dimanche 20 décembre 2009

A coeur ouvert ...


Le soleil avait refait surface dans mon existence au propre comme au figuré, la couverture nuageuse était percée de rayons lumineux et mon astre solaire personnel se tenait à mes côtés. Que demander de plus ?
Malgré un fond de mélancolie qui subsistait toujours chez moi, ma personnalité étant ainsi faite, je me sentais malgré tout le coeur plus léger.
Non pas que je me pardonnerais un jour pour la mort tragique de Daniel, mais je savais que je devrais apprendre à vivre avec mes remords. La seule chose que je ne regrettais pas dans cette histoire c'était d'avoir réduit mon monstre de mari à néant. Aussi bestiale que fut ma conduite envers lui, il ne méritait pas un autre sort que celui-là.
Raphaël et moi avions retraversé Paris main dans la main jusqu'à mon logement sans prononcer un mot. A présent, je regardais la neige qui recouvrait les toits de Paris depuis la fenêtre de mon salon. Un tasse de chocolat chaud à la main, je laissais les rayons solaires réchauffer mon visage à travers la baie vitrée. Raphaël s'approcha de moi à pas feutrés, je ne me retournai pas. Il enlaça ma taille avec ses longs bras et posa son menton sur mon épaule droite pour observer le paysage avec moi. Je sentais sa respiration mesurée dans mon cou et tentais de garder mon self-control malgré mon coeur qui s'était emballé instantanément dès que j'avais ressenti sa présence.
- J'ai vu que tu avais rempli des cartons ... Tu comptes déménager ? hasarda-t-il.
- J'ai en effet penser à vendre l'appartement et à partir très loin même si je sais que la honte et le dégoût de moi-même me suivront toujours où que j'aille ...
- Ne dis pas des choses comme ça, tu ne peux pas porter toute la misère du monde sur les épaules.
- Je porte juste la responsabilité de mes actes et c'est déjà assez lourd comme ça tu sais.
- Justement, tu ne devrais pas être seule à supporter tout ça ... Je suis là pour toi et je ne veux pas que tu t'en ailles, cette idée m'est intolérable.
Le ton de Raphaël se fit plus dur. Il me força à lui faire face.
- Quand comprendras-tu que tu es à présent toute ma vie et que tout ce qui t'arrive de près ou de loin me touche ?
Je baissai les yeux incapable de répondre quoique ce soit de cohérent, cette déclaration venait de me tétaniser.
- Sco', dis-moi quelquechose enfin, je ne sais pas lire dans tes pensées !
- J'ai peur, réussis-je à balbutier.
Le son de sa voix se fit plus tendre.
- Mais de quoi enfin ?
- J'ai peur de te faire souffrir ... peur que tu disparaisses un jour par ma faute comme c'est arrivé à Daniel, je ne veux pas que tu meures à cause de moi.
- On doit tous mourir un jour. Sco', on ne peut pas tout prévoir c'est absurde de vivre ainsi dans la terreur et puis tu n'as plus de mari et ni d'ennemi qui guettent le moyen de me faire du mal à tous les coins de rues. Tu oublies aussi que je sais me défendre et que j'ai également un métier dangereux où je pourrais me faire tuer n'importe quand. S'il doit m'arriver quelquechose, ce sera la fatalité et puis c'est tout, ne te tourmente donc pas comme ça.
- Et tu me dis ça comme ça sans sourciller !
- Mais tu voudrais que je me lamente aussi à chaque seconde sur les risques que comporte ta vie ? Je pourrais me ronger les sangs du matin au soir mais c'est contreproductif !
- Tu proposes quoi alors ? Que j'oublie que je suis un monstre sanguinaire et que tu es un espion de la CIA, que nous nous fassions semblant de vivre comme des êtres normaux sans nous soucier du lendemain ?! C'est de la folie pure et tu le sais !
- Et alors ? Moi j'appelle ça, se tourner vers l'avenir.
Les yeux de Raphaël plongèrent dans les miens.
- Viens vivre avec moi ! lança-t-il.
- Pardon ?
Je restai hébétée.
- Tu as bien entendu, je te demande de venir t'installer avec moi.
Son regard tendre et suppliant était en train d'anéantir toute résistance chez moi, comment dire non ?! Je n'en avais même pas envie à vrai dire, j'étais fatiguée de lutter contre ce que je ressentais pour lui. L'amour était-il donc plus fort que le danger pour que je fasse fît de tout ce qui m'angoissait ?
Une vague nauséeuse monta en moi, je fus prise de vertiges, je n'eus même pas le temps de répondre à sa question que je perdis connaissance et m'écroulai sur le tapis du salon en même temps que ma tasse vint s'écraser au sol.

A suivre ...

9 commentaires:

Virginie-Zélie a dit…

Ben ça alors !!!!
ça commence romantique et tout et tout et puis zut !
Il a quand même pas essayé de t'empoisonner avec le chocolat !!!!!
Dis mois que c'est pas vrai????????? A moins que ! Sco attends un bébé !!!! Le miracle de Noël !!!!
Bon, je vais chercher une bassine d'eau pour te réveiller, non mais !!!!!

charles a dit…

ouh ouhhhh.... Sco.... tu m'entends..., réveille-toi... vite... il est là...enfin... Raphäel... ton chevalier servant...

Dame Sco' a dit…

Virginie : M'empoisonner avec le chocolat chaud, tiens j'y avais pas pensé ! Mais non je ne crois pas, il m'aime trop pour ça ...
La vérité est donc ailleurs !
Euh ... pas trop froide la bassine d'eau hein ?!


Charles : ah bein ça pour être là, je ne peux pas l'éviter, il est en train de me mettre des claques pour me réveiller, quel gentleman je te dis pas !!!

Ysa a dit…

J'espère que cette fois là tu ne vas pas fuir et enfin affronter ton destin. Tu te poses trop de question, vis ta vie....mince alors tu as un beau chevalier servant à tes pieds, amoureux fou, beau gosse que veux tu de plus ?

Dame Sco' a dit…

Ysa : Raphaël dépasse toutes mes espérances, il y a de quoi être déstabilisée non ?! Vrai qu'il est beau gosse, là je suis bien d'accord avec toi !

JanSheng a dit…

J'ai pu enfin rattraper mon retard... Cette histoire prendrait elle une tournure plus romantique ? tout est possible.
La suite sera t'elle rose ou bleu, à moins d'un...nouveau rebondissement
Bonne journée Dame Sco'

Dame Sco' a dit…

JanSheng : contente de te revoir dans le coin ! Bon si tu as rattrapé tout ton retard de lecture c'est bien, je ne peux pas en dire autant de mon côté sur ton blog, désolée !
Quant à la suite, mystère mystère, tu le sauras dans le prochain épisode.
Bonne après-midi Jan.

Colombine a dit…

Une envie de descendre tout schuss la pente enneigée... Et de virevolter amoureuse même si même sans même juste pour l'instant....

Dame Sco' a dit…

Colombine : la neige te donne des envies d'évasion semble-t-il ... Bonne rêverie à toi !