dimanche 14 mars 2010

Comme un parfum de promesse ...

Par réflexe, le photographe se mit à courir pour attraper le chapeau balloté par le vent. Au bout de quelques minutes d'une course folle, il réussit enfin à l'attraper. Il s'était éloigné de la peintre d'environ une bonne centaine de mètres.
Il craignait qu'en se retournant pour revenir vers elle, cette dernière ne fut plus là, il s'imagina qu'elle aurait disparu emportée elle aussi par une bourrasque.
Rien qu'à cette idée, son coeur se serra douloureusement dans sa poitrine. Reprenant courage, il pivota sur lui-même pour affronter la réalité.
Son angoisse soudaine s'évanouit cependant quand il se rendit compte qu'elle n'avait pas bougé. Toujours à la même place, les pieds dans le sable, la main en visière pour se protéger du soleil, elle l'attendait patiemment. Lui fut ébloui non pas par la clarté de l'astre solaire mais plutôt par la silhouette de D.S. dont le dessin se faisait plus précis à mesure qu'il se rapprochait d'elle.
La peintre affichait toujours un beau sourire, il ne put s'empêcher de le lui rendre. Un instinct de bonheur fit brusquement surface chez le photographe. Son coeur se mit à sourire lui aussi, comme jamais auparavant il ne l'avait ressenti.
Arrivé à la hauteur de la femme, il remarqua sa peau couleur de porcelaine qui contrastait étonnement avec le brun profond de ses yeux couleur chocolat fondu. Des mèches ondulées échappées de son chignon virevoltaient autour de son visage. Il eut l'impression qu'elle l'attendait depuis toujours...

D.S de son côté avait cru à une hallucination quand elle avait aperçu le photographe, comme si l'homme qu'elle avait peint, avait finalement pris vie sous ses yeux. La joie irradia dans ses veines.
Depuis Giverny, elle n'avait cessé de penser à lui, de se demander qui il pouvait être, quelle vie menait-il ? Avait-il une famille et des enfants ? Quelles étaient les motivations qui avaient poussé cette homme à fixer son image ? Elle qui se voyait comme une femme ordinaire, ne comprenait pas l'intérêt de cet inconnu à son égard. Peut-être la trouvait-il jolie ...
Un élément la tarabustait tout de même : pourquoi lui avoir offert cette toile ? Elle s'escrimait depuis plusieurs jours à ignorer le sens de cet acte, elle qui gardait toujours précieusement ses toiles ...
Elle lui avait fait cadeau d'une part infime de son talent artistique. A bien y réfléchir, D.S espérait secrètement qu'il la retrouve ... Cette toile représentait une sorte de bouteille à la mer, comme un chemin de petits cailloux blancs disséminés derrière elle, D.S avait joué au petit poucet.

Le photographe tendit le chapeau à DS, elle le récupéra d'un geste souple et le remercia d'une voix mélodieuse. L'homme, lui, resta muet d'admiration, incapable d'articuler un mot, lui qui avait fait tant de chemin pour la voir, il ne put que lui sourire. A l'évocation de Giverny quand elle s'assura que c'était bien "son" photographe, il souffla un oui quasiment inaudible. Les mots n'arrivaient pas à sortir de ses lèvres, la timidité l'avait envahi comme un gamin amoureux.
Sans même réfléchir, elle lui dit que le lendemain matin, elle irait peindre à St Jacut de la mer, le vert émeraude de l'eau y était incomparable. Elle lui proposa de venir la retrouver pour bavarder et faire plus ample connaissance...

La nuit qui suivit, le photographe trouva difficilement le sommeil, il se trouvait imbécile de ne rien avoir trouvé d'intelligent à dire, il se serrait mis des claques mais au moins il était heureux qu'elle n'ait pas fuit en le voyant... Et encore ... heureux ... le mot était faible pour qualifier les bonds que faisaient son coeur rien qu'à la pensée de la revoir le jour suivant. Il avait tant de questions à lui poser lui aussi, en attendant il ferma les yeux pour contempler les images d'elle qu'il avait imprimé dans son esprit.

A suivre ...

4 commentaires:

Rackham Le Rouge a dit…

Bravo pour ton écriture Sco, tu alternes les points de vue, toi, le photographe ou le narrateur. C'est plaisant et donne du relief à cette histoire romantique, pour l'instant...^^
Fini le temps des babillages communs avec des amoureux égocentriques et si caricaturaux.
Tu arrives à maturité Sco, la version définitive de ton roman bénéficiera de celle-ci, c'est une chance finalement. Le hasard et l'adversité font bien les choses...

Bravo encore, bel écrivain...
Jack, ton agent.

Dame Sco' a dit…

Jack : voilà un commentaire qui me fait rudement plaisir. Je suis tellement contente que je ne sais pas quoi ajouter à part : merci !

Bises à toi capitaine/agent !!!

Anonyme a dit…

lol......................... bravo girl !!

j'adore et en plus tu parviens à éviter les clichés !
c'est plein de surprises et bien rythmé
... en plus l'écriture semble toute naturelle, pas forcée du tout ni académique. encore bravo !!

bisous bisous ! / pl

Dame Sco' a dit…

Patrick : parvenir à éviter les clichés pour une histoire qui parle de photographe, c'est vrai qu'il faut le faire !! héhé !!
Merci pour ton gentil commentaire.
Bonne journée. Bises à toi.