Sa pseudo trahison me laissait bien morose mais là a priori nous étions logés à la même enseigne puisque Derek venait de lui signifier son exécution tout comme à moi d'ailleurs.
Les hommes qui accompagnaient Derek prirent leur rôle très à coeur puisqu'ils malmenèrent violemment Raphaël et le rouèrent de coups. Un bel excès de zèle qui le laissa plié en deux sur le sable se tordant de douleur, du sang dégoulinait de son crâne, mon compagnon se trouvait dans un état pitoyable, j'eûs envie de me précipiter vers lui pour l'aider malgré tout mais Derek me retînt. Il souhaitait se charger de moi en personne ...
Le général me ligota solidement les mains dans le dos et m'entraîna dans la jungle sous la menace de son arme. Nous marchâmes une bonne demi-heure quand il décida de s'arrêter net au milieu de la végétation qui s'était densifiée. Je me retrouvai alors face à lui, son visage emprunt de colère contrastait étonnement avec celui de son frère dont émanait tant de douceur. C'était comme si j'avais eu Dr Jekyl et Mr Hide dans mon proche entourage, beurk !
Je sentais que ma fin se rapprochait inéluctablement, je n'avais jamais songé finir aussi bêtement, piégée par un acteur minable sur une île paradisiaque, totalement désarmée car pour une fois, mon révolver dormait bien sagement dans ma table de nuit à l'intérieur de la maison.
- Alors Sco', on fait moins la maligne maintenant, ricana-t-il.
- Bof, il faut bien mourir un jour, alors faîtes votre boulot et n'en parlons plus.
Ma remarque le désarçonna, il ne s'attendait sûrement pas à autant de fatalisme de ma part. Derek tournicotait autour de moi comme une araignée qui tissait sa toile, il m'agaçait franchement mais je ne fîs rien paraître. Il reprît alors son petit laïus :
- Votre flegme m'étonne. Au départ je me demandais ce que mon frère pouvait bien vous trouver, d'accord vous êtes une belle femme mais au delà de ça, il n'y a donc pas que l'attirance physique qui prédomine. Vous êtes aussi une femme intelligente, certes un aimant à problèmes aussi, mais j'admire votre logique et votre stratégie dans votre boulot. Vous ne laissez rien au hasard ... à part moi. Et c'est bien là votre erreur, vous m'avez sous-estimé.
- Pour moi vous n'êtes qu'un acteur prétentieux et insignifiant, Daniel est bien mieux que vous, voilà pourquoi je n'ai eu cure de vos menaces idiotes.
- Pas si idiotes que ça finalement ?
- En effet, je vous l'accorde elles paraissent beaucoup moins idiotes là tout de suite maintenant. La seule chose qui m'intéresse en ce moment c'est pourquoi vous me vouez cette haine féroce.
- Si c'est la votre dernière volonté je peux y répondre.
J'acquiesçai.
- Je vais donc éclairer votre lanterne. Vous avez passé du temps à faire souffrir mon frère malgré le fait que vous lui ayez sauvé la vie en Amérique du Sud. A vrai dire, j'aurais pu y aller moi-même mais je tenais à conserver ma couverture intacte, c'est la seule chose dont je vous sois un tant soit peu reconnaissant. Et puis vous l'avez jeté comme un vieille chaussette, il s'est traîné comme une loque à vos pieds mais il ne vous intéressait plus.
- Forcément, il était fiancé à son éditrice et il ne me l'avait pas dit, je croyez que j'aime partager ?! C'est pour ça que je l'ai éjecté.
- Vous l'avez éjecté avec brio d'ailleurs pour le remplacer par Didou, Jack, Charles et je ne sais trop qui d'autre.
- Pas par vous en tout cas ! m'écriai-je rageuse.
- C'est regrettable, j'ai jalousé mon frère de vous avoir eu dans son lit vous savez.
- Je ne vous suis pas.
