mardi 29 septembre 2009

Aveux

A la vue du cadavre de Derek, j'étais tombée à genoux sur le sol, ma mort imminente m'avait sciée les pattes. Mes mains toujours liées dans le dos me faisaient souffrir car la corde qui les soudait entre elles, m'avait entamé la chair. Mon sauveur me vît grimacer et alla derechef couper mes liens. Je restai un long moment les yeux dans le vague.
- Sco', tu vas bien ? Réponds moi bon sang !
J'aurais bien voulu répondre quelquechose mais j'étais incapable d'articuler un seul mot. Je me contentai de hocher la tête en guise de oui.
- Il t'a fait du mal ?
Le voilà qui s'inquiètait plus de ma vertu que de mes bleus.
Nouveau hochement de tête négatif cette fois.
- Je t'ai déçu c'est ça ?
Comment lui faire savoir que j'étais dans l'incompréhension la plus totale, j'avais de la peine c'était certain. Ma seule réponse s'exprima dans un flot de larmes qui dégoulinaient silencieusement le long de mes joues. J'étais anéantie à l'idée d'avoir passé des heures délicieuses en compagnie de l'être qui avait pour ordre de me tuer. Un être qui avait joué son rôle à merveille, là j'étais en train de tomber dans la comédie dramatique et cela ne me ressemblait pas ...
Raphaël poussa un long soupir à fendre l'âme, il avait l'air terriblement malheureux.
- Je ne suis qu'un misérable, j'ai l'impression de t'avoir poignardée dans le dos mais si tu savais comme je regrette tout ce gâchis ...
Il se prît la tête à deux mains, je crûs qu'il allait entrer dans une crise de démence, Raphaël ressemblait à un lion en cage. Puis reprenant quelque peu son calme, il s'agenouilla près de moi.
- Sco', tu dois me faire part de tes pensées, je me sens si impuissant face à ton silence, c'est pire que tout. S'il te plait dis quelquechose, je t'en supplie ...
Un seul mot me vînt à l'esprit :
- Pourquoi ? murmurai-je.
- C'est compliqué tu sais.
- J'ai tout mon temps alors vas-y, je t'écoute.
- Bien. Au départ j'ai accepté ma mission comme beaucoup d'autres que j'ai eu à accomplir, je t'ai suivi jusqu'à Moscou, j'ai supprimé Dimitri et à la base tu devais juste te retrouver en prison pour meurtre, du moins telles furent les intentions de Derek. Mais tu as contourné le piège et tu as refilé le bébé à Jack, si bien que c'est lui qui s'est retrouvé derrière les barreaux. Alors, une autre stratégie s'est dessinée, puisque nous avions un intérêt personnel commun toi et moi, j'ai eu ordre de t'approcher, de te cotoyer jusqu'à ce que je puisse aisément te supprimer. Sauf que j'en ai été bien incapable, et tu connais la suite. Je n'avais pas prévu que je tomberais amoureux de toi, avoua-t-il dans un souffle.
- Oh ... marmonnai-je stupéfaite.
Raphaël cacha son visage dans ses mains.
- Je t'ai fait énormément de mal Sco', je suis impardonnable, je mériterais que tu me tires une balle dans la tête.
- Je n'irai pas jusque là, dis-je calmement.
Je passai alors doucement ma main dans ses cheveux ébouriffés. Raphaël releva la tête, me fixa avec intensité.
- Que ressens-tu en cet instant ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas trop, tout est assez confus. Je viens d'échapper à la mort et tu me dis que tu veux que je te tue après m'avoir avoué que tu m'aimes. Je trouve que ça fait beaucoup pour la même femme en peu de temps.
Raphaël esquissa un faible sourire.
- Me pardonneras-tu un jour ?
- Je crois ... que c'est déjà fait, tu m'as sauvé la vie, je ne peux pas t'en vouloir d'avoir obéi à un supérieur complètement ravagé. Nous sommes donc quittes pour ce qui est de ce problème.
- Sérieux ? s'étonna-t-il.
- Absolument.
Une averse tropicale se mit alors à tomber, la pluie chaude dégoulinait sur mon visage. Raphaël et moi, nous retrouvâmes rapidement trempés, inutile de chercher à s'abriter même dans cette jungle c'était peine perdue. Il m'attira alors dans ses bras et chuchota à mon oreille.
- Sco', tu n'as pas idée de la façon dont tu comptes pour moi, je ne veux te perdre à aucun prix.
- Au contraire, je commence lentement à réaliser l'ampleur de la situation et si cela peut te rassurer, je crois que tu es sur le point de devenir incontournable dans mon existence toi aussi ...
La pluie redoubla alors d'intensité, mon cerveau cessa de fonctionner lorsqu'il m'embrassa avec force, plus rien n'avait d'importance à ce moment là.

