Nous étions arrivés fort tard chez Victoria, celle-ci nous avait préparé un en-cas que nous avions dévoré avant de nous montrer nos chambres.
Avant que je referme la porte derrière moi, celle-ci me fît un clin d'oeil entendu car elle avait jaugé Raphaël de la tête aux pieds et se disait qu'il n'était sûrement pas pour rien dans l'éclat qui animait mes yeux.
Raphaël fît comme si de rien n'était et alla dans sa propre chambre après nous avoir dit bonsoir. Victoria possédait en effet une grande demeure où les pièces étaient fort nombreuses, c'était un avantage non négligeable étant donné sa marmaille et le nombre de ses amis.
J'entendis brièvement que Raphaël devait téléphoner mais je ne perçus rien de sa conversation, sûrement un truc pour le boulot, je n'étais pas curieuse au point d'aller écouter aux portes de toute manière.
Etant assez fatiguée, je me couchai en le laissant à ses activités professionnelles. Vers 2h du matin, j'entendis gratter à ma porte, je me levai pour aller ouvrir, la tête encore embrûmée par le sommeil, à mon visiteur nocturne. C'était Raphaël, j'aurais dû m'en douter à vrai dire ...
Je m'écartai du passage pour le laisser entrer.
- Oh, tu dormais, désolé de t'avoir réveillée dit-il d'un air penaud.
- Ce n'est rien. Tu n'as pas sommeil ?
- Pas vraiment ... je pensais à toi avoua-t-il.
- Hum ... fut la seule chose qui me vînt à l'esprit sur le moment.
- J'avais envie de te prendre dans mes bras, regarder ton visage me manquait et j'ai résolu de venir t'embêter là tout de suite maintenant dit-il en riant.
- Bref c'était un besoin irréprécible quoi.
- On peut dire ça comme ça en effet ...
Raphaël s'approcha, entoura ma taille de ses grands bras, déposa un baiser sur mes lèvres et m'attira contre lui. Respirant mes cheveux, il chuchota à mon oreille :
- Tu sais bien que je ne peux pas rester loin de toi très longtemps, le manque devient vite intolérable ...
- Comme c'est curieux, serais-tu accro ?!
- Il y a de ça, mais tu ne soupçonnes même pas à quel point mon addiction est immense.
Je ne sûs quoi répondre, cet homme là avait le don de me clouer le bec, cela pouvait être délicieux comme très agaçant.
Il attrappa alors mon visage entre ses deux mains m'obligeant à plonger mes prunelles dans les siennes.
- Sco', je voudrais te demander quelquechose.
Mon coeur avait des ratés si près de lui, je défaillais presque.
- Je t'écoute.
- Est-ce que si je te demandais de passer quelques jours rien que toi et moi dans ta villa aux Caraïbes, serais-tu d'accord ?
Je réfléchis trois secondes et demi.
- Pourquoi pas, je n'y vois pas d'inconvénient, je n'ai pas de mission à remplir dans l'immédiat.
- Formidable ! On part demain alors, j'ai pris la liberté de réserver deux billets d'avion.
- Tu avais tout prémédité dis moi, ça ressemble à un get-apens ou je ne m'y connais pas.
- Oh ... si peu ... Je voulais te faire la surprise voilà tout.
- Et bien c'est réussi et puis j'ai besoin de vacances alors l'idée est parfaite.
- Super alors je te laisse dormir, tu tombes de sommeil.
A demain matin princesse !
Il m'embrassa alors avec force comme si un danger était imminent, cela me laissa une impression étrange. Il s'écarta de moi, me fît son petit sourire en coin qui me faisait craquer à chaque fois, puis il repartît dans sa chambre. J'avouerais volontiers que je restai sur ma fin, c'était frustrant de le savoir juste à côté et de devoir attendre le lendemain pour pouvoir enfin être complètement seule avec lui. Mais bon la perspective d'être sur une île déserte et paradisiaque avec Raphaël avait tout pour me séduire. Finalement vingt-quatre petites heures à attendre pour pouvoir enfin profiter de son corps, ce n'était pas si long.
Je replongeai donc dans les couvertures toute émoustillée mais l'impression bizarre que j'avais eu quelques minutes auparavant me laissait songeuse.
A suivre ...
mardi 22 septembre 2009
lundi 21 septembre 2009
Le piège
- Ma mission est accomplie, je viens prendre mes nouvelles instructions.
