lundi 4 avril 2011

Retour sur soi ...

Londres, sa brume, son flegme et mon flingue, nous allions bien ensemble finalement. Je parcourrais Oxford Street pour me noyer dans la foule des touristes qui arpentaient les grands magasins. Depuis maintenant deux heures, je suivais Mrs Paddington pour noter ses habitudes et savoir où elle se rendait.  Malheureusement, elle ne me simplifiait pas la tâche. Elle se trouvait rarement seule, toujours entourée d'amis ou d'inconnus dans les boutiques. Cette femme là n'avait pas un instant de solitude, j'en étais à me demander si même au petit coin, elle ne trouvait pas le moyen de téléphoner ou de papoter sur msn via son téléphone portable !
Elle virevoltait tellement d'un endroit à l'autre qu'elle finit par m'agacer pour de bon et je décidai de lui ficher la paix pour aujourd'hui. Demain serait son heure et celle de son mari, mais lui au moins ne bougeait pas comme un cobaye pris dans un labyrinthe. Il avait plutôt l'air de quelqu'un de posé par rapport à sa tendre moitié, à vrai dire il ne quittait son domicile que pour se rendre à son travail et inversement le soir. Cet homme là était prévisible dans ses déplacements, un jeu d'enfant à dégommer comme cible.


Bref, je m'accordai une soirée de répit et me rendis à l'appartement londonien de Daniel dont j'avais gardé un jeu de clés. Fut un temps, il m'avait demandé de vivre avec lui bien avant que mon premier mari Lorenzo ne le tue par simple vengeance. C'était un homme bien, et délicat, le mari idéal dont beaucoup de femmes auraient rêvé, pourtant même si je l'aimais énormément, ça n'avait pas suffit pour qu'il garde mon coeur prisonnier. Il me donnait une certaine sécurité affective mais pas la passion que j'attendais. Peu importait à vrai dire, je pensais toujours à lui avec tendresse et culpabilité aussi. S'il ne m'avait pas porté un amour sans borne aujourd'hui il serait encore du monde des vivants ...
J'arrivai donc chez lui. La clé tourna facilement dans la serrure, à croire qu'il n'était pas mort depuis bientôt deux ans. Rien n'avait bougé, tout était resté en l'état tel que je l'avais vu la dernière fois. Même le ménage était fait. La mère de Daniel n'avait très certainement pas eu le courage de débarrasser les affaires de son fils. Pour ce qui concernait Derek, le frère jumeau de Daniel autant dire que celui-là devait périr en enfer après que Raphaël lui ait réglé son compte. Si cette femme connaissait toute la vérité, elle me haïrait du plus profond de son coeur. Ses deux garçons étaient morts à cause de moi, voilà une des nombreuses raisons qui faisaient parfois que mes nuits étaient agitées. Cela dit autant, je déplorais la mort de Daniel, autant j'avais envie de dire bon débarras en pensant à cet affreux Derek !
Je me dirigeai vers la chambre de Daniel et constatai qu'il avait gardé une photo de nous deux sur sa table de nuit. Je n'osai imaginer le chagrin que j'avais pu lui créer quand je m'étais mise à fréquenter Raphaël, je n'avais pas mis de mot fin sur notre histoire en espérant qu'il comprendrait de lui-même. Je ne lui avais rien promis après tout, il savait que je ne tenais pas en place et que j'étais incapable de me fixer. Peut-être espérait-il que je changerais d'avis et que je lui reviendrais ... Il avait rendu son dernier souffle dans mes bras, je me réconfortais comme je pouvais en me disant que là au moins je ne l'avais pas abandonné mais non seulement, j'avais brisé son coeur mais aussi sa vie ... par ma faute ...
Je me détestais car je finissais toujours par détruire tous ceux qui avaient le malheur de m'aimer un peu trop.
Je m'allongeai sur le lit que nous avions occupé quelques fois tous les deux et finis par m'endormir le coeur lourd en songeant que je n'arriverais jamais à être complètement heureuse ...

A suivre ...

