vendredi 13 novembre 2009

Compte à rebours

Au fond de mon coeur, j'avais compris qui était celui qu'il me fallait mais je n'avais pas encore le courage de le lui dire, peut-être qu'il comprendrait si je faisais comme le petit poucet et que je laissais des indices derrière moi. Et au pire, s'il me suppliait d'avouer l'invouable, peut-être réussirais-je à abdiquer sur le moment face à ses beaux yeux de braise...
Bref, l'heure était au départ pour Tel-Aviv car ce n'était pas avec mon inventaire sentimental que j'allais régler le compte de Lorenzo. J'avais une petite stratégie en tête, le tout étant de savoir si Jack voudrait bien risquer de laisser exploser son bateau si le besoin s'en faisait sentir, bien sûr ce serait une extrêmité à laquelle je ne voulais pas arriver, mais si l'autre fou ne me laissait pas le choix, je le ferais sauter avec le voilier. Je comptais lui tendre un piège à la Sco'. Depuis notre union, il n'avait jamais eu à subir mon côté retors et calculateur mais j'avais décidé qu'il était plus que temps qu'il payât la note salée de notre mariage arrangé par son ignoble père. Car au fond, je réalisais bien trop tard que Lorenzo n'avait jamais réellement éprouvé d'amour pour moi, il avait appliqué les ordres de Don Roberto en m'épousant. En contrepartie, il m'avait rendu la vie impossible, chouette cadeau de mariage non ?! Quel homme un tant soit peu amoureux de sa femme ferait en sorte de tuer le bébé qu'elle attendait et disparaitrait dans la nature pendant 5 ans en se faisant passer pour mort ? Cet espèce de psychopathe n'en ressortirait pas vivant, j'avais bien la ferme intention d'accomplir le contrat le plus important de mon existence dans les prochains jours...

A suivre ...

jeudi 12 novembre 2009

Et sentimentalement parlant ?

Voilà le terrain peut-être le plus glissant à explorer, mais je m'y aventurai volontiers, il fallait bien clore mon tour d'horizon masculin. J'avais volontairement omis de parler de mon mari car il ferait l'objet d'autres textes à venir.
Bref pour revenir à ces messieurs, au niveau sentimental, là je devais dire que tout l'éventail des possibles était représenté.
Jack, l'homme à femmes par excellence, me donnait le tournis avec toutes ses conquêtes. Il aimait les femmes et le faisait savoir ouvertement, il ne se cachait jamais d'avoir passé des nuits torrides mais quelquepart, il les aimait toujours un peu voire même passionnément. Jack n'était pas un Don Juan dénué de sentiments mais mon problème c'était qu'il ne voyait aucun inconvénient à se partager entre toutes ses maîtresses régulières et mêmes les occasionnelles. Je savais très bien en mon fort intérieur qu'il ne pourrait jamais être l'homme d'une seule femme et même au prix de gros efforts sur lui-même, il ne résisterait pas longtemps à la tentation d'aller trousser d'autres jupons que les miens. Ce n'était pas de sa faute, Jack était ainsi fait que sa générosité débordante empêchait toute fidélité envers une seule femme. Alors bien malgré moi, j'avais décliné l'offre de vivre une aventure plus ou moins longue avec lui. Je détestais l'idée de devoir le partager avec d'autres et je savais que dans ce domaine aucun compromis n'était possible de mon côté. Si je décidai de me ranger des voitures une bonne fois pour toutes, ce ne serait pas pour qu'il continuât de collectionner les aventures sous mon nez.

Quant à Daniel, celui-là m'avait fait peur ! Tout le contraire de Jack, un vrai modèle de fidélité qui m'avait directement dit qu'il m'aimait et avait dans la foulée proposé le mariage de peur que je lui échappa. En amant remarquable, il avait toujours comblé mes désirs mais là, j'ai eu envie de fuir, il me proposait en quelquesorte une prison dorée pleine d'amour, bref, un amour tel un gateau tellement sucré qu'il en devient écoeurant et étouffant. Malgré les sentiments que je pouvais avoir pour Daniel, son côté excessif et fusionnel dans son amour pour moi m'avait donné envie de fuir même si je savais qu'il serait sans doute un mari et un père exemplaire, c'était trop de perfection d'un coup, je n'étais pas habituée aux fins heureuses version contes de fée.

