vendredi 11 septembre 2009

Rondement mené !

Il était environ 23h30 quand nous arrivâmes aux abords de la villa de Don Roberto. Nous abandonnâmes la voiture à environ 100m de l'entrée et continuâmes à pied. La rue était déserte, la nuit noire, les conditions idéales étaient remplies mis à part ce rhume qui commençait à me redonner mal à la tête mais je n'en dis rien à Raphaël, il aurait été capable de m'embarquer pour faire demi-tour et repartir.
Nous escaladâmes le mur d'enceinte facilement, j'avais prévu des boulettes soporifiques pour endormir les chiens parce-que le jardin était peuplé de créatures telles les dobermans d'Higgins !
Raphaël ne me lachait pas d'une semelle, avançant dans mes pas entre les arbres, il ne soufflait mot mais je le sentais tout proche.
Je lui fis signe que nous allions entrer par la porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse, il me suivit sans sourciller. Avant de fracturer la porte qui ne me prit que 30 secondes car quand on avait le matériel adéquat c'était forcément beaucoup plus simple, je déconnectai l'alarme de la maison.
Nous aurions voulu cambrioler la villa que nous aurions procédé de la même manière.
Je prénétrai dans le grand séjour en premier et me retournai vers Raphaël en chuchotant :
- Tout va bien de votre côté ?
- Parfait, on peut continuer. Je vous suis.
J'opinai et reprîs ma progression dans la maison, tout à coup, j'entendîs craquer l'escalier qui menait aux étages, suivi d'un gros baillement étouffé. La lumière s'alluma et ô misère ça se compliquait ! Sans avoir eu le temps de nous cacher, nous tombâmes nez à nez avec Gabriella la cuisinière. Je n'eus pas le temps de réagir moi-même que Raphaël avait déjà dégainé son arme et abattu la vieille femme. La fièvre avait sacrément diminué mes réflexes et ça m'agaçait prodigieusement.
L'idée de tuer Gabriella m'avait gêner aux entournures depuis le début mais il ne fallait pas laisser de témoins. Comprenant ce qui me trottait dans la tête, Raphaël posa sa main sur mon épaule :
- Je l'ai fait pour vous simplifier les choses, vous m'en voulez ?
- Je ne sais pas, on en reparlera plus tard ...ça fait partie des dommages collatéraux de toute façon.
Et à cet instant la cavalerie composée des sbires de Don Roberto débarqua aussi au milieu du salon, le bruit les avait attiré.
Je dégainai à mon tour et arrosait la pièce avec la mitraillette que j'avais emportée avec moi.
- Et de six ! On continue ?!
J'esquissai un demi-sourire et Raphaël m'emboîta le pas jusqu'à la chambre de Don Roberto qui se trouvait à l'étage. Le parrain étant tombé très malade, il était dorénavant cloué sur un fauteuil roulant et ne pouvait plus se déplacer sans aide.
Je m'arrêtai quelques secondes devant sa porte en me demandant si achever un homme à l'article de la mort me donnerait une réelle satisfaction, le sentiment de la vengeance accomplie était souvent bien amer une fois la cible supprimée. J'ouvrai la porte, Raphaël était toujours sur mes talons.
Je lus la surprise de Don Roberto en me voyant débarquer dans sa chambre sans y avoir été invitée.
- Sco' mais qu'est-ce que tu fais ici ? C'est quoi tout ce bazar en bas ? Tu as amené tes ennemis à la maison ??!!
- Oh arrêtez de jouer la comédie ! Je suis au courant de tout.
Mes intentions premières n'étaient pas de le laisser parler puisque Raphaël devait l'abattre dès qu'il en aurait l'occasion.
- Au courant de quoi ? Je ne comprends rien ? Et puis c'est qui lui ? Ton aide de camp ??
Me tournant vers mon acolyte :
- Raphaël vous lui dîtes ou je m'en charge ?
- Et bien comme vous m'y invitez Sco', je vais m'exécuter !
Le regard de Raphaël s'était animé, les prunelles incandescentes, la soif de vengeance se lisait sur ses traits.
- Nous sommes ici pour que vous payiez enfin vos crimes ... ceux de nos parents entre autre ...
Don Roberto s'enfonça dans ses oreillers, il comprît qu'il n'allait pas sans sortir à si bon compte cette fois. Son expression se figea.
Raphaël continua sur sa lancée :
- Je suis Raphaël Carter et vous avez assassiné mes parents pour garder le monopole dans vos petites affaires illégales. Quant à Sco', je lui ai montré des preuves, des photos où l'on vous voit nettement tirer sur ses parents. Vous en voulez plus ou je me m'arrête là ?
- C'est bon inutile de jouer la comédie plus longtemps, tout est vrai, ça vous va ? Sco' je savais pertinemment qu'un jour tu te retournerais contre moi, quel gâchis, j'ai perdu mon temps avec toi ! Mon plus grand regret c'est que tu aies épousé mon fils, j'aurais dû t'abattre bien avant. Maintenant finissez-en tous les deux !
Le vieillard était furibond et mauvais, la haine dansait dans ses yeux.
Incrédule, je pensais qu'il allait chercher à se disculper, j'entendais d'autres bruits de pas au rez-de-chaussée de la maison, il fallait agir vite.
La froideur de sa réponse me glaça le sang pendant que ses autres hommes de main grimpaient à l'étage. Raphaël hésita un instant sur l'attitude à adopter. Je me précipitai en direction du couloir pour exterminer le reste du personnel, ce qui fut aisé car ils n'avaient aucun moyen de se mettre à couvert. Tout fut réglé en moins de deux minutes.
Je revins sur mes pas jusqu'à la chambre, Raphaël tenait toujours Don Roberto en joue. Ne pouvant pas articuler grand chose à part un "je vous déteste" en direction de ce vieux fou furieux, je fis un signe de tête qui donna le feu vert à mon compagnon pour qu'il ouvre le feu.
Ce fut rapide, une balle dans le coeur par Raphaël, une balle entre les deux yeux par moi et ce fût fini. Il n'y avait plus âme qui vive dans cette maison à part nous. J'avais au moins épargné à mon ex beau-frère, Didou, la vue de ce massacre, par chance il était absent et c'est sans doute lui qui voudrait me massacrer après quand il saurait ce que j'avais fait...


