vendredi 19 mars 2010

Edit de l'auteur

Face au faible empressement de mes bien-aimés lecteurs à venir me faire un petit coucou pour me donner leurs avis sur ma nouvelle histoire, je vais raccrocher les pinceaux pendant quelques temps et me consacrer à la suite de mon roman. Je reprends la tenue de combat et au boulot, j'ai quelques ennemis à tuer car si je ne le fais pas, c'est mon agent qui va me passer à la moulinette à gruyère ...

Pour ceux qui veulent papoter, je suis toujours joignable par mail, vous connaissez l'adresse !

A dans quelques jours ...

Cordialement,
Dame Sco'.

mercredi 17 mars 2010

Premier échange ...

Ce matin là, le photographe s'attendait à trouver Dame Sco' avec son chevalet et ses pinceaux en train de peindre une toile aux couleurs oscillant entre le saphir et l'émeraude. Au lieu de cela, la peintre l'attendait patiemment assise sur une couverture étalée à même le sable.
Vers 11 heures, le soleil déjà haut dans le ciel ne la réchauffait pourtant pas, l'air encore frais pour ce jour d'avril la faisait régulièrement frissonner. Mais elle ne bougerait pas de là tant qu'elle ne l'aurait pas revu, pas tant qu'elle ne lui aurait pas parlé. Toute la nuit, elle y avait songé, il fallait qu'elle sache qui il était et qu'elles étaient ses motivations.
Elle relisait pour la dixième fois la même page de livre, incapable de se concentrer sur le déroulement de l'histoire quand elle l'aperçut. Le photographe traversa la plage pour venir à sa rencontre, le sable ralentissait ses pas. S'il avait pu voler jusqu'à elle, il l'aurait fait sans hésiter.
L'homme prit place silencieusement à ses côtés. Ils contemplèrent tous les deux la mer pendant quelques minutes, incapables l'un comme l'autre de prononcer la moindre parole.
Puis rassemblant son courage, D.S entama la conversation. Tournant brusquement son regard vers lui, sondant les yeux bleus qui la scrutaient avec intensité, ses paroles se déversèrent alors comme les vagues sur le sable.
— Comment vous appelez-vous ? demanda-t-elle d'une voix douce.
— Edouard ... murmura-t-il. Et vous ?
— Andrea ... Je voudrais savoir pourquoi êtes-vous venu me chercher jusqu'ici Edouard ?
La question lui brûlait les lèvres depuis la veille au soir, elle espérait obtenir une réponse franche et directe.
— Je ne sais pas ... Enfin si, je voulais ... vous remercier ... pour la toile mais ...
— Mais  ? insista-t-elle.
— Il n'y a pas que ça en effet. J'ignore comment vous l'expliquer sans passer pour un fou.
— Essayez toujours, l'encouragea-t-elle. Je vous promets de vous écouter jusqu'au bout et de ne pas vous interrompre dans vos explications.
Elle lui sourit, il se sentit en confiance.
— Et bien tout a commencé avec les clichés que j'ai pris de vous quand vous peigniez à Giverny. J'ai été littéralement subjugué par votre image. Je ne vous connaissais pas et pourtant, votre portrait m'était familier alors j'ai pris autant de photos que possible pour pouvoir les analyser plus tard. Mais les images ne m'ont rien dit, il fallait que je vous retrouve, que j'entende votre voix pour comprendre. Alors j'ai posé des questions à la conservatrice du musée pour savoir si elle vous connaissait et où je pourrais vous joindre. J'ai écumé toutes les plages depuis St Malo jusqu'à ce que je vous trouve enfin.
Edouard leva les yeux vers Andrea, elle lui fit signe de continuer.
— Malgré tout, je n'ai pas d'explication logique à mon comportement, vous devez penser que je suis complètement dingue de courir ainsi après une femme que j'ai pris en photo. Depuis que je vous ai vue, je suis comme aimanté par votre personne. J'ai beau lutter, vous revenez en boucle dans mon esprit au point que je me demande si je ne commence pas à perdre la raison, ajouta-t-il en riant.
— Rassurez-vous, je ne pense pas que vous soyez fou. Je fais partie de ces personnes qui croient à la destinée. Il doit sûrement y avoir une explication logique à notre rencontre, c'est juste qu'elle ne nous apparait pas encore clairement voilà tout...
Marchons un peu voulez-vous ? J'ai besoin de me réchauffer, le soleil n'est pas aussi brûlant que je le croyais.
Andrea se mit gracieusement debout et tendit la main à Edouard pour l'aider à se relever. Il s'en saisit et une sorte de courant électrique passa entre eux d'une paume à l'autre jusqu'à traverser leurs corps respectifs. La peintre piqua un fard, le photographe baissa les yeux quelques instants.
Le début de l'explication venait peut-être de se produire ...

