mardi 27 janvier 2009

Voyage, voyage

Comme à mon habitude, j'avais toujours un sac de voyage rempli de tout le nécessaire pour pouvoir partir à n'importe quel moment et dans n'importe quel pays. Le souci étant que maintenant il fallait se procurer des armes et du matériel sur place à cause des contrôles effectués dans les aéroports. Il n'est en effet pas question d'embarquer des pains de TNT ou un révolver comme ça dans son sac car on se fait pincer au moindre passage au scanner dans l'aéroport bien avant même d'avoir mis un orteil dans l'avion.
J'avais convenu avec Didou que nous prendrions l'avion séparément et que l'on se rejoindrait directement à Bogota.
J'espèrais qu'il s'était remis en tête quelques mots d'espagnol sinon on était mal barrés pour se faire passer pour des touristes.
Bref, mon vol s'était passé sans embûche, j'attendais l'arrivée du frère de mon défunt mari dans une salle réservée à cet effet, l'avion de Didou atterrissait 2h après le mien. J'étais patiemment en train de feuilleter un magazine quand j'ai entendu du grabuge au niveau du passage à la douane aéroportuaire, ça vociférait en français ...pas de doute c'est encore le beauf qui se faisait remarquer, misère, il ne manquait plus que ça !!!
Je me suis précipitée pour voir ce qui se passait et j'ai vite compris que c'était le contenu des bagages qui était incriminé.
Bon sang, mais qu'est-ce qu'il a mis dans sa valise celui-là ?! Je m'attendais au pire et d'un coup, j'ai vu le douanier qui brandissait un saucisson sec à la main et Didou qui s'acharnait à vouloir qu'on lui rende sa charcuterie. Je me suis approchée de la barrière autant que possible et j'ai crié à Didou de laisser tomber l'affaire rapidement si on ne voulait pas avoir de problèmes beaucoup plus graves. Enfin, il a abdiqué en laissant sa marchandise et a pu récupérer sa valise mais vu le tapage et les douaniers qui nous ont bien remarqués, il ne faudrait pas repartir par Bogota au retour.
- Et bien bravo, on ne t'apprend pas la discrétion dans ton métier ???
- Ouais bon ça va, j'ai compris, on ne va pas commencer à se disputer maintenant !
- Maintenant tu as intérêt à rester sur tes gardes et à raser les murs, n'oublie pas que dans ce pays on peut aussi bien se faire arrêter et jeter en prison sous n'importe quel prétexte, que de se faire enlever en échange d'une rançon conséquente !!
- C'est bon je te dis, j'ai compris, j'ai perdu l'habitude d'être sur le terrain mais ça va vite revenir.
- Il vaudrait mieux pour toi sinon tu mets nos vies en danger ne l'oublie pas ! Filons d'ici, j'ai loué une voiture en t'attendant, nous devons retrouver un contact d'Ysa à notre hôtel, il a des informations sur Daniel.

Bogota est une ville grouillante de monde, où les très pauvres croisent les riches traficants, ici rien n'est sûr, il faut se méfier de tout et de tout le monde.
A notre hôtel, une homme nous attendait dans un petit salon, j'ai reconnu le dénommé Pedro grâce à la photo qu'Ysa m'avait envoyée sur mon portable, c'était notre contact.
Il nous serra la main à chacun et nous invita à aller s'asseoir pour discuter.
- Les nouvelles ne sont pas réjouissantes dit-il. Daniel a été enlevé par le même groupuscule qui retenait I. Bétancourt, vous devrez être très prudents. Je vais vous conduire jusqu'à l'entrée de la jungle dans laquelle il est retenu après vous devrez vous débrouiller seuls. J'ai mis à votre disposition du matériel qui se trouve déjà dans vos chambres.
- Quand partons-nous ?-
- Demain à 4h du matin.
- Bien nous serons prêts.

Prêts, en ce qui me concerne, oui j'étais prête à tout pour ramener Daniel sain et sauf mais en ce qui concerne la préparation de Didou là, j'étais beaucoup moins confiante, mais bon je ne pouvais plus reculer et lui dire de rester là à m'attendre. Depuis que son frère était mort en mission, il était un véritable St Bernard pour moi alors il allait me suivre comme mon ombre du début à la fin de notre opération commando, et il faudrait bien que je fasse avec !

9 commentaires:

Charles Magnet a dit…

moi je n'aurais pas laisser le saucisson! un morceau du patrimoine culinaire français!!

Anonyme a dit…

Vaut mieux laisser le saucisson que de finir dans un centre de rétention colombien non ?!

Anonyme a dit…

ah didou et son sens de l'économie et son amour de la bonne chaire... ça a dû être un vrai crève-coeur pour lui que d'abandonner un saucisson à un douanier colombien...

DIDOU a dit…

Mais tu ne te rends pas compte ! C'est un pur porc, fait artisanalement et tout !
Bon, je ne l'avais pas payé, c'était un cadeau. (sinon, Sco' n'aurait jamais pu me convaincre de leur laisser !)

J'ai bien essayé de les amadouer en leur offrant un chewing-gum (je me suis dis, tant pis, je tente le risque de la corruption)... Mais même pas !
Soit ils sont intègres, soit il fallait que je leur propose le paquet entier (faut pas pousser !)...

Anonyme a dit…

Didou : Du Chewing-gum pfff n'importe quoi ! Si tu voulais les corrompre c'est la bouteille de whisky ou de tequila qu'il fallait proposer mais bon comme tu ne bois pas, tu ne risquais pas d'avoir ça dans ton sac !

La virge : Tu n'imagines pas la tête de Didou, c'est limite s'il a pas pleuré comme un gosse à qui on voulait prendre son jouet !!

Anonyme a dit…

oh le pauvre on ve devoir se cotiser pour lui en offrir un autre...

à didou: un seul chewing gum? t'es un peu radin

Anonyme a dit…

Bof on passera par Lyon pour rentrer et je lui achèterai une rosette entière rien que pour lui si y'a que ça !!

Anonyme a dit…

Bon en tout cas, j'ai toujours pas de nouvelles du beau Daniel...effectivement j'aurai peut-être du t'envoyer quelqu'un de plus expérimenté, mais je voulais joindre l'utile à l'agréable.... et t'envoyer quelque chose de beau !!!

Anonyme a dit…

oui je confirme, il est beau !!! Tiens, je vous mettrai peut-être une photo de lui dans le prochain billet !!