- Parfait Raphaël, maintenant que vous avez résolu votre petite affaire personnelle, c'est à votre tour de respecter votre part du marché.
Eliminez-là sans tarder, vous auriez déjà dû le faire à Moscou en même temps que vous aviez liquidé Dimitri.
- Je sais mon Général mais ce n'est pas simple ...
- Débrouillez-vous comme vous voulez, faîtes le ménage c'est un ordre !! rugit l'homme à l'autre bout du fil.
- Bien mon Général.
Raphaël raccrocha l'air pensif ...
A suivre ...
dimanche 20 septembre 2009
Analysons la situation
Nous avions presque atteint le port, je me mîs d'accord avec Ysa et Daniel qui passeraient la nuit chez Charles; quant à Raphaël et moi, nous irions chez Victoria puisqu'elle m'avait gracieusement invitée à passer la nuit chez elle.
Jack ne vînt même pas me dire au revoir, je pensais qu'il était fâché mais Ysa avait vu juste, il n'était pas plus amoureux de moi que finalement moi j'aurais pu l'être de lui, tout n'était que physique, alors cela simplifiait sans doute les choses du moins pour l'instant. Après tout, il était temps d'arrêter de se leurrer, ce marin là n'était pas pour moi, nous n'étions jamais sur la même longueur d'ondes de toute façon.
Dans le lot restait Daniel ... Ah Daniel, d'après ce que m'avait brièvement dit Ysa au cours de la traversée, il lui avait confié qu'il n'avait pas envie de laisser tomber aussi facilement, même s'il devait m'avoir à l'usure, il ne voulait pas qu'on lui "pique sa place". J'aurais parié que Charles et Ysa allaient lui donner un coup de main dans cette entreprise hasardeuse. Joli programme en perspective, je ne savais pas trop à quoi m'attendre de ce côté-là. J'avais énormément d'affection pour Daniel mais est-ce que c'était suffisant pour qu'il passa son temps à me courir après, n'était-ce pas à fond perdu ? J'étais morcelée de partout, incapable de me fixer, toujours par monts et pas vaux, menant de surcroît une vie dangereuse qui manifestement ne semblait pas faite pour lui. Je ne voulais à aucun prix lui faire du mal, il était mon ami avant tout mais je ne parvenais pas à m'imaginer plus que ça au point où nos relations en étaient maintenant. Une nuit passée ensemble avait réussi à le scotcher définitivement à moi, malgré le fait que je lui avais préféré Didou pendant quelques mois, il persistait et signait, ce garçon était masochiste, je n'avais aucun doute là-dessus. Il méritait mieux que moi cependant, que pourrais-je bien lui apporter de bon dans l'existence ?
Et puis Raphaël avait débarqué au milieu de mon chaos personnel, et me voilà toute chamboulée comme une collégienne. Il exerçait un tel magnétisme sur moi qu'il m'était de plus en plus difficile de rester loin de lui, de ne pas tomber tête la première dans ses filets, et là où est-ce que ça allait me mener ? N'étais pas en train de me fourvoyer une nouvelle fois ? Ou alors était-ce enfin le "bon" celui que j'attendais depuis si longtemps ...
Tout cela restait à éclaircir même si en sa présence, je perdais toute notion du temps, de danger et perdais même jusqu'à l'envie de rester murée dans mes petites habitudes de tueuse solitaire, j'avais peur d'être absorbée dans un tourbillon incontrôlable ... Mais ma chance d'être enfin heureuse devait peut-être passer par là en fin de compte, allez savoir ...
A suivre ...
samedi 19 septembre 2009
Marin contre Espion
- Mon ptit père si tu crois qu'on va te laisser faire partie de la bande tu te fourres le doigt dans l'oeil ! vociféra Jack.
- Mais je n'en ai rien à faire de votre groupe de sangçues, vous ne pouvez pas ficher la paix à Sco' deux minutes ?! rétorqua Raphaël.
- Je vais te faire dégager vite fait par-dessus bord toi le mannequin espion !
Jack avait empoigné Raphaël de telle façon que ce dernier se retrouvait avec la partie supérieure de son corps au dessus du vide, mais Jack avait une tout de même une forte résistance face à lui qui fît que Raphaël reprit le dessus et ce fût Jack qui se trouva à son tour en mauvaise posture. Qui des deux allaient prendre un bain avec les poissons ??