Enfin, Raphaël, le feu sous la glace, qui se révélait un amant passionné mais aussi un homme amoureusement intelligent qui savait m'approcher à petits pas pour mieux me retenir dans ses filets. La seule chose agaçante chez lui résidait dans son travers surprotecteur, il avait toujours peur qu'il m'arrive un malheur et que je disparaisse. Un visage d'ange qui avait sans doute une trouille monstre d'être abandonné même s'il ne le disait pas. Il ne proposait pas de m'entraîner dans une relation précaire, ni de m'enchaîner par les liens sacrés du mariage, il me laissait simplement venir à lui pour que je sois moi-même convaincue de mes choix. Une fine stratégie qui semblait fonctionner jusqu'à présent...

A suivre ...

mardi 10 novembre 2009

Et dans leurs têtes, ça se passe comment ??

Ma foi, la question était difficile car je n'avais jamais pu y faire un stage, s'il y avait bien un endroit dans lequel je n'avais jamais pu pénétrer c'était le cerveau des autres et en particulier ceux de "mes hommes".
Au jeu de la psychologie, Daniel semblait le plus équilibré mais tout n'était qu'impression car il partait souvent dans des délires avec ses romans, inutile de vous dire combien il m'était difficile de le faire redescendre sur Terre. Je pourrais aisément décrire Daniel comme un doux rêveur qui prenait bien souvent ses fantasmes d'aventurier pour la réalité; résultats des courses, il avait fallu que j'aille le sauver dans la jungle colombienne. Au delà de cela, je n'avais jamais rencontré d'homme aussi gentil, un homme sur lequel j'avais pu me reposer, en qui j'avais toute confiance. Quelqu'un comme lui capable d'une telle aptitude à pardonner et à comprendre l'autre était rare, j'en savais quelquechose car malgré toutes mes incartades, il ne s'était jamais lassé de moi, voilà un garçon intelligent et magnanime.
A l'opposé, Jack était un aventurier né, une sorte de pois sauteur qui rebondissait d'histoires de jupons en histoires de piraterie. Le capitaine avait la bougeote, incapable de se poser à un endroit fixe, il n'était bien qu'à voguer sur son bateau sur toutes les mers du monde. Jack avait soif de variété, de nouveauté, la monotonie d'une existence bassement terrestre ne lui convenait guère. Cependant, malgré son caractère parfois un peu vif, je pouvais aussi compter sur lui dans n'importe quelle situation, il répondait toujours présent, un vrai scout des mers ce cher Jack.
Raphaël restait le plus énigmatique des trois, toujours réfléchi, il n'agissait jamais au hasard. Son métier d'espion lui avait forgé une personnalité plutôt secrète que j'avais énormément de mal à déchiffrer. Jamais là où je l'attendais, son atout maître résidait dans l'effet de surprise, il semblait réussir tout ce qu'il entreprenait, l'échec faisait rarement partie de son expérience. Raphaël possédait un caractère de fonceur malgré tout, peu de choses étaient capables de l'arrêter quand il avait pris une décision. Cependant, je savais que sous ses dehors d'homme solide et généreux, il cachait des souffrances dont il ne disait mot, par pudeur sans doute.

A suivre ...

lundi 9 novembre 2009

Et physiquement alors ??

Dans ma vie, j'avais toujours eu du mal à opérer des choix surtout en matière d'hommes, entre les uns et les autres mon coeur balançait sans vouloir se fixer tellement tous les possibles qui s'offraient à moi, semblaient attirants.
Voilà donc que j'étais mise en tête de comparer ceux qui restaient encore en vie et qui gravitaient autour de moi.
Finalement le plus simple c'était le physique, qu'est-ce qui pouvait bien les différencier entre eux ? Tous beaux dans leurs genres respectifs, pour Jack, l'homme mûr dans toute sa splendeur, les cheveux poivre et sel à la Georges Clooney, de jolies ridules au coin de ses yeux foncés qui lui donnaient un charme fou. Un visage doux et rassurant, mais aussi un corps sculpté et parfois blessé par ses expériences de pirate, apportaient à  ce quarantenaire bien dans sa peau, une allure captivante et remarquable.
Forcément Daniel, aussi jeune quarantenaire pouvait rivaliser avec Jack, des cheveux noirs et un sourire à vous faire tomber parterre, voilà ce qui m'avait sauté aux yeux en premier. Me voilà comme une guimauve devant Docteur mamour, athlétique et charmeur, il avait tout pour séduire n'importe quelle femme. Son allure chic et assurée, ses yeux de braise et son parfum envoûtant avaient de quoi m'hypnotiser et cela était arrivé plus d'une fois.
Et puis Raphaël, un jeunôt comparé aux deux autres, un gentil petit trentenaire, mais il ne fallait pas s'y tromper. Il savait s'y prendre au jeu de la séduction, ses cheveux cuivrés qui dansaient comme des flammes quand ils étaient ébourriffés par le vent, sa démarche féline et sa silhouette élancée, son corps musclé m'avaient littéralement chavirée. Son regard appuyé et pénétrant qui me déshabille du premier coup d'oeil, son petit sourire en coin et des dents blanches étincelantes, tous ces détails me laissaient à chaque fois sur un petit nuage. Tout chez lui, produisait chez moi un effet magnétique, indescriptible, bref, rien qu'une envie, m'aimanter à cet homme-là ...

