Après les réconciliations père-fils, Didou et moi avons décidé d'aller grignoter un petit quelquechose à la cuisine. Gabriella avait laissé un de ces merveilleux desserts dans le frigo, deux fourchettes et le tour était joué, nous voilà en train de plonger allègrement dans le tiramisu maison pour nous remettre de nos émotions de la matinée ...
Je décidai de briser le silence :
- Qu'est-ce que tu faisais à m'attendre à la sortie de la messe au fait ?
- Je voulais éclaircir certaines choses, tu étais partie fâchée de mon bureau et je ne voulais pas que tu te fasses de fausses idées à propos de cette colaboratrice ...
- Je t'arrête tout de suite, tu fais ce que tu veux de ta vie !
- Mais décidément tu n'as rien compris !
- Qu'est-ce que je devrais comprendre à part que tu m'as fait des déclarations bidons au milieu de la jungle et que dès que tu as remis les pieds sur une terre civilisée, tu te laisses patouiller par une blondasse ??!!
- La blondasse comme tu dis, ne m'intéresse pas, il faut que je te le dise en quelle langage ? Il n'y a que toi et rien que toi qui compte pour moi depuis près de 10 ans. Tu crois que je n'ai pas eu envie d'interrompre la cérémonie le jour où tu as épousé mon frère ? C'est mon père qui m'en a empêché, il voulait absolument que tu te maries avec son fils préféré et bien voilà le résultat, un beau gâchis. Mais aujourd'hui, je peux renverser le cours des choses si tu me laisses ma chance Sco'. Faut-il que je te fasse ma tête de chien battu pour que tu me crois ? Faut-il que je me traîne à tes pieds ??
- Je ne te demande pas d'aller si loin que ça ... En fait, je ne sais plus où j'en suis. Si je suis venue à Palerme c'était pour réfléchir, au lieu de ça, je me retrouve avec un guerre des clans sur le dos et toi par-dessus le marché qui vient me harceler et ...
Tout à coup, Didou se pencha vers moi et me vola un baiser, ce qui eut pour effet de me clouer le bec. Furieuse, j'allais répliquer quelquechose quand Gabriella entra dans la cuisine :
- Sco', tu as de la visite, un monsieur t'attend dans le salon.
- Qui est-ce ?
- Va voir toi-même, ça vaut le détour !
Je me tournai vers Didou pour lui faire signe de m'accompagner.
- On terminera notre conversation plus tard et tu es prié de ne pas renouveler ce que tu viens de faire !
- Mais bien sûr, encore 24h avec moi et tu finiras sous ma couette dit-il en ricanant. Bon promis, je serai sage puisque tu me le demandes mais je ne sais pas combien de temps je vais le rester !
Je me dirigeai vers le salon et devinez-qui était là ? Daniel en personne ! Moi surprise et en colère :
- Qui t'as dit que j'étais là ?
- Bonjour Sco' ! J'ai supplié Ysa jusqu'à ce qu'elle me dise où tu étais.
- Qu'as-tu fait de ta Jessica ?
- Et bien, elle m'a quitté avec pertes et fracas, elle ne publiera pas mon prochain livre et elle a viré toutes mes affaires de chez elle. Je suis à la rue quoi ! Mais à vrai dire je m'en fiche éperduement, elle m'a simplifié la tâche, je ne comptais plus l'épouser de toute manière. Depuis que je t'ai rencontré tu as chamboulé toute ma vie, tous mes projets et je ne veux plus vivre sans toi.
- Sauf que tu oublies un léger détail c'est que tu m'as caché toute la vérité et si ta fiancée ne m'avait pas croisée à l'hôpital peut-être que je ne la connaitrais toujours pas.
- Bien sûr que si, quand elle est arrivée, je m'apprêtais à t'en parler voyons, ne me fais pas plus noir que je ne suis !
- J'ai quelques doutes à propos de ta sincérité pourtant.
- Oui je peux le comprendre aisément mais je suis fou de toi, tu dois me croire !
- J'en connais un autre qui est fou de moi, dis-je en m'écartant pour laisser apparaître Didou qui avait tout écouté depuis l'encadrement de la porte du salon où il était appuyé depuis un bon moment.
Daniel passa au rouge colère en deux secondes chrono.
- Vous êtes qui vous ?
- Je me présente : Didou, celui qui vous a accessoirement sauvé la vie en Colombie, je suis le beau-frère de Sco' et peut-être je l'espère très fortement, son futur mari !!
Moi interloquée :
- Non mais ça va pas de sortir des âneries pareilles Didou, j'épouse qui je veux quand je veux !
Quant à toi Daniel, j'avoue que je ne sais pas non plus où j'en suis par rapport à mes sentiments pour toi, c'est très contradictoire. Alors je vais m'adresser à tous les deux, vous avez intérêt à me laisser réfléchir tranquillement, ne pas me harceler sinon je vous renvoie tous les deux à vos études. J'avoue que je suis perdue, je tiens à vous deux mais voilà je n'arrive pas à discerner pour l'instant ce que je veux vraiment, je ne vais quand même pas vous jouer à la roulette russe.
Daniel m'interrompît :
- Prends ton temps, je sais que tu feras le bon choix, je saurai t'attendre.
Didou prît la parole :
- Après tout, ça fait 10 ans que j'attends alors un peu plus, un peu moins peu importe !
J'ajoutai :
- Parfait donc, je vous laisse papoter entre vous, je suis certaine que vous avez plein de choses à vous dire. Daniel et Didou, je vous fais préparer chacun une chambre par Gabriella. Passez une bonne nuit et ne vous arrachez pas les yeux !
Et zou, je m'esquivai vite fait pour pouvoir respirer enfin tranquillement, bientôt j'allais être obligée d'avoir un garde du corps pour que mes deux prétendants me fichent la paix cinq minutes !!!
A suivre ...
lundi 16 février 2009
vendredi 13 février 2009
Le pourquoi du comment !
Une fois revenue à la villa de Don Roberto, je n'avais cessé de réfléchir à la raison qui avait poussé cet ex-yakusa à vouloir éliminer le vieil homme. Une faction de la Stidda avait sûrement dû mettre un contrat sur sa tête, la guerre des clans n'en finirait donc jamais. Don Roberto devait regretter le temps où la cosa nostra était unie et dirigée de façon hiérarchique et réfléchie, pfff ... tout se perd tiens !
Je décidai d'aller poser quelques questions à Don Roberto maintenant qu'il était remis de ses émotions, il devrait pouvoir éclairer ma lanterne.
Je tocquai à la porte de sa chambre.
- Don Roberto c'est Sco' ! Est-ce que je peux entrer ?
- Viens !
- Comment vous sentez-vous ?
- Vieux et blessé, à part ça, va bene !
- Ne faîtes pas d'humour voulez-vous, la situation est grave si vous remettez les pieds dans une guerre de clans, ça va encore se finir dans un bain de sang. Dois-je vous rappeler ce qui est arrivé à mon mari à cause de ça ?
