lundi 8 mars 2010

Bilan du jeu

Merci à tous ceux qui ont participé à mon petit jeu littéraire. J'ai pris beaucoup de plaisir à travailler à partir des amorces que vous m'aviez fournies, certaines n'étaient d'ailleurs pas des plus faciles à traiter mais bon j'ai relevé vos différents défis du mieux que j'ai pu.
En espérant que vous vous êtes autant amusés que moi, je vous proposerai une autre session bientôt s'il y a des volontaires. Si certains d'entre vous souhaitent que je fasse une suite sur l'un des textes, faîtes le moi savoir. C'est avec joie que j'y travaillerai !


Aller pour se faire plaisir et penser aux vacances en cette journée bien froide, une petite photo de plage rien que pour l'évasion ...

Cordialement,
Dame Sco'.

dimanche 7 mars 2010

Dernier texte du jeu littéraire

Ce matin-là, dans son luxueux appartement de fonction strasbourgeois, Rashyda Datty piqua une colère bleue en ouvrant le carton de la robe de soirée en soie japonaise qu'elle avait commandée spécialement à Milan. Non seulement l'étoffe était rouge sang au lieu du vert jade initial, mais comble de l'horreur, la taille était un 46 bien ample au lieu d'un 38 ajusté à sa taille de guêpe.
La députée monta en pression comme la reine de coeur dans Alice au pays des merveilles à la vue du chat-foin. C'était tout juste si elle n'ordonna pas que l'on coupe la tête de sa secrétaire particulière et du couturier réunis, sauf que la guillotine n'était plus légale depuis plusieurs années ...
Elle attrapa derechef son téléphone pour enguirlander dans son plus bel italien le styliste milanais qui lui avait confectionné la robe. Seulement voilà, le charmant homme prit son plus bel accent et prétexta que le vert n'allait pas aux brunes donc qu'il avait volontairement pris du rouge. Il ajouta que mettre du vert à une brune c'était comme vouloir faire manger un plat d'épinards au lieu d'une tournée de lasagnes à la squadra azzura : une idée inconcevable !
Le choix de la teinte fut déjà difficile à digérer pour la politicienne mais quand elle demanda des explications sur le 46, elle faillit avaler son bulletin de naissance à l'autre bout du fil. Le couturier était persuadé qu'elle était encore enceinte. Argument auquel Rashyda répliqua qu'elle n'était pas une éléphante avec un temps de gestation de près de 2 ans !!!
Bref plus le temps de se faire confectionner une autre robe sur mesure et pas question non plus de remettre un vêtement déjà porté une fois. La sentence tomba comme un couperet. Rashyda resterait donc à la maison à déguster une assiette de spaghetti à la sauce bolognaise devant la télé.
Décidément la vie de femme politique n'était pas rose tous les jours ...

vendredi 5 mars 2010

Cinquième texte du jeu littéraire

Me voilà au pied du mur, un de mes lecteurs réguliers m'a sommé de faire un texte avec l'amorce suivante "Je m'appelle Dame Scoffield, j'ai 31 ans, et j'ai la varicelle" ...
Dans la série, je te tends un piège pour voir comment tu vas te dépatouiller avec un sujet raplaplat, là il est fort le Gossip boy, j'ai toujours su qu'en lui sommeillait une âme de sale gosse sadique !
Et bien oui, je l'avoue, il a fallu que j'attende mes 31 ans pour me retrouver pleine de boutons. Moi qui croyais y avoir échappé pour le restant de mes jours, j'ai été touchée par le virus en pleine gloire littéraire. Mais contrairement à l'image que tout un chacun a pu se forger dans son esprit, du style le phare de Belle-île sur le bout du nez, des pustules tous azimuts et des démangeaisons intolérables, j'ai dépassé les pronostics les plus pessimistes des médecins. Je n'ai eu que 2 jours de fièvre à 38°C, quelques boutons par-ci, par-là, des gratouilles bien évidemment mais je n'ai pas passé 4 jours à l'hôpital ni eut une fièvre de cheval à 40°C pendant une semaine.
Alors oui, Gossip boy, tu peux m'appeler la grande survivante du Kho Lanta varicelleux, j'ai gagné le combat haut la main ! Car oui je l'affirme haut et fort, il me reste quelques légers stigmates sur le corps mais j'ai conservé mon visage de déesse qui n'a pratiquement pas souffert lui !
Je t'imagine bien te gosser dans ton fauteuil en lisant mon billet lamentable de ce vendredi soir, mais au lieu de cela tu peux te prosterner devant moi parce-que si un jour tu la chopes toi la varicelle, je serai la première à compter tes boutons pour voir si tu en as plus que moi, à te faire envoyer de la biseptine et des anti-histaminiques par chronopost.
J'ai pitié des plus pustuleux que moi cher ami, je sais qu'un jour justice me sera rendue et que tu feras partie du club des boutonneux qui clignotent comme des sapins de Noël ...
Donc, tu as raison sur un point Gossip, ça fait très alcoolique anonyme en pleine séance : "Je m'appelle Dame Sco', j'ai 31 ans et j'ai eu la varicelle " ... mais au moins j'en suis débarrassée à vie .... pas comme certains ...héhéhé !!!!!!