A suivre ...

mardi 16 mars 2010

Petit moment de douceur ...



Petit intermède fleuri et musical en attendant la suite de l'histoire du D.S et du photographe ...


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Cordialement,
Dame Sco'.

dimanche 14 mars 2010

Comme un parfum de promesse ...

Par réflexe, le photographe se mit à courir pour attraper le chapeau balloté par le vent. Au bout de quelques minutes d'une course folle, il réussit enfin à l'attraper. Il s'était éloigné de la peintre d'environ une bonne centaine de mètres.
Il craignait qu'en se retournant pour revenir vers elle, cette dernière ne fut plus là, il s'imagina qu'elle aurait disparu emportée elle aussi par une bourrasque.
Rien qu'à cette idée, son coeur se serra douloureusement dans sa poitrine. Reprenant courage, il pivota sur lui-même pour affronter la réalité.
Son angoisse soudaine s'évanouit cependant quand il se rendit compte qu'elle n'avait pas bougé. Toujours à la même place, les pieds dans le sable, la main en visière pour se protéger du soleil, elle l'attendait patiemment. Lui fut ébloui non pas par la clarté de l'astre solaire mais plutôt par la silhouette de D.S. dont le dessin se faisait plus précis à mesure qu'il se rapprochait d'elle.
La peintre affichait toujours un beau sourire, il ne put s'empêcher de le lui rendre. Un instinct de bonheur fit brusquement surface chez le photographe. Son coeur se mit à sourire lui aussi, comme jamais auparavant il ne l'avait ressenti.
Arrivé à la hauteur de la femme, il remarqua sa peau couleur de porcelaine qui contrastait étonnement avec le brun profond de ses yeux couleur chocolat fondu. Des mèches ondulées échappées de son chignon virevoltaient autour de son visage. Il eut l'impression qu'elle l'attendait depuis toujours...

D.S de son côté avait cru à une hallucination quand elle avait aperçu le photographe, comme si l'homme qu'elle avait peint, avait finalement pris vie sous ses yeux. La joie irradia dans ses veines.
Depuis Giverny, elle n'avait cessé de penser à lui, de se demander qui il pouvait être, quelle vie menait-il ? Avait-il une famille et des enfants ? Quelles étaient les motivations qui avaient poussé cette homme à fixer son image ? Elle qui se voyait comme une femme ordinaire, ne comprenait pas l'intérêt de cet inconnu à son égard. Peut-être la trouvait-il jolie ...
Un élément la tarabustait tout de même : pourquoi lui avoir offert cette toile ? Elle s'escrimait depuis plusieurs jours à ignorer le sens de cet acte, elle qui gardait toujours précieusement ses toiles ...
Elle lui avait fait cadeau d'une part infime de son talent artistique. A bien y réfléchir, D.S espérait secrètement qu'il la retrouve ... Cette toile représentait une sorte de bouteille à la mer, comme un chemin de petits cailloux blancs disséminés derrière elle, D.S avait joué au petit poucet.

Le photographe tendit le chapeau à DS, elle le récupéra d'un geste souple et le remercia d'une voix mélodieuse. L'homme, lui, resta muet d'admiration, incapable d'articuler un mot, lui qui avait fait tant de chemin pour la voir, il ne put que lui sourire. A l'évocation de Giverny quand elle s'assura que c'était bien "son" photographe, il souffla un oui quasiment inaudible. Les mots n'arrivaient pas à sortir de ses lèvres, la timidité l'avait envahi comme un gamin amoureux.
Sans même réfléchir, elle lui dit que le lendemain matin, elle irait peindre à St Jacut de la mer, le vert émeraude de l'eau y était incomparable. Elle lui proposa de venir la retrouver pour bavarder et faire plus ample connaissance...

