M'ayant entendu crier comme une démente, tous mes amis se précipitèrent dans ma chambre. Raphaël tambourina à la porte de la salle de bain mais je ne répondis pas, j'étais en train de me noyer sous un flot d'eau brûlante, je frottais désespérément les traces sanglantes sur mes mains et mon visage. Je ne cessais de penser au corps sans vie de Daniel, à son doux visage percé en son milieu par un petit trou noir, un petit cercle qui avait abrégé sa vie en quelques secondes... Je ne distinguais rien de ce qui m'entourait à part la vapeur qui émanait de la douche et mes larmes dont le flot intarrissable continuait de serpenter le long de mes joues de porcelaine.
Je restai un temps indéterminé à me récurer de partout, je tentais d'éloigner le visage de l'ennemi, le visage de l'innocente victime, le bateau en flamme, mon carnage sanglant ... mais tout me revenait en boucle comme un mauvais rêve.
Je n'avais que faire des suppliques que l'on m'adressait derrière la porte, je n'ouvrirais pas, pas tout de suite du moins...
Quand je me décidai enfin à refaire surface, je retournai dans ma chambre, personne ne m'y attendait contrairement à ce que j'avais craint, au moins, on me fichait un peu la paix, c'était déjà ça. Je n'avais pas la force de raconter, les cadavres avaient tout révélé par eux-même de toute manière.
Un plateau de nourriture trônait sur mon lit mais je n'y touchai pas. Un peu plus tard dans la journée, tous ceux qui vinrent frapper à ma porte, se virent répondre les uns après les autres de rester loin de moi...
Je pris soin de préparer une lettre pour Raphaël.
"Ne m'en veux pas, mais après le spectacle que je t'ai imposé, je ne peux plus te regarder en face, je me sens comme un monstre sanguinaire. Je tiens trop à toi pour t'infliger ma présence, je ne suis plus que l'ombre de la femme que tu as connue et tu mérites mieux. Je m'en vais, je m'efface de ta vie, dorénavant ce sera comme si je n'avais jamais existée.
Prends soin de toi et surtout, ne commets pas d'actes inconsidérés.
Sco'."
J'attendis qu'il fasse nuit afin de ne croiser personne dans la maisonnée endormie, j'avais préparé mon paquetage et je quittai la demeure d'Ysa sans faire de bruit, tel un fantôme.
Je souhaitais que personne ne me retrouve ... jamais ...
A suivre ...
7 commentaires:
Et bien on pars ensemble alors !
Tout quitter, se refaire une nouvelle vie ailleurs, s'appeler autrement...
Un fantasme ?
Pauvre Raphael, il était sincère ce garçon et j'espère qu'il va trouver une épaule pour se consoler...
Et tes amis, ils vont s'en faire du soucis j'imagine déjà Ysa, "elle va pas lâcher l'affaire" !!!
je te comprends mais pars pas trop longtemps quand même...
Passionnante elle est cette histoire !
Bisous et c'est la première fois que j'embrasse un fantôme !
Quoique certains hommes sont parfois des fantômes...
Euh j'habite toujours en provence...bises
que tu crois.. que personne ne t'a vu.. car moi je ne dors que d'un oeil.. toujours... enfin souvent...
teu..teu.. ben moi j'aime pas la fin de l'histoire ! et puis j'aime pas non plus quand l'héroine elle est malheureuse. Et ysa elle va pas être contente, ni les autres d'ailleurs ! Quand à raph, soit il tombe dans l'acoolisme, soit il part bouder dans son coin. Dis ? tu ne crois pas que tout ton petit monde il va te manquer ?...
A tous : Ne vous inquiètez pas l'histoire n'est pas encore finie, il va y avoir du rebondissement !!
Je suis bien contente d'arriver après ce dernier comm.
Sco, c'est passionnant cette histoire, j'y étais dans la salle de bain à désespérément vous faire des signes qui disaient noon, stop, ce n'est pas fini, et l'eau ça ne lave pas si bien que ça, non, il faut autre chose, un sentiment humain, un épaule, une caresse...
Solveig : tu peux respirer tranquille, l'histoire n'est pas finie et Sco' aura du soutien bien malgré elle ...
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