A suivre ...

dimanche 27 septembre 2009

Règlement de comptes

Comment ce bougre d'imbécile de Derek avait-il pu en arriver là ? Le frère de Daniel me vouait donc une haine sans limite, ça me faisait froid dans le dos. Une autre chose que me donnait des frissons c'était que Raphaël avait eu pour mission de me faire passer l'arme à gauche, pourquoi n'avait-il pas agi ? Qu'est-ce qui avait donc bien pu le retenir ?
Sa pseudo trahison me laissait bien morose mais là a priori nous étions logés à la même enseigne puisque Derek venait de lui signifier son exécution tout comme à moi d'ailleurs.
Les hommes qui accompagnaient Derek prirent leur rôle très à coeur puisqu'ils malmenèrent violemment Raphaël et le rouèrent de coups. Un bel excès de zèle qui le laissa plié en deux sur le sable se tordant de douleur, du sang dégoulinait de son crâne, mon compagnon se trouvait dans un état pitoyable, j'eûs envie de me précipiter vers lui pour l'aider malgré tout mais Derek me retînt. Il souhaitait se charger de moi en personne ...
Le général me ligota solidement les mains dans le dos et m'entraîna dans la jungle sous la menace de son arme. Nous marchâmes une bonne demi-heure quand il décida de s'arrêter net au milieu de la végétation qui s'était densifiée. Je me retrouvai alors face à lui, son visage emprunt de colère contrastait étonnement avec celui de son frère dont émanait tant de douceur. C'était comme si j'avais eu Dr Jekyl et Mr Hide dans mon proche entourage, beurk !
Je sentais que ma fin se rapprochait inéluctablement, je n'avais jamais songé finir aussi bêtement, piégée par un acteur minable sur une île paradisiaque, totalement désarmée car pour une fois, mon révolver dormait bien sagement dans ma table de nuit à l'intérieur de la maison.
- Alors Sco', on fait moins la maligne maintenant, ricana-t-il.
- Bof, il faut bien mourir un jour, alors faîtes votre boulot et n'en parlons plus.
Ma remarque le désarçonna, il ne s'attendait sûrement pas à autant de fatalisme de ma part. Derek tournicotait autour de moi comme une araignée qui tissait sa toile, il m'agaçait franchement mais je ne fîs rien paraître. Il reprît alors son petit laïus :
- Votre flegme m'étonne. Au départ je me demandais ce que mon frère pouvait bien vous trouver, d'accord vous êtes une belle femme mais au delà de ça, il n'y a donc pas que l'attirance physique qui prédomine. Vous êtes aussi une femme intelligente, certes un aimant à problèmes aussi, mais j'admire votre logique et votre stratégie dans votre boulot. Vous ne laissez rien au hasard ... à part moi. Et c'est bien là votre erreur, vous m'avez sous-estimé.
- Pour moi vous n'êtes qu'un acteur prétentieux et insignifiant, Daniel est bien mieux que vous, voilà pourquoi je n'ai eu cure de vos menaces idiotes.
- Pas si idiotes que ça finalement ?
- En effet, je vous l'accorde elles paraissent beaucoup moins idiotes là tout de suite maintenant. La seule chose qui m'intéresse en ce moment c'est pourquoi vous me vouez cette haine féroce.
- Si c'est la votre dernière volonté je peux y répondre.
J'acquiesçai.
- Je vais donc éclairer votre lanterne. Vous avez passé du temps à faire souffrir mon frère malgré le fait que vous lui ayez sauvé la vie en Amérique du Sud. A vrai dire, j'aurais pu y aller moi-même mais je tenais à conserver ma couverture intacte, c'est la seule chose dont je vous sois un tant soit peu reconnaissant. Et puis vous l'avez jeté comme un vieille chaussette, il s'est traîné comme une loque à vos pieds mais il ne vous intéressait plus.
- Forcément, il était fiancé à son éditrice et il ne me l'avait pas dit, je croyez que j'aime partager ?! C'est pour ça que je l'ai éjecté.
- Vous l'avez éjecté avec brio d'ailleurs pour le remplacer par Didou, Jack, Charles et je ne sais trop qui d'autre.
- Pas par vous en tout cas ! m'écriai-je rageuse.
- C'est regrettable, j'ai jalousé mon frère de vous avoir eu dans son lit vous savez.
- Je ne vous suis pas.
- C'est pourtant simple, vous manquez de perspicacité ces derniers temps ma chère Sco'. Je vous tue simplement pour que ni mon frère, ni les autres ne puissent vous avoir. Je ne tiens pas à entrer en conflit avec Daniel et je ne veux pas que d'autres hommes vous approchent, donc la meilleure solution c'est de vous supprimer.
- Mais vous êtes complètement givré !
- Oh ... si peu ! souffla-t-il. Bon vous êtes prête ? Faites votre prière, je vais tâcher d'être bref et de ne pas faire de bavure, cela m'ennuierait d'abîmer un si joli visage, je vais donc viser le coeur et pas la tête ! Voyez comme je suis magnanime, ironisa-t-il.
Il caressa ma joue du plat de la main et m'arracha un baiser.
- A votre guise, marmonnai-je furibonde une fois qu'il eût fini.
Derek recula et pointa son arme droit sur moi.
Mes liens étaient malheureusement tellement serrés que je ne réussis pas à les défaire, j'étais perdue. Je fermai alors les yeux attendant le boom final qui me libérerait de toutes mes souffrances humaines. J'entendis alors une détonation mais curieusement, je n'avais pas mal, je me sentais plutôt bien. J'avais donc droit au paradis moi la tueuse à gages ?! On aurait tout vu décidément !
- Sco', tu vas bien ?? demanda une voix haletante.
Je n'avais pas rouvert le yeux, qui pouvait donc me secouer comme un prunier ? J'hésitai à soulever mes paupières, je connaissais cette voix, j'écarquillai enfin les yeux. Derek gisait sur le sol, raide mort.

