mercredi 25 février 2009

La suite by Didou

Daniel ou Didou

Daniel se mit quelque peu à l'écart, pour laisser Didou s'approcher. Celui-ci raccrocha son téléphone portable, et s'avança pensivement vers Sco'.
- Écoute Didou, commença-t-elle, j'apprécie vraiment tout ce que tu as fait pour moi, mais il faut que tu comprennes. Tu...
- C'est toi qui vas m'écouter, l'interrompit-il. Je sais que tu as besoin d'un break, que tout virevolte autour de toi, que tu es en train de perdre pied.
Mais dans ton métier, on ne peut pas partir en vacances. La moindre erreur d'inattention, et tu te retrouves en menu gastronomique pour asticots.
- Je savais très bien à quoi je m'exposais quand j'ai...
- Non ! Tu ne te rends pas compte !
Didou criait presque, les veines de son cou étaient gonflées par... la colère ? Sco' ne l'avait jamais vu comme ça, lui d'ordinaire si maître de lui.
- Tu ne sais même pas ce que c'est de perdre un être qui t'est cher, reprit-il ! Tu as aimé mon frère, mais tu as finalement accepté sa mort, comme si il était destiné à mourir un jour ! Mais moi je ne l'ai jamais acceptée ! Et jamais je n'accepterai de perdre de la même manière une autre personne que j'aime !
Didou tremblait de tout son être, ses yeux brillants de larmes retenues. Sco était ébranlée par la force de cette déclaration. Elle le savait amoureux d'elle, mais de là à le voir tellement emporté et vulnérable...
- J'aimais ton frère, et pendant de longues années je n'ai pas pu penser à autre chose que lui ! Est-ce que pour la peine je dois passer ma vie à le pleurer ? J'ai déjà tellement pleuré !
L'émotion la gagnant à son tour, sous l'évocation de tant de chagrin et de douleur, elle sentit sa gorge se serrer et sa voix se voiler.
- Je veux oublier cet épisode, et vivre ma vie, reprit-elle. C'est pour ça que...
- Mais tu ne comprends donc rien ? Tu ne comprends donc pas la douleur de perdre un être aimé ? Si tu avais appris ça, jamais tu n'accepterais que l'histoire ne se répète ! Jamais !
De grosses larmes roulaient maintenant sur le visage de Didou. Sco' se taisait, atteinte par tant de colère. Lorsqu'il recommença à parler, la voix de Didou était basse et tremblante, mais gardait toute sa détermination.
- Je ne veux pas risquer de te perdre, Sco'. Pas comme j'ai perdu Lorenzo. Jamais.
Dans sa déclaration presque suppliante, Didou en était devenu presque beau. Il n'était plus cet homme souvent sûr de lui, qui avait toujours le mot pour rire, derrière ses airs bougons. Il était l'homme découvert, presque à nu, débarrassé de tout déguisement, vulnérable et pourtant prêt à défier l'univers pour celle qu'il aimait. La tension avait adouci les traits de son visage, ses yeux n'étaient rieurs mais purs, presque transparents.
- Écoute Sco'...
Elle était hypnotisée par le son de sa voix. Cette voix à la fois chaleureuse et pleine d'harmoniques rassurantes. Elle se laissait bercer.
- Écoute Sco', j'ai activé le programme de protection des témoins de la DST. Je t'ai déclarée comme témoin à charge dans une affaire d'espionnage Indo-Pakistanaise, qui n'existe que fictivement, et donc qui ne sera jamais jugée. Voici un passeport au nom de Victoria Belladone, journaliste italienne, mariée à Donatello Belladone, expert en sécurité informatique. Notre lieu de résidence est l'île Néerlandaise de Saint Martin dans les Antilles. Les billets d'avion sont dans l'enveloppe marron, avec ton permis de conduire, ta carte de sécurité sociale,
ton jeu de clefs de la maison, des photos de ton mariage, et d'autres trucs auxquels nos services ont l'habitude de penser. J'espère que tu te plais en mariée, je n'ai pas repris les photos de ton vrai mariage pour ne pas te rappeler de souvenirs enfouis. Et j'ai choisi une photo de moi où je suis à mon avantage.
Sco' était coite. Elle n'avait jamais pensé que...
- Évidemment, reprit Didou, cela ne veut pas dire que nous serons mariés. Je veux te laisser pleinement libre de tes choix. Tu auras tout le temps qu'il te faut pour faire le point. Et l'île de Saint Martin est suffisamment ouverte d'esprit pour accepter un ménage à trois si tu tiens tant à l'autre...
Il balaya le jardin du regard, pour finalement s'apercevoir que, comprenant le caractère dramatique de ce qui se passait, la bonne Gabriella avait reconduit Daniel dans ses quartiers.