La nuit qui suivit, le photographe trouva difficilement le sommeil, il se trouvait imbécile de ne rien avoir trouvé d'intelligent à dire, il se serrait mis des claques mais au moins il était heureux qu'elle n'ait pas fuit en le voyant... Et encore ... heureux ... le mot était faible pour qualifier les bonds que faisaient son coeur rien qu'à la pensée de la revoir le jour suivant. Il avait tant de questions à lui poser lui aussi, en attendant il ferma les yeux pour contempler les images d'elle qu'il avait imprimé dans son esprit.

A suivre ...

vendredi 12 mars 2010

Rencontre ...

Au volant de sa voiture, le photographe avalait les kilomètres d'autoroute qui le séparaient de la côte bretonne. Pour une fois, le paysage lui était indifférent, il gardait les yeux fixés sur le bitume mais son esprit était ailleurs. Rêvasser pourrait lui faire avoir un accident mais il s'en fichait comme d'une guigne. L'unique chose qu'il gardait en tête c'était l'image obsédante de la peintre qu'il ne parvenait pas à chasser, ni de ses yeux ni de son objectif d'appareil photo, partout, elle était là...

En une matinée, il fut rendu sur place, mais le plus difficile l'attendait encore en cette chaude journée d'avril : trouver à quel endroit elle pourrait aller peindre ! Il lui fallait d'abord écumer le lieu touristique majeur à savoir les remparts de St Malo. Il y alla par acquis de conscience. Mais en son for intérieur et même si le site était magnifique, il savait qu'elle préfèrerait un endroit plus calme pour jouer avec ses pinceaux et ses couleurs. Fatigué de sa journée de voiture et de marche à travers la cité, il alla prendre une bonne nuit de repos, il aurait peut-être une bonne intuition pour le lendemain matin ...
Deux jours durant il écuma les plages : St Briac, St Jacut de la mer, St Cast et tant d'autres qu'il en avait des ampoules aux pieds. Au troisième jour, il décida de pousser ses investigations jusqu'aux Sables d'or, il n'était pas loin de renoncer quand tout à coup, le miracle eut lieu sous ses yeux.
Un chevalet planté au milieu du sable, une longue silhouette fine avec une robe printanière, un grand chapeau de toile blanche créant une ombre sur ses épaules, une main agile étalant les couleurs sur la toile ...
Il ne lui en fallut pas plus pour la reconnaître.
Son coeur se mit à s'agiter dans sa poitrine. Il marqua un temps d'arrêt pour rassembler tout son courage afin d'aller à sa rencontre, il ne pouvait plus reculer ...
Une violente bourrasque fit envoler le chapeau. La femme se retourna dans la direction du photographe. Elle s'arrêta net dans sa course, elle avait également reconnu son modèle.
Un frisson parcourut le dos du photographe quand elle lui adressa un de ses plus jolis sourires ...

A suivre ...

jeudi 11 mars 2010

A la poursuite de l'artiste peintre ...

Le photographe tenta de reprendre contenance devant la conservatrice du musée Monet. Il se devait de ne pas ressembler à un fou furieux psychopathe s'il voulait obtenir l'information pour laquelle il avait pratiquement couru. Il prit un air dégagé et tenta de reprendre le contrôle de sa respiration devant la conservatrice qui le toisait des pieds à la tête.
— Que puis-je pour vous ? interrogea-t-elle.
— Ma requête est un peu délicate et j'espère que vous pourrez m'aider.
— Je vous écoute ...
— Une femme ... une peintre m'a offert cette toile tout à l'heure, dit-il en désignant le tableau. Je voudrais savoir si vous la connaissez afin de pouvoir la remercier.
La conservatrice jeta un oeil attentif à la toile.
— Vous avez au moins remarqué qu'elle a apposé ses initiales au bas de la toile ? demanda-t-elle derrière ses lunettes en demi-lune.
— Oui, je sais bien ... mais D.S. , moi ça ne me dit pas grand-chose. Je ne suis pas Sherlock Holmes vous savez, dit-il en esquissant un sourire gêné.
Le photographe eut une sueur froide dans le dos rien qu'à l'idée de son ignorance envers une artiste peut-être connue ...
— Si vous ne connaissez pas son nom, sans doute pourriez-vous me la décrire ?
La conservatrice avait décidément envie de jouer avec ses nerfs mais elle se devait de vérifier ses suppositions.
Sans hésitation, l'homme dressa le portrait de la peintre, il avait assez pris de clichés dans la journée pour pouvoir la décrire les yeux fermés.
— Grande, plutôt mince, une robe bleue à fines bretelles, brune avec les cheveux relevés en un chignon négligé ...
Il garda pour lui le sourire à tomber parterre et les yeux couleur chocolat fondu, la conservatrice n'aurait pas cru une seule seconde à un intérêt purement artistique avec une description si détaillée.
— Eh bien si c'est la femme à laquelle je pense, il ne peut s'agir que de Dame Sco'. Elle est même passée me saluer ce matin comme à chacune de ses visites .
— Quand reviendra-t-elle ? hasarda le photographe.
— L'année prochaine à la même date.
— Evidemment ça ne m'aide pas ... Savez-vous où je pourrais la trouver ?
La question était déplacée mais il n'avait pas le choix, sa tranquillité d'esprit en dépendait.
— Je ne peux pas vous donner ses coordonnées parce-que je ne les possède pas et même si je les avais, je ne suis pas habilitée à vous les communiquer, dit la conservatrice en sourcillant.
Cela dit, je peux vous dire qu'elle compte se rendre à dans les environs de St Malo dans les prochains jours. Dame Sco' y sera pour quelques semaines m'a-t-elle dit car la mer est une grande source d'inspiration chez elle.
— Hum ...les environs de St Malo sont vastes, elle n'a rien dit de plus ?
— Eh non cher monsieur, il va vous falloir arpenter la côte d'Emeraude, j'en ai bien peur...