Là ç'en était trop, il fallait que j'agisse vite. Je m'étais approchée en douceur et juste derrière eux, je levai mon arme vers le ciel et tirai un coup de feu qui eut pour effet de les surprendre et de les arrêter en plein élan.
Raphaël et Jack se retrouvèrent face à moi, le premier lâchant le cou de l'autre qui se redressa après avoir été plié en deux la tête dans le vide au dessus du bastingage.
- Non mais c'est pas possible tous les deux, je tourne le dos trois minutes et hop y'a une bagarre, vous êtes pires que des sales gosses !
- Mais Sco', je n'ai pas commencé c'est Jack qui est venu se jeter sur moi en disant que je n'allais pas faire long feu dans ta vie et que je ferais mieux de dégager dès maintenant, se justifia Raphaël.
Je me tournai vers Jack qui avait repris son souffle.
- Désolé Sco', j'avais besoin de me calmer les nerfs et il est le premier sur qui je suis tombé en sortant de ma cabine.
- Et tu te figures que je vais te croire ? Jack, ton comportement me déçoit.
- Le tien aussi me rétorqua-t-il !
- Je peux savoir en quoi ? m'insurgeai-je.
- Tu joues avec les hommes comme avec des marionnettes, un jour ça va se retourner contre toi, il est plus que temps que tu fasses des choix ma chère Sco'. Tu ne peux pas tous nous avoir en même temps, ça ne marche pas comme ça !
- Te voilà adepte de la monogamie maintenant, première nouvelle ! m'esclaffai-je.
- Un jour tu te retrouveras toute seule c'est tout ce que tu auras gagné.
- Mais ça ne te regarde pas espèce de vieux marin borné ! grondai-je.
Pendant ce temps Raphaël nous regardait nous disputer, il attendait son tour avec une certaine nonchalance en se disant qu'après l'orage sur Jack ce serait sans doute à son tour à de se prendre mes foudres sur le coin du nez.
Entre temps avec tout le rafus que nous avions fait, Ysa, Daniel,Charles et Tim avaient débarqué se demandant qui allait gagné la bagarre. Ils assistaient à notre lavage de linge sale en direct, pour eux c'était du grand théâtre et ils n'en perdaient pas une miette.
Jack reprit en levant les bras au ciel :
- Mais enfin Sco', y'a pas besoin d'un quatrième mousquetaire, tu crois pas qu'on est pas déjà assez nombreux comme ça à réclamer tes faveurs hein ? Est-ce que cela t'amuses donc tant que ça de nous voir nous battre pour toi ?! Fichue bonne femme !
- Jack, ne prononce un mot de plus, prends-toi en encore une fois à Raphaël et je te fais sauter ton bateau. Suis-je claire ?
- Limpide ma chérie, limpide ! railla Jack.
- Parfait, alors file à la barre de ton rafiot et n'en décolle pas et si tu as quelquechose à me faire savoir, tu m'enverras ta "matelote" dis-je en désignant Tim qui grimaça tout à coup.
- Vous autres du vent ! Je dois parler à Raphaël tout de suite, seule à seul.
Personne ne broncha, mes yeux lançaient des éclairs, la petite troupe s'en retourna alors vaquer à son occupation favorite du moment : le "potinage". Raphaël me lança son petit regard en coin qui me faisait fondre inévitablement.
- Tu sembles réellement en colère dit-il d'une voix douce.
- Comment as-tu deviné, ça se voit tant que ça ??
- Comme le nez au milieu de la figure. Sache cependant que je n'avais pas besoin que tu voles à mon secours, j'aurais pu me débrouiller pour m'en sortir sans qu'il y ait trop de casse.
- Et tu aurais fait quoi si Jack t'avais jeté par dessus bord ? Je suis bonne nageuse mais pas au point de rejoindre Marseille en faisant la brasse !
- Tu aurais donc plongé pour aller me rechercher, ça me touche beaucoup, dit-il en riant. Ne t'en fais donc pas, on aurait arrêté avant qu'il n'y ait eu un carnage.
- Si tu le dis ...
Je fronçai les sourcils, j'étais toujours en colère contre Jack, non mais pour qui il se prenait le capitaine Haddock ??!! Est-ce que moi je lui ai déjà dit que j'en avais marre de le voir traîner avec une bonne femme différente dans chaque port ?! Non, et bein j'aurais dû tiens !