Nous quittâmes ensuite rapidement les lieux, disposant ça et là des charges explosives pour faire sauter la villa et qu'aucune trace ne subsiste.
Raphaël et moi regagnâmes la Mercedes aux vitres fumées, je me sentais comme dans du coton tandis que malgré l'éloignement qui se faisait de plus en plus grand, le bruit de l'explosion m'assourdît littéralement ...
Mon comparse roula en direction de la plage la plus proche, nous avions besoin l'un et l'autre de prendre l'air après ce que nous venions d'accomplir. J'étais plus ou moins dans un état second, Raphaël restait désespérement silencieux. Nous avons marché un long moment dans le sable sous l'éclairage de la lune qui était pleine cette nuit là.
Après plusieurs minutes, Raphaël décida de rompre le silence :
- Comment vous sentez-vous ?
- Vidée et abasourdi, et vous ?
- Insatisfait.
- Ah bon ? Pourtant nous avons atteint le but que nous nous étions fixé, je ne vous suis pas tout à fait.
- J'aurais dû l'étriper pour ce qu'il a osé vous dire, c'était ignoble. Sa mort a été trop douce.
- Ne vous en faîtes pas pour ça, c'est le genre de choses que j'étais susceptible d'entendre en venant ici, même si j'espérais que l'issue serait différente, vous ne vous étiez pas trompé sur son compte. C'est peut-être ça le pire pour moi ce soir, d'avoir vécu dans une chimère pendant tant d'années, il n'était pas le vieil homme bienveillant en lequel j'avais toute confiance ...
Tout à coup je me mis à trembler, presque à convulser, j'étais à bout nerveusement, j'éclatai en sanglots. Raphaël s'approcha de moi et me prît dans ses bras.
- Je me demandais quand vous alliez vous autoriser à craquer, dit-il.
- C'est ... c'est ... épouvantable !
- Je sais mais le cauchemar est fini, avec du temps vous pourrez passer à autre chose. Tranquillisez-vous, il n'a eu que ce qu'il méritait.
Et je me mîs à pleurer de plus belle, les larmes dégoulinaient sans que je puisse les arrêter. Raphaël et moi nous assîmes dans le sable et il me berça comme un bébé en caressant mes cheveux. Jusqu'au petit matin nous restâmes assis au même endroit sans avoir la force de bouger en attendant le lever du soleil ...

A suivre ...

mercredi 9 septembre 2009

A Palerme

Palerme, une jolie ville pleine de charme, ensoleillée, j'avais passé toute ma jeunesse là-bas pour des raisons qui maintenant s'éclaircissaient. C'était aussi à cet endroit que j'avais rencontré mon premier amoureux Lorenzo, qui deviendrait plus tard mon mari. Cette ville m'inspirait de doux et en même temps de très douloureux souvenirs puisque c'est lors d'un règlement de compte entre familles rivales qu'il y était décédé.

Mais bon aujourd'hui, c'était mon anniversaire, j'avais 31 ans, la vie était encore devant moi et ma foi, j'étais là non pas pour le plaisir de me remémorer ma vie passée mais pour régler son compte à un assassin mégalomane.

