Le photographe tenta de reprendre contenance devant la conservatrice du musée Monet. Il se devait de ne pas ressembler à un fou furieux psychopathe s'il voulait obtenir l'information pour laquelle il avait pratiquement couru. Il prit un air dégagé et tenta de reprendre le contrôle de sa respiration devant la conservatrice qui le toisait des pieds à la tête.
— Que puis-je pour vous ? interrogea-t-elle.
— Ma requête est un peu délicate et j'espère que vous pourrez m'aider.
— Je vous écoute ...
— Une femme ... une peintre m'a offert cette toile tout à l'heure, dit-il en désignant le tableau. Je voudrais savoir si vous la connaissez afin de pouvoir la remercier.
La conservatrice jeta un oeil attentif à la toile.
— Vous avez au moins remarqué qu'elle a apposé ses initiales au bas de la toile ? demanda-t-elle derrière ses lunettes en demi-lune.
— Oui, je sais bien ... mais D.S. , moi ça ne me dit pas grand-chose. Je ne suis pas Sherlock Holmes vous savez, dit-il en esquissant un sourire gêné.
Le photographe eut une sueur froide dans le dos rien qu'à l'idée de son ignorance envers une artiste peut-être connue ...
— Si vous ne connaissez pas son nom, sans doute pourriez-vous me la décrire ?
La conservatrice avait décidément envie de jouer avec ses nerfs mais elle se devait de vérifier ses suppositions.
Sans hésitation, l'homme dressa le portrait de la peintre, il avait assez pris de clichés dans la journée pour pouvoir la décrire les yeux fermés.
— Grande, plutôt mince, une robe bleue à fines bretelles, brune avec les cheveux relevés en un chignon négligé ...
Il garda pour lui le sourire à tomber parterre et les yeux couleur chocolat fondu, la conservatrice n'aurait pas cru une seule seconde à un intérêt purement artistique avec une description si détaillée.
— Eh bien si c'est la femme à laquelle je pense, il ne peut s'agir que de Dame Sco'. Elle est même passée me saluer ce matin comme à chacune de ses visites .
— Quand reviendra-t-elle ? hasarda le photographe.
— L'année prochaine à la même date.
— Evidemment ça ne m'aide pas ... Savez-vous où je pourrais la trouver ?
La question était déplacée mais il n'avait pas le choix, sa tranquillité d'esprit en dépendait.
— Je ne peux pas vous donner ses coordonnées parce-que je ne les possède pas et même si je les avais, je ne suis pas habilitée à vous les communiquer, dit la conservatrice en sourcillant.
Cela dit, je peux vous dire qu'elle compte se rendre à dans les environs de St Malo dans les prochains jours. Dame Sco' y sera pour quelques semaines m'a-t-elle dit car la mer est une grande source d'inspiration chez elle.
— Hum ...les environs de St Malo sont vastes, elle n'a rien dit de plus ?
— Eh non cher monsieur, il va vous falloir arpenter la côte d'Emeraude, j'en ai bien peur...
Sur ce le photographe repartit avec sa toile sous le bras en prenant soin de remercier la conservatrice pour son amabilité. Il savait que la distance en kilomètres serait longue mais il ne pouvait pas en rester là. Impossible d'aller contre son impulsion de départ. Il s'était décidé dans la minute, il fallait qu'il aille dans les Côtes d'Armor à la recherche de cette femme mystérieuse sinon il se doutait qu'il en perdrait la raison ...
Mais s'il arrivait à la retrouver ... qu'allait-il lui dire ? Quel argument invoquer afin de ne pas paraître la persécuter ? Pas grave, il avait 400 km à faire pour y réfléchir et puis parfois rien de tel que l'improvisation, il était un homme plein de bon sens en temps ordinaire. Il saurait sûrement trouver quoi dire ... Il pourrait même mettre ses actes sur le compte d'un destin tout tracé ...
A suivre ...
jeudi 11 mars 2010
mercredi 10 mars 2010
Suite nénupharesque !
Sitôt que j'eus tourné les talons et me fus éloignée dans le jardin avec tout mon attirail de peintre sous le bras, l'homme se précipita vers le pont.
Il pressait le pas de peur que quelqu'un ne le devance et ne lui prenne la toile qui lui était destinée. Il s'en empara aussi rapidement qu'un voleur hâtif de mettre son butin à l'ombre.
Le photographe avait bien compris mon manège comme j'avais compris le sien.