Voilà où j'en étais de mes réflexions quand Raphaël me fît revenir à la réalité, il s'était rapproché de moi et avait enlacé ma taille avant que j'ai eu le temps de dire ouf. Ce geste me sembla familier et agréable, je ne le repoussai pas, j'étais bien là avec lui, les cheveux au vent en train de regarder la mer. La tension était redescendue.
- Tu sais Sco', il ne faut pas t'emporter comme ça, ce n'est pas bon pour la santé, je n'aime pas te voir ravagée par la colère, tu es beaucoup moins jolie dans ces moments là.
Il m'avait dit ça avec un aplomb terrible, la lumière donnait des reflets dorés à ses yeux, misère qu'il était séduisant avec ce sourire ravageur.
- As-tu donc fini de me faire perdre pied comme ça ?! Tes compliments me donnent le vertige. Te rends tu compte de l'effet que tu produis sur moi ? marmonnai-je.
- Pas vraiment non, dis m'en plus, je suis curieux de savoir.
- Tu m'éblouis au point de me couper la respiration, dis-je dans un souffle.
- Tu m'éblouis au point de me couper la respiration, dis-je dans un souffle.
- Et ça arrive souvent ?
- Oui fréquemment.
- Hum ...ça ne semble pas trop grave comme symptôme mais c'est à surveiller !
Et il resserra son étreinte en scrutant lui aussi l'horizon.
A suivre ...
jeudi 17 septembre 2009
Quelle bande de curieux !!
Je remarquai tout de suite que le quatuor infernal, composé d'Ysa, Charles, Daniel et Jack, détaillait Raphaël des pieds à la tête, tentant de le jauger sur je ne sais trop quel critère. Dangerosité ? Ambition ? Beauté ? Allez savoir, leur petite conversation ne m'intéressait aucunement pour l'instant.
J'étais restée en retrait sur le pont à regarder la côte palermitaine s'éloigner, je ne voulais plus et sous aucun prétexte remettre les pieds sur cette terre maudite. Raphaël vînt me rejoindre après avoir récupéré deux tasses de café auprès de Tim. Il m'en tendît une dont je m'emparai immédiatement.
- Elle ne l'a pas empoisonné au moins ? demandai-je toujours aussi furaxe.
- Je ne pense pas les autres sont encore debout. Tim n'a pas l'air d'être ta grande copine si j'ai bien compris.
Il fît un grand sourire pour tenter de me dérider un peu, ce qui fonctionna à coup sûr.
- Elle a fait sauté ma voiture un jour où elle était persuadée que Jack allait quitter son plancher flottant pour vivre le grand amour avec moi. Et pour la remercier dernièrement, je lui ai mis une raclée quand Jack a fait escale à Tel Aviv et qu'il dînait tranquillement avec Ysa pendant que je réglais mes comptes avec son second.
- Et bien Sco', je ne pensais pas que ta vie sentimentale pouvait être aussi compliquée, j'en étais resté à la jeune veuve mentionnée sur ton CV.
- Tu es déçu ?
Un frisson me parcourut l'échine, je ne voulais pas le faire fuir mais tout ce qu'il allait apprendre pourrait lui donner envie de regagner Palerme à la nage plutôt que de rester sur ce fichu rafiot avec moi et les autres.
- Non, je dirais surpris et en même temps motivé pour te garder près de moi, je vois que la concurrence est nombreuse et d'un très haut niveau si je peux m'exprimer ainsi.
Il désigna Jack, Daniel et Charles d'un large regard circulaire.
Je sirotais mon café à petite gorgée quand Charles vînt nous interrompre.
- Désolé Raphaël mais on voudrait vous emprunter Sco' quelques minutes.
Apollon n'eût pas d'autre choix que d'obtempérer au risque de paraître possessif et de s'attirer l'animosité de mes connaissances un peu trop amicales à son goût. Je lui fis un sourire et lui promis de revenir vite.
Je suivis donc Charles pour rejoindre la troupe qui m'attendait dans la cabine de Jack.
Je n'eûs pas une minute pour me reposer, à peine entrée dans la pièce exigue, je fûs assaillie de questions.
- Alors Sco', qui c'est ce type qui t'accompagne ? me demanda Ysa.
- Moi je voudrais bien savoir ce que tu fiches avec lui, s'enquît Jack.
