mardi 3 novembre 2009

Le doute

Lorsque la sonnette retentît, je me précipitai sans réfléchir vers la porte d'entrée. Raphaël était sur le seuil, de l'eau dégoulinait de ses cheveux bronze dorés autant que son manteau dégoûtait parterre, un sac de voyage à la main, il me décocha son petit sourire en coin. Je ne lui laissai même pas le temps d'entrer et de se dévêtir que je me précipitai déjà dans ses bras.
Pendant ces trois longues heures à l'attendre, j'avais imaginé divers scenarii dont un fort désagréable, je m'étais faite un film où Lorenzo l'avait attiré dans un piège et l'avait tué. Mais non, il était là devant moi ... malgré tout ce sac de voyage ne m'inspirait rien de bon.
- Donne moi tes affaires mouillées, je vais les faire sécher dans la salle de bain.
Raphaël s'exécuta et me tendit son manteau noir. Quand je revins, il m'attendait tranquillement dans le canapé, il tapota le coussin pour que je vienne prendre place près de lui.
- Alors qu'as-tu fait pendant mon absence ? demanda-t-il  presque inquisiteur.
Il semblait sonder mes yeux inquiets, car oui, l'inquiètude n'avait pas quitté mes veines, elle serpentait dans tout mon corps et serrait mon coeur de milliers de spasmes.
- Rien de particulier, dis-je évasivement.
- Sco', tu mens très mal.
- Bon j'avoue, j'étais folle d'inquiétude et j'ai monté les pires histoires dans ma pauvre cervelle d'humaine.
- Par exemple ?
- Eh bien, ce n'est qu'une des deux possibilités qui me sont venues à l'esprit mais j'ai pensé que Lorenzo t'avait peut-être tué.
Raphaël poussa un soupir.
- C'est donc pour ça que tu as l'air si défaite. Tu peux être rassurée ton mari ne m'a rien fait, enfin pas encore !
- Qu'est-ce que cela signifie ?
- Il est juste un peu entré chez moi par effraction, a retourné mon appartement pour finalement me laisser un post-it de menaces. Rien que de très classique quoi !
Je sursautai alors que lui gardait un calme olympien.
- Ma parole, mais il a complètement perdu la raison, je savais bien que c'était risqué de te laisser seul, je n'aurais jamais dû t'envoyer faire un tour, il aurait pu t'arriver n'importe quoi ... Oh, je ne suis qu'une idiote !
- Mais non, il n'est rien arrivé et puis je sais me défendre le cas échéant, un seul homme est à ma portée, une douzaine forcément c'est autre chose ...
- Il disait quoi dans son message ?
- Que je serai le dernier sur sa liste, bref, une menace à deux balles puisqu'on le maîtrisera avant qu'il n'ait tué qui que ce soit d'autre. A ce propos, tu as des billets pour Tel-Aviv ?
- Oui j'ai réussi à avoir deux places en classe économique pour demain soir mais bon c'est déjà ça.
- Parfait, j'ai pris des affaires propres, dit-il en désignant son sac de voyage. On aura pas le temps de s'amuser à faire la lessive ! s'esclaffa-t-il.
- Et si tu me parlais de l'autre scénario auquel tu as songé ?
- Oh celui-là, mieux vaut ne pas en parler ...
Il me souleva le menton de manière à fixer mes yeux avec attention. Je détournai le regard malgré tout.
- S'il te plait, dis-moi pour quelle raison tu t'es torturée pendant des heures.
Son ton se faisait implorant.
- Bon si tu y tiens ... j'ai imaginé que tu t'étais enfui et que tu ne reviendrais jamais. Tu es content maintenant ?
- Non pas vraiment.
Il fronça les sourcils et croisa les bras.
- Donc tu es en colère ?
- Un peu , oui on peut dire ça.
- Voilà je savais bien que c'était une mauvaise idée que je crache le morceau.
- Disons que c'est assez insultant.
- Quoi ? Là j'étais perdue, je ne le suivais plus du tout.
- Je n'aurais jamais cru que tu pouvais inventé des sottises pareilles. Tu as donc si peu confiance en moi pour croire que je vais me sauver au premier coin de rue. Sco', permets-moi de te dire que tu me connais très mal !
Là j'étais dans mes petits souliers, je me sentais un peu bécasse. Raphaël rapprocha son visage du mien, prit fermement mes deux mains dans les siennes et m'assena la vérité toute nue, sans fioriture.
- Jamais je ne te quitterai alors mets toi ça dans le crâne une bonne fois pour toutes, tant que tu voudras de moi, je resterai à tes côtés. Je t'interdis de douter de moi ! Compris ?!
Je me sentais honteuse au point de piquer un fard mais à la place, je fondis en larmes, moi la tueuse, j'avais été touchée en plein coeur rien qu'avec des mots.

A suivre ...

7 commentaires:

Maia Luna a dit…

hooo je crois bien qu'il aurait mérité que tu lui sautes dessus direct, et ne lui donne plus jamais l'envie de te laisser... Donc classe économique pour vous deux...

JanSheng a dit…

Il est revenu et voila, il s'en prend plein la vue...
J'espère que le moral quant à lui, revient...
Bonne soirée @+

Dame Sco' a dit…

Maia : le pire c'est que c'est moi qui lui avais dit d'aller prendre l'air pour se calmer, c'était pas une super idée ! Oui, là c'est classe éco car les billets 1ère classe n'étaient pas dispo en si peu de temps.

JanSheng : le moral revient, mais je suis fatiguée si tu savais ...
Bonne journée.

Ysa a dit…

Oh la la mais je ne reconnais pas ma Sco !!! tu es Raph Addict ou je me trompe ? ah ah, il a su te dompter celui là !!!

Dame Sco' a dit…

Ysa : je trouve ça mignon comme formulation "Raph Addict" ! Moi non plus, je ne me reconnais plus si ça peut te rassurer.

Virginie a dit…

C'est vrai que tu à l'air mordu !!!
Le beau Raphael n'aurait pas un jouet qui fait crac, boum , hue !!!!!!!!!!
Je comprends pourquoi tu es fatiguée, à faire des folies de ton corps....
Bronze doré pour les cheveux, pas envie d'avoir l'adresse de son coiffeur moi !!!
L'amour est aveugle, attention Sco'...
Bisous et couche toi plus tôt !!

Dame Sco' a dit…

Zélie : Mordue moi ?! Je dirais même accro ... bref ... pour la couleur des cheveux disons que c'est légèrement cuivré quoi !Comme il est beau, tout lui va de toute manière. Les folies de mon corps avec Raphaël sont loin d'être fatiguantes, ce sont plutôt les soucis qui me fatiguent en plus de mes nuits aux réveils multiples.
Bisous.