- Ton mari c'était aussi mon fils et tu n'as pas idée de la souffrance que je ressens tous les jours !
- Si je le sais croyez-le bien. Bon qui vous en veut cette fois ?
- Mais Sco' ce n'est pas moi qui était visé, c'était toi ! J'ai reçu des lettres de menace à ton sujet depuis plusieurs semaines, celui qui est venu pour t'abattre aujourd'hui a loupé sa cible mais tout ce que je peux te dire, à moins que tu ne l'aies déjà déduit toi-même c'est que c'est la même famille qui a exécuté ton mari. Le travail n'avait pas été fini puisqu'ils ne t'avaient pas eu, ils te chercheront jusqu'à ce que tu rendes l'âme ma pauvre enfant. L'ex-yakusa c'était pour t'orienter vers une fausse piste mais ils ne sont vraiment pas doués. La famille Mancini n'est plus ce qu'elle était depuis que ce sont les jeunes qui ont repris les affaires, ils envoient de jeunes chiens fous qui font n'importe quoi, même tirer en plein jour sur des enfants ne les gênent pas !
- Bon merci d'avoir éclairé ma lanterne, maintenant je sais à quoi m'en tenir. Je me suis tenue éloignée le plus possible des affaires pour éviter un bain de sang mais je tiens toujours à venger la mort de Lorenzo vous savez.
Tiens tant que j'y suis, votre autre fils vous attend dans le salon, vous voulez le voir ou bien je le renvoie dans ses pénates à Paris ?
- Fais le venir, il est temps que je lui accorde mon pardon, finalement Lorenzo n'est pas mort à cause de l'incompétence de Didou, c'est la malchance voilà tout. J'ai réfléchi et je ne lui en veux plus, je suis un vieil homme maintenant ...
Didou en sale gosse qu'il était resté, avait l'oreille collée à la porte. Les larmes aux yeux, il était content que son père lui ait enfin pardonné, voilà 5 ans qu'il attendait cela, il se sentait soulagé d'un poids terrible. Maintenant, il lui restait à convaincre Sco' de sa sincérité et là c'était une autre affaire !
Pendant ce temps à des centaines de kilomètres de là, depuis sa chambre d'hôpital, Daniel appela Ysa pour savoir où je me cachais. Après son 52e appels, la pauvre Ysa cèda enfin et lui avoua que je séjournais à Palerme. Et puis pour pimenter un peu les évènements, elle lui dît que Didou m'avait rejoint là-bas, tant qu'à faire remettons un peu le bazar dans la vie de Sco', elle n'en a pas assez en ce moment !!!!!
Daniel piqué au vif, décida de réserver un billet d'avion et de partir sur l'heure en Sicile, ce Didou n'allait pas lui piquer sa Sco' aussi facilement non mais !!!!!
A suivre ...
Je décidai d'aller poser quelques questions à Don Roberto maintenant qu'il était remis de ses émotions, il devrait pouvoir éclairer ma lanterne.
Je tocquai à la porte de sa chambre.
- Don Roberto c'est Sco' ! Est-ce que je peux entrer ?
- Viens !
- Comment vous sentez-vous ?
- Vieux et blessé, à part ça, va bene !
- Ne faîtes pas d'humour voulez-vous, la situation est grave si vous remettez les pieds dans une guerre de clans, ça va encore se finir dans un bain de sang. Dois-je vous rappeler ce qui est arrivé à mon mari à cause de ça ?
- Ton mari c'était aussi mon fils et tu n'as pas idée de la souffrance que je ressens tous les jours !
- Si je le sais croyez-le bien. Bon qui vous en veut cette fois ?
- Mais Sco' ce n'est pas moi qui était visé, c'était toi ! J'ai reçu des lettres de menace à ton sujet depuis plusieurs semaines, celui qui est venu pour t'abattre aujourd'hui a loupé sa cible mais tout ce que je peux te dire, à moins que tu ne l'aies déjà déduit toi-même c'est que c'est la même famille qui a exécuté ton mari. Le travail n'avait pas été fini puisqu'ils ne t'avaient pas eu, ils te chercheront jusqu'à ce que tu rendes l'âme ma pauvre enfant. L'ex-yakusa c'était pour t'orienter vers une fausse piste mais ils ne sont vraiment pas doués. La famille Mancini n'est plus ce qu'elle était depuis que ce sont les jeunes qui ont repris les affaires, ils envoient de jeunes chiens fous qui font n'importe quoi, même tirer en plein jour sur des enfants ne les gênent pas !
- Bon merci d'avoir éclairé ma lanterne, maintenant je sais à quoi m'en tenir. Je me suis tenue éloignée le plus possible des affaires pour éviter un bain de sang mais je tiens toujours à venger la mort de Lorenzo vous savez.
Tiens tant que j'y suis, votre autre fils vous attend dans le salon, vous voulez le voir ou bien je le renvoie dans ses pénates à Paris ?
- Fais le venir, il est temps que je lui accorde mon pardon, finalement Lorenzo n'est pas mort à cause de l'incompétence de Didou, c'est la malchance voilà tout. J'ai réfléchi et je ne lui en veux plus, je suis un vieil homme maintenant ...
Didou en sale gosse qu'il était resté, avait l'oreille collée à la porte. Les larmes aux yeux, il était content que son père lui ait enfin pardonné, voilà 5 ans qu'il attendait cela, il se sentait soulagé d'un poids terrible. Maintenant, il lui restait à convaincre Sco' de sa sincérité et là c'était une autre affaire !
Pendant ce temps à des centaines de kilomètres de là, depuis sa chambre d'hôpital, Daniel appela Ysa pour savoir où je me cachais. Après son 52e appels, la pauvre Ysa cèda enfin et lui avoua que je séjournais à Palerme. Et puis pour pimenter un peu les évènements, elle lui dît que Didou m'avait rejoint là-bas, tant qu'à faire remettons un peu le bazar dans la vie de Sco', elle n'en a pas assez en ce moment !!!!!
Daniel piqué au vif, décida de réserver un billet d'avion et de partir sur l'heure en Sicile, ce Didou n'allait pas lui piquer sa Sco' aussi facilement non mais !!!!!
A suivre ...
jeudi 12 février 2009
L'épisode by Didou
Les longs cheveux de Sco étaient épars sur son épaule. Didou écoutait le souffle paisible de son amie (non, plus qu'une amie maintenant). Elle avait blotti sa tête au creux de sa poitrine, son bras tendrement sur son ventre. Leurs jambes étaient encore entremêlées, après la folle nuit qu'ils avaient passée. Le corps de cette femme si belle, si sauvage et impétueuse, et pourtant si féminine et attirante, ce corps nu collé contre le sien aiguisa à nouveau le désir de Didou.
Mais comment en étaient-ils arrivés là, déjà ?
Le train d'atterrissage de l'avion heurta violemment la piste, et tira Didou de son rêve.
Palerme. Ca faisait tellement longtemps qu'il n'avait foulé ce sol poussiéreux et pourtant tellement affectivement fort. Maintenant qu'il pilotait tout depuis Paris, il... Il chassa cette idée de son esprit. Il était là pour Sco, et exclusivement pour elle.
