dimanche 3 janvier 2010
Sommet du G4
Ma rencontre avec la mère et la soeur de Raphaël fut assez surprenante, en fait, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, c'était bien la première fois que j'étais confrontée à ce genre de situation.
Pour l'occasion, je m'habillai de façon correcte et pas avec ma tenue de cuir habituelle qui aurait pu choquer belle-maman. Je me demandais ce que Raphaël avait bien pu leur raconter à mon sujet, j'imaginais une femme élégante et coincée d'une petite cinquantaine d'années pour sa mère, quant à sa soeur, difficile de se faire une idée sur une fille que je n'avais jamais vue non plus.
J'attendais donc leur arrivée avec plus ou moins d'impatience dans une restaurant chic choisi par l'homme de ces dames. Mon estomac dansait un peu la samba mais j'ignorais si c'était dû à la présence du symbiote qui grossissait dans mon ventre ou bien si par avance, c'était ma belle-famille me donnait déjà des aigreurs ...
Raphaël n'avait de cesse de me rassurer en me disant que tout allait bien se passer, que je n'avais pas à m'en faire. Bein voyons ... "engagez-vous qu'ils disaient, vous verrez du pays ", c'est cela oui ...
Nous étions déjà installés à notre table depuis vingt minutes quand le duo infernal arriva.
Je vis débarquer une grande femme à la silhouette élancée, cheveux blonds vénitiens coiffés en chignon banane, tailleur jupe et talons hauts, la vraie chef d'entreprise dans toute sa splendeur ! Une cinquantenaire qui mène sa vie sans s'en laisser conter et qui a des idées bien arrêtées.
- Appelez-moi Zélie dit-elle en me tendant une main glaciale que je serrai poliment.
La soeur de Raphaël m'inspira déjà un peu plus, elle semblait beaucoup moins guindée que sa mère. Maia, c'était du concentré d'énergie et de bonne humeur dans une petite bonne femme aux allures de feu follet, une silhouette de ballerine, les cheveux plus roux que son frère, une coiffure courte et moderne un peu dans tous les sens. Sans même attendre les présentations, elle m'embrassa sur les deux joues comme si elle me connaissait depuis toujours. En voilà une qui était au moins sympathique pour deux, le déjeuner serait peut-être plus agréable que prévu.
- Alors très chère, c'est vous qui avez réussi à voler le coeur de mon fils ! Parlez-moi donc un peu de vous...
Voilà qui commençait mal, que savait-elle à mon sujet ? Ou plutôt que devait-elle continuer à ignorer ?
- Que voulez-vous savoir Zélie ? dis-je en tentant de contourner l'obstacle.
- Et bien que faîtes-vous comme travail ?
Je lançai un regard rempli de désespoir vers Raphaël mais visiblement il ne pouvait pas venir à mon secours là-dessus, il allait falloir que j'improvise.
- Je suis dans la même branche que Raphaël.
Zélie se pencha vers moi et dit à voix basse :
- Vous aussi vous êtes dans l'espionnage ??
- Oui mais du côté un peu plus obscure de la force, soufflai-je tout aussi bas.
Belle-maman se redressa sur sa chaise pour reprendre contenance.
- Bien, changeons de sujet alors. Et vos parents, ils font quoi dans la vie ?
- Je suis malheureusement orpheline depuis mes 8 ans.
- Pardon, je suis désolée, je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise.
Maia vint à mon aide.
- Maman si tu cessais un peu ton interrogatoire, on est ici pour passer un bon moment. Raph, commande nous plutôt un apéritif, suggéra Maia.
La soeur de Raphaël se tourna vers moi et continua la conversation sur un ton plus léger.
- On peut se tutoyer ce serait plus simple, on a sensiblement le même âge ! Alors Sco', il parait que tu vas vivre avec mon frère, c'est vrai ? Et vous vous êtes rencontrés comment ?
- Maia, tu ne peux pas ficher la paix à Sco', ce n'est pas un déjeuner de l'inquisition espagnole que je sâche ! rétorqua Raphaël.
- Oh il n'y a rien de secret là-dedans. Ton frère et moi nous sommes rencontrés sur une mission commune et oui nous allons nous installer ensemble, répondis-je tranquillement.