Sur ce le photographe repartit avec sa toile sous le bras en prenant soin de remercier la conservatrice pour son amabilité. Il savait que la distance en kilomètres serait longue mais il ne pouvait pas en rester là. Impossible d'aller contre son impulsion de départ. Il s'était décidé dans la minute, il fallait qu'il aille dans les Côtes d'Armor à la recherche de cette femme mystérieuse sinon il se doutait qu'il en perdrait la raison ...
Mais s'il arrivait à la retrouver ... qu'allait-il lui dire ? Quel argument invoquer afin de ne pas paraître la persécuter ? Pas grave, il avait 400 km à faire pour y réfléchir et puis parfois rien de tel que l'improvisation, il était un homme plein de bon sens en temps ordinaire. Il saurait sûrement trouver quoi dire ... Il pourrait même mettre ses actes sur le compte d'un destin tout tracé ...

A suivre ...

mercredi 10 mars 2010

Suite nénupharesque !

Sitôt que j'eus tourné les talons et me fus éloignée dans le jardin avec tout mon attirail de peintre sous le bras, l'homme se précipita vers le pont.
Il pressait le pas de peur que quelqu'un ne le devance et ne lui prenne la toile qui lui était destinée. Il s'en empara aussi rapidement qu'un voleur hâtif de mettre son butin à l'ombre.
Le photographe avait bien compris mon manège comme j'avais compris le sien.
Aussi ne fut-il pas étonné de se voir représenté debout sur le pont vert dominant les nénuphars, un appareil photo cachant son visage .... mais de sa silhouette élancée, il s'aperçut bien vite que mon oeil aiguisé de peintre n'avait perdu aucun détail physique le concernant.
L'essentiel était représenté : la chevelure plutôt foncée, la chemise blanche, le pantalon de lin beige jusqu'à la montre métallique à son poignet gauche dont le cadran jouait avec le soleil. Le seul détail manquant résidait dans l'expression du visage et la couleur des yeux, histoire de garder une part de mystère sans doute ... Omettre ces éléments laissait la porte ouverte à un imaginaire fertile comme le mien : un homme sans âge que je devinais plutôt beau, sorti de nulle part et qui s'amusait à photographier une peintre, cela n'avait rien d'ordinaire ... Donc, à modèle hors du commun, toile originale, cela allait de soi ...
L'homme analysa rapidement la toile et fut saisi d'un sentiment d'urgence. Il fallait qu'il sache qui elle était avant qu'elle ne reparte vers d'autres horizons inconnus. Le photographe retraversa tout le jardin en courant presque avec son tableau à la main. Il se dirigea sans hésiter vers le bureau de la conservatrice du musée Monet ... peut-être saurait-elle qui était la femme dont il n'avait cessé de prendre des clichés toute la journée.
D'ailleurs pourquoi s'était-il obstiné à fixer son image sous toutes les coutures ?!
A vrai dire, il n'en savait strictement rien et ne voulait surtout pas se hasarder à se poser des questions. Tout ce qu'il souhaitait c'était savoir où la retrouver ...

A suivre ...