jeudi 4 mars 2010

Quatrième texte du jeu littéraire

Chaque mois d'avril de chaque année, la peintre qui sommeillait en moi durant l'hiver se réveillait brusquement. Je prenais alors inexorablement le chemin de Giverny. Mon chevalet, mes toiles vierges, mes pinceaux, mon éventail de couleurs en tubes m'accompagnaient à chaque fois dans ma sortie de printemps favorite, qui comme un déclic, marquait à coup sûr la fin de ma période d'hibernation morale.
La maison de Monet et ses jardins regorgeant de fleurs étaient pour moi une source intarissable d'inspiration. Les senteurs délicates, l'agencement des massifs fleuris ainsi que l'étang aux nymphéas faisaient éclore en moi des milliers d'idées créatives. Les heures durant lesquelles je peignais me semblaient hors du temps, elles représentaient un moment de détente, un moment pendant lequel je laissais exprimer les couleurs qui habitaient mon âme.
Mon endroit préféré pour peindre se situait dans l'allée centrale du Clos Normand, j'affectionnais particulièrement le petit pont japonnais vert que Monet avait fait bâtir pour agrémenter le jardin d'eau.
Je venais de planter mon chevalet au milieu de d'une allée de façon à avoir une jolie vue en perspective du pont quand je m'aperçus qu'un artiste d'un autre genre m'observait.
Affublé d'un appareil photo numérique, il ne mitraillait pas la zone mais semblait choisir ses clichés avec soin, jouant entre l'ombre et la lumière avec les reflets aquatiques. Visiblement, il ne s'agissait pas d'un touriste qui photographiait des paysages en amateur ...
Je me sentais malgré tout épiée, je compris bien vite que régulièrement l'objectif de l'appareil se dirigeait dans ma direction. L'homme jouait à me photographier ... j'allais jouer à le peindre et pourquoi pas lui offrir la toile tiens ! Je le fixai de loin mais grâce au zoom de son appareil, il put déchiffrer sur mon visage un sourire qui disait : ce midi j'ai choisi de sortir ma palette de couleurs et de vous offrir le ciel ! C'était la fête au-dessus de ma tête, pour la première fois, j'allais peindre pour un inconnu et ma foi, cela créa chez moi une joie inattendue.
Tandis que j'étendais les couleurs sur la toile, je songeais qu'il me scrutait avec l'oeil de Monet quand il avait peint la Femme à l'ombrelle, je représentais une énigme vivante dont il tentait par de percer les secrets ... Voilà une tâche bien ardue, je me demandais lequel des deux arriveraient à en apprendre le plus sur l'autre par le jeu de l'observation ...
Tard dans l'après-midi, je terminai mon tableau. Je décidai alors d'aller le déposer sur le pont japonnais, je savais que le photographe mystérieux n'était pas parti et qu'il irait récupérer le joli souvenir coloré que j'avais peint à son intention ...