Ca n'avait pas été difficile de retrouver sa trace, de savoir quelle destination elle avait prise, et où elle logeait actuellement. Il savait même qu'elle avait choisi du poisson dans l'avion, mais n'avait pas mangé son fromage... Ce poste bien placé dans les RG français s'était une fois de plus révélé inestimable.
A Palerme, il se rendit dans un petit hôtel de centre ville, le meilleur marché qu'il connaisse. Puis il se souvint de son rêve. Il en avait déjà faits de prémonitoires...
Il se décida finalement pour un hôtel trois étoiles sur la place centrale de Palerme, après avoir bien vérifié qu'ils étaient en mesure d'émettre une facture compatible avec les notes de frais de l'administration française.
Armé de son bouquet qu'il avait ramené de France (un bagage à main qu'il avait laborieusement négocié), il se rendit à la sortie de l'église. C'était dimanche, et le mentor de Sco ne pouvait se permettre de manquer la messe. Et Sco l'accompagnerait, il en était sûr.
La cathédrale Notre Dame de l'Assomption était somptueuse. Son dôme éblouissant élancé vers le ciel semblait comme un lien unique et précieux avec le monde céleste. Il régnait un grand calme sur la place. Aucun passant, juste une faible brise qui venait atténuer les brûlures ardentes du soleil. Seul, un musicien muni de son violon dans son étui traversa la place, et rentra dans un bâtiment opposé à la cathédrale.
Les cloches commencèrent à retentir, et d'un coup la vie reprit ses droits. Comme par un coup de baguette magique, des passants apparaissaient presque de nulle part, et se mélangeaient à la foule que crachaient les gigantesques portes de la cathédrale.
Didou vit Don Roberto sortir de l'édifice, au bras duquel se tenait Sco. Par une mécanique magiquement huilée, son chauffeur approchait déjà sa voiture pour qu'il n'ait pas à attendre. Didou descendit les marches du promontoire où il était juché, et s'approcha de son amie. Il connaissait bien Don Roberto, pour avoir dû traiter de nombreuses fois avec lui. Alors qu'il allait se jeter à genoux devant Sco, lui clamer son amour devant une foule de témoins et dans un lieu quasiment consacré, il vit Don Roberto faire un brusque mouvement en arrière, puis s'écrouler. Il vit Sco, toujours vive et lucide le tirer et l'enfoncer dans la portière béante de la voiture. Il vit le bolide démarrer en trombe. Il vit Sco dégainer son arme, et regarder de tous côtés.
Puis il comprit !
Un sniper avait touché au bras le vieil homme. Un sniper assez lointain, et qui devait avoir une position privilégiée. Un sniper avec donc une arme très longue, de celles qu'on cache dans un...
- Sco ! Par ici, vite !
Ils traversèrent la place comme si le diable les talonnait. Arrivés au pied du musée où il avait vu le violoniste entrer, il entendit Sco crier :
- Occupe-toi du guichet !
Ben comment ?
Il n'avait pas d'arme et cette pauvre guichetière n'avait rien fait. Il n'allait quand même pas payer deux billets !
La jeune italienne le fixait avec des yeux incrédules, incapable de comprendre pourquoi on l'avait menacée d'une arme pour pénétrer dans le musée.
- Lei è superbo, dit Didou avec un sourire donjuanesque. Il lui tendit le somptueux bouquet de fleurs, et entra à son tour dans l'édifice.
Au premier étage, il découvrit Sco, repoussant du pied le cadavre du sniper.
- Je n'ai pas eu le choix, dit-elle, C'était lui ou moi.
Pour quelqu'un qui était prise de cours, Sco n'avait pas perdu la main : la balle s'était logée au dessus du nez, dans le prolongement du sourcil gauche.
- C'est un Yakuza, dit-elle encore en lui montrant ses tatouages dans le dos. Avec une arme de professionnel.
Didou regarda le long fusil, muni d'une lunette de visée à guidage laser. L'homme avait dans la main un simple Beretta avec lequel il avait cherché à éliminer Sco.
- Mais pourquoi un Yakuza ? se demandait Sco.
Didou se pencha sur la main du tueur, et remarqua un tatouage, formé de cinq petits points noirs placés en cercle, entre le pouce et l'index.
- Un ex-Yakuza : il a un autre employeur maintenant, déclara Didou.
Voyant Sco rester sur sa première impression, la plus évidente, il enchaîna :
- La Stidda. C'est une organisation mafieuse concurrente de la Cosa Nostra. Elle est basée dans le sud de la Sicile, autour d’Agrigente. Leurs membres portent cette marque caractéristique.
Puis, se souvenant de son rêve, il ajouta :
- Sco, je sais que ce n'est pas le moment, mais j'ai un truc à te dire...
- Pas le temps, dit elle. Les employés de Don Roberto vont venir nettoyer ça, mais moi je veux savoir pourquoi quelqu'un s'en prend à tous les gens qui me sont proches.
Mais comment en étaient-ils arrivés là, déjà ?
Le train d'atterrissage de l'avion heurta violemment la piste, et tira Didou de son rêve.
Palerme. Ca faisait tellement longtemps qu'il n'avait foulé ce sol poussiéreux et pourtant tellement affectivement fort. Maintenant qu'il pilotait tout depuis Paris, il... Il chassa cette idée de son esprit. Il était là pour Sco, et exclusivement pour elle.
Ca n'avait pas été difficile de retrouver sa trace, de savoir quelle destination elle avait prise, et où elle logeait actuellement. Il savait même qu'elle avait choisi du poisson dans l'avion, mais n'avait pas mangé son fromage... Ce poste bien placé dans les RG français s'était une fois de plus révélé inestimable.
A Palerme, il se rendit dans un petit hôtel de centre ville, le meilleur marché qu'il connaisse. Puis il se souvint de son rêve. Il en avait déjà faits de prémonitoires...
Il se décida finalement pour un hôtel trois étoiles sur la place centrale de Palerme, après avoir bien vérifié qu'ils étaient en mesure d'émettre une facture compatible avec les notes de frais de l'administration française.
Armé de son bouquet qu'il avait ramené de France (un bagage à main qu'il avait laborieusement négocié), il se rendit à la sortie de l'église. C'était dimanche, et le mentor de Sco ne pouvait se permettre de manquer la messe. Et Sco l'accompagnerait, il en était sûr.
La cathédrale Notre Dame de l'Assomption était somptueuse. Son dôme éblouissant élancé vers le ciel semblait comme un lien unique et précieux avec le monde céleste. Il régnait un grand calme sur la place. Aucun passant, juste une faible brise qui venait atténuer les brûlures ardentes du soleil. Seul, un musicien muni de son violon dans son étui traversa la place, et rentra dans un bâtiment opposé à la cathédrale.
Les cloches commencèrent à retentir, et d'un coup la vie reprit ses droits. Comme par un coup de baguette magique, des passants apparaissaient presque de nulle part, et se mélangeaient à la foule que crachaient les gigantesques portes de la cathédrale.
