle au réveil !

tu nous balades dans des délires DS pour notre plus grand plaisir.... bravo continue
bises du mercredi soir...
(permulti)

Dame Sco' a dit…

Patrick : si mes délires te plaisent c'est l'essentiel.
Mmmh "permulti", je le traduis en "pour beaucoup" et toi ??
Bises très cher.

Karleman a dit…

Je sais pas trop. Il m'a l'air un peu déchu... :))

Dame Sco' a dit…

Karleman : certes, mais tu ne fais pas avancer le schmilblik !! héhé ! :)

Karleman a dit…

J'attends la suite. Je me demande ce qui va se passer.
à bientôt. Bonne soirée

Dame Sco' a dit…

Karleman : la suite demain !
Bonne soirée à toi aussi. :)

Rackham Le Rouge a dit…

Voilà, j'ai lu jusque là. C'est bien de changer d'univers, mais je crois que tu aurais pu affiner certaines idées et surtout ménager plus de portes de sorties et de surprises...

c'est moi ton ange gardien, hum...ton agent !
Bonne continuation, appelle-moi à l'occasion, besos Sco !
Jack le Pirate

ysa a dit…

Moi je dis, garde le ce Rodolphe car il veille sur toi !!!

Karleman a dit…

Personnellement, je trouve cette histoire très intéressente. :)
Bises

Sophie Tabacchi a dit…

Je plonge dans cet univers ( ma xbox a trop chauffé ces derniers temps)

Ciao...creep creator mio

Dame Sco' a dit…

Sophie : bienvenue ici et merci de votre passage. A bientôt !