Un ange était venu me sauver, il avait un joli sourire en coin ...

A suivre ...

jeudi 24 septembre 2009

Le complot

Après avoir chaleureusement remercié Victoria pour son hospitalité et promis de revenir la voir dès que possible avec toute ma troupe, Raphaël et moi, nous étions envolés vers les Caraïbes. Un vrai régal en cette période de l'année que cette mer turquoise bordant des plages de sable fin sur des kilomètres. J'avais l'incroyable chance d'avoir pu acquérir une île rien qu'à moi sur laquelle j'avais fait restaurer l'unique maison qui s'y trouvait dans le style tout à fait typique de cet endroit paradisiaque. Si bien que rien ne nuisait ni au paysage, ni à mon confort, avec l'avantage suprême d'avoir la tranquilité d'une île privée où les touristes ne viendraient pas pointer leur nez. Bref le lieu idéal pour discuter entre quatre yeux avec Raphaël.
Nous étions arrivés sur l'île en fin de journée, j'avais demandé à mon équipe de nettoyage de remplir le frigo et de faire un brin de ménage de façon à ce que tout soit nickel à notre arrivée.

J'étais sur un petit nuage, des vacances au paradis en compagnie d'un ange, je me considérais comme sacrément vernie sur ce coup-là. Raphaël ne cessait de me charmer avec sa voix de miel, un vrai régal à entendre, de même que je fondais comme neige au soleil dès qu'il avait le malheur de poser son regard sur moi. Je me trouvais carrément ridicule d'être réduite à un tel état d'impuissance face à ce garçon, je n'avais pas l'habitude de ne pas dominer la situation ce qui m'agaçait franchement à certains moments. Cependant mes bonnes résolutions retombaient comme un soufflé dès que ses yeux croisaient les miens, toute résistance était vaine.

Nous arrivâmes à la villa en fin de journée, chacun alla se rafraîchir. Raphaël décida de piquer une tête dans la mer tandis que je préparai le dîner que nous dégusterions plus tard. J'étais contente de moi, j'avais dressé une jolie petite table dehors sur la terrasse, mis des petites bougies pour créer l'ambiance romantique souhaitée. Raphaël fut ravi du décor, il honora ma cuisine en me complimentant sur mes talents de femme d'intérieur. Franchement c'était un comble pour une tueuse à gages de se mettre aux fourneaux, j'avais perdu l'habitude de cuisiner pour quelqu'un d'autre que moi.