Aussi ne fut-il pas étonné de se voir représenté debout sur le pont vert dominant les nénuphars, un appareil photo cachant son visage .... mais de sa silhouette élancée, il s'aperçut bien vite que mon oeil aiguisé de peintre n'avait perdu aucun détail physique le concernant.
L'essentiel était représenté : la chevelure plutôt foncée, la chemise blanche, le pantalon de lin beige jusqu'à la montre métallique à son poignet gauche dont le cadran jouait avec le soleil. Le seul détail manquant résidait dans l'expression du visage et la couleur des yeux, histoire de garder une part de mystère sans doute ... Omettre ces éléments laissait la porte ouverte à un imaginaire fertile comme le mien : un homme sans âge que je devinais plutôt beau, sorti de nulle part et qui s'amusait à photographier une peintre, cela n'avait rien d'ordinaire ... Donc, à modèle hors du commun, toile originale, cela allait de soi ...
L'homme analysa rapidement la toile et fut saisi d'un sentiment d'urgence. Il fallait qu'il sache qui elle était avant qu'elle ne reparte vers d'autres horizons inconnus. Le photographe retraversa tout le jardin en courant presque avec son tableau à la main. Il se dirigea sans hésiter vers le bureau de la conservatrice du musée Monet ... peut-être saurait-elle qui était la femme dont il n'avait cessé de prendre des clichés toute la journée.
D'ailleurs pourquoi s'était-il obstiné à fixer son image sous toutes les coutures ?!
A vrai dire, il n'en savait strictement rien et ne voulait surtout pas se hasarder à se poser des questions. Tout ce qu'il souhaitait c'était savoir où la retrouver ...
A suivre ...
Il pressait le pas de peur que quelqu'un ne le devance et ne lui prenne la toile qui lui était destinée. Il s'en empara aussi rapidement qu'un voleur hâtif de mettre son butin à l'ombre.
Le photographe avait bien compris mon manège comme j'avais compris le sien.
Aussi ne fut-il pas étonné de se voir représenté debout sur le pont vert dominant les nénuphars, un appareil photo cachant son visage .... mais de sa silhouette élancée, il s'aperçut bien vite que mon oeil aiguisé de peintre n'avait perdu aucun détail physique le concernant.
L'essentiel était représenté : la chevelure plutôt foncée, la chemise blanche, le pantalon de lin beige jusqu'à la montre métallique à son poignet gauche dont le cadran jouait avec le soleil. Le seul détail manquant résidait dans l'expression du visage et la couleur des yeux, histoire de garder une part de mystère sans doute ... Omettre ces éléments laissait la porte ouverte à un imaginaire fertile comme le mien : un homme sans âge que je devinais plutôt beau, sorti de nulle part et qui s'amusait à photographier une peintre, cela n'avait rien d'ordinaire ... Donc, à modèle hors du commun, toile originale, cela allait de soi ...
L'homme analysa rapidement la toile et fut saisi d'un sentiment d'urgence. Il fallait qu'il sache qui elle était avant qu'elle ne reparte vers d'autres horizons inconnus. Le photographe retraversa tout le jardin en courant presque avec son tableau à la main. Il se dirigea sans hésiter vers le bureau de la conservatrice du musée Monet ... peut-être saurait-elle qui était la femme dont il n'avait cessé de prendre des clichés toute la journée.
D'ailleurs pourquoi s'était-il obstiné à fixer son image sous toutes les coutures ?!
A vrai dire, il n'en savait strictement rien et ne voulait surtout pas se hasarder à se poser des questions. Tout ce qu'il souhaitait c'était savoir où la retrouver ...
A suivre ...
lundi 8 mars 2010
Bilan du jeu
Merci à tous ceux qui ont participé à mon petit jeu littéraire. J'ai pris beaucoup de plaisir à travailler à partir des amorces que vous m'aviez fournies, certaines n'étaient d'ailleurs pas des plus faciles à traiter mais bon j'ai relevé vos différents défis du mieux que j'ai pu.
En espérant que vous vous êtes autant amusés que moi, je vous proposerai une autre session bientôt s'il y a des volontaires. Si certains d'entre vous souhaitent que je fasse une suite sur l'un des textes, faîtes le moi savoir. C'est avec joie que j'y travaillerai !
Aller pour se faire plaisir et penser aux vacances en cette journée bien froide, une petite photo de plage rien que pour l'évasion ...
Cordialement,
Dame Sco'.