Raphaël loua une voiture après notre descente d'avion qu'il alla récupérer seul, je l'attendais devant la sortie de l'aéroport. Partie dans mes songes, il me tira de ma rêverie dans un crissement de pneus. Le coupé Mercedes aux vitres fumées s'arrêta net devant moi. J'ouvrai la portière et m'engouffrai à l'intérieur.
- Vous aviez l'air perdue dans vos pensées.
- En effet, je rêvassais en vous attendant, j'ai passé une bonne partie de ma vie ici et je me suis souvenue de deux ou trois petites choses.
- Vous avez envie d'en parler ?
- Non pas dans l'immédiat et puis ça n'aurait pas grand intérêt pour vous.
- Détrompez-vous tout ce qui vous concerne m'intéresse ...
- Et bien je pensais à mon mari et à notre rencontre, ma jeunesse ici et sa mort tragique.
J'hésitai à poursuivre et puis me ravisai, je n'allais pas dévoiler ma vie amoureuse à un quasi inconnu qui pourtant tentait tout pour me mettre en confiance.
- Oh ... je comprends ... encore des souvenirs douloureux alors.
- Oui et non.
Je décidai de changer de conversation.
- Branchez donc la clim, on étouffe, la température extérieure frôle les 40 degrés.
- Non la sonde de la voiture indique 30 dehors rien de bien dramatique. Vous êtes malade ?
- Mais non qu'est-ce que vous allez chercher !
- Vous avez de la fièvre je le parierais, vous avez des yeux de petit chat abattu.
Sans me laisser le temps de réfléchir sa main droite se détourna du levier de vitesse pour venir échouer sur mon front.
- C'est bien ce que je disais, vous êtes brûlante. On reporte la mission jusqu'à ce que vous alliez mieux.
- Il n'en est pas question !
Je comprenais mieux maintenant le pourquoi du frisson qui m'avait parcouru l'échine dans l'avion, ce n'était pas dû à la remarque de Raphaël, du moins je préfèrais le croire, ça m'arrangeait bien comme ça.
- Nous ne pourrons pas être efficaces si vous ne tenez pas sur vos jambes, soyez raisonnable enfin !
Il commençait réellement à se mettre en colère.
- En fait, ce n'est pas pour ma petite santé que vous vous inquiètez mais pour la réussite de la mission alors ?
Son regard s'obscurcit d'un coup. Raphaël freina brusquement et s'arrêta au milieu de la route. Il se tourna vers moi et me balança en pleine figure :
- Qu'en savez vous d'abord ?! Je m'iquiète pour vous et pour la mission mais cette dernière peut attendre un jour ou deux que vous alliez mieux. Maintenant si ça vous arrange de croire que je suis un monstre d'indifférence, pensez ce que vous voulez !
Il débraya et enfonça la pédale d'accélérateur sans plus prononcer un mot.
Je me sentais un peu imbécile sur ce coup là à toujours vouloir lui prêter des intentions qui n'étaient pas forcément les siennes. Je me hasardai à rompre alors le silence.
- Je suis désolée Raphaël, j'ai été un peu vite dans mes conclusions ...
- Ce n'est pas la première fois !
Apollon ne desserrait pas les dents alors que j'essayais de détendre un peu l'atmosphère.
- Je sais j'ai tendance à parler trop vite parfois, c'est un de mes nombreux défauts, vous verrez il y en a d'autres.
- Lesquels tiens ?
- Perfectionniste, intransigeante, toujours sur la défensive, bon j'arrête sinon vous allez fuir avant d'avoir rempli le contrat !
J'avais fixé la route sans le regarder pendant mon petit laïus mais je me risquai à jeter un coup d'oeil dans sa direction, il me lança alors son petit regard en coin. Signe qu'il s'était radouci, il n'avait plus l'air fâché.
- Bon nous nous arrêterons dans une pharmacie pour que vous achetiez de quoi combattre votre fièvre et on verra ce soir comment vous vous sentez ok ?
J'acquiescai d'un signe de tête, de toute façon, je n'avais pas le choix, je ressentais à présent un mal de crâne pas possible.
Afin de nous reposer nous prîmes une chambre d'hôtel en périphérie de la ville car si nous étions restés trop proches de la villa de Don Roberto, ses nombreux informateurs l'auraient averti de ma présence et je ne le souhaitais pas pour l'instant.
Après avoir ingurgité deux aspirines et dormi 4h, j'étais à peu près solide sur mes pieds et j'avais faim. Le service d'étage nous monta un plateau où je pus grignoter à loisir en regardant les infos à la télé. Raphaël ne mangea rien, il était trop tendu pour avaler quoi que ce soit, il tournait comme un lion en cage.
- Bon il est 23h, on peut y aller, je me sens mieux de toute façon.
- Vous en êtes certaine ? L'opération est reportable à demain soir si vous vous sentez faiblarde.
- Non pas question d'attendre une minute de plus.
- Très bien alors prenez votre matériel et allons y.
J'attrapai mon sac à dos de combat ainsi que mon silencieux, et nous claquâmes la porte de la chambre d'hôtel bien décidés à ne pas revenir avant d'en avoir fini avec Don Roberto.