A suivre ... 

vendredi 6 novembre 2009

Au coeur de Sco' ...


Raphaël venait de toucher un point sensible, la confiance que j'avais en la gente masculine était vraiment toute relative dès qu'il s'agissait de sentiments amoureux. Je me gardais toujours de révéler ce que je ressentais réellement pour un homme de peur d'être déçue ou trahie, alors au final, je ne m'attachais pas réellement, je papillonnais sans m'engager plus avant. Du moins, c'est ce que j'avais fait depuis que je me croyais veuve et jusqu'à ce que Raphaël entrât dans mon existence. Alors bien malgré moi, j'avais fait souffrir Didou (paix à son âme !), Jack (dans une moindre mesure parce-qu'il était toujours bien entouré par ses nombreuses conquêtes, un bon pirate ne s'appitoye pas sur ses échecs sentimentaux), mais surtout Daniel qui avait rompu ses fiançailles à cause de moi et qui semblait éperdument amoureux d'une femme que je ne serais jamais. Je m'en voulais toujours de leur causer de la peine, cependant, il fallait bien me l'avouer, j'étais un véritable fléau pour les hommes qui m'approchaient d'un peu trop près. Tôt ou tard, ils se brûlaient les ailes à mon contact, se rendant enfin compte que malgré leurs tentatives pour m'apprivoiser, je n'arriverais jamais à les aimer autant qu'eux pouvaient m'aimer car je ne leur faisais par réellement confiance. Mes années de mariage m'avaient transformée en un être immunisé face à la passion, à la douleur, à la solitude. Aimer à nouveau quelqu'un pour de vrai incluerait un abandon face à l'autre, un lâcher prise, des sentiments avoués sans fausse pudeur, bref une quasi mise à nue qui me terrifiait littéralement. Mon problème actuel résidait dans le fait que Raphaël réussissait à faire tomber mes défenses une à une sans que je puisse lutter, j'étais prise au piège des sentiments que j'éprouvais pour lui. Je comprenais sa stratégie, l'étau allait se resserrer jusqu'à ce qu'il me forçat à avouer ... Quoi ? Que je l'...
Tiens, je n'arrivais même pas à le dire tellement le mot me brûlait les lèvres, il faudrait que je sois à l'article de la mort pour oser le lui dire ou alors qu'on me braquat un révolver sur la tempe et encore, je trouverais une pirouette pour contourner l'obstacle, j'en étais persuadée ! Apollon devrait encore déployer quelques trésors d'ingéniosité pour me faire craquer complètement, la question étant, allait-il parvenir à ses fins ?


A suivre ...