Didou vit Don Roberto sortir de l'édifice, au bras duquel se tenait Sco. Par une mécanique magiquement huilée, son chauffeur approchait déjà sa voiture pour qu'il n'ait pas à attendre. Didou descendit les marches du promontoire où il était juché, et s'approcha de son amie. Il connaissait bien Don Roberto, pour avoir dû traiter de nombreuses fois avec lui. Alors qu'il allait se jeter à genoux devant Sco, lui clamer son amour devant une foule de témoins et dans un lieu quasiment consacré, il vit Don Roberto faire un brusque mouvement en arrière, puis s'écrouler. Il vit Sco, toujours vive et lucide le tirer et l'enfoncer dans la portière béante de la voiture. Il vit le bolide démarrer en trombe. Il vit Sco dégainer son arme, et regarder de tous côtés.
Puis il comprit !
Un sniper avait touché au bras le vieil homme. Un sniper assez lointain, et qui devait avoir une position privilégiée. Un sniper avec donc une arme très longue, de celles qu'on cache dans un...
- Sco ! Par ici, vite !
Ils traversèrent la place comme si le diable les talonnait. Arrivés au pied du musée où il avait vu le violoniste entrer, il entendit Sco crier :
- Occupe-toi du guichet !
Ben comment ?
Il n'avait pas d'arme et cette pauvre guichetière n'avait rien fait. Il n'allait quand même pas payer deux billets !
La jeune italienne le fixait avec des yeux incrédules, incapable de comprendre pourquoi on l'avait menacée d'une arme pour pénétrer dans le musée.
- Lei è superbo, dit Didou avec un sourire donjuanesque. Il lui tendit le somptueux bouquet de fleurs, et entra à son tour dans l'édifice.
Au premier étage, il découvrit Sco, repoussant du pied le cadavre du sniper.
- Je n'ai pas eu le choix, dit-elle, C'était lui ou moi.
Pour quelqu'un qui était prise de cours, Sco n'avait pas perdu la main : la balle s'était logée au dessus du nez, dans le prolongement du sourcil gauche.
- C'est un Yakuza, dit-elle encore en lui montrant ses tatouages dans le dos. Avec une arme de professionnel.
Didou regarda le long fusil, muni d'une lunette de visée à guidage laser. L'homme avait dans la main un simple Beretta avec lequel il avait cherché à éliminer Sco.
- Mais pourquoi un Yakuza ? se demandait Sco.
Didou se pencha sur la main du tueur, et remarqua un tatouage, formé de cinq petits points noirs placés en cercle, entre le pouce et l'index.
- Un ex-Yakuza : il a un autre employeur maintenant, déclara Didou.
Voyant Sco rester sur sa première impression, la plus évidente, il enchaîna :
- La Stidda. C'est une organisation mafieuse concurrente de la Cosa Nostra. Elle est basée dans le sud de la Sicile, autour d’Agrigente. Leurs membres portent cette marque caractéristique.
Puis, se souvenant de son rêve, il ajouta :
- Sco, je sais que ce n'est pas le moment, mais j'ai un truc à te dire...
- Pas le temps, dit elle. Les employés de Don Roberto vont venir nettoyer ça, mais moi je veux savoir pourquoi quelqu'un s'en prend à tous les gens qui me sont proches.
mardi 10 février 2009
Info du jour
Dans le prochain épisode ce sera Didou en personne qui vous racontera la suite de nos aventures. J'avoue que je ne sais pas trop à quoi m'attendre mais à mon avis, lui et Daniel me réservent une petite surprise à Palerme ...
A suivre !
A suivre !
lundi 9 février 2009
Moment de vérité
Jugeant de la gravité de l'état de Daniel, l'hôpital de Bogota a organisé son transfert par avion sanitaire jusqu'à Paris.
Daniel était dans le coma. Entre-temps, Didou et moi sommes rentrés également à Paris sans se faire remarquer par la douane cette fois !
Pendant 3 semaines, j'ai veillé Daniel à l'hôpital du matin au soir dans l'espoir qu'il se réveille et une nuit alors que j'étais rentrée chez moi exténuée, l'hôpital m'a contacté pour me dire qu'il était sorti du coma.
Le lendemain matin, je suis allée lui rendre visite, j'avais hâte de lui parler.
Devant la porte de sa chambre, je tocquai le coeur battant, j'entendis :
-Entrez !
C'était bien lui qui m'avait répondu, il était dans son lit, et il était vivant, ouf !!!
Je me précipitai vers lui pour l'embrasser, il m'avait tant manqué, il me rendit mon baiser et je trouvai enfin le courage de parler.
- Comment te sens-tu ?
- Bien à part que j'ai l'impression qu'un train m'a roulé dessus, je suis resté combien de temps inconscient ?
- Et bien tu as été dans le coma pendant 3 semaines.
- Tout ça ??!!
- Oui tout ça ! Enfin, l'essentiel c'est que tu t'en sois sorti. Je voudrais te poser quelques questions, je peux ?
- Vas-y je t'écoute.
- Ysa m'a dit qu'en fait, tu n'étais pas tueur à gages professionnel, que tu débutais tout juste dans le métier et qu'en fait, tu es romancier, c'est vrai ?
- Ah, tu sais ça ... Bon oui j'avoue, j'en avais marre que ce soit toujours mes personnages qui vivent les aventures et pas moi, alors voilà j'ai sauté sur l'occasion quand Ysa m'a dit que tu avais besoin d'aide et comme ça avait l'air facile, j'ai aussi accepté la mission en Colombie.
- Tu parles d'une mission toi, tu t'es jeté directement dans la gueule du loup, ceux qui t'ont attrapé travaillent pour Bertille, elle n'est pas morte en fait. C'est sa jumelle qui a été tuée à sa place. J'ai mené ma petite enquête pendant que tu faisais la belle au bois dormant, en fait, Bertille finance la guérilla colombienne et en échange, elle exploite illégalement une mine d'émeraudes qui lui ramène pas mal d'argent.
- Je crois que je l'ai échappé belle.
- On peut le dire, tu devrais te contenter d'écrire des romans, l'aventure c'est trop dangereux pour toi ! Tu as écrit quoi au juste ??
- Tu connais Dan Brown ?
- L'auteur du Da Vinci Code ?! oui bien sûr !
- Et bien c'est moi, c'est mon pseudo d'écrivain.
- Quelle surprise dis-moi, tu comptais me le dire quand ?!
- Bein à vrai dire, je n'ai pas planifié grand-chose.
- Oui, j'avais remarqué ! Et pour nous, tu as planifié quelquechose ou pas ?
- A ce propos, il faut aussi que je t'avoue quelquechose, c'est vrai que l'on a pas eu beaucoup le temps de parler pendant qu'on était aux Caïmans.
- Tu m'inquiètes ...
