Tandis que je rejoignais le pont du bateau, l'arme de Lorenzo toujours pointée dans mon dos, je me demandais comment j'allais procéder pour l'attirer dans la cabine de Tim. Je n'avais pas trente-six solutions sous la main, l'air marin me donna un coup de fouet et je fis volte-face devant l'ennemi. Il fut surpris mais n'en lâcha pas pour autant son révolver, je le toisai avec une lueur de défi dans les yeux.
- Alors tu comptes me violer maintenant ou plus tard une fois que tu auras tué Daniel et tous les autres qui se présenteront pour venir à mon secours ?
- Hum ... on peut faire ça tout de suite, comme ça je serai débarrassé de cette tâche et j'aurai l'esprit plus libre pour dégommer les autres. Tu vois Sco', je te déteste au plus profond de mes tripes mais je dois te reconnaître un talent, tu as toujours eu l'esprit pratique !
Lorenzo prit une expression amusée et poursuivit sur sa lancée.
- Alors je t'attache au grand mat et on fait ça debout ou bien tu préfères le confort d'une cabine ? Choisis bien parce-que c'est le dernier privilège de la condamnée après je ne t'offrirai plus d'autres options quand j'aurai fini ma petite affaire !
- Attends que je réfléchisse ... Si c'est la dernière fois de ma vie que tu dois me passer sur le corps, je préfère avoir mon confort, tu me dois bien ça non ?!
Tiens la cabine juste en face de nous fera l'affaire.
Lorenzo acquiessa et me conduisit derechef dans la chambre de Tim.
Bon, voilà une première étape de franchie, maintenant il fallait que je puisse avoir accès à mon sac de munitions et avec les mains attachées ça risquait d'être compliqué ...
Mon mari me jeta sur la couche du second de Jack, bon sang, elle ne changeait donc jamais ses draps cette fille ?! Misère, ça sentait le chien mouillé là-dedans !
Je croyais qu'il allait en profiter pour accomplir sa besogne tout de suite mais il me ligota les pieds si bien que je ressemblais à un saucisson.
- Je reviens te voir dans quelques instants, j'ai un ou deux petits détails à régler avant de fouiller tes entrailles hum ... A tout de suite !
Il ferma la porte derrière lui et la bloqua avec quelquechose de lourd, je ne savais pas ce que c'était.
Pendant ce temps, je me trémoussai comme un ver histoire de tomber du lit et d'avoir accès à mon sac qui était caché dessous. Naturellement ma tête fit un gros boum parterre quand j'atterris sur le plancher de bois, allez aussi ouvrir un sac de voyage avec les mains attachées dans le dos, c'était d'un pratique tiens ! Après trois minutes d'effort, je réussis enfin à ouvrir la fermeture éclair. Un coup de chance pour moi, j'avais laissé une arme blanche que je peinais à saisir mais qui une fois entre mes doigts moites, m'aida tout de même à me délier de ma corde en peu de temps. Les secondes étaient comptées, Lorenzo pouvait revenir à tout moment.
Je me saisis vivement de mon 9mm, mis une grenade dans chaque poche, mon couteau coincé dans ma ceinture, et me postai derrière la porte pour attendre le retour du monstre. Il m'avait toujours pris pour une imbécile incapable de rien faire de ses dix doigts, toujours inférieure au mâle qu'il était et bien là il allait être ravi du voyage, les temps avaient changé.
J'attendis dix minutes sur le qui-vive quand je perçus enfin le bruit de l'objet lourd que Lorenzo déplaçait à nouveau. Il ouvrit la porte en grand comme un assaillant pénétrant en pays conquis et oh surprise, mon arme était braquée sur sa tempe ! Mon mari prit un teint cramoisi, j'espérais qu'il garderait le même une fois que je l'aurais tué, ça lui allait à ravir...
Cinq minutes plus tard, après lui avoir asséné un bon coup sur le crâne, en somme c'était un prêté pour un rendu, c'était lui qui se retrouvait attaché au grand mât, emmailloté comme une rosette de Lyon avec en prime une grenade dans la bouche pour le côté décoratif.
Ficelé comme il était, il ne risquait pas d'aller loin ni de se libérer tout seul. J'avais pris la précaution de vérifier ses poches, et surtout d'avoir récupéré la télécommande de la bombe. Je me précipitai donc pour aller libérer Daniel qui se trouvait toujours dans la cale.
- Daniel c'est moi ! Tout va bien ??
Pas de réponse.
Je m'approchai pour aller le secourir, le coup de poing de tout à l'heure avait peut-être été plus violent que je ne l'avais évalué au départ, il avait dû tomber dans les pommes. Le peu d'éclairage dans la cale ne m'aidait pas beaucoup, je distinguais les liens de corde, le paquetage avec les bâtons de dynamite, et compris bien vite que là encore j'étais arrivée trop tard.