En espérant que vous vous êtes autant amusés que moi, je vous proposerai une autre session bientôt s'il y a des volontaires. Si certains d'entre vous souhaitent que je fasse une suite sur l'un des textes, faîtes le moi savoir. C'est avec joie que j'y travaillerai !
Aller pour se faire plaisir et penser aux vacances en cette journée bien froide, une petite photo de plage rien que pour l'évasion ...
Cordialement,
Dame Sco'.
dimanche 7 mars 2010
Dernier texte du jeu littéraire
Ce matin-là, dans son luxueux appartement de fonction strasbourgeois, Rashyda Datty piqua une colère bleue en ouvrant le carton de la robe de soirée en soie japonaise qu'elle avait commandée spécialement à Milan. Non seulement l'étoffe était rouge sang au lieu du vert jade initial, mais comble de l'horreur, la taille était un 46 bien ample au lieu d'un 38 ajusté à sa taille de guêpe.
La députée monta en pression comme la reine de coeur dans Alice au pays des merveilles à la vue du chat-foin. C'était tout juste si elle n'ordonna pas que l'on coupe la tête de sa secrétaire particulière et du couturier réunis, sauf que la guillotine n'était plus légale depuis plusieurs années ...
Elle attrapa derechef son téléphone pour enguirlander dans son plus bel italien le styliste milanais qui lui avait confectionné la robe. Seulement voilà, le charmant homme prit son plus bel accent et prétexta que le vert n'allait pas aux brunes donc qu'il avait volontairement pris du rouge. Il ajouta que mettre du vert à une brune c'était comme vouloir faire manger un plat d'épinards au lieu d'une tournée de lasagnes à la squadra azzura : une idée inconcevable !
Le choix de la teinte fut déjà difficile à digérer pour la politicienne mais quand elle demanda des explications sur le 46, elle faillit avaler son bulletin de naissance à l'autre bout du fil. Le couturier était persuadé qu'elle était encore enceinte. Argument auquel Rashyda répliqua qu'elle n'était pas une éléphante avec un temps de gestation de près de 2 ans !!!
Bref plus le temps de se faire confectionner une autre robe sur mesure et pas question non plus de remettre un vêtement déjà porté une fois. La sentence tomba comme un couperet. Rashyda resterait donc à la maison à déguster une assiette de spaghetti à la sauce bolognaise devant la télé.
Décidément la vie de femme politique n'était pas rose tous les jours ...
La députée monta en pression comme la reine de coeur dans Alice au pays des merveilles à la vue du chat-foin. C'était tout juste si elle n'ordonna pas que l'on coupe la tête de sa secrétaire particulière et du couturier réunis, sauf que la guillotine n'était plus légale depuis plusieurs années ...
Elle attrapa derechef son téléphone pour enguirlander dans son plus bel italien le styliste milanais qui lui avait confectionné la robe. Seulement voilà, le charmant homme prit son plus bel accent et prétexta que le vert n'allait pas aux brunes donc qu'il avait volontairement pris du rouge. Il ajouta que mettre du vert à une brune c'était comme vouloir faire manger un plat d'épinards au lieu d'une tournée de lasagnes à la squadra azzura : une idée inconcevable !
Le choix de la teinte fut déjà difficile à digérer pour la politicienne mais quand elle demanda des explications sur le 46, elle faillit avaler son bulletin de naissance à l'autre bout du fil. Le couturier était persuadé qu'elle était encore enceinte. Argument auquel Rashyda répliqua qu'elle n'était pas une éléphante avec un temps de gestation de près de 2 ans !!!
Bref plus le temps de se faire confectionner une autre robe sur mesure et pas question non plus de remettre un vêtement déjà porté une fois. La sentence tomba comme un couperet. Rashyda resterait donc à la maison à déguster une assiette de spaghetti à la sauce bolognaise devant la télé.
Décidément la vie de femme politique n'était pas rose tous les jours ...
vendredi 5 mars 2010
Cinquième texte du jeu littéraire
Me voilà au pied du mur, un de mes lecteurs réguliers m'a sommé de faire un texte avec l'amorce suivante "Je m'appelle Dame Scoffield, j'ai 31 ans, et j'ai la varicelle" ...
Dans la série, je te tends un piège pour voir comment tu vas te dépatouiller avec un sujet raplaplat, là il est fort le Gossip boy, j'ai toujours su qu'en lui sommeillait une âme de sale gosse sadique !