Tout à coup, quelqu'un frappa à la porte et n'attendit pas la réponse pour entrer dans la chambre. Une jeune femme blonde d'une trentaine d'années se précipita sur Daniel :
- Oh mon chéri, tu es enfin sorti du coma, j'ai eu si peur dit-elle en l'étouffant de baisers. L'hôpital m'a appelé ce matin, ils ont trouvé mon numéro dans ton portefeuille et j'ai pris le premier vol depuis Londres, personne ne savait où tu étais passé !!
Elle se retourna vers moi :
- Pardon, je manque à tous mes devoirs, je me présente, je suis Jessica, l'éditrice de Daniel et sa fiancée !! A qui ai-je l'honneur ??
Je refoulai un gloups de rage et de désespoir :
- Je suis Madame Scoffield, je suis de la police, j'avais quelques questions à poser à votre fiancé à propos de son accident. Je vais vous laisser, j'avais terminé de toute façon !
Daniel, visiblement ne savait pas trop où se mettre, s'il avait pu être avalé par le tube de la perfusion, il l'aurait fait volontiers.
Mais prenant son courage à deux mains :
- Elle dit n'importe quoi, elle n'est pas de la police, c'est elle qui m'a sauvé la vie et j'ai un petit peu couché avec elle avant mon enlèvement !!
Jessica éclata en sanglots, moi je grinçais des dents et je serrais les poings de colère contenue. L'éditrice, s'apprêtait à me giffler quand j'arrêtai son bras avec la vitesse de l'éclair, la seule chose que j'ai pu articuler à ce moment-là fut :
- Je vous le laisse n'ayez crainte, j'en ai marre de lutter pour des causes perdues.
- Sco' attends, je t'en prie, cria Daniel !
Je sortis de la chambre en claquant la porte, les yeux noyés par les larmes. Je montai à bord de ma voiture de sport en direction du bureau de Didou. Une tueuse à gages dans les bureaux des RG, ça choquerait, si ça se savait !
Contrairement à mes habitudes, je suis entrée dans le bureau de mon beau-frère sans frapper, je pensais me faire sermoner par un "je te l'avais bien dit". Au lieu de ça, une de ses collègues, la petite blonde de 25 ans qui lui faisait les yeux doux depuis un moment, était en train de lui faire un massage et je pense que si je n'étais pas arrivée, les choses auraient été plus loin. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous après les blondes ??? Charlemagnet avec sa Bertille, Daniel avec Jessica et maintenant Didou avec sa ... tiens, ... grognasse blonde là !!! Trop c'est trop !!
- Sco' c'est pas ce que tu crois, j'ai un lumbago et Sophie m'a gentiment proposé de me masser pour me soulager...
- Arrête ton barratin tu veux, tu ne t'intéresses pas à moi, tu n'es qu'un menteur comme Daniel !!
D'un geste, il renvoya Sophie dans ses pénates.
- Sco' je te jure que je ne veux pas d'elle, il faut me croire.
Il se mit à genoux :
- Epouse-moi !!!!!
- Foutaise. T'en as d'autres des blagues comme ça ??!! J'en ai assez entendu et vu pour aujourd'hui, je rentre chez moi.
Didou agrippa mon long manteau noir pour me retenir mais, il cèda devant mon attitude déterminée. Mieux valait la laisser se calmer se disait-il intérieurement !!!!
Didou s'affala dans son fauteuil de bureau en se prenant la tête à deux mains, il répéta un long moment "mais quel con ! mais quel con !!!"
A l'autre bout de Paris, Daniel se morfondait dans son lit après avoir reçu une superbe paire de claques de la part de Jessica et qu'elle l'ait planté là comme une vieille chaussette. Lui aussi psalmodiait : "mais quel con ! mais quel con !!!"
De mon côté, je me sentais humiliée, trahie, perdue. Je pris mon téléphone
- Don Roberto ? C'est Sco', j'arrive par le prochain avion ...
A suivre ...
Daniel était dans le coma. Entre-temps, Didou et moi sommes rentrés également à Paris sans se faire remarquer par la douane cette fois !
Pendant 3 semaines, j'ai veillé Daniel à l'hôpital du matin au soir dans l'espoir qu'il se réveille et une nuit alors que j'étais rentrée chez moi exténuée, l'hôpital m'a contacté pour me dire qu'il était sorti du coma.
Le lendemain matin, je suis allée lui rendre visite, j'avais hâte de lui parler.
Devant la porte de sa chambre, je tocquai le coeur battant, j'entendis :
-Entrez !
C'était bien lui qui m'avait répondu, il était dans son lit, et il était vivant, ouf !!!
Je me précipitai vers lui pour l'embrasser, il m'avait tant manqué, il me rendit mon baiser et je trouvai enfin le courage de parler.
- Comment te sens-tu ?
- Bien à part que j'ai l'impression qu'un train m'a roulé dessus, je suis resté combien de temps inconscient ?
- Et bien tu as été dans le coma pendant 3 semaines.
- Tout ça ??!!
- Oui tout ça ! Enfin, l'essentiel c'est que tu t'en sois sorti. Je voudrais te poser quelques questions, je peux ?
- Vas-y je t'écoute.
- Ysa m'a dit qu'en fait, tu n'étais pas tueur à gages professionnel, que tu débutais tout juste dans le métier et qu'en fait, tu es romancier, c'est vrai ?
- Ah, tu sais ça ... Bon oui j'avoue, j'en avais marre que ce soit toujours mes personnages qui vivent les aventures et pas moi, alors voilà j'ai sauté sur l'occasion quand Ysa m'a dit que tu avais besoin d'aide et comme ça avait l'air facile, j'ai aussi accepté la mission en Colombie.
- Tu parles d'une mission toi, tu t'es jeté directement dans la gueule du loup, ceux qui t'ont attrapé travaillent pour Bertille, elle n'est pas morte en fait. C'est sa jumelle qui a été tuée à sa place. J'ai mené ma petite enquête pendant que tu faisais la belle au bois dormant, en fait, Bertille finance la guérilla colombienne et en échange, elle exploite illégalement une mine d'émeraudes qui lui ramène pas mal d'argent.
- Je crois que je l'ai échappé belle.
- On peut le dire, tu devrais te contenter d'écrire des romans, l'aventure c'est trop dangereux pour toi ! Tu as écrit quoi au juste ??
- Tu connais Dan Brown ?
- L'auteur du Da Vinci Code ?! oui bien sûr !
- Et bien c'est moi, c'est mon pseudo d'écrivain.
- Quelle surprise dis-moi, tu comptais me le dire quand ?!
- Bein à vrai dire, je n'ai pas planifié grand-chose.
- Oui, j'avais remarqué ! Et pour nous, tu as planifié quelquechose ou pas ?
- A ce propos, il faut aussi que je t'avoue quelquechose, c'est vrai que l'on a pas eu beaucoup le temps de parler pendant qu'on était aux Caïmans.
- Tu m'inquiètes ...