A suivre ...

mardi 8 septembre 2009

Pile ou face

Le vol jusqu'à Palerme fût rapide, enfin j'avais dormi une bonne partie du voyage, il valait mieux se reposer avant l'attaque. Je n'avais pas réellement de plan préétabli, je savais juste qu'il faudrait "nettoyer" la maison de ses occupants dont Gabriella la cuisinière (dommage pour elle, je l'aimais bien, mais elle était complice après tout) et pas seulement s'occuper de la cible. J'essayais tant bien que mal de garder mon calme mais dès que je pensais à ce criminel, j'avais beaucoup de mal à maîtriser mon agressivité, ce qui n'était pas très professionnel, il fallait bien l'avouer.
Raphaël avait patiemment attendu mon réveil, il s'adressa alors à moi avec son petit regard en coin qui me donnait toujours une impression étrangement déstabilisante.

- Bien dormi ?
- Oui la petite sieste était agréable, et vous, vous avez dormi aussi ?
- Non je cogitais sur notre mode opératoire.
- Ah ... et alors ?
- Et bien, il sera facile d'entrer puisque vous connaissez la villa comme votre poche, vous liquidez le personnel et moi je m'occupe du vieux !
- Pardon ?! Vous comptez me laisser le faire le plus gros du travail et vous laisser la satisfaction de le supprimer sans moi, vous rêvez mon cher.
Comment arrivait-il à me mettre en colère toutes les cinq minutes ? Ce que ça pouvait être énervant.
- Calmez-vous, je ne veux pas que vous vous salissiez les mains avec cet assassin voilà tout. Je regrette maintenant de vous avoir impliqué la-dedans, j'aurais dû vous laisser dans l'ignorance et vous ne vous en portiez pas plus mal avant que je ne vienne mettre le bazar.
- Ce qui est fait, est fait, vous n'allez pas revenir dessus.
Je baissai volontairement le ton de ma voix pour ne pas affoler les passagers assis autour de nous avant de poursuivre.
-Et pour votre gouverne, j'ai tué beaucoup plus de gens que vous ne pouvez l'imaginer alors un de plus ou un de moins à mon actif ne fera aucune différence, la seule chose qui diffère c'est le tour personnel que prend l'affaire.
Gardant le même volume sonore que le mien il rapprocha ses lèvres de mon oreille droite, et par la même occasion, me parvînt le délicieux arôme de son parfum ...
- Vous ne comptiez pas le tuer sans moi non plus, n'est-ce pas ? Il se redressa et fronça alors les sourcils dans une moue mi-boudeuse, mi-ironique.
- Bien sûr que non. En fait, je ne sais pas comment procéder mais il ne peut pas y avoir deux tireurs ce n'est pas possible, on risque de se blesser mutuellement et ça n'est pas envisageable dans ces conditions.
- D'accord avec vous alors il va falloir choisir.
Il réfléchit quelques instants et éclata de rire.
- Pourquoi riez-vous ? demandai-je alors.
- Et si on désignait le tireur en jouant à pile ou face, c'est équitable non ??
- Ma foi, s'il n'y a pas d'autres solutions puisqu'aucun de nous ne veut céder, laissons faire le hasard.
- Ok alors honneur aux dames, vous choisissez quoi ?
- Face.
Il prît une pièce de deux euros, la lança en l'air avant de la rattraper habilement et de la renverser sur le dos de son élégante main.
- Prête pour la réponse ?
- Allez y enfin, on ne va pas y passer trois heures.
- Vous l'aurez voulu alors ... C'est ... pile !
- Dommage, mais comme je suis bonne joueuse, je vous le laisse, je viendrai juste l'achever d'une balle dans la tête comme il l'a fait pour mon père.
- A votre guise, je peux vous concéder ce petit privilège, après tout, vous l'avez bien mérité.
Raphaël esquissa un faible sourire, il avait conscience que ce ne serait un moment facile pour aucun d'entre nous. Il reprît :
- Vous ne m'aimez pas beaucoup n'est-ce pas ?
J'étais interloquée par cette question qui me semblait hors de propos sur l'instant mais je fis l'effort de répondre.
- Les sentiments n'ont rien à voir dans le travail, ce que vous m'inspirez n'a pas réellement d'importance pour la mission qui nous occupe.
- Oui mais je voudrais savoir ...
Ses yeux se firent alors insistants.
- D'accord, vous l'aurez voulu, vous m'inspirez autant d'admiration que d'agacement, vos sautes d'humeur me fichent le tourni, vous pouvez vous montrer adorable et prévenant comme trop directif et très chiant.
Vous êtes content ??
- Voilà qui a le mérite d'être honnête s'esclaffa-t-il.
- Puisqu'on en est à se dire les choses, que pensez-vous de moi ?
- Et bien j'ai soigneusement étudié votre profil avant de vous contacter et en fait à part le parcours professionnel, rien ne correspond à ce que je pensais trouver chez vous.
- Précisez votre pensée ...
Je commençais à bouillir sur mon siège, quelle imbécilité allait-il me sortir ?
- Vous êtes plus sensible que je ne le pensais avec le métier que vous faîtes, je vous croyais inhumaine mais même pas, c'est tout le contraire. En fait, Sco', vous êtes une femme surprenante, trop indépendante, très chiante à l'occasion et terriblement ... hum ... comment dire ... obscédante !
Il se tût cependant que je piquai un fard, il m'avait cloué le bec, je n'avais pour une fois rien à répondre. Heureusement, le commandant de bord vînt à mon secours en annonçant la descente de l'avion vers l'aéroport de Palerme. J'attachai ma ceinture sans rien dire, Raphaël me jeta à nouveau son regard en coin si craquant,mais je fîs semblant de ne pas y prêter attention et pourtant un frisson me trahît me secouant de la tête aux pieds ...