- Et vous avez fait quoi à Palerme la nuit dernière ? enchaîna Daniel.
- Toujours fâchée ?? ajouta Charles.
Je ne savais pas si c'était l'épuisement physique et moral qui faisait que je n'avais pas réellement de patience mais la diplomatie n'était pas mon fort ce jour là.
- Non mais dîtes donc, c'est l'Inquisition espagnole ici ou quoi ?
- Mais on s'inquiète pour toi ! répondirent-ils tous en choeur.
- Bon je vais faire court pour le résumé sinon je vais y passer deux jours à tout vous raconter. Raphaël bosse comme espion pour le gouvernement américain, jusque là rien que de très classique étant donné mes fréquentations. Il m'a contacté pour un contrat à titre personnel qui nous concernait tous les deux.
Je voyais que mon auditoire ne pipait mot, ils semblaient captivés, je poursuivis donc mon récit sans être interrompue.
- Nous sommes allés à Palerme pour tuer Don Roberto et faire sauter sa villa.
Tous les quatre ouvrirent des yeux ronds comme des soucoupes.
- Ce fumier avait en fait assassiné de sang froid mes parents et aussi ceux de Raphaël, vous pouvez donc aisément comprendre que le choc a été rude pour moi. Cela dit je pense que l'histoire ne s'arrêtera pas là puisque Didou va sûrement réclamer vengeance prochainement.
Quant à savoir si je suis toujours fâchée après toi Charles, je t'avouerais franchement que j'avais autre chose à penser dernièrement. Cela dit, tu peux être tranquille, je ne viendrai plus mettre mon grain de sel dans tes affaires avec Bertille. Je ne dis pas que notre amitié sera la même qu'avant, c'est impossible, mais je pourrai te croiser dorénavant sans fondre en larmes en te voyant avec elle, rassuré ?!
Charles répondît par un hochement de tête qui le laissa dubitatif.
Daniel prît la parole à son tour.
- Alors c'était bien pour le boulot que tu étais partie avec lui ... Désolé de m'être disputé avec toi avant ton départ.
Mon romancier parût fort gêné par mes révélations, il devait se sentir un peu idiot de s'être emporté sur ce coup là.
- La prochaine fois tu me laisseras parler avant de t'énerver voilà tout, répondis-je calmement.
Ysa s'approcha de moi et me tendît une seconde dose de café.
- Bois tu en as bien besoin dit-elle. Raphaël a l'air d'un gentil garçon en tout cas, et puis bien bâti avec ça, t'as pas dû t'ennuyer avec lui ! Héhéhé !!
- Ysa tu es incorrigible, c'est fini ces supputations ?!
Jack qui gardait les bras croisés, resta silencieux mais me lança un regard plein d'interrogations.
- Je mettrais ma main au feu que tu sors avec lui, insista Ysa.
- Là dessus je n'ai pas à répondre à vos questions ! m'écriai-je.
Le pirate finît par marmonner :
- De toute façon, elle est incapable de faire un choix parmi son harem, tu es pénible Sco' !!
Sur quoi, il se leva et sortît de sa cabine en claquant la porte.
Furibonde, je me levai à mon tour de ma place et sortîs prendre l'air.
Je n'avais pas fait trois pas que j'entendis des éclats de voix venant du pont, Jack était en train de s'en prendre à Raphaël ...
A suivre ...
mardi 15 septembre 2009
Voilà les Dalton !
Finalement, autant l'avouer franchement, là j'étais dans un bazar monstre. J'aurais dû me débrouiller autrement et filer de Sicile par mes propres moyens. Maintenant, il n'était plus temps d'annuler et Raphaël s'aperçut que quelquechose clochait.
- Tu as l'air songeuse, tout va bien ?
- Euh ... oui ... enfin pas tout à fait.
- Qu'y a-t-il ?
- Oh rien de tangible, une petite angoisse quant au moyen de transport !
- Tu es malade en bateau ?
- Non juste malade à l'idée que Jack et toi passiez plusieurs heures sur une plateforme exigue et que vous ayez envie de vous entretuer, là oui ça me fait peur !
- Enfin Sco', je croyais qu'il n'y avait rien entre lui et toi alors quel est le problème ?
- Le problème ... attends bouge pas que je réfléchisse ... Jack ... est ... imprévisible et ne laisse pas tomber l'affaire facilement.