Et bien oui, je l'avoue, il a fallu que j'attende mes 31 ans pour me retrouver pleine de boutons. Moi qui croyais y avoir échappé pour le restant de mes jours, j'ai été touchée par le virus en pleine gloire littéraire. Mais contrairement à l'image que tout un chacun a pu se forger dans son esprit, du style le phare de Belle-île sur le bout du nez, des pustules tous azimuts et des démangeaisons intolérables, j'ai dépassé les pronostics les plus pessimistes des médecins. Je n'ai eu que 2 jours de fièvre à 38°C, quelques boutons par-ci, par-là, des gratouilles bien évidemment mais je n'ai pas passé 4 jours à l'hôpital ni eut une fièvre de cheval à 40°C pendant une semaine.
Alors oui, Gossip boy, tu peux m'appeler la grande survivante du Kho Lanta varicelleux, j'ai gagné le combat haut la main ! Car oui je l'affirme haut et fort, il me reste quelques légers stigmates sur le corps mais j'ai conservé mon visage de déesse qui n'a pratiquement pas souffert lui !
Je t'imagine bien te gosser dans ton fauteuil en lisant mon billet lamentable de ce vendredi soir, mais au lieu de cela tu peux te prosterner devant moi parce-que si un jour tu la chopes toi la varicelle, je serai la première à compter tes boutons pour voir si tu en as plus que moi, à te faire envoyer de la biseptine et des anti-histaminiques par chronopost.
J'ai pitié des plus pustuleux que moi cher ami, je sais qu'un jour justice me sera rendue et que tu feras partie du club des boutonneux qui clignotent comme des sapins de Noël ...
Donc, tu as raison sur un point Gossip, ça fait très alcoolique anonyme en pleine séance : "Je m'appelle Dame Sco', j'ai 31 ans et j'ai eu la varicelle " ... mais au moins j'en suis débarrassée à vie .... pas comme certains ...héhéhé !!!!!!
Dans la série, je te tends un piège pour voir comment tu vas te dépatouiller avec un sujet raplaplat, là il est fort le Gossip boy, j'ai toujours su qu'en lui sommeillait une âme de sale gosse sadique !
Et bien oui, je l'avoue, il a fallu que j'attende mes 31 ans pour me retrouver pleine de boutons. Moi qui croyais y avoir échappé pour le restant de mes jours, j'ai été touchée par le virus en pleine gloire littéraire. Mais contrairement à l'image que tout un chacun a pu se forger dans son esprit, du style le phare de Belle-île sur le bout du nez, des pustules tous azimuts et des démangeaisons intolérables, j'ai dépassé les pronostics les plus pessimistes des médecins. Je n'ai eu que 2 jours de fièvre à 38°C, quelques boutons par-ci, par-là, des gratouilles bien évidemment mais je n'ai pas passé 4 jours à l'hôpital ni eut une fièvre de cheval à 40°C pendant une semaine.
Alors oui, Gossip boy, tu peux m'appeler la grande survivante du Kho Lanta varicelleux, j'ai gagné le combat haut la main ! Car oui je l'affirme haut et fort, il me reste quelques légers stigmates sur le corps mais j'ai conservé mon visage de déesse qui n'a pratiquement pas souffert lui !
Je t'imagine bien te gosser dans ton fauteuil en lisant mon billet lamentable de ce vendredi soir, mais au lieu de cela tu peux te prosterner devant moi parce-que si un jour tu la chopes toi la varicelle, je serai la première à compter tes boutons pour voir si tu en as plus que moi, à te faire envoyer de la biseptine et des anti-histaminiques par chronopost.
J'ai pitié des plus pustuleux que moi cher ami, je sais qu'un jour justice me sera rendue et que tu feras partie du club des boutonneux qui clignotent comme des sapins de Noël ...
Donc, tu as raison sur un point Gossip, ça fait très alcoolique anonyme en pleine séance : "Je m'appelle Dame Sco', j'ai 31 ans et j'ai eu la varicelle " ... mais au moins j'en suis débarrassée à vie .... pas comme certains ...héhéhé !!!!!!
jeudi 4 mars 2010
Quatrième texte du jeu littéraire
Chaque mois d'avril de chaque année, la peintre qui sommeillait en moi durant l'hiver se réveillait brusquement. Je prenais alors inexorablement le chemin de Giverny. Mon chevalet, mes toiles vierges, mes pinceaux, mon éventail de couleurs en tubes m'accompagnaient à chaque fois dans ma sortie de printemps favorite, qui comme un déclic, marquait à coup sûr la fin de ma période d'hibernation morale.