mardi 2 mars 2010

Troisième texte du jeu littéraire

Voilà, j'y étais, j'avais réussi le casse du siècle, enfin pour moi, voleuse à l'occasion, c'était un coup de maître ! Piller une banque un dimanche ni vue, ni connue, sans tuer personne ni faire sonner la moindre alarme, là je m'épatais toute seule.
J'avais récolté dans mes deux grands sacs de sport : de l'argent liquide, des bijoux, deux ou trois antiquités. Mon complice de frangin m'avait assuré que tout se passerait bien et il avait eu raison.
Je me perfectionnais dans l'art du braquage sans bavure et la montée d'adrénaline qui accompagnait chacun de mes gestes représentait une dose de pure jouissance. Je m'imaginais déjà en Catherine Zeta-Jones dans Haute Voltige, bon avec Sean Connery en beaucoup plus jeune comme complice, ce serait tout de même mieux ...
Mon frère avait dit qu'il laisserait un véhicule rapide à ma disposition près de la banque afin que je puisse vite déguerpir dès mon forfait accompli ... Seulement voilà, je m'attendais à un petit bijoux rutilant de vitesse et à la place, je faillis fondre en larme devant une antique Fiat 500, oui le pot de yaourt italien, tout petit minuscule dans lequel on a les genoux dans le menton.
Quelle drôle d'idée que ce fichu objet pour se déplacer, une boite à sardines n'aurait pas pu paraître plus incongrue... 
Je fus tellement dépitée que j'en lâchais mes sacs sur le trottoir en grinçant des dents. Il n'y avait même pas de coffre suffisamment grand dans ce bazar pour contenir mon butin. J'allais devoir investir le peu de centimètres carrés de banquette pour caser les billets de banque et les chandeliers en argent, la belle affaire tiens ! Famille je vous hais ! pestai-je intérieurement ...
Une fois tout casé y compris moi, je priai pour que le moteur démarre. La voiture était ridiculement petite mais au moins elle avait l'air de fonctionner correctement, dans mon malheur j'avais de la chance ... Jusqu'à ce que le moteur cale et tombe carrément au sol arrivée au feu rouge ... juste devant le commissariat de police!
Moralité, ce jour là, j'aurais mieux fait de rester couchée.
Décidément la Haute-Voltige n'était pas faite pour moi ...

dimanche 28 février 2010

Deuxième texte du jeu littéraire

Victoria ne va pas bien en ce moment, elle veut s'évader pour trouver la sérénité ...
Oui mais voilà Victoria est mon amie et je ne peux pas la laisser faire n'importe quoi, ni la laisser sur le bord de la route se débrouiller toute seule dans son fatras de problèmes. S'évader c'est bien mais on emmène toujours ses soucis avec soi, si on ne prend pas le temps de les régler.
Misère ... Que dire à une femme d'une trentaine d'années lasse de sa vie plan-plan entre son mari James, ses trois gamines mignonnes mais parfois affreuses et souvent insomniaques, son boulot chez mac-truc pas fait pour développer ses potentialités intérieures mais uniquement pour remplir son porte-monnaie ? La vie est parfois compliquée et injuste, on ne voit souvent dans l'existence que des impasses ... mais, mais, mais, un petit rayon de soleil, une idée lumineuse et tout à coup, la muraille explose au fond de la ruelle et on voit à nouveau la lumière du jour !
Je ne suis malheureusement pas une merveilleuse conseillère en évasion vers la sérénité car je suis incapable moi-même d'être sereine, cela dit l'évasion vers le rêve, ça je sais faire ... un peu.

Je m'imagine donc dédoublée et perchée sur les épaules de Victoria avec d'un côté la Sco' version ange auréolé, et de l'autre la Sco' diabolique vêtue de rouge, une fourche à la main.
La Sco' angélique lui conseillerait de prendre son mal en patience en mettant cela sur le compte de la déprime hivernale, du manque de vraies amies avec qui sortir et papoter. L'ange lui dirait que tout vient à point et qu'à un moment, elle se trouvera une activité rien que pour elle, une passion qui la mobilisera en dehors de la pêche à la dorade de James et des caprices de Blondie. Et oui, ce qui manque à Victoria c'est un peu d'égoïsme et de penser à elle ... Mais finalement, cette requête pourrait rejoindre le côté diabolique des propositions scoffieldesques.
Le petit démon qui sommeille en moi l'inciterait volontiers à tout changer. De métier d'abord; et puis de mari pour se trouver un jules plus beau, plus jeune, plus riche et plus attentionné ... Un homme qui ne lui offrirait pas une cocotte-minute pour son anniversaire, un homme qui ferait son bonheur. Et puis tant qu'à la pousser dans les extrêmes, elle pourrait mettre en vente ses filles sur ebay  ... mais ce serait vraiment trop extrême, on oublie ! Alors, elle pourrait les refiler en garde à sa charmante future belle-soeur qui se rendrait à l'évidence que les enfants représentent un travail énorme et que finalement vouloir faire un bébé dans le dos de son mari, ce n'est pas une si bonne idée que ça...