- Mais enfin, vous ne vous êtes donc jamais expliqués ?
Raphaël commençait à me faire les gros yeux, ça sentait le roussi.
- Euh ...non ... pas eu le temps, marmonnai-je dans un souffle.
- Et je suppose que tu n'as pas eu le temps de parler avec Daniel non plus ?!
- Bein non ... et puis avec Charles encore moins, je l'ai viré avec pertes et fracas, mais enfin lui je crois qu'on y reviendra pas, l'histoire est claire.
- Charles ?! Encore un autre ... Sco', mais combien y a-t-il d'hommes qui gravitent autour de toi ?
- Beaucoup trop, je le crains hélas.
Je soupirai à fendre l'âme tandis que Raphaël levait les yeux au ciel.
J'étais fort embarrassée mais je n'arrivais pas à lui mentir, sa façon de me regarder faisait tomber toutes mes défenses.
Il me scruta avec intensité, j'attendais que les foudres s'abattent sur moi au lieu de quoi, il éclata de rire !
- Et bien voilà qui promet une traversée riche en rebondissements. Ecoute, je te laisse mettre tes petites affaires au point et si le besoin s'en fait sentir, je viendrai à ton secours en mettant mon grain de sel, ok ?
- D'accord, je vais essayer d'être limpide pour une fois, marmonnai-je l'air contrite.
Nous étions arrivés devant le bateau de Jack, je m'apprêtai à m'engager sur la passerelle la première quand j'entendis un ouh ouh suivi de nombreux échos. Je levai alors la tête et j'aperçus une brochette humaine familière qui agitait les mains pour me faire signe.
Misère !!!!! Ne me dîtes pas qu'il a fait ça, grrrrrrrrrrrrr !!
- Jaaaaaaackkkkkkk, marin d'eau douce, tonnerre de Brest, qu'est-ce que t'as encore fait ?????!!!!!!!! vociférai-je.
Franchissant la passerelle en quelques enjambées, Raphaël me rejoignit sur le pont du bateau. Je m'étais attendue à Jack et Tim, bien évidemment cette furie ne quittait jamais son capitaine d'une semelle, mais là trop c'était trop !
En rang d'oignons apparaissaient en plus : Ysa, Daniel et Charl' alors là c'était le pompon !
Jack prît un air dégagé et toujours jovial :
- Bein quoi ?! C'est pas bien d'avoir amené du renfort, j'ai pensé que tu aurais peut-être besoin d'aide et voilà ...
- Ouais le téléphone hébreu a fait le reste hein ?! J'étais furibonde, il allait falloir que je m'explique avec mes trois ostrogoths au lieu d'avoir simplement à gérer Jack.
Raphaël comprît la complexité de la situation mais comme promis il n'intervînt pas, me laissant me dépatouiller toute seule.
- Sco', t'es pas contente de nous voir ? me demanda Ysa.
- Si mais je n'avais pas besoin de toute la troupe surtout que je ne suis pas à l'heure actuelle en bon terme avec tout le monde ici présent ...
C'est marrant mais tout à coup Charl' et Daniel baissèrent les yeux pour regarder leurs chaussures, bein voyons !
- Mais enfin Jack, qu'est-ce qui t'as pris d'appeler tout le monde ?
- Je n'ai appelé qu'Ysa pour savoir si elle était au courant de ce tu devais faire et comme elle ne savait rien, elle a voulu venir avec moi ...
Ysa poursuivit à son tour.
- Et moi j'ai appelé Daniel pour savoir s'il savait aussi quelquechose, il n'avait idée de rien à part que tu ne partais pas seule. Et Ysa se pencha pour désigner Raphaël en faisant un petit signe. Daniel enchaîna en avouant :
- De mon côté, j'ai prévenu Charl' ... mais je n'aurais peut-être pas dû, j'avais un peu oublié que tu étais fâchée après lui ... Mais j'ai pensé bien faire vu qu'on ne savait pas trop qui t'accompagnait, j'ai pensé à ta sécurité.
Charl' ouvrît enfin la bouche pour prendre la parole.
- Salut Sco' ... Toujours remontée contre moi ?
- Bah ... j'en sais rien, enfin c'est pas le moment de discuter de ça.
Jack, lève l'ancre s'il te plait, je n'ai pas envie de moisir ici !!
Et tous autant que vous êtes, vous ne perdez rien pour attendre ...