La maison de Monet et ses jardins regorgeant de fleurs étaient pour moi une source intarissable d'inspiration. Les senteurs délicates, l'agencement des massifs fleuris ainsi que l'étang aux nymphéas faisaient éclore en moi des milliers d'idées créatives. Les heures durant lesquelles je peignais me semblaient hors du temps, elles représentaient un moment de détente, un moment pendant lequel je laissais exprimer les couleurs qui habitaient mon âme.
Mon endroit préféré pour peindre se situait dans l'allée centrale du Clos Normand, j'affectionnais particulièrement le petit pont japonnais vert que Monet avait fait bâtir pour agrémenter le jardin d'eau.
Je venais de planter mon chevalet au milieu de d'une allée de façon à avoir une jolie vue en perspective du pont quand je m'aperçus qu'un artiste d'un autre genre m'observait.
Affublé d'un appareil photo numérique, il ne mitraillait pas la zone mais semblait choisir ses clichés avec soin, jouant entre l'ombre et la lumière avec les reflets aquatiques. Visiblement, il ne s'agissait pas d'un touriste qui photographiait des paysages en amateur ...
Je me sentais malgré tout épiée, je compris bien vite que régulièrement l'objectif de l'appareil se dirigeait dans ma direction. L'homme jouait à me photographier ... j'allais jouer à le peindre et pourquoi pas lui offrir la toile tiens ! Je le fixai de loin mais grâce au zoom de son appareil, il put déchiffrer sur mon visage un sourire qui disait : ce midi j'ai choisi de sortir ma palette de couleurs et de vous offrir le ciel ! C'était la fête au-dessus de ma tête, pour la première fois, j'allais peindre pour un inconnu et ma foi, cela créa chez moi une joie inattendue.
Tandis que j'étendais les couleurs sur la toile, je songeais qu'il me scrutait avec l'oeil de Monet quand il avait peint la Femme à l'ombrelle, je représentais une énigme vivante dont il tentait par de percer les secrets ... Voilà une tâche bien ardue, je me demandais lequel des deux arriveraient à en apprendre le plus sur l'autre par le jeu de l'observation ...
Tard dans l'après-midi, je terminai mon tableau. Je décidai alors d'aller le déposer sur le pont japonnais, je savais que le photographe mystérieux n'était pas parti et qu'il irait récupérer le joli souvenir coloré que j'avais peint à son intention ...
La maison de Monet et ses jardins regorgeant de fleurs étaient pour moi une source intarissable d'inspiration. Les senteurs délicates, l'agencement des massifs fleuris ainsi que l'étang aux nymphéas faisaient éclore en moi des milliers d'idées créatives. Les heures durant lesquelles je peignais me semblaient hors du temps, elles représentaient un moment de détente, un moment pendant lequel je laissais exprimer les couleurs qui habitaient mon âme.
Mon endroit préféré pour peindre se situait dans l'allée centrale du Clos Normand, j'affectionnais particulièrement le petit pont japonnais vert que Monet avait fait bâtir pour agrémenter le jardin d'eau.
Je venais de planter mon chevalet au milieu de d'une allée de façon à avoir une jolie vue en perspective du pont quand je m'aperçus qu'un artiste d'un autre genre m'observait.
Affublé d'un appareil photo numérique, il ne mitraillait pas la zone mais semblait choisir ses clichés avec soin, jouant entre l'ombre et la lumière avec les reflets aquatiques. Visiblement, il ne s'agissait pas d'un touriste qui photographiait des paysages en amateur ...
Je me sentais malgré tout épiée, je compris bien vite que régulièrement l'objectif de l'appareil se dirigeait dans ma direction. L'homme jouait à me photographier ... j'allais jouer à le peindre et pourquoi pas lui offrir la toile tiens ! Je le fixai de loin mais grâce au zoom de son appareil, il put déchiffrer sur mon visage un sourire qui disait : ce midi j'ai choisi de sortir ma palette de couleurs et de vous offrir le ciel ! C'était la fête au-dessus de ma tête, pour la première fois, j'allais peindre pour un inconnu et ma foi, cela créa chez moi une joie inattendue.
Tandis que j'étendais les couleurs sur la toile, je songeais qu'il me scrutait avec l'oeil de Monet quand il avait peint la Femme à l'ombrelle, je représentais une énigme vivante dont il tentait par de percer les secrets ... Voilà une tâche bien ardue, je me demandais lequel des deux arriveraient à en apprendre le plus sur l'autre par le jeu de l'observation ...
