Prenant une profonde inspiration, je m'approchai d'Olivier, puisqu'il n'y avait pas moyen de l'esquiver autant être débarrassée de lui rapidement. Il me toisa des pieds à la tête, me jaugeant comme s'il m'avait déshabillée d'un seul coup d'oeil. Olivier avait le double don de me déstabiliser et de m'agacer en même temps mais je ne voulais pas paraître impolie, par rapport à Claire surtout. Elle se donnait tant de mal pour que j'aille mieux, je ne voulais pas me disputer avec elle à cause de ce type.
— Stella, dit-il en me saluant d'un hochement de tête.
— Bonjour Olivier. Comment vas-tu ? demandai-je pour me montrer courtoise.
— Bien ... mais j'irais beaucoup mieux si tu cessais de me fuir ...
L'attaque était directe, j'allais donc devoir déployer des trésors de diplomatie pour résister à l'envie de l'envoyer promener.
— Je ne te fuis pas, je suis très occupée c'est tout, balbutiai-je.
— Je n'en crois pas un mot puisque tu trouves du temps pour te rendre au cimetière et pleurer ton mort.
Visiblement, je n'étais pas très convaincante mais s'il commençait à dépasser les bornes dès sa troisième phrase, je ne promettais pas de me contenir très longtemps.
— Ce que je fais de mon temps ne te regarde absolument pas et toi tu ne devrais pas être à ton travail en pleine après-midi ?
Et toc un point partout.
— Tu m'obliges à rogner sur mon temps de travail pour te parler seul à seul puisque tu filtres mes appels et que tu te débrouilles pour que Claire soit toujours dans nos pattes.
— Donc pour me parler tu te mets à me suivre ... voilà qui devient fort déplaisant, dis-je en serrant les mâchoires.
— Ce qu'il y a d'encore plus déplaisant c'est que tu me repousses alors que je sais parfaitement que tu me trouves attirant.
Il fit un pas pour réduire la distance qui nous séparait. Je reculai d'autant. Au moins, il s'écartait de ma voiture. J'aurais peut-être dû crier à l'aide pour alerter le gardien du cimetière mais comme il n'avait rien tenté de dangereux, je tâchai de garder mon sang froid.
— Olivier, prendrais-tu tes désirs pour des réalités ?
— Je sais ce que je vois.
— Tu interprètes ce qui t'arrange. De toute manière, personne ne remplacera jamais Gabriel, jamais ! m'écriai-je.
Le regard gris d'Olivier se durcit. Il avança d'un autre pas. Je ne bougeai pas, je voulais lui montrer ma détermination et surtout qu'il comprenne que je n'avais pas peur de lui ... Ce qui était totalement faux, ce gars me fichait la trouille. Dès qu'il posait les yeux sur moi, je luttais pour ne pas crier et m'enfuir comme une démente.
Un pas supplémentaire. Il se trouvait maintenant à ma hauteur, si près de moi. Trop près d'ailleurs.
Je me figeai telle une statue. Je priai intérieurement pour que mon inconnu débarque et vienne à mon secours.
— Je saurai te faire changer d'avis ... peu importe le temps que ça prendra, murmura-t-il à mon oreille.
Je ne répliquai rien. Son souffle chaud me fit frissonner de dégoût. Je haïssais cet homme.
Une voix suave raisonna alors dans ma tête.
"Ne t'inquiètes pas, je me charge de lui ..." dit la voix.
Puis plus rien. Le temps que je reprenne pied dans la réalité, Olivier s'était rendu jusqu'à sa voiture de sport et démarra en trombe.
Je restai quelques minutes les bras ballants, comprenant à peine la scène surréaliste que je venais de vivre.
Rodolphe de son côté n'avait pas perdu une miette de la conversation, il fulminait littéralement.
Un vent glacial balaya tout à coup le cimetière ...
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12 commentaires:
Ton inconnu de la nuit viendrait-il à ton secours ?
Ysa : ça se pourrait en effet ...
Tu nous fais languir. :)
Quel suspense.
Tu as vraiment l'esprit Hitchcokien... (heu si ça se dit...)
J'adore.
à bientôt
Karleman : sauf que j'ai tout de même plus de cheveux qu'Hitchcock ! héhé !!! Contente que l'histoire te plaise.
A bientôt. Biz.
héhé!!!!!! te voilà protégée des anges maintenant !
plus rien (où si peu) à craindre donc !
d'ailleurs (tu) ton héroïne semble découvrir un peu le pouvoir de la confiance en soi...
passionnant !! en plus j'adore turner..!
il est foutu ton Olivier de 4 sous (5 sous... ok !)
gros bisous
(ps : et c'est qui Rodolphe déjà ?)
(defssidy)
Patrick : J'ai fait allusion à Rodolphe dans l'épisode intitulé "conversations entre amis" ... A toi de faire le lien, je sais que tu es perspicace !
Bisous à toi et bon samedi.
ok ça y est ... merci... j'étais dans les nuages !!!!
bises à toi
(stsation)
Patrick : je vais finir par croire que je te perturbe ! héhé !
Bises à toi aussi.
J'en n'en doute pas. :) (concernant les cheveux).
J'adore Hitchcock. D'ailleur, jeudi, trois films vont être diffusés (j'en enregistre deux !!).
Je comparais ton écrit par la façon dont Alfred tournait ses scènes. :)
J'aime bien la façon dont tu fais la "cup" dans tes histoires.
à bientôt. bises
Toujours entourée d'hommes à ce que je vois^^ bises
Karleman : Je n'aurais jamais pensé que mes écrits puissent se comparer aux méthodes de tournage d'Alfred mais je le prends comme un compliment !
Bon dimanche à toi. Bises aussi.
Victoria : ... ce qui n'est pas pour me déplaire et puis on ne change pas une équipe qui gagne !
Bises à toi :)
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