10 commentaires:

Karleman a dit…

hé ben ! Dit donc... rappelle moi de ne pas essayer de sortir avec "la tueuse". :))
Intrigue à la Hichcock... ça m'a donné froid dans le dos.
Félicitations.
bises

Patrick Lucas a dit…

pas facile de détruire son âme...!
et de croire que le coeur n'est qu'une pompe à sang !
faut-il du coeur pour approcher le bonheur ?
y'a des questions qui tuent...
mais pas les tueuses.. hein !

Dame Sco' a dit…

Karleman : ah bon ?! Moi qui croyais que tu aimais vivre dangereusement ! Tant pis, je comprends que tu tiennes à la vie en même temps ! héhé !
Bises.

Patrick : toi tu es le champion de la question qui tue en tout cas ! Je vais t'embaucher comme psy, à croire que tu sais ce qui se passe dans ma tête sans que j'en ai conscience ... hum ça fait bizarre ! Vais briquer mon 9 mm pendant que je réfléchis à tout cela.
Bisous !

Karleman a dit…

Sauf toi Patrick elle est dangereuse ! :))

Dame Sco' - Ben oui, mais bon, elle m'a l'air pas commode cette tueuse. :))
C'est étrange... maintenant je me demande si en effet, il n'y avait pas un message caché derrière tout ça... Si c'est le cas, j'ai un peu honte. :s
Mais je persiste à dire que c'est très bien écrit et on se plonge entièrement dans le feu de l'action.
Bises et bon courage chère Sco'.

Dame Sco' a dit…

Karleman : bah c'est sûr que fréquenter une tueuse ce n'est pas de tout repos mais delà à se sauver en courant y'a une marge héhé !!

Karleman a dit…

Je te taquine un peu. :)
Ce que j'ai aimé dans ton écrit, c'est qu'on ressent vraiment la tension. Je pense que si tu as voulu faire passer cette émotion, je trouve ça très réussi.
Comme je sais que tu aimes écrire, je pense que je dois te le dire.
Tu as réussi.
Il y a cette atmosphère spéciale.
Même si tu étais peut-être un peu "mal" à ce moment, tu as réussi à ton coup et j'ai eu des frissons. :)
C'est mon humble avis, mais je te le redis, je trouve cela très bon.
(j'en suis presque jaloux :) )
C'est mon avis sincère. Qu'en penses les autres lecteurs et lectrices ?
Bises chère Sco' et continue comme ça. ;)

Patrick Lucas a dit…

brique brique ! mêm' pas peur ...
je reste un cas libre :)
bises à vous

Virginie a dit…

Comment ça détruire ceux que tu aimes un peu trop, il faut te calmer :) :)
C'est drôle de se replonger dans l'histoire, j'ai l'impression de vivre avec tes souvenirs, j'ai commencé à lire et je me suis souvenue de tout ton petit monde, pas besoin de reprendre au début !
Et de Londres, tu as ramené un petit ours !!!!
Gros bisous très ensoleillés !!

ysa a dit…

Nous voilà revenus un peu en arrière, des souvenirs, Daniel, Derek... puis moi ça me ramène là bas chez moi quand je te lisais....et ça me fout la nostalgie du coup !!!

Dame Sco' a dit…

Karleman : quelles que soient les émotions ressenties par les lecteurs finalement, l'essentiel est de ne pas vous laisser indifférents. Après chacun trouve dans mes écrits ce qu'il veut y voir. Cela dit tu as raison sur un point, les émotions de l'auteur passent toujours dans ce qu'on écrit même si beaucoup s'en défendent, il y a toujours un peu de soi même dans des personnages de fiction.
Bonne journée Karl et merci pour tes compliments ! Grand jaloux va ! héhé ! :)
Biz.


Patrick : comment fais-tu pour toujours trouver des jeux mots qui me laissent pantoise et en même temps morte de rire derrière l'ordi ?!
Bises futur voisin (la réponse pour les muts c'est mi-juin !)

Virginie : comme quoi suivre mes histoires c'est comme le vélo ça ne s'oublie pas !
Bises très chère !

Ysa : désolée de t'avoir donné le blues du pays ma belle, ce n'était pas mon intention. Je t'envoie plein de bises pour me faire pardonner ! :)