Mais revenons au sujet qui préoccupe mes neurones et ceux de mon amie.
Victoria devrait prendre des vacances, un week-end prolongé en égoïste de temps à autre, rien qu'elle toute seule pour voir du pays et souffler un peu. Prendre une pause au milieu du tourbillon qui l'agite. Pourquoi pas voir un psy, un curé (ça sera gratuit pour la thérapie et ça revient au même) pour se décharger et se recentrer sur elle-même ? Appeler sa vieille copine Sco' pour qu'elle l'incite à se prendre en main ... Je lui dirais marche beaucoup, ça fait réfléchir et évacuer les tensions. Je lui dirais, fais de la musique ou de la peinture, ça détend, et même si t'es pas douée, qu'est-ce que ça peut faire du moment que tu te défoules ?! Inscrits-toi dans un cours de salsa ou de danse de salon, peu importe, bouge tes fesses c'est bon pour le moral !
Et puis je lui dirais aussi : " Fais du ménage dans tes armoires, fais-toi jolie pour toi et pas pour James qui de toute façon, ne remarque pas grand-chose en dehors des écailles luisantes de ses poissons. Prends soin de toi et de ton corps, ça ira mieux au plafond ensuite. Arrête d'engranger les soucis des autres, remets les choses à leur juste place, recomposes-toi en tant qu'individu et non en tant qu'épouse de, maman de, fille de, soeur de, amie de ...
Moralité de l'histoire, il faut que tu te projettes en "Une et Indivisible" après tu pourras à nouveau de préoccuper de ton entourage et ça ira mieux ... enfin je te le souhaite !"

samedi 27 février 2010

Premier texte suite au jeu littéraire.

En ce petit matin de novembre, comme à mon habitude, je pratiquais ma promenade matinale au bord de l'eau. J'aimais faire le tour du lac de Paimpont situé au coeur de la forêt de Brocéliande pour m'aider à rassembler mes idées. Les auteurs ont besoin de voir du paysage pour développer leur imagination c'est bien connu !
Pourtant, ce jour là, tout me paraissait étrange. Lorsque j'étais sortie de ma longère en pierres datant du 17e siècle, j'avais eu l'impression d'entrer dans une autre dimension. Il régnait un silence pesant. Les oiseaux ne chantaient pas sur le trajet qui me menait jusqu'au lac, à croire que la faune était effrayée et que quelque chose lui avait cloué le bec.
Plus j'approchais du miroir liquide et plus je sentais des frissons me parcourir le dos. Tout à coup, mes yeux semblèrent distinguer ... non ... ça ne pouvait pas être ça ... Je me frottais les yeux, j'avais dû avoir une hallucination ...
Sur les bords du lac et malgré le brouillard dense et vaporeux, je crus pour la seconde fois apercevoir la silhouette d'un bateau émerger des eaux noires... Pas une petite embarcation de pêcheur du dimanche, non, un gros navire toutes voiles dehors, un trois mats agrémenté d'un drapeau pirate !
Alors non, je n'avais pas forcé sur le chouchen, d'ailleurs je n'en buvais jamais, ce breuvage était trop tord boyaux pour moi ... Il y avait bien longtemps que j'avais intégré les mythes et légendes de la forêt, j'aurais pu m'attendre à croiser Merlin, Lancelot, la Dame du lac et bien d'autres fées mais là un bateau sur le lac, il fallait le faire ! Je vis une silhouette s'avancer sur le pont. Je distinguais alors un tricorne, un pirate affublé d'un perroquet sur l'épaule ... Misère c'était le fantôme de Jack le pirate, j'avais reconnu sa barbe rousse ...
Je le vis tout à coup brandir un sabre et crier à l'abordage. Et moi j'étais plantée là au bord de l'eau incapable de bouger un orteil ou de crier à l'aide. Je fermai alors les yeux en attendant que le pirate me découpe en tranches mais rien ne se produisit à part un courant d'air froid qui me traversa le corps.
Je soulevai délicatement les paupières, le brouillard s'était quelque peu dissipé. La nappe liquide avait repris un aspect normal, seul un léger remous perturbait à présent la surface de l'eau ...
Je n'étais pas spécialement du genre à croire aux légendes locales mais cette expérience me laissa dubitative.
Et vous, croyez-vous aux fantômes ?