jeudi 11 mars 2010

A la poursuite de l'artiste peintre ...

Le photographe tenta de reprendre contenance devant la conservatrice du musée Monet. Il se devait de ne pas ressembler à un fou furieux psychopathe s'il voulait obtenir l'information pour laquelle il avait pratiquement couru. Il prit un air dégagé et tenta de reprendre le contrôle de sa respiration devant la conservatrice qui le toisait des pieds à la tête.
— Que puis-je pour vous ? interrogea-t-elle.
— Ma requête est un peu délicate et j'espère que vous pourrez m'aider.
— Je vous écoute ...
— Une femme ... une peintre m'a offert cette toile tout à l'heure, dit-il en désignant le tableau. Je voudrais savoir si vous la connaissez afin de pouvoir la remercier.
La conservatrice jeta un oeil attentif à la toile.
— Vous avez au moins remarqué qu'elle a apposé ses initiales au bas de la toile ? demanda-t-elle derrière ses lunettes en demi-lune.
— Oui, je sais bien ... mais D.S. , moi ça ne me dit pas grand-chose. Je ne suis pas Sherlock Holmes vous savez, dit-il en esquissant un sourire gêné.
Le photographe eut une sueur froide dans le dos rien qu'à l'idée de son ignorance envers une artiste peut-être connue ...
— Si vous ne connaissez pas son nom, sans doute pourriez-vous me la décrire ?
La conservatrice avait décidément envie de jouer avec ses nerfs mais elle se devait de vérifier ses suppositions.
Sans hésitation, l'homme dressa le portrait de la peintre, il avait assez pris de clichés dans la journée pour pouvoir la décrire les yeux fermés.
— Grande, plutôt mince, une robe bleue à fines bretelles, brune avec les cheveux relevés en un chignon négligé ...
Il garda pour lui le sourire à tomber parterre et les yeux couleur chocolat fondu, la conservatrice n'aurait pas cru une seule seconde à un intérêt purement artistique avec une description si détaillée.
— Eh bien si c'est la femme à laquelle je pense, il ne peut s'agir que de Dame Sco'. Elle est même passée me saluer ce matin comme à chacune de ses visites .
— Quand reviendra-t-elle ? hasarda le photographe.
— L'année prochaine à la même date.
— Evidemment ça ne m'aide pas ... Savez-vous où je pourrais la trouver ?
La question était déplacée mais il n'avait pas le choix, sa tranquillité d'esprit en dépendait.
— Je ne peux pas vous donner ses coordonnées parce-que je ne les possède pas et même si je les avais, je ne suis pas habilitée à vous les communiquer, dit la conservatrice en sourcillant.
Cela dit, je peux vous dire qu'elle compte se rendre à dans les environs de St Malo dans les prochains jours. Dame Sco' y sera pour quelques semaines m'a-t-elle dit car la mer est une grande source d'inspiration chez elle.
— Hum ...les environs de St Malo sont vastes, elle n'a rien dit de plus ?
— Eh non cher monsieur, il va vous falloir arpenter la côte d'Emeraude, j'en ai bien peur...

Sur ce le photographe repartit avec sa toile sous le bras en prenant soin de remercier la conservatrice pour son amabilité. Il savait que la distance en kilomètres serait longue mais il ne pouvait pas en rester là. Impossible d'aller contre son impulsion de départ. Il s'était décidé dans la minute, il fallait qu'il aille dans les Côtes d'Armor à la recherche de cette femme mystérieuse sinon il se doutait qu'il en perdrait la raison ...
Mais s'il arrivait à la retrouver ... qu'allait-il lui dire ? Quel argument invoquer afin de ne pas paraître la persécuter ? Pas grave, il avait 400 km à faire pour y réfléchir et puis parfois rien de tel que l'improvisation, il était un homme plein de bon sens en temps ordinaire. Il saurait sûrement trouver quoi dire ... Il pourrait même mettre ses actes sur le compte d'un destin tout tracé ...

A suivre ...

8 commentaires:

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

quelle bonne idée de se rapprocher ainsi des côtes bretonnes !! lol

j'entends déjà mouettes et goélans envahir l'espace aériens de leur cris affamés ..!

j'imagine que des remparts malouins DS trouvera l'inspiration talentueuse (tiens talent-tueuse !!!) pour une intensité dramatique de situation de mise encitée corsaire...

bravo, c'est un vrai régal !!! hihi !!!

Anonyme a dit…

la suite.. chez lui ou à porto- vecchio?

Dame Sco' a dit…

Patrick-Lucas : Bein alors tu t'auto-censures tout seul, le premier com' ne convenait pas ?!
Bref, une petite virée en Bretagne pour s'aérer les neurones, il n'y a rien de tel !
L'air marin c'est vivifiant pour l'imaginaire de la talent-tueuse, j'espère que tu apprécieras la suite de l'histoire ...
Bonne journée à toi :)


Anonyme : j'apprécie les commentaires de lecteurs surtout réguliers comme vous, je sais que vous passez souvent sur mon blog. Mais je préfèrerais au moins un pseudo pour savoir à qui je m'adresse !
Porto-Vecchio ... si je ne m'abuse c'est en Corse et je ne vois pas vraiment le lien avec mon texte ... Vous pouvez éclairer ma lanterne ?

Victoria a dit…

Jolie, vivement la suite!
Dame sco peintre? reconversion?
Bises

Dame Sco' a dit…

Victoria : une reconversion ... non je ne pense pas ... juste une suite de textes un peu plus douce qu'à l'accoutumée pour varier les plaisirs de l'écriture.
Bises ma belle.

Rackham Le Rouge a dit…

La nièce de Miss Marple qui raconte des aventures...

A suivre alors !
Bon texte Sco...

Besos
Jack

Lancelot a dit…

ENCORE la Bretagne ! Décidément, tout m'y ramène...

Mais bon, moi, Dame Sco en peintre, elle me plaît bien....

A la suite... Voyons voir...