jeudi 7 janvier 2010

Et que ça brille !


Le déjeuner du 24 décembre avait été copieux à bien des égards non pas par la qualité du repas que je n'avais même pas eu le temps d'avaler mais j'étais plutôt gavée comme une oie par la personnalité de la mère de Raphaël. Finalement, avec une mère comme ça, je ne m'étonnais guère qu'il se faisait régulièrement passer pour un orphelin, au moins, il avait la paix ! Mais bon, cette femme existait dans sa vie et il allait falloir que je fasse avec. Je mourais d'envie de lui donner une bonne correction à cette mégère, cependant mon amour pour Raphaël m'empêchait de recourir à des moyens peu orthodoxes pour calmer les ardeurs de sa génitrice. Heureusement que Maïa représentait dans tout cela une bouffée de fraîcheur, en voilà au moins une qui ne semblait pas vouloir m'accabler par tout un tas de reproches aussi tordus les uns que les autres. L'autre point positif de la situation c'était que Raphaël avait pris ma défense devant sa mère même si je supposais qu'il devait être déchiré intérieurement par ce genre de conflits, au moins il était capable de prendre position.
Au final, j'avais décidé de continuer à me conduire en électron libre, je cotoierais volontiers la soeur, quant à la mère, elle ne figurerait sans doute pas sur mon carnet d'adresses.
Manque de chance, Jack, Charles, Victoria et Ysa ne purent pas nous rejoindre pour le réveillon de Noël car les pistes d'avion étaient bloquées par la neige et le verglas. Ce fut donc partie remise pour le réveillon de la St Sylvestre.

Quand Raphaël rentra à la maison deux bonnes heures après moi, il avait l'air soucieux. Il est vrai que je l'avais planté en plein milieu du Ritz avec une mère complètement hystérique et une soeur qui jubilait de voir leur mère dans tous ses états. Il alla directement s'asseoir derrière le piano à queue et entama l'ouverture de la chevauchée des walkyries, inutile de dire qu'il était d'une humeur massacrante, il ne décrocha pas un mot pendant près d'une demie-heure. Je m'approchai donc précautionneusement du piano et lui tendis un verre de whisky, double.
- Alors ça s'est si mal passé que ça après mon départ ?
- Pire que ça.
- Tu m'en veux d'avoir abandonné le navire en route ?
- Non, au contraire, tu as bien fait.
- Ah bon ? dis-je stupéfaite.
- Ma mère était tellement folle de rage contre toi qu'elle a fait un scandale dans le restaurant et qu'elle s'est faite sortir par la sécurité.
- Pourtant, j'étais déjà partie, je ne comprends pas.
- Elle a essayé de te rattraper mais je l'en ai empêchée alors elle s'est mise à me traiter de tous les noms d'oiseaux possibles et imaginables. Pour elle, je ne suis qu'un imbécile qui s'est laissé piéger comme un débutant.
- Elle est remontée à ce point ?
- Oh oui, elle a dit qu'elle ne voulait plus entendre parler de toi, ni voir le batard que tu portais puisqu'elle est persuadée que je ne suis même pas le père.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- C'est bien simple, pour moi, si elle ne veut pas t'accepter, je couperai les ponts avec elle.
- Tu sais que tu n'es pas obligé d'aller jusque là, il doit bien y avoir un compromis à faire.
En gros, si je veux la voir c'est seul que je dois y aller.
- Non je ne ferai aucun compromis à ton sujet, soit elle t'accepte, soit je disparais de sa vie, dit-il sur un ton rageur.
- Voilà qui ne me place pas dans une position confortable et toi non plus ... Tu veux que je lui règle son compte ?!
Regard médusé de Raphaël.
- Eh respire, je plaisante ... quoique l'idée m'ait traversée l'esprit mais je ne veux pas arriver à de telles extrêmités ! m'esclaffai-je.
- Et Maïa, elle en pense quoi de tout ça ?
- Elle est contente pour nous, elle est même ravie que tu fasses tourner notre mère en bourrique rien que par ta seule présence. Pour Maïa, tu es le messie incarné sur Terre, elle n'attendait que quelqu'un comme toi pour rendre la vie impossible à Zélie, tu dépasses toutes ses espérances !
- Fabuleux ! Ta soeur est un peu fofolle mais je l'aime bien, je pense qu'on pourrait même devenir amie même si ça ne te console pas pour le reste.
Bon, changeons de sujet, la troupe ne vient pas ce soir pour cause de mauvais temps.
- Oh non ! Voilà qui finit de gâcher le soir de Noël, désolé pour toi, j'ai tout loupé aujourd'hui.
Raphaël prit un air contrit.
- Ne sois pas si dramatique, j'en ai vu d'autres et puis on est tous les deux, c'est déjà formidable non ?!
- Rectificatif, on est presque trois !
- Oui ... si tu y tiens, soupirai-je.
- Alors, tu ne veux toujours pas voir ce que je t'ai offert pour Noël ?
- Je répondrai à ta question par une autre question, tu vas me tanner avec ça pendant combien de temps ?
- Jusqu'à ce que tu dises oui.
- Tu sais que ça va pouvoir durer longtemps cette affaire.
- Mais j'ai tout mon temps. Alors tu veux voir oui ou non ?
- Tu as de la veine que je sois curieuse alors je veux bien regarder juste par curiosité.
Raphaël leva les yeux au ciel en se demandant sûrement ce qu'il avait bien pu faire au bon dieu pour tomber sur une fille aussi compliquée que moi. Il sortit de sa poche un écrin en velours noir qu'il posa en équilibre sur son genou.
Je saisis alors la boite et l'ouvris d'une main peu assurée. Un solitaire en diamant brillant de mille feux trônait au milieu du velours.
- Elle te plait ? hasarda-t-il.
- Un peu ostentatoire non ?!
- Ce n'est pas ce que je t'ai demandé.
- Elle est jolie en effet...
- Tu veux l'essayer juste pour te donner une idée de ce que ça rendrait sur toi ?
- Serais-tu en train de me tendre un autre piège de ton crû ?
- Moi ? Non ... mais il faut bien que je sache si elle est à ta taille pour le jour où tu décideras de la porter...
- Tu insistes en plus ! Je ne suis pas d'accord pour me marier maintenant.
- Voilà qui n'est pas un non catégorique alors j'ai de l'espoir !
- L'espoir fait vivre en effet ...