La soirée semblait prometteuse dans bien des domaines, Raphaêl m'avait aussi parlé de son enfance, un peu de son travail sans trop entrer dans les détails. Nous décidâmes de faire une petite promenade digestive sur la plage afin de profiter du coucher de soleil, nous marchâmes main dans la main quand tout à coup, les évènements se précipitèrent et pas forcément dans le bon sens...
Raphaël m'enlaça tendrement, et vînt me chuchoter à l'oreille :
- Sco', nous sommes cernés, il y a une bonne douzaine d'hommes tout autour de nous, prépare-toi à dégainer dès que tu pourras.
Mon sang se glaça, il resserra son étreinte.
- Surtout ne crois rien de ce que tu entendras ce soir.
Il me lança un regard implorant, plein d'une immense douleur. Je ressentai alors le même malaise que chez Victoria quand il m'avait embrassée.
Plusieurs armes vînrent se braquer sur nous, c'était trop tard, impossible de fuir. Une voix qui ne m'était pas inconnue émergea de l'ombre que procuraient les palmiers, malgré tout j'étais incapable de remettre un visage dessus.
- Comme c'est charmant ...Quel joli couple vous faîtes là ! s'exclama la voix.
Raphaël susurra la même chose que quelques minutes auparavant.
- Surtout n'écoute pas ce qu'il va te dire, tout est faux. Sauve toi dès que tu en auras l'occasion.
Mais déjà je n'entendais plus rien, je cherchais comment j'allais me dépêtrer de tout ce bazar. La voix reprît :
- Raphaël je vois que vous n'obéissez pas aux ordres, vous pensiez sincèrement qu'en l'emmenant ici nous perdrions sa trace et la votre ?
- J'ai cru pouvoir gagner du temps mais vous m'avez devancé.
- Vous aviez l'ordre express de la liquider à Moscou puis après votre petite affaire en Sicile alors vous avez attendu quoi ?
- Je ... je ... n'ai pas pu.
- Raphaël vous êtes un excellent élément mais vous êtes faible sur ce coup-ci et ce n'est pas tolérable. Vous comprendrez que nous ne pouvons pas décemment vous laisser en vie, tout comme elle.
La voix masculine s'était rapprochée et sortît définitivement de l'ombre. Quand j'aperçus son visage, je restai médusée. J'entrouvrîs la bouche et je ne pus qu'articuler difficilement :
- Derek !
A suivre ...

mardi 22 septembre 2009

Voyage à deux.

