mercredi 17 mars 2010

Premier échange ...

Ce matin là, le photographe s'attendait à trouver Dame Sco' avec son chevalet et ses pinceaux en train de peindre une toile aux couleurs oscillant entre le saphir et l'émeraude. Au lieu de cela, la peintre l'attendait patiemment assise sur une couverture étalée à même le sable.
Vers 11 heures, le soleil déjà haut dans le ciel ne la réchauffait pourtant pas, l'air encore frais pour ce jour d'avril la faisait régulièrement frissonner. Mais elle ne bougerait pas de là tant qu'elle ne l'aurait pas revu, pas tant qu'elle ne lui aurait pas parlé. Toute la nuit, elle y avait songé, il fallait qu'elle sache qui il était et qu'elles étaient ses motivations.
Elle relisait pour la dixième fois la même page de livre, incapable de se concentrer sur le déroulement de l'histoire quand elle l'aperçut. Le photographe traversa la plage pour venir à sa rencontre, le sable ralentissait ses pas. S'il avait pu voler jusqu'à elle, il l'aurait fait sans hésiter.
L'homme prit place silencieusement à ses côtés. Ils contemplèrent tous les deux la mer pendant quelques minutes, incapables l'un comme l'autre de prononcer la moindre parole.
Puis rassemblant son courage, D.S entama la conversation. Tournant brusquement son regard vers lui, sondant les yeux bleus qui la scrutaient avec intensité, ses paroles se déversèrent alors comme les vagues sur le sable.
— Comment vous appelez-vous ? demanda-t-elle d'une voix douce.
— Edouard ... murmura-t-il. Et vous ?
— Andrea ... Je voudrais savoir pourquoi êtes-vous venu me chercher jusqu'ici Edouard ?
La question lui brûlait les lèvres depuis la veille au soir, elle espérait obtenir une réponse franche et directe.
— Je ne sais pas ... Enfin si, je voulais ... vous remercier ... pour la toile mais ...
— Mais  ? insista-t-elle.
— Il n'y a pas que ça en effet. J'ignore comment vous l'expliquer sans passer pour un fou.
— Essayez toujours, l'encouragea-t-elle. Je vous promets de vous écouter jusqu'au bout et de ne pas vous interrompre dans vos explications.
Elle lui sourit, il se sentit en confiance.
— Et bien tout a commencé avec les clichés que j'ai pris de vous quand vous peigniez à Giverny. J'ai été littéralement subjugué par votre image. Je ne vous connaissais pas et pourtant, votre portrait m'était familier alors j'ai pris autant de photos que possible pour pouvoir les analyser plus tard. Mais les images ne m'ont rien dit, il fallait que je vous retrouve, que j'entende votre voix pour comprendre. Alors j'ai posé des questions à la conservatrice du musée pour savoir si elle vous connaissait et où je pourrais vous joindre. J'ai écumé toutes les plages depuis St Malo jusqu'à ce que je vous trouve enfin.
Edouard leva les yeux vers Andrea, elle lui fit signe de continuer.
— Malgré tout, je n'ai pas d'explication logique à mon comportement, vous devez penser que je suis complètement dingue de courir ainsi après une femme que j'ai pris en photo. Depuis que je vous ai vue, je suis comme aimanté par votre personne. J'ai beau lutter, vous revenez en boucle dans mon esprit au point que je me demande si je ne commence pas à perdre la raison, ajouta-t-il en riant.
— Rassurez-vous, je ne pense pas que vous soyez fou. Je fais partie de ces personnes qui croient à la destinée. Il doit sûrement y avoir une explication logique à notre rencontre, c'est juste qu'elle ne nous apparait pas encore clairement voilà tout...
Marchons un peu voulez-vous ? J'ai besoin de me réchauffer, le soleil n'est pas aussi brûlant que je le croyais.
Andrea se mit gracieusement debout et tendit la main à Edouard pour l'aider à se relever. Il s'en saisit et une sorte de courant électrique passa entre eux d'une paume à l'autre jusqu'à traverser leurs corps respectifs. La peintre piqua un fard, le photographe baissa les yeux quelques instants.
Le début de l'explication venait peut-être de se produire ...

A suivre ...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

"_ mais couvrez vous, nous sommes en avril !! ne sentez vous pas ce fond d'air frais mauvais ?" pensait édouard...
il lui aurait bien mis sur les épaules sont épais cuir bien chaud.
mais figé dans sa planète DS rien de cela ne se fit.
un ange passa .... comme souvent dan s la vie d'édouard...

elle prend tournure ta story B'n C miss sco. ça commence à l'faire !!


b.r.a.v.o. !
kiss

Dame Sco' a dit…

Patrick : en effet ça commence à ressembler à quelque chose, ça pourrait même faire l'objet d'un livre un de ces jours pourquoi pas !

Bises à toi.