A suivre ...


dimanche 6 septembre 2009

Raphaël

Sitôt après la dernière remarque de Raphaël, je filai dans la salle de bain enfiler un jean et une chemise de coton légère, ce serait idéal pour le voyage en avion. J'avais toujours une tenue de combat prête dans mon sac de voyage inutile de m'équiper pour le boulot dès maintenant. Avant d'aller le rejoindre dans le séjour, je passai un coup de fil à Jack depuis mon portable.


- Allo Jack ?
- Tiens Sco' très chère, comment vas-tu ?
- Bien à part que je viens de me disputer violemment avec Daniel mais ce n'est pas l'objet de mon appel.
- Ah bon ...
Il avait l'air amusé mais ne dit rien de plus à ce sujet. Il reprit :
- Mais pourquoi parles-tu si bas ? Je t'entends à peine.
- Je suis dans ma salle de bain et il y a quelqu'un dans le salon, je ne veux pas être entendue.
- Tu me fais encore des infidélités !
Il rît de bon coeur.
- Oh tu vas pas t'y mettre toi aussi.
- Ok je comprends pourquoi Daniel est furaxe ... Bon alors qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
- Est-ce que si possible, tu pourrais te trouver avec ton bateau au niveau du détroit de Messine d'ici deux jours ?
- Je pense que ça devrait être faisable, mais pourquoi tu me demandes ça ?
- Je t'expliquerai ça plus tard, j'ai besoin d'un moyen de fuite peu conventionnel une fois que j'aurai fini ce que j'ai à faire à Palerme. Autre chose, je te parie n'importe quoi que Didou risque d'être dans le coin, alors fais moi plaisir, si tu le croises, tu le séquestres, tu l'attaches au grand mat mais il ne doit pas être à proximité de la villa de son père tant que je ne t'aurai pas contacté. Surtout ne le perds pas de vue, je ne voudrais pas avoir à lui régler son compte car ce n'est pas lui qui est visé.
- Ok bien madame, ce sera fait !
- Je te rappelle quand je serai sur place, je dois raccrocher.
- A bientôt alors. Je t'embrasse.
- Moi aussi. Au revoir.


De l'autre côté de la porte, Raphaël s'impatientait.
- Mais enfin Sco', qu'est-ce que vous fichez ?!
- Je m'organise !
- Oui et bien dépêchez vous on a pas que ça à faire.
Je sortîs furibonde de la salle de bain.
- Dîtes donc ce n'est pas parce-que j'ai accepté que vous veniez avec moi, qu'il faut que vous preniez la direction des opérations. D'ailleurs, j'ai des questions à vous poser mon vieux et vous n'avez pas intérêt à tricher dans vos réponses, compris ?
Raphaël opina, et dans le fond, il savait que j'ignorais tout de lui. Il prît un regard bienveillant. Ce que je pouvais en avoir marre de ses sautes d'humeur, c'était une misère à supporter.
- Je veux bien répondre à toutes vos interrogations mais nous ferons cela sur le chemin de l'aéroport, cela vous convient-il ?
- Parfait. Alors filons d'ici.
J'attrapai au passage mon sac de voyage et nous sortîmes de
l'appartement. Sa voiture, une Jaguar bleue nuit, nous attendait en bas de l'immeuble, il s'empara de mon sac pour le mettre dans le coffre et vînt m'ouvrir la portière côté passager, ne la refermant que quand je fus bien installée sur mon siège. Voilà des manières d'un autre temps que j'avais rarement expérimentées. L'Adonis vînt prendre place derrière le volant et démarra en trombe, il se faufilait dans les rues de Paris avec tant d'aisance que la voiture donnait l'impression de ne pas toucher le bîtume. Je me décidai à rompre le silence.
- Raphaël, il serait temps de me dire qui vous êtes en réalité et ce que vous faîtes dans la vie. Non pas que je remette en cause les informations
que vous m'avez fournies mais je veux savoir à qui j'ai affaire.
- Ysa ne vous a donc pas renseigné ?! dit-il avec ironie.
- Encore mieux, vous savez qui est Ysa aussi.
Et non personne ne semble vous connaître, vous débarquez de je ne sais où. Je croisai les bras en attendant qu'il daigne répondre.
- Je m'appelle donc Raphaël Carter, Ralph pour les intimes. Je suis espion pour le gouvernement américain, j'ai 30 ans et mes parents ont aussi été assassinés par Don Roberto. Voilà en résumé qui je suis.