Un liquide chaud et épais dégoulinait sur le visage de Daniel, un trou béant entre les deux yeux, le monstre avait encore frappé sournoisement. Muni d'un silencieux, Lorenzo avait oté la vie de Daniel pendant que je me débattais pour me libérer. Je poussai alors un cri de rage et de désespoir comme jamais je n'en avais exprimé.
Je remontai en furie sur le pont, les yeux baignés de larmes, j'allai réveillé le monstre.
Le petit jour commençait à poindre au loin, je perçus le bruit d'un petit bateau à moteur qui approchait mais l'instinct de violence fut le plus fort. J'arrachai la grenade de sa bouche, Lorenzo éclata de rire en comprenant que je venais de découvrir le corps inanimé de Daniel, c'en était trop, il ne rirait pas une fois de plus. Je ne lui laissai pas le temps de prononcer la moindre parole et me saisis de mon couteau. Je plantai l'arme blanche dans sa poitrine et y créai une ouverture béante qui lui arracha un cri abominable, et j'allai fouiller à l'intérieur de sa poitrine pour lui arracher le coeur. La douleur fut si intense qu'il perdit conscience quasi immédiatement en même temps que la vie.
Le bourreau ne nuirait plus jamais ...
A suivre ...
11 commentaires:
Ben..........
Quand tu te lâches, tu te lâches, Sco !
Terrible, tout ça, brrr !
Tu me tues pas au prochain épisode, dis ?
Besos quand même, mais cool raoul ^^
Jack :-(
Comment ça cool Jack mais non, tu es génial Sco' !
ça c'est une femme, une vraie !
Force, intelligence et savoir faire, tout y est, j'adore !!!!!!!!!!!!!!!
J'espère que le Lorenzo à quand même souffert une bonne seconde, sinon y a plus de justice !
La vengeance est un plat qui se mange froid dit-on et avec toi c'est pas du réchauffé !
Terrible pour Daniel, là ça me fiche un coup, je m'étais habitué et je l'aimais bien....
Et le bateau de Jack est sauf, ouf !
Bon maintenant, ça te laisse du temps pour acheter tes cadeaux de Noël !
Du sang, des larmes, de l'action ça commence à devenir intéressant, bravo !!!!!!
Je t'embrasse parce que tu le mérites....
Waouh, tu fais pas dans la dentelle Sco !!! Pauvre Daniel, c'est triste de finir comme ça... je verserai presque une larmichette tiens !! en tout cas ça fait un prétendant en moins !!! et puis... ce qui est bien dans l'histoire c'est que tu as préservé le rafiot !!!
Je crois qu'on arrive trop tard non ?
pétard... 2 morts... un chien mouillé... et une besogne non accomplie...
ça chauffe chez toi...pffffiouuuuuuu... :)
Super, je ne suis plus le seul mort !!
Cela dit, tu avais prévu un vêtement de rechange j'espère ? Parce qu'au couteau, ça gicle... Et le sang, ça salit...
La vache ! tu fais pas dans le détail... bon ok Daniel y a laissé sa peau, mais tu as enfin eu celle du monstre (c'est pas domage... moi j'aurai oublier l'option ligoté au mat pour tailler dans le vif).
Hooo ! même pas une tite explosion du bateau.. gnourfff suis déçue ^^.
Bon boulot Sco'
Jack : ah non je comptais pas te tuer au prochain épisode, y'a assez de morts comme ça pour l'instant !
Bises aussi.
Zélie : si l'épisode te ravit tant mieux, moi aussi je me suis bien éclatée à l'écrire et y'a encore une surprise en réserve pour la prochaine fois.
Bisous.
Ysa : pauvre Daniel, tu vas rire mais ça fait bizarre de faire mourir ses personnages, moi aussi je l'aimais bien.
Au contraire vous arrivez juste au bon moment !
Charles : quand c'est branle-bas de combat, je ne fais jamais les choses à moitié !
Didou : alors heureux, ton rival va te tenir compagnie là-haut !
Enfin, quand on se la joue boucherie, on ne prévoit pas forcément de tenue de rechange, j'ai pas fait comme Dexter qui se met son tablier en plastique avant de découper ses victimes, je donne dans l'artisanal moi monsieur !!! Donc, faudra que je me débarbouille la figure et pour le T-shirt propre Ysa m'en prêtera un.
Maia : pour le bateau de jack, il peut encore y avoir des étincelles, moi je dis ça, je dis rien ...
Même prise en cours, cette histoire a du mordant !! Quoique mortelle !! :)
Bises
Colombine
Colombine : il est vrai que sur ce coup là pour être mortel ... c'est sans retour c'est certain !!
Bises aussi.
Et moi je lis ça à huit heure du matin... juste apres mon café! Whou ! Ca dépote ! Mais quelle nana cette dame Sco'! Bravo!
Cat : j'espère que tu as l'estomac bien accroché. Désolée !!
Remarque j'ai écrit la scène juste après déjeuner l'autre après-midi et le café est bien passé quand même ...
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