A suivre ...
lundi 14 septembre 2009
Contre vents et marées ...
- Sco', c'est Jack !
- Salut !
- Je suis près du port de Palerme, j'ai suivi les indications que tu m'as envoyées par texto hier soir.
- Parfait, dis-je dans une voix à peine audible.
- Sco', tout va bien ? Tu m'inquiètes tu sais.
- Y'a pas de bobo ne t'en fais pas, c'est juste que je suis un peu secouée psychologiquement mais ça va passer.
- Si tu le dis ...
Jack n'insista pas comprenant que je ne livrerais aucune information par téléphone.
- On te retrouve à l'embarquement d'ici une demi-heure c'est bon, tu pourras y être ?
- ON ? Donc tu n'es pas seule ... dommage pour moi. Bon je serai au rendez-vous et on va où ensuite ?
Ce que Jack pouvait être casse-pied avec ses insinuations douteuses, ça m'énervait fréquemment ce genre d'attitude.
- Direction Marseille après, je continuerai seule.
- Ok à tout à l'heure ! Fais attention à toi Sco'.
- Pas de souci. Et je raccrochai.
Raphaël qui était toujours près de moi me lança un regard à la fois courroucé et inquiet.
- C'était qui lui ?
- Oh Jack, un ami qui va nous faire quitter le pays en bateau, ce sera plus discret.
- Hum ... Question indiscrète alors, c'est un ami-ami ou un ami plus que ça ?
- J'ai passé une nuit avec lui et ça n'a jamais été plus loin de mon côté en tout cas, maintenant j'ignore les sentiments de Jack à mon égard. Si vous êtes si curieux, vous lui poserez la question vous même !
J'allais commencer à me fâcher parce-que je ne voyais pas trop en quoi ça le regardait mais je le vis prendre une expression tristounette. Il enchaîna alors :
- Ce n'est pas tant votre Jack qui me gêne, enfin quoique si ... mais c'est plutôt le fait que vous ayez mentionné que vous alliez continuer seule à partir de Marseille.
- Vous croyez que je veux me débarrasser de vous ?
- Un peu ...
Il baissa les yeux ce qui me laissa entrevoir une réelle déception chez lui.
- Ecoutez si vous voulez poursuivre le trajet avec moi jusqu'à Paris je n'y vois pas d'inconvénient, j'ai simplement pensé que vous aviez d'autres obligations et qu'une fois la mission remplie vous souhaiteriez retrouver votre liberté au plus vite.
- Et faire comme si je ne vous avais jamais rencontrée ?!
Sa réflexion me laissa bouche bée, que répondre à ce genre d'allégation ?
- Je n'ai jamais dit ça et puis je vous avouerais franchement que je n'y ai pas réfléchi.
La stupeur m'envahît, je pressentais que la situation allait se compliquer singulièrement.
- Sco' ?
- Oui ...
- On peut se tutoyer maintenant ?
- Si tu veux.
J'étais terriblement gênée de la tournure que prenait la conversation et ça n'allait pas s'arrêter là.
- Loin de moi l'idée de vouloir ... entraver ... tes faits et gestes, mais j'éprouve ... le besoin irréprécible de te protéger. Je ne peux plus rester loin de toi ne serait-ce qu'une minute, je n'ai plus la force ... ni le courage de résister à l'attraction que tu exerces sur moi.
Il se tût tandis que je m'empourprai. Apollon fixait toujours le sable, ses cheveux ébourriffés s'agitaient avec le vent, il attendait une réponse de ma part, un encouragement ou bien un refus catégorique. Son sort était suspendu à mes lèvres. Ce que j'avais essayé de nier depuis le départ me revenait comme un boomerang en pleine figure. L'évidence s'imposait malgré tout à moi, je n'avais pas envie de le laisser filer, je commençais tout juste à m'habituer à sa chiante-attitude, à la quasi perfection de ses traits en comparaison desquels je me sentais bien insignifiante. Pour la première fois de ma vie, j'avais la trouille, une peur incontrôlable qui me tordait l'estomac à l'idée de ne plus jamais le revoir. Je chuchotai alors :
- Et bien reste ...
Raphaël releva alors la tête, il me sourît, sauta sur ses pieds pour se retrouver debout face à moi. Ses mains prirent mon visage en étau, il plongea ses yeux dans les miens et nous échangeâmes alors notre premier baiser ...
A suivre ...
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