Il me lança un regard en coin qui signifiait n'en demandez pas trop, de toute façon, je ne vous dirai pas tout maintenant.
- Hum ... pourquoi les a-t-il tués ?
- Pour une raison bien particulière, ce vieux fou n'a pas supporté l'ascencion sociale de ses amis, il voulait le monopole, la puissance, la richesse sans partage.
- Vos parents étaient amis avec lui ?
J'étais incrédule.
- C'est une longue histoire et je n'ai pas le temps de vous la raconter aujourd'hui.
- Savez vous pourquoi il a aussi ... tué les miens ?
- C'est beaucoup plus sordide, je ne sais pas si c'est le bon moment pour vous révéler ce détail.
- Allez-y franchement, crachez le morceau sinon je descends en marche !
- Bon si vous y tenez ...
J'inspirai profondément et m'enfonçai dans mon siège, prête à entendre la vérité.
- IL les a assassiné pour vous garder Vous.
- Quoi ??
- Sa femme rêvait d'avoir une fille, elle ne pouvait plus avoir d'enfant après avoir eu ses deux garçons et il a fait d'une pierre deux coups. Il a éliminé un couple qui le gênait car vos parents appartenaient à une Famille ennemie qui montait en puissance et il a recueilli une orpheline qui a comblé son épouse de bonheur.

Je sentis les larmes me monter aux yeux, ma gorge s'était resserrée d'un coup, la route défilait devant moi. Là c'en était trop, le paroxisme de l'horreur avait été atteint et Raphaël le comprît immédiatement en scrutant mon regard. La nausée me monta, j'étais blanche comme un linge, il arrêta la voiture dès qu'il trouva une place.
- Mettez la tête entre vos genoux, ça va passer.
J'essayai de respirer calmement, je me sentîs un peu mieux et relevai la tête.
- Merci, ça va mieux, je crois qu'on peut repartir.
- D'accord, l'aéroport n'est plus très loin de toute manière, vous pourrez vous rafraîchir là-bas avant de monter dans l'avion.
Raphaël redémarra et je gardai les yeux fermés, en silence pendant tout le reste du trajet. L'impression de jouer dans un mauvais film ne me quittait toujours pas, le seul élément qui adoucissait le scénario résidait dans la beauté quasi irréelle de Raphaël et de son parfum envoûtant. Je me sentais d'ailleurs bien quelconque à côté de cet homme là. Cependant la seule chose que je souhaitais en cet instant c'était que le cauchemar prenne fin rapidement ...

A suivre ...

vendredi 4 septembre 2009

Le bazar

Ding dong ! Ding dong !
Qui cela pouvait-il bien être ?! Je sortais de ma douche, à des milliards d'années lumière de la terre qui avait continuée de tourner pendant mon état comateux. J'enfilai un peignoire et allai ouvrir la porte. Misère, c'était Daniel, je l'avais oublié en route celui-là.
- Salut Sco' ! Il était là planté devant moi avec un grand sourire jusqu'aux oreilles, son sac de voyage à la main et moi, je n'avais guère envie qu'il soit dans mes pattes.
- Bonjour Daniel. Comment vas-tu ? Entre, je t'en prie.
Je m'écartai du passage pour qu'il puisse accèder au salon.
- Je vais bien. Alors heureuse, tu vois je suis là comme promis.
- Oui et non.
- Comment ça oui et non ? Il me regarda interloqué.
- Oui je suis contente de te voir et non car en fait, j'ai un gros travail qui m'attend et je vais devoir m'absenter.
- Ah bah tu choisis toujours bien ton moment toi, dès que je me rapproche un peu géographiquement, tu fuis à l'autre bout du monde.
- Mais non, qu'est-ce que tu vas encore chercher ?! Je n'ai rien contre toi bien au contraire mais là c'est un cas de force majeure et il faut que j'y aille.
- Je peux venir alors ?
- Non c'est personnel et je dois régler ça comme une grande fille. Je fronçai les sourcils pour bien marquer mon opposition mais ça n'avait pas l'air de le convaincre de rester à Paris.
- Oh t'es pas marrante, comment veux-tu que j'apprenne le boulot si tu ne m'emmènes jamais sur le terrain ?! Il prît une expression boudeuse.
- Ton boulot c'est romancier, pas tueur à gages. Tu te souviens la dernière fois tu as terminé enlevé par des guérilleros et là je n'ai pas le temps de voler à ton secours en plein milieu de la jungle.
- Tu pars en Amérique du sud alors ?!
- Non je ne vais pas là bas et tu ne sauras rien. Toi tu restes ici et tu m'attends si tu veux, sinon rentre chez toi à Londres ou va chez ton frère à New York ou encore chez Ysa à Tel Aviv mais je ne te veux pas dans les pattes, tu vas me gêner dans ma mission.
- Ah bein d'accord si c'est comme ça que tu le prends, je n'ai plus rien à faire ici.
Il était carrément en colère.
J'essayai de me radoucir un peu, je ne voulais pas le vexer non plus.
- Ecoute, je ne veux pas te mettre en danger, là c'est une situation périlleuse et complexe, encore plus que d'habitude. Tu m'en veux ?
- Oui mais bon, je n'insisterai pas.
- A la bonne heure, mieux vaut être un romancier vivant qu'un apprenti tueur mort.
- Si tu le dis ... Il n'avait pas l'air convaincu mais, il esquissa un faible sourire.

