Lorsque mes parents moururent tous deux dans un accident de voiture (selon la version officielle), j'avais 8 ans à peine. Une tante éloignée, Donatella, me recueillit et m'éleva avec le reste de sa marmaille. Cette femme n'était pas très chaleureuse. Elle portait le deuil de son mari depuis près de vingt ans, toujours vêtue de noir, un fichu sur la tête, le cliché de la sicilienne campagnarde typique.
Donatella était très tournée vers la religion, elle passait tous ses dimanches à la messe mais contrairement à sa morale de vieille grenouille de bénitier, ma tante aimait l'argent et même beaucoup. A mesure que les années s'égrenaient, elle me rendait responsable de toutes les dépenses qu'elle effectuait, j'étais une charge trop lourde à ses yeux.
Pour se débarrasser de moi, elle employa la méthode la plus sournoise qui fut. J'entrais dans ma vingtième année quand ma tante arrangea mon mariage avec Lorenzo le fils aîné du parrain local, Don Roberto, afin d'alléger ses dépenses. Cependant, je la soupçonnai d'avoir touché une jolie somme en échange de cet arrangement d'un autre âge. Épouser un mafieux n'était pas dans mes plans, mais on ne me demanda pas mon avis sur la question. En fille sage, j'obéis.
Mon mari, Lorenzo, un homme ni beau, ni laid, parlait peu, et les rares fois où il le faisait, c'était pour me rudoyer. Pour cet homme froid et sans scrupule, je représentais un objet encombrant dont son père s'était tout bonnement entiché. Le vieil homme toujours très aimable avec moi, cela dit, ne se mêlait pas de nos affaires de couple même lorsqu'il s'agissait de violence conjugale...
Par chance, je me retrouvai veuve assez tôt, à 25 ans.
Il faisait extrêmement beau ce jour là. Les évènements se déroulèrent pratiquement comme dans le premier épisode du Parrain. Toute la famille de mon mari était réunie pour fêter le mariage d'un cousin proche lorsqu'une fusillade éclata en plein milieu du banquet. Je me jetai sous une table pour me protéger des balles qui volaient un peu partout. Peu de monde survécut au massacre, les seuls à rester en vie furent Don Roberto, mon beau-frère Didou, trois gardes du corps et moi. Un règlement de compte entre familles rivales et Lorenzo avait rendu son dernier soupir.
Bien que tragique, cet événement m'apporta un soulagement certain, sauf que je n'avais pas prévu que mon beau-père voudrait m'intégrer dans son organisation criminelle à la suite de cela.
Là aussi, je dus me plier aux volontés du patriarche ou sinon, j'allais me retrouver avec les pieds coulés dans un bloc de béton à barboter au fond du détroit de Messine ...
Voilà qui n'avait rien de fabuleux, mais en comparaison des coups que je recevais quotidiennement par Lorenzo, mieux valait accepter sans broncher. Devenir une tueuse à gages n'était pas une vocation, le destin m'avait forcé la main. Malgré tout, je décidai de m'accommoder de mon sort et de cesser d'être une victime ...

6 commentaires:
Oh la la, je m'absente de la blogo et t'as déja eu le temps de mettre deux articles....
Bon alors retour au départ... c'est une bonne idée je trouve....
Je vais certainement en louper des épisodes mais je me rattraperai. La semaine prochaine je squatterai l'ordi du Jules....
Je parie que Didou va intervenir.... Avec un nom pareil, on pourra pas le laisser de côté.... Comment est-il, physiquement ?
Ah ces italiens!!!!!
Ysa : retour au départ oui et non, disons développement de quelques passages que j'ai laissés dans l'ombre en attendant de pouvoir écrire la suite de l'histoire proprement dite.
Lancelot : bein il est beau le Didou, sinon il n'aurait pas fini dans mon lit ... Cela dit, je l'ai fait mourir il y a quelques épisodes déjà de la main de son propre frère en plus !
Victoria : comme tu dis ... et pour moi ça sent le vécu, pour de vrai en plus !
Je trouve que ta description du frère de ton mari est un peu courte... Tu ne peux pas développer ?
;-)
Cela dit, dans cet épisode, tu te décris très soumise, passive, et entraînée par les évènements... Tout le contraire du personnage que tu décris dans la suite de l'histoire.
Didou : bien sûr que je pourrai développer, tu pourras lire ça dans mon roman ... s'il est publié un jour par un éditeur !
Au début, l'héroïne n'était pas destinée à devenir une machine à tuer comme quoi tout évolue et rien ne reste figé dans la vie !
A bientôt cher fantôme ... Bises à toi.
Enregistrer un commentaire