A suivre ...

7 commentaires:

Colombine a dit…

Parfois on aimerait que tout ceci soit presque vrai... Peut être des bribes de vérité...
Je te souhaite une très belle Année..
Colombine

Victoria a dit…

Ce n'est-il pas mignon tout ça??? rhoooo Sco, fleur bleue....NON! je sens venir autre chose!
bises

Ysa a dit…

Et bien dis donc, ça promet avec Belle maman !!! Bon et cette bague alors, tu vas la porter oui ou M....

Maia Luna a dit…

Rhoooo ! non mais attends, il est pas un peu dignue Raph, de dire comme ça que Zélie a traité le futur petit espion de batard ? Il faudrait qu'il apprenne un peu à se taire le luron...
Comment ça fofolle ?! nan, Madame, je peux être sérieuse et posée quand je veux ! Et quand on me le demande aussi ! non mais...
Bon alors cette bague ? elle te va au moins ?
Je sais pas pourquoi, mais je sens que tu vas être invivable durant ta grossesse !!

Dame Sco' a dit…

Colombine : ah si tout ce que j'écris étais vrai ... je nagerais dans le bonheur tous les jours avec un homme comme ça !
Bonne année à toi. Des bises.

Victoria : hum ... tu as raison c'est le feu qui couve sous les cendres ça ... Bises ma belle.

Ysa : la bague est belle mais faut pas que je cède à tout comme ça, sinon où va-t-on ?! Il va se croire tout permis ensuite ... héhéhé !!!

Maïa : les hommes et la délicatesse, ce n'est pas toujours une affaire de bon goût n'est-ce pas ?
Bein oui t'es sérieuse quand il faut, on le sait ma bichette !
Ah ... la bague ... elle est belle hein ? je suis sûre que tu voudrais la même !
Moi invivable pendant la grossesse ?! Meuh non ....si peu !

Virginie-Zélie a dit…

Quelle horreur cette belle mère, j'espère que tu n'en as pas connu une comme ça, mais ça sent le vécu !!!!!
Je ne serais jamais belle-mère, j'ai une de ces chances, je ne sais pas si cela m'aurait plu finalement !!!
Pour la bague, un peu grosse non, ça fait tape à l'oeil ou alors c'est pour embêter sa mère !!!!
Pour ta réponse à Colombine, tu sais un homme ça se change !!!

Dame Sco' a dit…

Virginie : l'accueil glacial à la première rencontre, oui j'ai connu ... Ce n'est pas mon meilleur souvenir hum ...
Un homme ça se change ... certes ... Mais un Raphaël j'en croise pas un chaque matin au coin de la rue !!!