Tout à coup, quelqu'un frappa à la porte et n'attendit pas la réponse pour entrer dans la chambre. Une jeune femme blonde d'une trentaine d'années se précipita sur Daniel :
- Oh mon chéri, tu es enfin sorti du coma, j'ai eu si peur dit-elle en l'étouffant de baisers. L'hôpital m'a appelé ce matin, ils ont trouvé mon numéro dans ton portefeuille et j'ai pris le premier vol depuis Londres, personne ne savait où tu étais passé !!
Elle se retourna vers moi :
- Pardon, je manque à tous mes devoirs, je me présente, je suis Jessica, l'éditrice de Daniel et sa fiancée !! A qui ai-je l'honneur ??
Je refoulai un gloups de rage et de désespoir :
- Je suis Madame Scoffield, je suis de la police, j'avais quelques questions à poser à votre fiancé à propos de son accident. Je vais vous laisser, j'avais terminé de toute façon !
Daniel, visiblement ne savait pas trop où se mettre, s'il avait pu être avalé par le tube de la perfusion, il l'aurait fait volontiers.
Mais prenant son courage à deux mains :
- Elle dit n'importe quoi, elle n'est pas de la police, c'est elle qui m'a sauvé la vie et j'ai un petit peu couché avec elle avant mon enlèvement !!
Jessica éclata en sanglots, moi je grinçais des dents et je serrais les poings de colère contenue. L'éditrice, s'apprêtait à me giffler quand j'arrêtai son bras avec la vitesse de l'éclair, la seule chose que j'ai pu articuler à ce moment-là fut :
- Je vous le laisse n'ayez crainte, j'en ai marre de lutter pour des causes perdues.
- Sco' attends, je t'en prie, cria Daniel !
Je sortis de la chambre en claquant la porte, les yeux noyés par les larmes. Je montai à bord de ma voiture de sport en direction du bureau de Didou. Une tueuse à gages dans les bureaux des RG, ça choquerait, si ça se savait !
Contrairement à mes habitudes, je suis entrée dans le bureau de mon beau-frère sans frapper, je pensais me faire sermoner par un "je te l'avais bien dit". Au lieu de ça, une de ses collègues, la petite blonde de 25 ans qui lui faisait les yeux doux depuis un moment, était en train de lui faire un massage et je pense que si je n'étais pas arrivée, les choses auraient été plus loin. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous après les blondes ??? Charlemagnet avec sa Bertille, Daniel avec Jessica et maintenant Didou avec sa ... tiens, ... grognasse blonde là !!! Trop c'est trop !!
- Sco' c'est pas ce que tu crois, j'ai un lumbago et Sophie m'a gentiment proposé de me masser pour me soulager...
- Arrête ton barratin tu veux, tu ne t'intéresses pas à moi, tu n'es qu'un menteur comme Daniel !!
D'un geste, il renvoya Sophie dans ses pénates.
- Sco' je te jure que je ne veux pas d'elle, il faut me croire.
Il se mit à genoux :
- Epouse-moi !!!!!
- Foutaise. T'en as d'autres des blagues comme ça ??!! J'en ai assez entendu et vu pour aujourd'hui, je rentre chez moi.
Didou agrippa mon long manteau noir pour me retenir mais, il cèda devant mon attitude déterminée. Mieux valait la laisser se calmer se disait-il intérieurement !!!!
Didou s'affala dans son fauteuil de bureau en se prenant la tête à deux mains, il répéta un long moment "mais quel con ! mais quel con !!!"
A l'autre bout de Paris, Daniel se morfondait dans son lit après avoir reçu une superbe paire de claques de la part de Jessica et qu'elle l'ait planté là comme une vieille chaussette. Lui aussi psalmodiait : "mais quel con ! mais quel con !!!"
De mon côté, je me sentais humiliée, trahie, perdue. Je pris mon téléphone
- Don Roberto ? C'est Sco', j'arrive par le prochain avion ...
A suivre ...
mercredi 4 février 2009
Au coeur de la jungle
Le seul point positif qui faisait que nous pouvions avoir un avantage sur le meute qui nous recherchait, c'était les lunettes à visée infra-rouge que Didou avait eu la bonne idée d'emporter. Nous pouvions ainsi nous diriger plus facilement dans la jungle, mais comment se débrouiller avec un blessé pendant tant d'heures de marche. Il allait falloir retrouver une route au plus vite et un moyen de transport, là c'était déjà plus compliqué !
Mon téléphone GPS était hors d'usage, pas de réseau à cause de la jungle, pas moyen de joindre Pedro pour qu'il puisse venir nous rechercher. Au loin, on entendait que la battue avait commencé pour retrouver Daniel. Qu'allions nous donc faire dans cette galère, je vous le demande ??
En concertation avec Didou, nous avons décidé de nous cacher le jour et de marcher uniquement la nuit, avec un peu de chance, les guérilleros se lasseraient au bout d'une journée, mais qui sait peut-être pas ! Le hic c'est qu'il nous restait 2 jours de vivres, bref, ça s'annonçait plutôt mal.
L'avantage de devoir rester cachés le jour, c'est que nous pouvions nous reposer un peu et ce serait l'occasion de poser quelques questions à Daniel quand il aurait repris ses esprits. Ysa et Charlemagnet semblaient savoir des choses que j'ignorais et ça m'agaçait prodigieusement.
- ouh ouh Daniel ! Réveille-toi ! C'est Sco' !!
Je lui tapotai les joues pour le sortir de sa léthargie, il semblait avoir reçu un bon coup sur la tête.
Il ouvrit les yeux légèrement, me fît un sourire et sa tête retomba sur le côté. Je dirigeai mon regard vers Didou qui vînt donner son avis médical personnel :
- Ton Daniel est tombé dans les pommes ma petite chérie !
- Oh misère, il ne manquait plus que ça, il doit avoir un bon traumatisme crânien oui !
- Bon alors qu'est-ce qu'on fait maintenant qu'on est au milieu de nulle part ?
- Dès qu'il fait nuit, on marche vers le nord sans s'arrêter, il faut absolument rejoindre une piste pour retrouver la civilisation.
J'entendais des rafales de mitraillettes au loin, ça n'augurait rien de bon et en plus je restais avec mes interrogations sur les bras.
La nuit vînt rapidement, on souleva notre blessé de terre et nous partîmes à travers la jungle. Pendant que nous progressions dans la végétation et la chaleur moite de la nuit, je me demandais si Daniel une fois rétabli, ne se ficherait pas totalement de moi, les doutes avaient envahi mon esprit. Et quand on est en mission, on ne se laisse pas envahir par les doutes sinon on signe son arrêt de mort. Bon sang Sco', ressaisies-toi ma vieille, c'est pas le moment de flancher quoi !
Après avoir marché difficilement pendant 7h, les guérilleros avaient abandonné l'affaire la nuit venue et heureusement pour nous, le miracle se produisit ! Une piste de terre rouge !! Vous pouvez me croire si j'avais été le pape, j'aurais embrassé le sol.
Nous avons donc continué à marcher en lisière de la piste pendant encore au moins 2h jusqu'à ce qu'un vieil autocar se pointe au milieu de la route. Valises, cages avec des poules sur le toit, on se demande comment ce tacco pouvait avancer mais nous n'avons pas fait la fine bouche quand le chauffeur a accepté de nous faire monter à bord avec notre blessé.