Tard dans l'après-midi, je terminai mon tableau. Je décidai alors d'aller le déposer sur le pont japonnais, je savais que le photographe mystérieux n'était pas parti et qu'il irait récupérer le joli souvenir coloré que j'avais peint à son intention ...
mardi 2 mars 2010
Troisième texte du jeu littéraire
Voilà, j'y étais, j'avais réussi le casse du siècle, enfin pour moi, voleuse à l'occasion, c'était un coup de maître ! Piller une banque un dimanche ni vue, ni connue, sans tuer personne ni faire sonner la moindre alarme, là je m'épatais toute seule.
J'avais récolté dans mes deux grands sacs de sport : de l'argent liquide, des bijoux, deux ou trois antiquités. Mon complice de frangin m'avait assuré que tout se passerait bien et il avait eu raison.
Je me perfectionnais dans l'art du braquage sans bavure et la montée d'adrénaline qui accompagnait chacun de mes gestes représentait une dose de pure jouissance. Je m'imaginais déjà en Catherine Zeta-Jones dans Haute Voltige, bon avec Sean Connery en beaucoup plus jeune comme complice, ce serait tout de même mieux ...
Mon frère avait dit qu'il laisserait un véhicule rapide à ma disposition près de la banque afin que je puisse vite déguerpir dès mon forfait accompli ... Seulement voilà, je m'attendais à un petit bijoux rutilant de vitesse et à la place, je faillis fondre en larme devant une antique Fiat 500, oui le pot de yaourt italien, tout petit minuscule dans lequel on a les genoux dans le menton.
Quelle drôle d'idée que ce fichu objet pour se déplacer, une boite à sardines n'aurait pas pu paraître plus incongrue...
Je fus tellement dépitée que j'en lâchais mes sacs sur le trottoir en grinçant des dents. Il n'y avait même pas de coffre suffisamment grand dans ce bazar pour contenir mon butin. J'allais devoir investir le peu de centimètres carrés de banquette pour caser les billets de banque et les chandeliers en argent, la belle affaire tiens ! Famille je vous hais ! pestai-je intérieurement ...
Une fois tout casé y compris moi, je priai pour que le moteur démarre. La voiture était ridiculement petite mais au moins elle avait l'air de fonctionner correctement, dans mon malheur j'avais de la chance ... Jusqu'à ce que le moteur cale et tombe carrément au sol arrivée au feu rouge ... juste devant le commissariat de police!
Moralité, ce jour là, j'aurais mieux fait de rester couchée.
Décidément la Haute-Voltige n'était pas faite pour moi ...
J'avais récolté dans mes deux grands sacs de sport : de l'argent liquide, des bijoux, deux ou trois antiquités. Mon complice de frangin m'avait assuré que tout se passerait bien et il avait eu raison.
Je me perfectionnais dans l'art du braquage sans bavure et la montée d'adrénaline qui accompagnait chacun de mes gestes représentait une dose de pure jouissance. Je m'imaginais déjà en Catherine Zeta-Jones dans Haute Voltige, bon avec Sean Connery en beaucoup plus jeune comme complice, ce serait tout de même mieux ...
Mon frère avait dit qu'il laisserait un véhicule rapide à ma disposition près de la banque afin que je puisse vite déguerpir dès mon forfait accompli ... Seulement voilà, je m'attendais à un petit bijoux rutilant de vitesse et à la place, je faillis fondre en larme devant une antique Fiat 500, oui le pot de yaourt italien, tout petit minuscule dans lequel on a les genoux dans le menton.
Quelle drôle d'idée que ce fichu objet pour se déplacer, une boite à sardines n'aurait pas pu paraître plus incongrue...
Je fus tellement dépitée que j'en lâchais mes sacs sur le trottoir en grinçant des dents. Il n'y avait même pas de coffre suffisamment grand dans ce bazar pour contenir mon butin. J'allais devoir investir le peu de centimètres carrés de banquette pour caser les billets de banque et les chandeliers en argent, la belle affaire tiens ! Famille je vous hais ! pestai-je intérieurement ...
Une fois tout casé y compris moi, je priai pour que le moteur démarre. La voiture était ridiculement petite mais au moins elle avait l'air de fonctionner correctement, dans mon malheur j'avais de la chance ... Jusqu'à ce que le moteur cale et tombe carrément au sol arrivée au feu rouge ... juste devant le commissariat de police!
Moralité, ce jour là, j'aurais mieux fait de rester couchée.
Décidément la Haute-Voltige n'était pas faite pour moi ...
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