Nous étions arrivés fort tard chez Victoria, celle-ci nous avait préparé un en-cas que nous avions dévoré avant de nous montrer nos chambres.
Avant que je referme la porte derrière moi, celle-ci me fît un clin d'oeil entendu car elle avait jaugé Raphaël de la tête aux pieds et se disait qu'il n'était sûrement pas pour rien dans l'éclat qui animait mes yeux.
Raphaël fît comme si de rien n'était et alla dans sa propre chambre après nous avoir dit bonsoir. Victoria possédait en effet une grande demeure où les pièces étaient fort nombreuses, c'était un avantage non négligeable étant donné sa marmaille et le nombre de ses amis.
J'entendis brièvement que Raphaël devait téléphoner mais je ne perçus rien de sa conversation, sûrement un truc pour le boulot, je n'étais pas curieuse au point d'aller écouter aux portes de toute manière.
Etant assez fatiguée, je me couchai en le laissant à ses activités professionnelles. Vers 2h du matin, j'entendis gratter à ma porte, je me levai pour aller ouvrir, la tête encore embrûmée par le sommeil, à mon visiteur nocturne. C'était Raphaël, j'aurais dû m'en douter à vrai dire ...
Je m'écartai du passage pour le laisser entrer.
- Oh, tu dormais, désolé de t'avoir réveillée dit-il d'un air penaud.
- Ce n'est rien. Tu n'as pas sommeil ?
- Pas vraiment ... je pensais à toi avoua-t-il.
- Hum ... fut la seule chose qui me vînt à l'esprit sur le moment.
- J'avais envie de te prendre dans mes bras, regarder ton visage me manquait et j'ai résolu de venir t'embêter là tout de suite maintenant dit-il en riant.
- Bref c'était un besoin irréprécible quoi.
- On peut dire ça comme ça en effet ...
Raphaël s'approcha, entoura ma taille de ses grands bras, déposa un baiser sur mes lèvres et m'attira contre lui. Respirant mes cheveux, il chuchota à mon oreille :
- Tu sais bien que je ne peux pas rester loin de toi très longtemps, le manque devient vite intolérable ...
- Comme c'est curieux, serais-tu accro ?!
- Il y a de ça, mais tu ne soupçonnes même pas à quel point mon addiction est immense.
Je ne sûs quoi répondre, cet homme là avait le don de me clouer le bec, cela pouvait être délicieux comme très agaçant.
Il attrappa alors mon visage entre ses deux mains m'obligeant à plonger mes prunelles dans les siennes.
- Sco', je voudrais te demander quelquechose.
Mon coeur avait des ratés si près de lui, je défaillais presque.
- Je t'écoute.
- Est-ce que si je te demandais de passer quelques jours rien que toi et moi dans ta villa aux Caraïbes, serais-tu d'accord ?
Je réfléchis trois secondes et demi.
- Pourquoi pas, je n'y vois pas d'inconvénient, je n'ai pas de mission à remplir dans l'immédiat.
- Formidable ! On part demain alors, j'ai pris la liberté de réserver deux billets d'avion.
- Tu avais tout prémédité dis moi, ça ressemble à un get-apens ou je ne m'y connais pas.
- Oh ... si peu ... Je voulais te faire la surprise voilà tout.
- Et bien c'est réussi et puis j'ai besoin de vacances alors l'idée est parfaite.
- Super alors je te laisse dormir, tu tombes de sommeil.
A demain matin princesse !
Il m'embrassa alors avec force comme si un danger était imminent, cela me laissa une impression étrange. Il s'écarta de moi, me fît son petit sourire en coin qui me faisait craquer à chaque fois, puis il repartît dans sa chambre. J'avouerais volontiers que je restai sur ma fin, c'était frustrant de le savoir juste à côté et de devoir attendre le lendemain pour pouvoir enfin être complètement seule avec lui. Mais bon la perspective d'être sur une île déserte et paradisiaque avec Raphaël avait tout pour me séduire. Finalement vingt-quatre petites heures à attendre pour pouvoir enfin profiter de son corps, ce n'était pas si long.
Je replongeai donc dans les couvertures toute émoustillée mais l'impression bizarre que j'avais eu quelques minutes auparavant me laissait songeuse.

A suivre ...

lundi 21 septembre 2009

Le piège

La conversation téléphonique ne dura pas plus de cinq minutes entre Raphaël et son interlocuteur.
- Ma mission est accomplie, je viens prendre mes nouvelles instructions.
- Parfait Raphaël, maintenant que vous avez résolu votre petite affaire personnelle, c'est à votre tour de respecter votre part du marché.
Eliminez-là sans tarder, vous auriez déjà dû le faire à Moscou en même temps que vous aviez liquidé Dimitri.
- Je sais mon Général mais ce n'est pas simple ...
- Débrouillez-vous comme vous voulez, faîtes le ménage c'est un ordre !! rugit l'homme à l'autre bout du fil.
- Bien mon Général.
Raphaël raccrocha l'air pensif ...

A suivre ...

