Nous escaladâmes le mur d'enceinte facilement, j'avais prévu des boulettes soporifiques pour endormir les chiens parce-que le jardin était peuplé de créatures telles les dobermans d'Higgins !
Raphaël ne me lachait pas d'une semelle, avançant dans mes pas entre les arbres, il ne soufflait mot mais je le sentais tout proche.
Je lui fis signe que nous allions entrer par la porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse, il me suivit sans sourciller. Avant de fracturer la porte qui ne me prit que 30 secondes car quand on avait le matériel adéquat c'était forcément beaucoup plus simple, je déconnectai l'alarme de la maison.
Nous aurions voulu cambrioler la villa que nous aurions procédé de la même manière.
Je prénétrai dans le grand séjour en premier et me retournai vers Raphaël en chuchotant :
- Tout va bien de votre côté ?
- Parfait, on peut continuer. Je vous suis.
J'opinai et reprîs ma progression dans la maison, tout à coup, j'entendîs craquer l'escalier qui menait aux étages, suivi d'un gros baillement étouffé. La lumière s'alluma et ô misère ça se compliquait ! Sans avoir eu le temps de nous cacher, nous tombâmes nez à nez avec Gabriella la cuisinière. Je n'eus pas le temps de réagir moi-même que Raphaël avait déjà dégainé son arme et abattu la vieille femme. La fièvre avait sacrément diminué mes réflexes et ça m'agaçait prodigieusement.
L'idée de tuer Gabriella m'avait gêner aux entournures depuis le début mais il ne fallait pas laisser de témoins. Comprenant ce qui me trottait dans la tête, Raphaël posa sa main sur mon épaule :
- Je l'ai fait pour vous simplifier les choses, vous m'en voulez ?
- Je ne sais pas, on en reparlera plus tard ...ça fait partie des dommages collatéraux de toute façon.
Et à cet instant la cavalerie composée des sbires de Don Roberto débarqua aussi au milieu du salon, le bruit les avait attiré.
Je dégainai à mon tour et arrosait la pièce avec la mitraillette que j'avais emportée avec moi.
- Et de six ! On continue ?!
J'esquissai un demi-sourire et Raphaël m'emboîta le pas jusqu'à la chambre de Don Roberto qui se trouvait à l'étage. Le parrain étant tombé très malade, il était dorénavant cloué sur un fauteuil roulant et ne pouvait plus se déplacer sans aide.
Je m'arrêtai quelques secondes devant sa porte en me demandant si achever un homme à l'article de la mort me donnerait une réelle satisfaction, le sentiment de la vengeance accomplie était souvent bien amer une fois la cible supprimée. J'ouvrai la porte, Raphaël était toujours sur mes talons.
Je lus la surprise de Don Roberto en me voyant débarquer dans sa chambre sans y avoir été invitée.
- Sco' mais qu'est-ce que tu fais ici ? C'est quoi tout ce bazar en bas ? Tu as amené tes ennemis à la maison ??!!
- Oh arrêtez de jouer la comédie ! Je suis au courant de tout.
Mes intentions premières n'étaient pas de le laisser parler puisque Raphaël devait l'abattre dès qu'il en aurait l'occasion.
- Au courant de quoi ? Je ne comprends rien ? Et puis c'est qui lui ? Ton aide de camp ??
Me tournant vers mon acolyte :
- Raphaël vous lui dîtes ou je m'en charge ?
- Et bien comme vous m'y invitez Sco', je vais m'exécuter !
Le regard de Raphaël s'était animé, les prunelles incandescentes, la soif de vengeance se lisait sur ses traits.
- Nous sommes ici pour que vous payiez enfin vos crimes ... ceux de nos parents entre autre ...
Don Roberto s'enfonça dans ses oreillers, il comprît qu'il n'allait pas sans sortir à si bon compte cette fois. Son expression se figea.
Raphaël continua sur sa lancée :
- Je suis Raphaël Carter et vous avez assassiné mes parents pour garder le monopole dans vos petites affaires illégales. Quant à Sco', je lui ai montré des preuves, des photos où l'on vous voit nettement tirer sur ses parents. Vous en voulez plus ou je me m'arrête là ?
- C'est bon inutile de jouer la comédie plus longtemps, tout est vrai, ça vous va ? Sco' je savais pertinemment qu'un jour tu te retournerais contre moi, quel gâchis, j'ai perdu mon temps avec toi ! Mon plus grand regret c'est que tu aies épousé mon fils, j'aurais dû t'abattre bien avant. Maintenant finissez-en tous les deux !
Le vieillard était furibond et mauvais, la haine dansait dans ses yeux.
Incrédule, je pensais qu'il allait chercher à se disculper, j'entendais d'autres bruits de pas au rez-de-chaussée de la maison, il fallait agir vite.
La froideur de sa réponse me glaça le sang pendant que ses autres hommes de main grimpaient à l'étage. Raphaël hésita un instant sur l'attitude à adopter. Je me précipitai en direction du couloir pour exterminer le reste du personnel, ce qui fut aisé car ils n'avaient aucun moyen de se mettre à couvert. Tout fut réglé en moins de deux minutes.