- C'est pourtant simple, vous manquez de perspicacité ces derniers temps ma chère Sco'. Je vous tue simplement pour que ni mon frère, ni les autres ne puissent vous avoir. Je ne tiens pas à entrer en conflit avec Daniel et je ne veux pas que d'autres hommes vous approchent, donc la meilleure solution c'est de vous supprimer.
- Mais vous êtes complètement givré !
- Oh ... si peu ! souffla-t-il. Bon vous êtes prête ? Faites votre prière, je vais tâcher d'être bref et de ne pas faire de bavure, cela m'ennuierait d'abîmer un si joli visage, je vais donc viser le coeur et pas la tête ! Voyez comme je suis magnanime, ironisa-t-il.
Il caressa ma joue du plat de la main et m'arracha un baiser.
- A votre guise, marmonnai-je furibonde une fois qu'il eût fini.
Derek recula et pointa son arme droit sur moi.
Mes liens étaient malheureusement tellement serrés que je ne réussis pas à les défaire, j'étais perdue. Je fermai alors les yeux attendant le boom final qui me libérerait de toutes mes souffrances humaines. J'entendis alors une détonation mais curieusement, je n'avais pas mal, je me sentais plutôt bien. J'avais donc droit au paradis moi la tueuse à gages ?! On aurait tout vu décidément !
- Sco', tu vas bien ?? demanda une voix haletante.
Je n'avais pas rouvert le yeux, qui pouvait donc me secouer comme un prunier ? J'hésitai à soulever mes paupières, je connaissais cette voix, j'écarquillai enfin les yeux. Derek gisait sur le sol, raide mort.
Un ange était venu me sauver, il avait un joli sourire en coin ...
A suivre ...
10 commentaires:
quelle imagination!!!!
bon ce n'est pas moi qui t'ai sauvé car vue mon mal de dos je suis bloquée
alors qui????
biz
faire de telles choses durant le kippour....rooooo... Sco... tu sais bien que l'on n'est pas là pour te sauver avec Ysa...
Victoria : effectivement il y a des jours où j'ai de l'imagination à revendre !
Dos bloqué alors pas de boulot ??!!
Bises aussi.
Charles : bein oui j'avais oublié ce détail, mais bon les ennemis n'ont que faire des jours fériés et autres fêtes religieuses malheureusement.
faut pas rêver!!! je me shoote aux médoc, pas beau à voir!!!!
Et bien à te voir dans la jungle j'ai cru que bientôt on allait te voir à la télé pour ta libération ! et ton ange il est arrivé en hélico ?
De l'imagination à revendre oui incroyable ton histoire et bravo, une vraie saga....
Bonne journée mais reposes toi un peu quand même, tu dois être essouflée !
J'adore l'expression : "Aimant à problèmes" !
Victoria : tu veux que je te fasse un mot d'excuses pour le boulot ??
Soigne toi bien. Bisous.
Virginie : il suffit de lire la dernière phrase du texte et tu devineras aisément qui est venu à mon secours. Comme chez Charles, tous les mots sont importants dans mon histoire. Je vais finir par pondre un best-seller si ça continue ... mais parait que j'ai plus de chance de gagner un million d'euros au loto que d'être publiée alors ...
Moi essouflée ? Non je suis une vraie sportive de la littérature hum !
Didou : précise ta pensée très cher !
Sauvée à la dernière minute, mais qui est donc le magicien qui t'a sauvé la vie ?
Alors voilà... Lui il a pris le taureau par les cornes, alors que les autres se contentaient de te partager ! Il ne rigolait pas dis donc celui là...
C'est Raph, le beau, le grand qui s'est sauvagement débattu pour venir te sauver... ou un énième larron (grands dieux d'ou va-t-il sortir encore celui là) qui vient te sauver !!
Régales nous encore Sco !!
Ysa : réfléchis à la dernière phrase et tu trouveras !
Maia : tu es très perspicace !
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