dimanche 20 septembre 2009

Analysons la situation

La traversée se poursuivit plus tranquillement jusqu'à Marseille cependant cela ne m'empêcha pas de cogiter sur le fait que Didou allait se manifester tôt ou tard. Je savais qu'il serait fou de rage à l'idée que j'ai pu tuer son père et je me demandai lequel de nous deux ressortirait vivant de la confrontation.
Nous avions presque atteint le port, je me mîs d'accord avec Ysa et Daniel qui passeraient la nuit chez Charles; quant à Raphaël et moi, nous irions chez Victoria puisqu'elle m'avait gracieusement invitée à passer la nuit chez elle.
Jack ne vînt même pas me dire au revoir, je pensais qu'il était fâché mais Ysa avait vu juste, il n'était pas plus amoureux de moi que finalement moi j'aurais pu l'être de lui, tout n'était que physique, alors cela simplifiait sans doute les choses du moins pour l'instant. Après tout, il était temps d'arrêter de se leurrer, ce marin là n'était pas pour moi, nous n'étions jamais sur la même longueur d'ondes de toute façon.
Dans le lot restait Daniel ... Ah Daniel, d'après ce que m'avait brièvement dit Ysa au cours de la traversée, il lui avait confié qu'il n'avait pas envie de laisser tomber aussi facilement, même s'il devait m'avoir à l'usure, il ne voulait pas qu'on lui "pique sa place". J'aurais parié que Charles et Ysa allaient lui donner un coup de main dans cette entreprise hasardeuse. Joli programme en perspective, je ne savais pas trop à quoi m'attendre de ce côté-là. J'avais énormément d'affection pour Daniel mais est-ce que c'était suffisant pour qu'il passa son temps à me courir après, n'était-ce pas à fond perdu ? J'étais morcelée de partout, incapable de me fixer, toujours par monts et pas vaux, menant de surcroît une vie dangereuse qui manifestement ne semblait pas faite pour lui. Je ne voulais à aucun prix lui faire du mal, il était mon ami avant tout mais je ne parvenais pas à m'imaginer plus que ça au point où nos relations en étaient maintenant. Une nuit passée ensemble avait réussi à le scotcher définitivement à moi, malgré le fait que je lui avais préféré Didou pendant quelques mois, il persistait et signait, ce garçon était masochiste, je n'avais aucun doute là-dessus. Il méritait mieux que moi cependant, que pourrais-je bien lui apporter de bon dans l'existence ?

Et puis Raphaël avait débarqué au milieu de mon chaos personnel, et me voilà toute chamboulée comme une collégienne. Il exerçait un tel magnétisme sur moi qu'il m'était de plus en plus difficile de rester loin de lui, de ne pas tomber tête la première dans ses filets, et là où est-ce que ça allait me mener ? N'étais pas en train de me fourvoyer une nouvelle fois ? Ou alors était-ce enfin le "bon" celui que j'attendais depuis si longtemps ...
Tout cela restait à éclaircir même si en sa présence, je perdais toute notion du temps, de danger et perdais même jusqu'à l'envie de rester murée dans mes petites habitudes de tueuse solitaire, j'avais peur d'être absorbée dans un tourbillon incontrôlable ... Mais ma chance d'être enfin heureuse devait peut-être passer par là en fin de compte, allez savoir ...


A suivre ...

samedi 19 septembre 2009

Marin contre Espion

J'eûs à peine le temps d'arriver jusqu'à Raphaël et Jack que j'entendais déjà des noms d'oiseau voler dans l'air.
- Mon ptit père si tu crois qu'on va te laisser faire partie de la bande tu te fourres le doigt dans l'oeil ! vociféra Jack.
- Mais je n'en ai rien à faire de votre groupe de sangçues, vous ne pouvez pas ficher la paix à Sco' deux minutes ?! rétorqua Raphaël.
- Je vais te faire dégager vite fait par-dessus bord toi le mannequin espion !
Jack avait empoigné Raphaël de telle façon que ce dernier se retrouvait avec la partie supérieure de son corps au dessus du vide, mais Jack avait une tout de même une forte résistance face à lui qui fît que Raphaël reprit le dessus et ce fût Jack qui se trouva à son tour en mauvaise posture. Qui des deux allaient prendre un bain avec les poissons ??
Là ç'en était trop, il fallait que j'agisse vite. Je m'étais approchée en douceur et juste derrière eux, je levai mon arme vers le ciel et tirai un coup de feu qui eut pour effet de les surprendre et de les arrêter en plein élan.
Raphaël et Jack se retrouvèrent face à moi, le premier lâchant le cou de l'autre qui se redressa après avoir été plié en deux la tête dans le vide au dessus du bastingage.
- Non mais c'est pas possible tous les deux, je tourne le dos trois minutes et hop y'a une bagarre, vous êtes pires que des sales gosses !
- Mais Sco', je n'ai pas commencé c'est Jack qui est venu se jeter sur moi en disant que je n'allais pas faire long feu dans ta vie et que je ferais mieux de dégager dès maintenant, se justifia Raphaël.
Je me tournai vers Jack qui avait repris son souffle.
- Désolé Sco', j'avais besoin de me calmer les nerfs et il est le premier sur qui je suis tombé en sortant de ma cabine.
- Et tu te figures que je vais te croire ? Jack, ton comportement me déçoit.
- Le tien aussi me rétorqua-t-il !
- Je peux savoir en quoi ? m'insurgeai-je.
- Tu joues avec les hommes comme avec des marionnettes, un jour ça va se retourner contre toi, il est plus que temps que tu fasses des choix ma chère Sco'. Tu ne peux pas tous nous avoir en même temps, ça ne marche pas comme ça !
- Te voilà adepte de la monogamie maintenant, première nouvelle ! m'esclaffai-je.
- Un jour tu te retrouveras toute seule c'est tout ce que tu auras gagné.
- Mais ça ne te regarde pas espèce de vieux marin borné ! grondai-je.
Pendant ce temps Raphaël nous regardait nous disputer, il attendait son tour avec une certaine nonchalance en se disant qu'après l'orage sur Jack ce serait sans doute à son tour à de se prendre mes foudres sur le coin du nez.
Entre temps avec tout le rafus que nous avions fait, Ysa, Daniel,Charles et Tim avaient débarqué se demandant qui allait gagné la bagarre. Ils assistaient à notre lavage de linge sale en direct, pour eux c'était du grand théâtre et ils n'en perdaient pas une miette.
Jack reprit en levant les bras au ciel :
- Mais enfin Sco', y'a pas besoin d'un quatrième mousquetaire, tu crois pas qu'on est pas déjà assez nombreux comme ça à réclamer tes faveurs hein ? Est-ce que cela t'amuses donc tant que ça de nous voir nous battre pour toi ?! Fichue bonne femme !
- Jack, ne prononce un mot de plus, prends-toi en encore une fois à Raphaël et je te fais sauter ton bateau. Suis-je claire ?
- Limpide ma chérie, limpide ! railla Jack.
- Parfait, alors file à la barre de ton rafiot et n'en décolle pas et si tu as quelquechose à me faire savoir, tu m'enverras ta "matelote" dis-je en désignant Tim qui grimaça tout à coup.
- Vous autres du vent ! Je dois parler à Raphaël tout de suite, seule à seul.
Personne ne broncha, mes yeux lançaient des éclairs, la petite troupe s'en retourna alors vaquer à son occupation favorite du moment : le "potinage". Raphaël me lança son petit regard en coin qui me faisait fondre inévitablement.