mardi 3 novembre 2009

Le doute

Lorsque la sonnette retentît, je me précipitai sans réfléchir vers la porte d'entrée. Raphaël était sur le seuil, de l'eau dégoulinait de ses cheveux bronze dorés autant que son manteau dégoûtait parterre, un sac de voyage à la main, il me décocha son petit sourire en coin. Je ne lui laissai même pas le temps d'entrer et de se dévêtir que je me précipitai déjà dans ses bras.
Pendant ces trois longues heures à l'attendre, j'avais imaginé divers scenarii dont un fort désagréable, je m'étais faite un film où Lorenzo l'avait attiré dans un piège et l'avait tué. Mais non, il était là devant moi ... malgré tout ce sac de voyage ne m'inspirait rien de bon.
- Donne moi tes affaires mouillées, je vais les faire sécher dans la salle de bain.
Raphaël s'exécuta et me tendit son manteau noir. Quand je revins, il m'attendait tranquillement dans le canapé, il tapota le coussin pour que je vienne prendre place près de lui.
- Alors qu'as-tu fait pendant mon absence ? demanda-t-il  presque inquisiteur.
Il semblait sonder mes yeux inquiets, car oui, l'inquiètude n'avait pas quitté mes veines, elle serpentait dans tout mon corps et serrait mon coeur de milliers de spasmes.
- Rien de particulier, dis-je évasivement.
- Sco', tu mens très mal.
- Bon j'avoue, j'étais folle d'inquiétude et j'ai monté les pires histoires dans ma pauvre cervelle d'humaine.
- Par exemple ?
- Eh bien, ce n'est qu'une des deux possibilités qui me sont venues à l'esprit mais j'ai pensé que Lorenzo t'avait peut-être tué.
Raphaël poussa un soupir.
- C'est donc pour ça que tu as l'air si défaite. Tu peux être rassurée ton mari ne m'a rien fait, enfin pas encore !
- Qu'est-ce que cela signifie ?
- Il est juste un peu entré chez moi par effraction, a retourné mon appartement pour finalement me laisser un post-it de menaces. Rien que de très classique quoi !
Je sursautai alors que lui gardait un calme olympien.
- Ma parole, mais il a complètement perdu la raison, je savais bien que c'était risqué de te laisser seul, je n'aurais jamais dû t'envoyer faire un tour, il aurait pu t'arriver n'importe quoi ... Oh, je ne suis qu'une idiote !
- Mais non, il n'est rien arrivé et puis je sais me défendre le cas échéant, un seul homme est à ma portée, une douzaine forcément c'est autre chose ...
- Il disait quoi dans son message ?
- Que je serai le dernier sur sa liste, bref, une menace à deux balles puisqu'on le maîtrisera avant qu'il n'ait tué qui que ce soit d'autre. A ce propos, tu as des billets pour Tel-Aviv ?
- Oui j'ai réussi à avoir deux places en classe économique pour demain soir mais bon c'est déjà ça.
- Parfait, j'ai pris des affaires propres, dit-il en désignant son sac de voyage. On aura pas le temps de s'amuser à faire la lessive ! s'esclaffa-t-il.
- Et si tu me parlais de l'autre scénario auquel tu as songé ?
- Oh celui-là, mieux vaut ne pas en parler ...
Il me souleva le menton de manière à fixer mes yeux avec attention. Je détournai le regard malgré tout.
- S'il te plait, dis-moi pour quelle raison tu t'es torturée pendant des heures.
Son ton se faisait implorant.
- Bon si tu y tiens ... j'ai imaginé que tu t'étais enfui et que tu ne reviendrais jamais. Tu es content maintenant ?
- Non pas vraiment.
Il fronça les sourcils et croisa les bras.
- Donc tu es en colère ?
- Un peu , oui on peut dire ça.
- Voilà je savais bien que c'était une mauvaise idée que je crache le morceau.
- Disons que c'est assez insultant.
- Quoi ? Là j'étais perdue, je ne le suivais plus du tout.
- Je n'aurais jamais cru que tu pouvais inventé des sottises pareilles. Tu as donc si peu confiance en moi pour croire que je vais me sauver au premier coin de rue. Sco', permets-moi de te dire que tu me connais très mal !
Là j'étais dans mes petits souliers, je me sentais un peu bécasse. Raphaël rapprocha son visage du mien, prit fermement mes deux mains dans les siennes et m'assena la vérité toute nue, sans fioriture.
- Jamais je ne te quitterai alors mets toi ça dans le crâne une bonne fois pour toutes, tant que tu voudras de moi, je resterai à tes côtés. Je t'interdis de douter de moi ! Compris ?!
Je me sentais honteuse au point de piquer un fard mais à la place, je fondis en larmes, moi la tueuse, j'avais été touchée en plein coeur rien qu'avec des mots.

A suivre ...

dimanche 1 novembre 2009

Petit intermède ...



J'angoissais un peu en cette soirée pluvieuse à la limite de la tempête, la pluie battait fort sur les carreaux de la fenêtre, je voulais imprimer dans mon subconscient une image pleine de couleurs pour me sentir mieux. Peine perdue, rien à faire, je me sentais vide. Je tentais désespérément d'apercevoir la jaguar bleu nuit de Raphaël en bas de l'immeuble mais il n'était toujours pas de retour. Deux bonnes heures s'étaient écoulées depuis son départ, des minutes qui me semblaient interminables, je venais de me rendre compte à quel point je détestais être loin de lui...

A suivre ...