- Ce n'est pas un peu tôt pour vous mettre à vivre ensemble ? questionna Zélie
- L'idée n'est pas de moi mais de votre fils, répliquai-je.
- Hum ... rien ne sert de se précipiter, continua-t-elle.
Cette fois, Raphaël m'empêcha de répondre avec un regard qui semblait sans appel, du genre "tais-toi, là, c'est moi qui règle le problème ".
- Maman, nous avons tous les deux plus de 30 ans, nous ne sommes plus des gamins et si nous décidons de nous installer ensemble c'est que nous désirons construire quelquechose de solide et que nous sommes sûrs de nous. Et, pour ta gouverne, tu vas être grand-mère alors fais-toi à l'idée que Sco' fait partie de ma vie et que tu ne la feras pas fuir comme les autres filles que j'ai pu connaître ! dit-il furibond.
Zélie manqua de s'étrangler en avalant sa gorgée de vin blanc.
- Tu plaisantes Raphaël !
- Non Maman !
Belle-maman s'adressa à moi telle une outragée :
- Alors c'est comme ça que vous avez obtenu ce que vous vouliez, vous l'avez piégé avec un enfant ?
- Vous vous trompez sur toute la ligne mais après tout, croyez ce que vous voulez !
Je me levai et parti sans me retourner sous l'intérêt de tout le restaurant qui avait suivi l'intégralité de la conversation.
J'entendis Maia me crier de loin ses félicitations histoire d'agacer un peu plus sa mère, je lui fis un petit signe de la main et quittai le restaurant. Pendant ce temps, je laissai la mère et le fils laver leur linge sale en famille ...
A suivre ...
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8 commentaires:
Il y a bien longtemps que je n'avais pas autant ri !
Je suis comme toi, j'aime pas ta belle mère, tailleur et allure chef d'entreprise, tu n'as pas de chance, quel cadeau !!!
Surtout comme dirait Ysa ne lâche pas l'affaire, mais bon si tu veux garder le fils tu as intérêt à fumer le calumet de la paix, parce qu'il y a des hommes qui sont perdus sans leurs mamans, les pauvres chéris !!!
Tu as bien travaillé pendant les fêtes !
Gros bisous !!!
La vache un poil autoritaire la future belle mère !! Dis donc Zélie, tu lui fous un peu la paix ! Si tu comptes tout régenter hihi... Je crois qu'on a pas finie de se marrer !
Le genre feu follet me plait bien ! c'est tout à fait moi !
Biz Sco ! Bon boulot !
Zélie : contente de t'avoir fait rigoler ! Va falloir qu'elle se calme la belle-mère sinon il va lui arriver des bricoles ... enfin je dis ça, je dis rien ...
Moi travaillé pendant les vacances ?! Meuh non, j'ai pondu le texte en 1h00 chrono hier !
Bisous belle-maman.
Maia : ouais je vais peut-être y réfléchir à deux fois avant de me laisser passer la corde au cou.
Bisous le feu follet !!!
quelle famille de canailles...!
Je le sentais pas bien ce coup là... ça se confirme... Ah ah je reconnais bien Maia, pour Zélie, je ne l'imaginais pas du tout comme ça, la vilaine, on va devoir lui apprendre les bonnes manières !!
Bah cool;! mais tu n'as rien dit? toi? sCO? C'est les hormones ou quoi?????
pfffff
Bises!
Ca me fait penser à un de ces films canadiens, avec plein de moments d'ambiance, aux conversations faussement entendues, où le point de cassure frôle chaque seconde...
Sinon c'est bien, Sco ! ^^
Bravo Virginie et Maia, bienvenues au club...
Je vous embrasse tous !
Jack
Charles : une famille imprévisible plutôt !
Ysa : bof les belle-mères, c'est comme les gosses, on les éduque enfin celle-là va me donner du fil à retordre, je le sens bien !
Victoria : bein j'aurais bien sorti mon flingue mais au milieu du resto ça aurait jeté un froid et puis Raph aurait sûrement piqué une crise alors pour l'instant, je laisse couler.
Bises aussi.
Jack : et oui le club de mes lecteurs/acteurs s'élargit c'est bien je trouve.
Bises capitaine !
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