Nous avons rejoint un village dont je ne me souviens même plus du nom mais un coup de chance, là le téléphone GPS a accepté de fonctionner juste le temps de pouvoir parler à Pedro pour qu'il rapplique.
Quand j'ai aperçu le 4X4 qui revenait vers nous, je peux vous dire que j'en avais les larmes aux yeux, j'étais exténuée, je n'en pouvais plus. Même Didou ne se plaignait plus de rien tant il était fatigué. Daniel dormait sur la banquette arrière, il faudrait qu'il aille à l'hôpital dès notre arrivée à Bogota.
Mission accomplie mais extrêmement chargée émotionnellement, j'avais d'un côté un Didou prêt à tout pour moi et un Daniel blessé qui me cachait je ne sais trop quoi mais pour lequel j'avais été jusqu'à risquer ma vie. Quelle histoire !
A suivre ...
Mon téléphone GPS était hors d'usage, pas de réseau à cause de la jungle, pas moyen de joindre Pedro pour qu'il puisse venir nous rechercher. Au loin, on entendait que la battue avait commencé pour retrouver Daniel. Qu'allions nous donc faire dans cette galère, je vous le demande ??
En concertation avec Didou, nous avons décidé de nous cacher le jour et de marcher uniquement la nuit, avec un peu de chance, les guérilleros se lasseraient au bout d'une journée, mais qui sait peut-être pas ! Le hic c'est qu'il nous restait 2 jours de vivres, bref, ça s'annonçait plutôt mal.
L'avantage de devoir rester cachés le jour, c'est que nous pouvions nous reposer un peu et ce serait l'occasion de poser quelques questions à Daniel quand il aurait repris ses esprits. Ysa et Charlemagnet semblaient savoir des choses que j'ignorais et ça m'agaçait prodigieusement.
- ouh ouh Daniel ! Réveille-toi ! C'est Sco' !!
Je lui tapotai les joues pour le sortir de sa léthargie, il semblait avoir reçu un bon coup sur la tête.
Il ouvrit les yeux légèrement, me fît un sourire et sa tête retomba sur le côté. Je dirigeai mon regard vers Didou qui vînt donner son avis médical personnel :
- Ton Daniel est tombé dans les pommes ma petite chérie !
- Oh misère, il ne manquait plus que ça, il doit avoir un bon traumatisme crânien oui !
- Bon alors qu'est-ce qu'on fait maintenant qu'on est au milieu de nulle part ?
- Dès qu'il fait nuit, on marche vers le nord sans s'arrêter, il faut absolument rejoindre une piste pour retrouver la civilisation.
J'entendais des rafales de mitraillettes au loin, ça n'augurait rien de bon et en plus je restais avec mes interrogations sur les bras.
La nuit vînt rapidement, on souleva notre blessé de terre et nous partîmes à travers la jungle. Pendant que nous progressions dans la végétation et la chaleur moite de la nuit, je me demandais si Daniel une fois rétabli, ne se ficherait pas totalement de moi, les doutes avaient envahi mon esprit. Et quand on est en mission, on ne se laisse pas envahir par les doutes sinon on signe son arrêt de mort. Bon sang Sco', ressaisies-toi ma vieille, c'est pas le moment de flancher quoi !
Après avoir marché difficilement pendant 7h, les guérilleros avaient abandonné l'affaire la nuit venue et heureusement pour nous, le miracle se produisit ! Une piste de terre rouge !! Vous pouvez me croire si j'avais été le pape, j'aurais embrassé le sol.
Nous avons donc continué à marcher en lisière de la piste pendant encore au moins 2h jusqu'à ce qu'un vieil autocar se pointe au milieu de la route. Valises, cages avec des poules sur le toit, on se demande comment ce tacco pouvait avancer mais nous n'avons pas fait la fine bouche quand le chauffeur a accepté de nous faire monter à bord avec notre blessé.
Nous avons rejoint un village dont je ne me souviens même plus du nom mais un coup de chance, là le téléphone GPS a accepté de fonctionner juste le temps de pouvoir parler à Pedro pour qu'il rapplique.
Quand j'ai aperçu le 4X4 qui revenait vers nous, je peux vous dire que j'en avais les larmes aux yeux, j'étais exténuée, je n'en pouvais plus. Même Didou ne se plaignait plus de rien tant il était fatigué. Daniel dormait sur la banquette arrière, il faudrait qu'il aille à l'hôpital dès notre arrivée à Bogota.
Mission accomplie mais extrêmement chargée émotionnellement, j'avais d'un côté un Didou prêt à tout pour moi et un Daniel blessé qui me cachait je ne sais trop quoi mais pour lequel j'avais été jusqu'à risquer ma vie. Quelle histoire !
A suivre ...
mardi 3 février 2009
Opération commando
Le 4X4 s'arrêta brusquement, nous étions arrivés à l'entrée de la jungle, il allait maintenant falloir se débrouiller seuls. Personne n'imagine combien les moustiques colombiens peuvent être collants, je vous passe les serpents, araignées velues et autres joyeusetés de ce petit monde verdoyant, c'est un koh-lanta en pire !!
J'enfilai mon sac à dos sur mes épaules, bien décidée à retrouver Daniel au plus vite. Derrière moi, Didou bougonnait parce-qu'il avait chaud, soif, mal aux pieds, une vraie chochote le beau-frère, je vous jure !!
Et tout d'un coup, voilà qu'il me sort une réflexion métaphysique qu'il avait dû cogiter pendant des années :
- Pourquoi c'est mon frère que tu as épousé et pas moi ?
- Bon sang, tu as le don pour poser des questions complètement incongrues toi alors !
- Réponds-moi, qu'est-ce que ça te coûte ?
- Et bien si tu veux tout savoir, il a fallu faire un choix qui s'est avéré difficile en son temps, et ce qui est fait est fait, je ne reviens pas dessus.
- Tu l'aimais donc plus que moi ?
- Bon écoute si tu veux tout savoir, je l'ai épousé lui parce-que tu n'as jamais eu l'intention de t'engager réellement, ton frère m'a demandé en mariage, on faisait le même métier, nous avions un projet de vie commun que toi et moi ne partagions pas si tu te souviens bien. N'oublie pas que tu ne voulais pas avoir d'enfant, tu ne voulais pas que je continue mon travail, tu voulais une esclave à la maison rien qu'à tes petits soins et ce n'est vraiment pas mon style.
- Oui mais aujourd'hui, je suis toujours là moi, tu sais j'ai réfléchi aussi de mon côté depuis la mort de mon frère et j'ai évolué, y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Pourquoi tu vas risquer ta vie pour un type qui si ça se trouve n'en a rien à faire de ta petite personne ? Tu y as pensé à ça au moins ?
Moi je peux t'apporter le confort d'un foyer et tout ce que tu veux et ...