- Voilà, Sco', je veux que tu saches que je ferai tout pour ne pas te perdre.
Elle fit une pause pour bien prendre conscience de ce qu'il lui proposait. Non seulement c'était une des seules occasions qu'un tueur pouvait avoir de se retirer sans risques du métier. Mais surtout elle prit conscience de l'ensemble des sacrifices que Didou consentait pour elle. Il abandonnait tout, situation, amis, pouvoirs liés à sa fonction, vie sociale, parents... Tout ça pour elle.
Tout abandonner... et rien demander en échange ! Il envisageait même d'être simple témoin de la relation qu'elle pourrait avoir avec Daniel, sans interférer. Jamais elle ne pourrait avoir preuve d'amour plus tangible !
Plus elle comprenait les implications du plan de Didou, plus elle sentait les larmes irrépressibles lui piquer les yeux.
- Oh mon Didou ! s'écria-t-elle en se jetant dans ses bras !
Ils restèrent longtemps silencieux, dans les bras l'un de l'autre, à pleurer ensemble de soulagement sur leur amour révélé.

Plus tard, dans la nuit, alors que Didou était couché dans sa chambre, encore remué par les émotions tellement profondes de l'après-midi, il se tournait et retournait sans fin, incapable de trouver le sommeil. Il ne savait comment interpréter l'attitude de Sco', et comme ils avaient été séparés par l'arrivée inattendue de Don Roberto, ils n'avaient pu se parler par la suite. Didou était parti se coucher dans l'incertitude la plus totale.
Tout-à-coup, un froissement des rideaux attira son attention. Il n'entendait pas un bruit, et pourtant il ressentait comme une présence dans la chambre. Hésitant entre des nerfs trop à vif et des sens trop précis, il tendit l'oreille en fermant les yeux. Il entendait un moustique dans le lointain de la pièce, une voiture passer dans la rue...
Mais pourtant son intuition était la plus forte. Il tendit la main pour atteindre la lampe de chevet. Il activa le commutateur mais rien ne se passa. La lampe, qui fonctionnait encore il y a quelques heures conservait son obscurité.
Pris de panique, il s'assit dans son lit, prêt à se lever pour atteindre le commutateur général près de la porte. Au moment de se lever, il sentit un grand poids s'abattre sur sa poitrine. Il essaya de lutter, mais une poigne de fer lui bloqua les poignets, pendant qu'il sentait son agresseur s'asseoir sur lui pour l'immobiliser totalement.
Complètement impuissant, il allait se mettre à appeler à l'aide lorsqu'il sentit des lèvres se poser sur les siennes. Pris de court, il cessa de lutter un instant.
- Bonsoir mon Didou, murmura la douce voix de Sco', je vois que tu ne m'attendais pas...
- Sco' ? Mais...
- Chuuut... Cette nuit est la première de beaucoup. Les paroles attendront une autre fois...

En terminant ces mots, les lèvres de Sco' se posèrent sur celles de Didou.
Rassuré, follement heureux et déjà excité, il lui rendit son baiser. L'étreinte de Sco' le relâcha doucement, et il put laisser courir ses mains sur son dos dénudé, le long de ses hanches gracieuses, et sur ses fesses fermes. Il découvrit du bout de ses doigts la frissonnante texture de la nuisette en satin qu'elle portait. Leur baiser s'éternisa et il la renversa sur le dos. Tout en lui caressant les cheveux, il partit avec ses lèvres à la découverte de son visage, de son menton, de son cou. Sa main laissa la nuque de Sco' et glissa le long de sa poitrine dressée, s'attardant délicieusement autour des seins ronds et fermes qu'elle lui offrait...

Plus tard, alors que leurs corps épuisés obtenaient un repos dûment mérité, et que le soleil dardait ses rayons à l'horizon, Sco' se pencha vers Didou et lui dit :
- Avant de te rejoindre à Saint Martin, je voudrais que tu me laisses faire mes adieux à Daniel ce soir. Je ne te rejoindrai que demain...

A suivre ...

8 commentaires:

DIDOU a dit…

Je t'avais promis un mélange de "Autant en emporte le vent" et "Emmanuelle"...

Je regrette juste de n'avoir pas eu trop le temps de peaufiner le style (un peu trop tiré par les cheveux par moments)

Anonyme a dit…

Pour quelqu'un qui disait ne pas avoir trop d'imagination, je trouve ça déjà pas mal du tout !

Anonyme a dit…

Bon, je vais m'occuper de faire rapatrier le Daniel vite fait... avant que tout cela ne dégénère !!

Anonyme a dit…

Ysa : Tu crois vraiment que ça pourrait dégénérer ?

Anonyme a dit…

hier je t'ai mis un comm' mais il est pas là

sniiiiiiiiiiiiiif

Anonyme a dit…

Et bein t'as plus qu'à le réécrire alors !

Anonyme a dit…

pfiuoooouuu.... j'ai râté ce bel article déjà en ligne depuis 4 jours.... la fin me plait beaucoup... comme tu t'en doutes... et je vois que la nuit a été bonne... :)

Anonyme a dit…

Merci beaucoup pour l'auteur, je pense qu'il sera content !!