Tout à coup, ding dong ! Ding dong ! Oh punaise, mais qui était-ce encore ?! Là je n'attendais personne d'autre.
- Tu attends de la visite, s'enquît Daniel.
- Non pas vraiment. Je vais ouvrir.
Trois secondes plus tard ...
- Sco', vous êtes prête ? On doit y aller sans tarder ! Et l'Apollon avait refait surface sans téléphoner ...
- Raphaël, je croyais que vous deviez appeler pour qu'on s'organise.
- Pas eu le temps, j'ai pris des renseignements et il faut qu'on parte maintenant.
Daniel s'approcha de la porte d'entrée, il était derrière moi. Je sentai que les ennuis allaient débuter.
- Tu ne nous présente pas Sco' ?! Daniel avait l'air terriblement agacé. Raphaël étouffa un rire, il voyait bien que j'étais dans une position délicate, et il ne fît rien pour m'aider.
- Euh si ... Daniel je te présente Raphaël . Raphaël, voici Daniel un ami. Quoi dire d'autre ? Je ne savais pas au juste ce qu'il était, un ami-amant de passage ?! Oui si l'on veut ... bref ...
Daniel s'adressa à Raphaël.
- Vous faîtes quoi avec Sco' ? Ma parole, il commençait un interrogatoire sur le palier !
- Rien qui ne vous regarde monsieur. Raphaël ne se départît pas de son sourire ravageur.
- Oula vous allez vous calmer tous les deux. Je m'empressai d'ajouter.
Raphaël est là pour le boulot et rien d'autre, maintenant Daniel, tes questions attendront mon retour pour avoir leurs réponses.
- J'ai compris, tu sors avec lui mais tu ne savais pas comment me le dire, c'est pour ça que tu m'as inventé ce bobard pour expliquer ton voyage ! Daniel fulminait, il n'écoutait plus rien.
- Ecoute, ce n'est rien de tout ça, mais si tu ne me crois pas, et bien pense ce que tu veux, je n'ai pas le temps de discourir maintenant. J'étais au bord de l'explosion mais je devais me maîtriser malgré tout. Raphaël lui continuait de rire sous cape, ce qui énerva franchement Daniel. Ce dernier attrapa son sac, et fila en claquant la porte.
- Désolé Sco', la prochaine fois, j'appelerai avant de venir. Quand je vous disais que je mettais le souk partout où je passe, je n'avais pas tort ...
- En effet, vous êtes très doué pour mettre le bazar ! J'avais envie de le gifler mais là encore je me retîns, la perfection de ses traits m'empêcha de lui déposer une giroflée à cinq branches sur la joue.
- Ne vous inquiètez pas, il reviendra votre amoureux.
- Ce n'est pas mon amoureux et puis ça ne vous regarde pas !
- Très bien, je sais ce que je voulais savoir à présent.
- Mais enfin ...
- Allez vous habiller, nous avons un avion à prendre. Il me toisa des pieds à la tête, forcément j'étais encore en peignoire, les cheveux tout mouillés, je ne ressemblais pas à grand-chose dans cette tenue. Malgré tout, cela n'avait pas l'air de le déranger, il semblait même plutôt intéressé ...

A suivre ...