Je revins sur mes pas jusqu'à la chambre, Raphaël tenait toujours Don Roberto en joue. Ne pouvant pas articuler grand chose à part un "je vous déteste" en direction de ce vieux fou furieux, je fis un signe de tête qui donna le feu vert à mon compagnon pour qu'il ouvre le feu.
Ce fut rapide, une balle dans le coeur par Raphaël, une balle entre les deux yeux par moi et ce fût fini. Il n'y avait plus âme qui vive dans cette maison à part nous. J'avais au moins épargné à mon ex beau-frère, Didou, la vue de ce massacre, par chance il était absent et c'est sans doute lui qui voudrait me massacrer après quand il saurait ce que j'avais fait...
Nous quittâmes ensuite rapidement les lieux, disposant ça et là des charges explosives pour faire sauter la villa et qu'aucune trace ne subsiste.
Raphaël et moi regagnâmes la Mercedes aux vitres fumées, je me sentais comme dans du coton tandis que malgré l'éloignement qui se faisait de plus en plus grand, le bruit de l'explosion m'assourdît littéralement ...
Mon comparse roula en direction de la plage la plus proche, nous avions besoin l'un et l'autre de prendre l'air après ce que nous venions d'accomplir. J'étais plus ou moins dans un état second, Raphaël restait désespérement silencieux. Nous avons marché un long moment dans le sable sous l'éclairage de la lune qui était pleine cette nuit là.
Après plusieurs minutes, Raphaël décida de rompre le silence :
- Comment vous sentez-vous ?
- Vidée et abasourdi, et vous ?
- Insatisfait.
- Ah bon ? Pourtant nous avons atteint le but que nous nous étions fixé, je ne vous suis pas tout à fait.
- J'aurais dû l'étriper pour ce qu'il a osé vous dire, c'était ignoble. Sa mort a été trop douce.
- Ne vous en faîtes pas pour ça, c'est le genre de choses que j'étais susceptible d'entendre en venant ici, même si j'espérais que l'issue serait différente, vous ne vous étiez pas trompé sur son compte. C'est peut-être ça le pire pour moi ce soir, d'avoir vécu dans une chimère pendant tant d'années, il n'était pas le vieil homme bienveillant en lequel j'avais toute confiance ...
Tout à coup je me mis à trembler, presque à convulser, j'étais à bout nerveusement, j'éclatai en sanglots. Raphaël s'approcha de moi et me prît dans ses bras.
- Je me demandais quand vous alliez vous autoriser à craquer, dit-il.
- C'est ... c'est ... épouvantable !
- Je sais mais le cauchemar est fini, avec du temps vous pourrez passer à autre chose. Tranquillisez-vous, il n'a eu que ce qu'il méritait.
Et je me mîs à pleurer de plus belle, les larmes dégoulinaient sans que je puisse les arrêter. Raphaël et moi nous assîmes dans le sable et il me berça comme un bébé en caressant mes cheveux. Jusqu'au petit matin nous restâmes assis au même endroit sans avoir la force de bouger en attendant le lever du soleil ...
A suivre ...
8 commentaires:
Cette mission là va certainement laisser des traces... quoi que.... bercée dans les bras du beau raph, avec pour décor la mer et le sable..... ça le fait non....puis y a le bateau du pirate qui fait route vers toi....ah moins que le Didou ne t'attrapes avant ou que tu voies débarquer Charles....oh la la ça en fait du monde tout ça....je sais plus ou j'habite tiens !!!
Ysa : et puis t'as oublié Daniel dans le lot tiens !
J'aime bien ton métier, tu respectes les animaux.....
Juste des boulettes pour les endormir,je vais t'appeler Brigitte !
Mais les autres, waouuuuuuuuuu vous n'y allez pas de main morte mais bon pour une nuit sur la plage avec le beau Raphael,il faut bien faire quelques sacrifices !!!
C'est drôle depuis quelques temps je t'imagine plus en A Hepburn qu'en Mme Pitt !!
ça c'est l'imagination du lecteur...
Bises et bonne nuit, et merci de me faire reprendre goût aux romans policiers !!!
Virginie : Mme Pitt a en effet tendance à s'attendrir et à devenir un peu plus humaine depuis quelques temps, cela dit le boulot reste le boulot !!! Euh ... par contre Brigitte Bardot très peu pour moi merciii !!! Et puis les chiens ont sauté avec la maison du coup pfff !
Tu me classes dans les romans policiers ... mouais ... en fait je ne sais pas trop dans quelle catégorie me classer. Quelqu'un a une idée du genre de choses que j'écris parce-que je n'arrive pas à me mettre dans une catégorie spéciale ??
Bises et bonne journée.
aah ces jeunes alors.... ils arrivent.. arrosent à tout va.. et ensuite récoltent les larmes de ces coeurs fragiles
bises
Charl' : tu me le joues version poète ce matin ??
Bises aussi.
Euh, c'est pas mon papa que tu viens de zigouiller ?
Passque si c'est vrai, ça mérite un peu vengeance, tu crois pas ?
Didou : oui très cher, c'est ton petit papa que je viens de zigouiller ... En même temps, je comprends pourquoi t'étais fâché avec lui depuis si longtemps, tu devais savoir quelquechose que t'as pas voulu me dire !
Vengeance si tu veux, je t'attends !
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