- Tu sembles réellement en colère dit-il d'une voix douce.
- Comment as-tu deviné, ça se voit tant que ça ??
- Comme le nez au milieu de la figure. Sache cependant que je n'avais pas besoin que tu voles à mon secours, j'aurais pu me débrouiller pour m'en sortir sans qu'il y ait trop de casse.
- Et tu aurais fait quoi si Jack t'avais jeté par dessus bord ? Je suis bonne nageuse mais pas au point de rejoindre Marseille en faisant la brasse !
- Tu aurais donc plongé pour aller me rechercher, ça me touche beaucoup, dit-il en riant. Ne t'en fais donc pas, on aurait arrêté avant qu'il n'y ait eu un carnage.
- Si tu le dis ...
Je fronçai les sourcils, j'étais toujours en colère contre Jack, non mais pour qui il se prenait le capitaine Haddock ??!! Est-ce que moi je lui ai déjà dit que j'en avais marre de le voir traîner avec une bonne femme différente dans chaque port ?! Non, et bein j'aurais dû tiens !
Voilà où j'en étais de mes réflexions quand Raphaël me fît revenir à la réalité, il s'était rapproché de moi et avait enlacé ma taille avant que j'ai eu le temps de dire ouf. Ce geste me sembla familier et agréable, je ne le repoussai pas, j'étais bien là avec lui, les cheveux au vent en train de regarder la mer. La tension était redescendue.
- Tu sais Sco', il ne faut pas t'emporter comme ça, ce n'est pas bon pour la santé, je n'aime pas te voir ravagée par la colère, tu es beaucoup moins jolie dans ces moments là.
Il m'avait dit ça avec un aplomb terrible, la lumière donnait des reflets dorés à ses yeux, misère qu'il était séduisant avec ce sourire ravageur.
- As-tu donc fini de me faire perdre pied comme ça ?! Tes compliments me donnent le vertige. Te rends tu compte de l'effet que tu produis sur moi ? marmonnai-je.
- Pas vraiment non, dis m'en plus, je suis curieux de savoir.
- Tu m'éblouis au point de me couper la respiration, dis-je dans un souffle.
- Et ça arrive souvent ?
- Oui fréquemment.
- Hum ...ça ne semble pas trop grave comme symptôme mais c'est à surveiller !
Et il resserra son étreinte en scrutant lui aussi l'horizon.

A suivre ...