jeudi 3 septembre 2009

Accord forcé

Je me réveillai en sursaut avec l'impression d'avoir été touchée par une décharge électrique, - un nième cauchemar sans doute. Je me redressai et ô surprise, j'étais dans mon propre lit, pourtant j'avais eu l'impression de ne pas être chez moi la dernière fois que j'avais plus ou moins repris conscience. Encore un mystère qu'il faudra que j'élucide en son temps.
- Ah, vous êtes enfin réveillée, je commençais à me demander s'il fallait que j'appelle un médecin.
Raphaël était confortablement installé dans le fauteuil qui faisait face à mon lit.
- Comment suis-je arrivée ici ? Et j'ai dormi combien de temps ?
- La réponse est simple, je savais où vous logiez, vos clés étaient dans votre poche, je n'ai eu qu'à entrer en vous portant comme la belle au bois dormant. Et vous avez dormi 36h d'affilée, j'ai d'ailleurs trouvé le temps un peu long je dois l'avouer.
- Personne ne vous obligeait à me ramener et à rester ici, rétorquai-je sèchement.
- Non personne en effet mais je n'allais pas vous laisser inconsciente sur un pont de Paris, ça n'aurait pas été très chevaleresque. Bon, sinon comment vous sentez-vous ?
- Nauséeuse, fatiguée et en colère.
Raphaël grimaça et se grattant les cheveux, il poursuivit:
- Je me doutais que vous seriez fâchée après moi, c'est naturel, je mets le chaos partout où je passe et ...
- Stop, je vous arrête tout de suite, à la minute même vous n'êtes pas le premier sur ma liste contre lequel je suis fâchée, je dirais même en rage.
- Bon, alors je vais garder la tête sur les épaules encore quelques temps ! Il souriait, (j'admirai ses dents blanches parfaitement alignées du style pub pour ultrabright) et en une autre occasion, j'aurais souri aussi mais là, le coeur n'y était vraiment pas malgré l'Apollon qui se trouvait devant moi, j'avais d'autres chats à fouetter. Il reprit :
- Alors on fait quoi maintenant ??
- Comment ça qu'est-ce qu'ON fait ?? Vous m'avez donné une information mais il n'est pas question que je vous implique dans mes plans, vous rêvez ou quoi !
- Dame Sco', j'ai aussi une vengeance à accomplir, je vous le rappelle.
- Sco', s'il vous plait ça ira plus vite à prononcer. Laissez-moi faire mon boulot, ce sera net et sans bavure ou presque, et ce fumier ne s'en sortira pas.
- Oui mais je veux être là et vous accompagner.
- Vous allez me gêner plutôt qu'autre chose et vous risquez de prendre une balle perdue si ça tourne mal.
- Mais moi aussi je suis un professionnel vous croyez quoi !
- Alors pourquoi avoir fait appel à moi ? J'étais dans l'incompréhension totale.
- J'ai besoin de vous car vous le connaissez mieux que personne et nous avons un intérêt commun. Nous ne serons pas trop de deux pour l'éliminer. Je vous ai convaincue ou il faut que j'insiste. Il prît alors une moue boudeuse mais terriblement séductrice.
- C'est bon, je rends les armes, je n'ai pas le courage de lutter maintenant, vous venez mais il faudra établir un plan scrupuleux pour ne pas nous gêner l'un l'autre le jour J.
- Ca me convient. Il acquiesca d'un signe de tête.
Bien il faut que je vous laisse, j'ai des rendez-vous à honorer.
- Parfait, fichez le camp avant que je ne revienne sur ma décision. J'étais furaxe et en même temps hypnotisée par ses prunelles noires, je me serais donnée des claques.
Il prît la direction de la porte d'entrée et sans se retourner, il me lança :
- Je vous appelle demain. Bonne journée Sco' !
- C'est cela oui ... à demain ...
J'entendis la porte claquer et ma chambre retomba dans le silence.

A suivre ...

mardi 1 septembre 2009

Tais toi, ô ma douleur ...

Je ne savais pas au juste quelle heure il était quand je reprîs connaissance mais une chose était sûre, je n'étais plus sous un réverbère du Pont des Arts. Le black-out avait pris fin, il me fallait revenir à ma douloureuse et nouvelle réalité, mes parents n'étaient pas morts dans un accident de voiture comme Don Roberto avait voulu me le faire croire, mais ils avaient été assassinés. Tout un tas de pensées tournoyaient dans ma tête, mes paupières alourdies par le chagrin refusaient de s'ouvrir, les larmes coulaient à travers mes cils bien soudés, ma poitrine se soulevait avec peine tant la douleur m'étouffait. C'est alors que je sentîs une main chaude caresser mon front, à qui appartenait-elle cette main ? Pour le savoir il allait falloir ouvrir les yeux mais je ne le voulais pas, pas tout de suite du moins, je me roulai alors en boule pour me protéger du monde extérieur. J'avais vu tant d'horreurs déjà mais celle-ci en était le summum, le chaos avait pris place dans ma vie comme jamais auparavant. Je sentîs qu'on me couvrait le dos avec une couverture car malgré la chaleur de l'été, je grelotais, sûrement une réaction nerveuse. Quelqu'un murmura à mon oreille :
- Dame Sco' si vous avez besoin de quoique ce soit, je suis à côté. Reposez vous, je savais que le choc serait rude, vous avez besoin de refaire surface doucement. Dormez c'est ce que vous avez de mieux à faire à cet instant. Ne craignez rien, je veille sur vous ...
J'entendis des pas s'éloigner et je sombrai à nouveau dans le sommeil. Je ne savais pas où j'étais, je devinais plus ou moins qui était dans la pièce à côté mais j'étais certaine d'une chose, quelqu'un ne s'en sortirait pas vivant une fois que j'aurais recouvré mes forces.

A suivre ...