- Misère tais-toi, ce discours je l'attendais il y a 10 ans maintenant c'est trop tard, je n'aime pas le réchauffé !
Quelques heures plus tard, nous approchions d'un campement, nous nous sommes cachés pour observer les lieux grâce à une paire de jumelles que j'avais emportée. Au loin, deux hommes armés en soutenaient un 3e à bout de bras. Il avait une chemise blanche, les cheveux bruns, il releva la tête un moment, elle était ensanglantée ... C'était Daniel ! Il était blessé et à première vue, il sortait d'un interrogatoire musclé. Nous devions faire vite pour le tirer de là avant que le pire n'arrive.
Le campement comportait quatre baraquements, j'avais repéré celui où se trouvait Daniel, une cinquantaine d'hommes armés, c'était la fête quoi !! Didou devrait faire diversion pendant que je poserai les pains de TNT pour faire exploser tout le bazar. Le vacarme et les flammes provoqueraient suffisamment de confusion pour que j'ai le temps d'aller le libérer. Enfin malgré ce plan minimaliste, je savais pertinemment qu'il allait falloir improviser et c'est ce qui me faisait peur surtout avec Didou qui n'avait pas l'air au top pour ce genre d'opération. Mais bon, il n'y avait plus qu'à prier pour que tout fonctionne et qu'on s'en sorte en un seul morceau.
La nuit vînt rapidement, quatre hommes surveillaient le camp, ils étaient équipés de mitraillettes, des vrais guérilleros dans toute leur splendeur. Didou et moi avions convenu que chacun s'occuperait de deux hommes. Cinq minutes plus tard et deux nuques brisées et deux autres corps poignardés, la voie était libre, j'en profitai pour poser les explosifs réglés pour sauter 60 secondes plus tard.
Un boum, deux boum, trois boum, branle bas de combat !!! Tout le monde sort des baraquements pour fuir le danger et bien sûr, on laisse les prisonniers sur place, c'est tellement plus léger pour sauver sa peau n'est-ce pas ?! Je m'attendais à plus de résistance dans l'équipe adverse !
Je pénétrai rapidement dans le local où était retenu Daniel, il était attaché à une chaîne, assis parterre, en piteux état. Je fis sauter le cadenas en métal grâce à mon revolver, ce qui eut pour effet de le faire sortir de sa torpeur, malgré les explosions, il était dans un état presque comateux. J'ai eu du mal à le soulever pour le faire sortir de sa cabane, Didou vînt à la rescousse.
Le plus gros de l'opération était passé mais maintenant il allait falloir se diriger de nuit dans la jungle avec un homme blessé et des guérilleros dans les parages.
Bref, nous n'étions pas encore hors de danger !
A suivre ...
J'enfilai mon sac à dos sur mes épaules, bien décidée à retrouver Daniel au plus vite. Derrière moi, Didou bougonnait parce-qu'il avait chaud, soif, mal aux pieds, une vraie chochote le beau-frère, je vous jure !!
Et tout d'un coup, voilà qu'il me sort une réflexion métaphysique qu'il avait dû cogiter pendant des années :
- Pourquoi c'est mon frère que tu as épousé et pas moi ?
- Bon sang, tu as le don pour poser des questions complètement incongrues toi alors !
- Réponds-moi, qu'est-ce que ça te coûte ?
- Et bien si tu veux tout savoir, il a fallu faire un choix qui s'est avéré difficile en son temps, et ce qui est fait est fait, je ne reviens pas dessus.
- Tu l'aimais donc plus que moi ?
- Bon écoute si tu veux tout savoir, je l'ai épousé lui parce-que tu n'as jamais eu l'intention de t'engager réellement, ton frère m'a demandé en mariage, on faisait le même métier, nous avions un projet de vie commun que toi et moi ne partagions pas si tu te souviens bien. N'oublie pas que tu ne voulais pas avoir d'enfant, tu ne voulais pas que je continue mon travail, tu voulais une esclave à la maison rien qu'à tes petits soins et ce n'est vraiment pas mon style.
- Oui mais aujourd'hui, je suis toujours là moi, tu sais j'ai réfléchi aussi de mon côté depuis la mort de mon frère et j'ai évolué, y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Pourquoi tu vas risquer ta vie pour un type qui si ça se trouve n'en a rien à faire de ta petite personne ? Tu y as pensé à ça au moins ?
Moi je peux t'apporter le confort d'un foyer et tout ce que tu veux et ...
- Misère tais-toi, ce discours je l'attendais il y a 10 ans maintenant c'est trop tard, je n'aime pas le réchauffé !
Quelques heures plus tard, nous approchions d'un campement, nous nous sommes cachés pour observer les lieux grâce à une paire de jumelles que j'avais emportée. Au loin, deux hommes armés en soutenaient un 3e à bout de bras. Il avait une chemise blanche, les cheveux bruns, il releva la tête un moment, elle était ensanglantée ... C'était Daniel ! Il était blessé et à première vue, il sortait d'un interrogatoire musclé. Nous devions faire vite pour le tirer de là avant que le pire n'arrive.
Le campement comportait quatre baraquements, j'avais repéré celui où se trouvait Daniel, une cinquantaine d'hommes armés, c'était la fête quoi !! Didou devrait faire diversion pendant que je poserai les pains de TNT pour faire exploser tout le bazar. Le vacarme et les flammes provoqueraient suffisamment de confusion pour que j'ai le temps d'aller le libérer. Enfin malgré ce plan minimaliste, je savais pertinemment qu'il allait falloir improviser et c'est ce qui me faisait peur surtout avec Didou qui n'avait pas l'air au top pour ce genre d'opération. Mais bon, il n'y avait plus qu'à prier pour que tout fonctionne et qu'on s'en sorte en un seul morceau.
La nuit vînt rapidement, quatre hommes surveillaient le camp, ils étaient équipés de mitraillettes, des vrais guérilleros dans toute leur splendeur. Didou et moi avions convenu que chacun s'occuperait de deux hommes. Cinq minutes plus tard et deux nuques brisées et deux autres corps poignardés, la voie était libre, j'en profitai pour poser les explosifs réglés pour sauter 60 secondes plus tard.
Un boum, deux boum, trois boum, branle bas de combat !!! Tout le monde sort des baraquements pour fuir le danger et bien sûr, on laisse les prisonniers sur place, c'est tellement plus léger pour sauver sa peau n'est-ce pas ?! Je m'attendais à plus de résistance dans l'équipe adverse !
Je pénétrai rapidement dans le local où était retenu Daniel, il était attaché à une chaîne, assis parterre, en piteux état. Je fis sauter le cadenas en métal grâce à mon revolver, ce qui eut pour effet de le faire sortir de sa torpeur, malgré les explosions, il était dans un état presque comateux. J'ai eu du mal à le soulever pour le faire sortir de sa cabane, Didou vînt à la rescousse.
Le plus gros de l'opération était passé mais maintenant il allait falloir se diriger de nuit dans la jungle avec un homme blessé et des guérilleros dans les parages.
Bref, nous n'étions pas encore hors de danger !
A suivre ...
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