mardi 29 septembre 2009

Aveux

A la vue du cadavre de Derek, j'étais tombée à genoux sur le sol, ma mort imminente m'avait sciée les pattes. Mes mains toujours liées dans le dos me faisaient souffrir car la corde qui les soudait entre elles, m'avait entamé la chair. Mon sauveur me vît grimacer et alla derechef couper mes liens. Je restai un long moment les yeux dans le vague.
- Sco', tu vas bien ? Réponds moi bon sang !
J'aurais bien voulu répondre quelquechose mais j'étais incapable d'articuler un seul mot. Je me contentai de hocher la tête en guise de oui.
- Il t'a fait du mal ?
Le voilà qui s'inquiètait plus de ma vertu que de mes bleus.
Nouveau hochement de tête négatif cette fois.
- Je t'ai déçu c'est ça ?
Comment lui faire savoir que j'étais dans l'incompréhension la plus totale, j'avais de la peine c'était certain. Ma seule réponse s'exprima dans un flot de larmes qui dégoulinaient silencieusement le long de mes joues. J'étais anéantie à l'idée d'avoir passé des heures délicieuses en compagnie de l'être qui avait pour ordre de me tuer. Un être qui avait joué son rôle à merveille, là j'étais en train de tomber dans la comédie dramatique et cela ne me ressemblait pas ...
Raphaël poussa un long soupir à fendre l'âme, il avait l'air terriblement malheureux.
- Je ne suis qu'un misérable, j'ai l'impression de t'avoir poignardée dans le dos mais si tu savais comme je regrette tout ce gâchis ...
Il se prît la tête à deux mains, je crûs qu'il allait entrer dans une crise de démence, Raphaël ressemblait à un lion en cage. Puis reprenant quelque peu son calme, il s'agenouilla près de moi.
- Sco', tu dois me faire part de tes pensées, je me sens si impuissant face à ton silence, c'est pire que tout. S'il te plait dis quelquechose, je t'en supplie ...
Un seul mot me vînt à l'esprit :
- Pourquoi ? murmurai-je.
- C'est compliqué tu sais.
- J'ai tout mon temps alors vas-y, je t'écoute.
- Bien. Au départ j'ai accepté ma mission comme beaucoup d'autres que j'ai eu à accomplir, je t'ai suivi jusqu'à Moscou, j'ai supprimé Dimitri et à la base tu devais juste te retrouver en prison pour meurtre, du moins telles furent les intentions de Derek. Mais tu as contourné le piège et tu as refilé le bébé à Jack, si bien que c'est lui qui s'est retrouvé derrière les barreaux. Alors, une autre stratégie s'est dessinée, puisque nous avions un intérêt personnel commun toi et moi, j'ai eu ordre de t'approcher, de te cotoyer jusqu'à ce que je puisse aisément te supprimer. Sauf que j'en ai été bien incapable, et tu connais la suite. Je n'avais pas prévu que je tomberais amoureux de toi, avoua-t-il dans un souffle.
- Oh ... marmonnai-je stupéfaite.
Raphaël cacha son visage dans ses mains.
- Je t'ai fait énormément de mal Sco', je suis impardonnable, je mériterais que tu me tires une balle dans la tête.
- Je n'irai pas jusque là, dis-je calmement.
Je passai alors doucement ma main dans ses cheveux ébouriffés. Raphaël releva la tête, me fixa avec intensité.
- Que ressens-tu en cet instant ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas trop, tout est assez confus. Je viens d'échapper à la mort et tu me dis que tu veux que je te tue après m'avoir avoué que tu m'aimes. Je trouve que ça fait beaucoup pour la même femme en peu de temps.
Raphaël esquissa un faible sourire.
- Me pardonneras-tu un jour ?
- Je crois ... que c'est déjà fait, tu m'as sauvé la vie, je ne peux pas t'en vouloir d'avoir obéi à un supérieur complètement ravagé. Nous sommes donc quittes pour ce qui est de ce problème.
- Sérieux ? s'étonna-t-il.
- Absolument.
Une averse tropicale se mit alors à tomber, la pluie chaude dégoulinait sur mon visage. Raphaël et moi, nous retrouvâmes rapidement trempés, inutile de chercher à s'abriter même dans cette jungle c'était peine perdue. Il m'attira alors dans ses bras et chuchota à mon oreille.
- Sco', tu n'as pas idée de la façon dont tu comptes pour moi, je ne veux te perdre à aucun prix.
- Au contraire, je commence lentement à réaliser l'ampleur de la situation et si cela peut te rassurer, je crois que tu es sur le point de devenir incontournable dans mon existence toi aussi ...
La pluie redoubla alors d'intensité, mon cerveau cessa de fonctionner lorsqu'il m'embrassa avec force, plus rien n'avait d'importance à ce moment là.

A suivre ...

7 commentaires:

Rackham Le Rouge a dit…

Ah, Sco, tu te fais du mal à écrire tout ça...Mais c'est bien écrit, j'ai un trémolo dans la voix, tu n'entends pas ?

Snirfl...

Bravo pour ton texte, on est pris au jeu et on a envie de savoir la suite.
Viiite...!

Besos galinette !
Jack

Dame Sco' a dit…

Jack : Deviendrais-tu un lecteur impatient ? Je vais finir par publier un roman complet si ça continue sur cette lancée !
Bises aussi.

Maia Luna a dit…

rhôôô c'est beau !!! Ils finirent sous un orage, à se baigner nus dans l'océan qui leur tendait ses bras ondulants, suaves... J'en rêve ! Tu vois que tu as le coeur tendre.. Bon c'est pas tout ça, mais tu fais quoi après ???!

victoria a dit…

ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants hihihihi, un peu de sexe dans tes aventure serait le summum!!!
j'adore
OUI je suis pervers
biz

Ysa a dit…

Et un de plus, personne ne résiste à Sco mais il me semble que Sco ne résiste pas non plus !!!
La suite, la suite....

Virginie a dit…

Alors là, Sco' le baiser final, on se croirait dans Autant on emporte le vent ! Tu pardonnes rudement vite quand même, à force de tendre l'autre joue, on se retrouve par terre !
t'es comme moi, trop gentille et ça nous perdra...
Bises du soir très tard....

Dame Sco' a dit…

Maia : c'est beau hein ?! Moi aussi j'en rêve en vrai mais bon ... hum ... je ne m'étendrais pas là-dessus.
Après ? Bein faut faire du ménage il me semble que la plage recèle quelques débris humains !

Victoria : un peu de sexe dans l'histoire ? Patience, j'y viens !
Mais non t'es pas perverse ...enfin quoique ... héhéhé !!!!!!

Ysa : effectivement là, Sco' n'a aucune envie de résister, en même temps faudrait être bête pour laisser filer un mec pareil, moi je dis ça, je dis rien ...

Virginie : bein si tu rejoins le com' de Victoria vaut mieux que je lui pardonne vite si vous voulez une scène sulfureuse à lire.
Trop gentille, effectivement, je le suis et ça me bouffe la vie, grrr !
Bises aussi.