jeudi 12 février 2009

L'épisode by Didou

Les longs cheveux de Sco étaient épars sur son épaule. Didou écoutait le souffle paisible de son amie (non, plus qu'une amie maintenant). Elle avait blotti sa tête au creux de sa poitrine, son bras tendrement sur son ventre. Leurs jambes étaient encore entremêlées, après la folle nuit qu'ils avaient passée. Le corps de cette femme si belle, si sauvage et impétueuse, et pourtant si féminine et attirante, ce corps nu collé contre le sien aiguisa à nouveau le désir de Didou.
Mais comment en étaient-ils arrivés là, déjà ?
Le train d'atterrissage de l'avion heurta violemment la piste, et tira Didou de son rêve.

Palerme. Ca faisait tellement longtemps qu'il n'avait foulé ce sol poussiéreux et pourtant tellement affectivement fort. Maintenant qu'il pilotait tout depuis Paris, il... Il chassa cette idée de son esprit. Il était là pour Sco, et exclusivement pour elle.
Ca n'avait pas été difficile de retrouver sa trace, de savoir quelle destination elle avait prise, et où elle logeait actuellement. Il savait même qu'elle avait choisi du poisson dans l'avion, mais n'avait pas mangé son fromage... Ce poste bien placé dans les RG français s'était une fois de plus révélé inestimable.

A Palerme, il se rendit dans un petit hôtel de centre ville, le meilleur marché qu'il connaisse. Puis il se souvint de son rêve. Il en avait déjà faits de prémonitoires...
Il se décida finalement pour un hôtel trois étoiles sur la place centrale de Palerme, après avoir bien vérifié qu'ils étaient en mesure d'émettre une facture compatible avec les notes de frais de l'administration française.

Armé de son bouquet qu'il avait ramené de France (un bagage à main qu'il avait laborieusement négocié), il se rendit à la sortie de l'église. C'était dimanche, et le mentor de Sco ne pouvait se permettre de manquer la messe. Et Sco l'accompagnerait, il en était sûr.

La cathédrale Notre Dame de l'Assomption était somptueuse. Son dôme éblouissant élancé vers le ciel semblait comme un lien unique et précieux avec le monde céleste. Il régnait un grand calme sur la place. Aucun passant, juste une faible brise qui venait atténuer les brûlures ardentes du soleil. Seul, un musicien muni de son violon dans son étui traversa la place, et rentra dans un bâtiment opposé à la cathédrale.

Les cloches commencèrent à retentir, et d'un coup la vie reprit ses droits. Comme par un coup de baguette magique, des passants apparaissaient presque de nulle part, et se mélangeaient à la foule que crachaient les gigantesques portes de la cathédrale.
Didou vit Don Roberto sortir de l'édifice, au bras duquel se tenait Sco. Par une mécanique magiquement huilée, son chauffeur approchait déjà sa voiture pour qu'il n'ait pas à attendre. Didou descendit les marches du promontoire où il était juché, et s'approcha de son amie. Il connaissait bien Don Roberto, pour avoir dû traiter de nombreuses fois avec lui. Alors qu'il allait se jeter à genoux devant Sco, lui clamer son amour devant une foule de témoins et dans un lieu quasiment consacré, il vit Don Roberto faire un brusque mouvement en arrière, puis s'écrouler. Il vit Sco, toujours vive et lucide le tirer et l'enfoncer dans la portière béante de la voiture. Il vit le bolide démarrer en trombe. Il vit Sco dégainer son arme, et regarder de tous côtés.
Puis il comprit !
Un sniper avait touché au bras le vieil homme. Un sniper assez lointain, et qui devait avoir une position privilégiée. Un sniper avec donc une arme très longue, de celles qu'on cache dans un...
- Sco ! Par ici, vite !

Ils traversèrent la place comme si le diable les talonnait. Arrivés au pied du musée où il avait vu le violoniste entrer, il entendit Sco crier :
- Occupe-toi du guichet !
Ben comment ?
Il n'avait pas d'arme et cette pauvre guichetière n'avait rien fait. Il n'allait quand même pas payer deux billets !
La jeune italienne le fixait avec des yeux incrédules, incapable de comprendre pourquoi on l'avait menacée d'une arme pour pénétrer dans le musée.
- Lei è superbo, dit Didou avec un sourire donjuanesque. Il lui tendit le somptueux bouquet de fleurs, et entra à son tour dans l'édifice.

Au premier étage, il découvrit Sco, repoussant du pied le cadavre du sniper.
- Je n'ai pas eu le choix, dit-elle, C'était lui ou moi.
Pour quelqu'un qui était prise de cours, Sco n'avait pas perdu la main : la balle s'était logée au dessus du nez, dans le prolongement du sourcil gauche.
- C'est un Yakuza, dit-elle encore en lui montrant ses tatouages dans le dos. Avec une arme de professionnel.
Didou regarda le long fusil, muni d'une lunette de visée à guidage laser. L'homme avait dans la main un simple Beretta avec lequel il avait cherché à éliminer Sco.
- Mais pourquoi un Yakuza ? se demandait Sco.

Didou se pencha sur la main du tueur, et remarqua un tatouage, formé de cinq petits points noirs placés en cercle, entre le pouce et l'index.
- Un ex-Yakuza : il a un autre employeur maintenant, déclara Didou.
Voyant Sco rester sur sa première impression, la plus évidente, il enchaîna :
- La Stidda. C'est une organisation mafieuse concurrente de la Cosa Nostra. Elle est basée dans le sud de la Sicile, autour d’Agrigente. Leurs membres portent cette marque caractéristique.
Puis, se souvenant de son rêve, il ajouta :
- Sco, je sais que ce n'est pas le moment, mais j'ai un truc à te dire...
- Pas le temps, dit elle. Les employés de Don Roberto vont venir nettoyer ça, mais moi je veux savoir pourquoi quelqu'un s'en prend à tous les gens qui me sont proches.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Franchement, j'ai pas de bol, je pars me reposer et réfléchir et voilà que le boulot me rattrape ... Enfin y'a pas que le boulot qui cherche à me rattraper si vous voyez ce que je veux dire ... Il est tenace le Didou, va-t-il parvenir à ses fins ?! Vous le saurez dans le prochain épisode héhéhé !!!

DIDOU a dit…

C'est vrai que je suis tenace.
Mais le jeu en vaut largement la chandelle !

Au passage, un grand merci à Sco pour m'avoir laissé délirer à ma façon dans son jeu à elle. Et d'avoir respecté ce que j'ai écrit sans le retoucher.

Anonyme a dit…

Rendons à César ce qui est à César, on ne touche pas au texte d'un auteur quel qu'il soit !!!!!

Bon j'attends avec impatience de pouvoir écrire la suite, si vous saviez ...

Anonyme a dit…

moi je remarque que même amoureux didou fait toujours attention à ses finances...

il me tarde de lire la suite!!

Anonyme a dit…

Forcément, il ne s'est toujours pas remis de son congé sans solde pour aller en Colombie !!!

Anonyme a dit…

moi j'ai beaucoup aimé cet épisode... et dire que tout ça a démarré à cause de Bertille.... oupssss...

Anonyme a dit…

oui franchement celle-là, elle commence à me sortir par les oreilles !!

Anonyme a dit…

Tout ça c'est un coup monté de Bertille j'en suis certaine.... mais j'ai hâte de voir la suite.... vas tu te rapprocher de Didou ? as tu déjà oublié le beau Daniel ?

Anonyme a dit…

Entre les deux mon coeur balance ma pauvre Ysa !: