mercredi 21 octobre 2009

Malchance


La chance nous fît attérir à l'aéroport CDG, le même où Raphaël avait laissé sa jaguar bleue nuit quand nous étions partis pour Palerme. Combien de temps s'était écoulé depuis ? Je ne saurais le dire avec exactitude, des jours, des semaines sans doute, j'avais perdu la notion du temps de toute façon.
Après avoir rapidement récupéré nos bagages, nous partîmes directement pour le bureau de Didou. Je connaissais les locaux des renseignements généraux comme ma poche, j'entrais toujours dans le bureau de mon beau-frère comme dans un moulin.
A mon arrivée, je ne fus pas surprise de trouver sa grognasse de secrétaire toujours aussi blonde et mal élevée en train de se faire les ongles, bein voyons quel cliché je vous jure !
Je tentai de garder mon calme face au sosie de Marilyn et demandai le plus poliment possible où se trouvait Didou.
" Bein vous voyez bien qu'il est pas dans son bureau, d'ailleurs on l'a pas vu depuis hier ". Voilà tout ce que je pus obtenir de cette barbie désagréable.
Je redescendis bien vite les escaliers pour rejoindre Raphaël qui m'attendait dans la voiture. J'avais la mine déconfite.
- Qu'y a-t-il Sco' ?
- Ils ne l'ont pas vu depuis hier, je n'aime pas ça, soufflai-je les dents serrées.
Allons jusqu'à chez lui tu veux bien ?
Raphaël opina et démarra en trombe pour nous rendre dans le Ve arrondissement de Paris jusqu'à l'appartement de mon beau-frère. Je lui indiquai le chemin cependant j'étais incapable de tenir une conversation histoire de passer le temps dans les embouteillages, mon mauvais présentiment ne faisait que se renforcer avec les minutes qui s'égrenaient lentement. Enfin nous atteignîmes au bout d'une heure la rue du Cardinal Lemoine où se trouvait son petit deux pièces. Je désactivai la sécurité de mon révolver avant de pénétrer dans le petit immeuble de quatre étages sans ascenseur. Raphaël était sur mes talons, je pouvais presque sentir la chaleur de son corps tellement il marchait près de moi. L'appartement se trouvait au 3e étage. La cage d'escalier était silencieuse, quoi de plus naturel en plein milieu de l'après-midi ? Même pas le son d'un poste de télévision à quoi se raccrocher, misère, tout cela devenait fort déplaisant.
Je frappai à la porte de Didou. Pas de réponse.
S'il n'était pas à son travail, ni chez lui, peut-être était-il sorti ? Tout cela ne lui ressemblait pourtant pas. Je me tournai vers Raphaël, comprenant mon inquiétude, il me fit signe de m'écarter pour lui permettre de faire sauter la vieille serrure avec l'extincteur qui se trouvait sur le palier. Au bout de trois tentatives, la porte céda enfin. Nous pénétrâmes dans l'appartement.
Rien dans la cuisine, rien dans la chambre mais quand j'entrai dans la pièce à vivre, j'en fus estomaquée.
Didou gisait assis sur son canapé, il baignait dans une mare de sang, je vis nettement un trou dans sa tempe droite. Son corps était encore tiède, ses traits tordus par la surprise lui donnaient un rictus épouvantable. Je n'avais jamais imaginé le trouver mort un jour.
Les larmes me montèrent immédiatement aux yeux, j'étais arrivée trop tard. Raphaël me fît signe de ne pas nous attarder sur place, il m'attrapa par la manche et m'entraîna vers la sortie quand je vis un petit mot placé près du téléphone. Je m'en emparai immédiatement pour le lire.
"Ma chérie, tu vois j'ai été plus rapide que toi. Ne t'appitoye pas sur le sort de mon frère, il n'a eu que ce qu'il méritait.
Avec tout mon amour. Lorenzo.
PS : Si tu me cherches, je suis à Londres ..."

Je fulminais, si je l'avais eu face à moi, je l'aurais réduit en bouillie. Je tendis le mot à Raphaël qui après l'avoir lu me lança un regard plein de compassion et d'effroi à l'idée que j'ai pu vivre avec un monstre pareil. Apollon se demandait quels autres supplices mon mari avait-il bien pu me faire endurer quand je mîs fin à ses réflexions.
- Nom d'un chien ! Il va aller régler le compte de Daniel, nous devons filer et vite, il n'y a pas de temps à perdre !
Raphaël et moi décampâmes en vitesse laissant la porte d'entrée ouverte. Des voisins s'apercevraient de l'effraction et appelleraient les secours.
Dans la panique, je descendis l'escalier de l'immeuble à la vitesse de l'éclair et loupai une marche, c'est ainsi que je dévalai tout un étage. Malgré tout ma tête me fît moins mal que ma mauvaise conscience, si seulement j'avais eu le courage de tuer Lorenzo sur la plage, il n'aurait pas fait de mal à Didou.
Je me sentais misérable et ce ne furent pas les paroles réconfortantes de Raphaël qui changèrent le malaise qui m'avait gagnée.

A suivre ...

7 commentaires:

ysa a dit…

Aie, déjà le premier cadavre.... j'espère que tu vas pouvoir arrêter le carnage.... c'est marrant mais je t'imagine en train de dévaler l'escalier.... et vilaine que je suis ça me fait rire !!!

Code a dit…

hé, je veux pas que Daniel meure moi!

Maia Luna a dit…

Bon l'histoire se corse vraiment. Le grand ménage commence à se faire. Daniel y survivra-t-il ?
Tiens je t'aurais bien vu descendre sur la rampe d'escalier histoire d'aller plus vite...
Allez fonce sur Londres, je sens qu'on va être épuisé par tous ces voyages..

JanSheng a dit…

Si on connaissait toutes les réponses avant, évidemment que nous agirions d'une façon différente.
Celui qui dégaine le premier à plus de chance de s'en sortir jusqu'au moment où... mais de là à tuer son frère (sourire)
Bonne soirée

Dame Sco' a dit…

Ysa : t'as raison, t'es vilaine et dire que moi je m'inquiète pour ton rein, aucune reconnaissance tiens !

Code : mais moi non plus je ne veux pas qu'il meure, ça serait bête un si beau mec ...

Maia : moi aussi ça me fatigue de passer ma vie dans les avions surtout si c'est pour arriver trop tard ou trouver des ennuis à l'arriver.

JanSheng : bien dit, je vais finir par croire que tu lis dans mes pensées !
Bonne journée.

DIDOU a dit…

Tiens, je pars un couple de semaines en vacances...
Et je me retrouve... mort !

C'est marrant de lire sa propre mort... Première fois !

Dame Sco' a dit…

Didou : alors comment tu te sens ? Ca fait quel effet d'être mort ?!